Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à RTL le 9 août 2017, sur la moralisation de la vie publique, le projet de loi d'habilitation autorisant la réforme du Code du travail par ordonnances et la préparation du budget pour 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à RTL le 9 août 2017, sur la moralisation de la vie publique, le projet de loi d'habilitation autorisant la réforme du Code du travail par ordonnances et la préparation du budget pour 2018.

Personnalité, fonction : PHILIPPE Edouard, FLORIN Jérôme.

FRANCE. Premier ministre;

ti : JEROME FLORIN
Bonjour Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour.

JEROME FLORIN
Il y a une semaine, il disait qu'il n'avait rien à se reprocher et hier soir le sénateur et ancien Garde des Sceaux, Michel MERCIER, a finalement renoncé à intégrer le Conseil constitutionnel après des soupçons d'emploi fictif de sa fille. C'est vous, le président, qui lui avait demandé de se retirer ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, pas du tout, pas du tout, d'ailleurs il ne nous appartient pas, il ne m'appartient certainement pas de formuler une quelconque position dans cette affaire. Le président du Sénat, Gérard LARCHER, a une prérogative prévue par la constitution qui est de nommer un tiers des membres du Conseil constitutionnel. C'est toujours une décision extrêmement importante parce que les membres du Conseil constitutionnel participent à la préservation de la démocratie dans notre pays, ils ont une mission absolument imminente, ce sont des Sages, ils sont reconnus comme tel et évidemment personne ne viendrait contester l'importance considérable du rôle joué par le Conseil constitutionnel. Il se trouve que le président du Sénat a fait un choix, c'est un choix formulé par le président d'une des assemblées dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles, vous imaginez bien que je ne vais pas formuler un quelconque avis sur ce choix d'opportunité.

JEROME FLORIN
Il devait encore prêter serment devant le président de la République et l'Elysée avait choisi de reporter cette formalité à la rentrée, c'était un signe déjà.

EDOUARD PHILIPPE
Ensuite il y a un certain nombre d'éléments qui ont été déterminés par le parquet financier, là c'est la justice qui s'exprime, et pour les mêmes raisons de ce respect strict de la séparation des pouvoirs et de respect de la constitution, je n'ai pas d'avis à formuler sur ce sujet. Voilà.

JEROME FLORIN
En tout cas comme par hasard aujourd'hui les députés votent définitivement la loi sur la moralisation de la vie publique.

EDOUARD PHILIPPE
Je n'en ai pas formulé et je me bornerais à dire, parce que ce n'est pas sans importance me semble-t-il, qu'une fois de plus on voit combien des pratiques dont, je ne me prononce pas sur la légalité de ces pratiques, ce n'est pas à moi de le faire, mais qui étaient probablement tolérées, peut-être acceptées pendant un temps, ne le sont plus aujourd'hui. Et si avec le président de la République, si les députés de la majorité, ont souhaité qu'un des premiers textes soumis à l'examen du Parlement lors de cette session extraordinaire soit le texte visant à rétablir la confiance dans l'action publique et qu'à l'intérieur de ce texte, on prenne des dispositions d'une très grande clarté pour interdire ce qu'on a appelé les emplois familiaux, c'est justement pour qu'il n'y ait plus ces zones complexes, longtemps tolérées mais aujourd'hui plus acceptées, et qu'on puisse repartir sur des bases saines. Je me réjouis, je vous le dis comme je le pense, je me réjouis que la majorité se soit inscrite résolument dans cette direction et ait tenu un engagement pris pendant la campagne. C'est avec ce genre de décision et de vote qu'on pourra continuer à avancer.

JEROME FLORIN
Et il y aura assez de députés pour voter cette loi aujourd'hui, on dit que beaucoup sont partis en vacances, vous avez fait les comptes parmi vos troupes, vous êtes sûr ?

EDOUARD PHILIPPE
On verra cet après-midi mais, j'ai toute confiance dans la capacité des députés et notamment des députés de la majorité à être très présents. Vous posez la question sur la participation aux débats, il se trouve que j'ai regardé un petit peu comment s'étaient passées les autres sessions extraordinaires qui avaient été réunies en 2012, en 2007, en 2002 aussi et qu'il n'y a pas de précédent d'une participation aussi massive des députés et notamment des députés de la majorité aux travaux et à l'ensemble des travaux de la session extraordinaire.

JEROME FLORIN
Monsieur le Premier ministre, est-ce que dans ce contexte de moralisation…

EDOUARD PHILIPPE
Ce n'est pas sans intérêt ce que je vous dis, parce que j'ai entendu, j'ai vu…

JEROME FLORIN
On écoute attentivement mais…

EDOUARD PHILIPPE
J'ai vu toute une série de prises de position sur des couacs, ce que je sais c'est que les parlementaires et notamment les parlementaires de la majorité ont été extrêmement présents dans l'hémicycle et ont fait avancer des textes, dont la portée est considérable pendant cette session extraordinaire, il faut le saluer.

JEROME FLORIN
Monsieur le Premier ministre, est-ce que dans ce contexte les ennuis de la ministre du Travail, Muriel PENICAUD, ne sont pas pour vous une menace ? Je rappelle qu'elle est visée par une enquête pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme dans le cadre d'un déplacement d'Emmanuel MACRON lorsqu'il était à Bercy.

EDOUARD PHILIPPE
Elle s'est exprimée, Muriel PENICAUD, de façon extrêmement claire, et extrêmement ferme sur ces faits et sur la polémique, je ne sais pas s'il faut dire la polémique, sur l'enquête qui était en cours.

JEROME FLORIN
Si elle était mise en examen, elle devrait démissionner ?

EDOUARD PHILIPPE
Je peux vous le dire sur tous les tons et de façon très détendue, j'ai expliqué dès que j'ai pris mes fonctions que je fixais à l'ensemble des membres du gouvernement une règle d'une très grande clarté, consistant à dire que si un membre du gouvernement était mis en examen, il était conduit à démissionner immédiatement. Donc vous voyez c'est clair.

JEROME FLORIN
C'est très clair.

EDOUARD PHILIPPE
C'est formulé de façon très calme, c'est une règle précise et j'en suis le garant et elle sera respectée. Mais une fois que j'ai dit ça, permettez-moi aussi de dire que Muriel PENICAUD depuis le début, c'est-à-dire depuis sa nomination au gouvernement a engagé des discussions extrêmement intenses avec les organisations syndicales et patronales. Elle l'a fait avec le souci de la bonne foi, du travail sérieux. Elle a ensuite présenté une loi d'habilitation complexe devant le Parlement, l'Assemblée, et Sénat, elle a obtenu le vote dans d'excellentes conditions. Je voudrais lui rendre hommage parce que c'est un travail considérable qu'elle a fait avec un calme et une envie d'avancer tout à fait admirable et je tiens à le saluer.

JEROME FLORIN
La loi Travail, vous avez réussi l'exploit de fédérer toute la gauche contre vous, puisque La France Insoumise, les Communistes et la Nouvelle Gauche déposent aujourd'hui un recours devant le Conseil constitutionnel, est-ce que vous le craigniez, puisque vous craigniez également les manifestations annoncées pour la rentrée les 12 et 23 septembre à l'appel de la CGT notamment ?

EDOUARD PHILIPPE
Alors ce n'est pas du même ordre comme réaction, la CGT…

JEROME FLORIN
Non, mais ça montre que des choses se préparent.

EDOUARD PHILIPPE
La saisine du Conseil constitutionnel, c'est une des prérogatives des oppositions, je trouve ça… je n'ai absolument aucun commentaire, ça ne me pose aucun problème, si les parlementaires de l'opposition souhaitent saisir le Conseil constitutionnel pour qu'il examine la constitutionnalité de ce texte, ils ont parfaitement le droit de le faire.

JEROME FLORIN
Ils s'en prennent à la méthode notamment, ils disent qu'ils n'ont pas le temps suffisamment d'exposer des amendements, que tout ça va trop vite.

EDOUARD PHILIPPE
Encore une fois ils feront valoir leurs arguments, le Conseil constitutionnel tranchera. Moi, je pense qu'il y a eu un débat d'une très grande intensité, qui a duré longtemps, qui a permis à chacun de s'exprimer. Vous avez-vous-même, l'ensemble des commentateurs pu observer combien ce débat était à la fois intense et long, et c'est très bien ainsi parce qu'il faut pouvoir discuter des choses. S'agissant des manifestations que vous évoquez à la rentrée, je vais peut-être vous surprendre, moi je suis très attaché à l'ensemble des libertés dans ce pays, à la liberté de penser, à la liberté de s'exprimer et à la liberté de manifester, qui est une liberté qui est reconnue en France et qui est défendue et préservée. Si certains souhaitent exprimer dans la rue de façon pacifique et maitrisée des positions politiques, il n'appartient pas au Premier ministre, ni de l'interdire, ni même de faire en sorte que ce soit un problème.

JEROME FLORIN
Monsieur le Premier ministre, on en parlait juste avant…

EDOUARD PHILIPPE
Mais, mais, mais…

JEROME FLORIN
Allez-y.

EDOUARD PHILIPPE
Comme je suis attaché à la liberté, je sais aussi que la liberté est toujours encadrée en France et je pense que les Français, ils ont envie d'avancer. Ils ont envie de mouvements, je ne suis pas sûr qu'ils aient envie de blocage, je pense qu'ils ont envie de mouvements. L'ensemble des dispositions qui seront contenues dans les ordonnances présentées à la fin du mois d'août…

JEROME FLORIN
Le 31.

EDOUARD PHILIPPE
… ont été évoquées avec les organisations syndicales et patronales, avant l'élection présidentielle, le président de la République avait indiqué qu'il prendrait par ordonnance toute une série de mesures visant à atteindre les objectifs qu'il avait lui-même fixés. Ce qui veut dire qu'on est quand même dans une séquence, pardon pour dire ce terme, qui résulte directement d'engagements pris pendant la campagne, et j'insiste sur ce point on est dans une situation extrêmement différente de 2016 où une loi avait suscité une très forte controverse…

JEROME FLORIN
Là vous avez annoncé la couleur.

EDOUARD PHILIPPE
… parce qu'elle n'avait pas été préparée politiquement. Je le dis parce que je suis attaché à la liberté de manifester, je suis attaché à la liberté d'opinion, mais je suis aussi attaché à la démocratie.

JEROME FLORIN
On en parlait juste avant Monsieur le Premier ministre avec Bénédicte TASSART, c'est l'autre gros chantier de la rentrée, le budget. Vous avez promis le grand écart, à la fois baisser les impôts et faire des économies, 20 milliards d'euros d'économies…

EDOUARD PHILIPPE
Ce n'est pas le grand écart, ça va ensemble.

JEROME FLORIN
Est-ce que vous allez jouer franc jeu ? On l'a vu avec l'annulation des crédits affectés aux collectivités territoriales, 300 millions d'euros supprimés pour cette année, les élus ont pris ça comme une trahison, là en l'occurrence vous n'aviez pas annoncé la couleur.

EDOUARD PHILIPPE
Alors est-ce que vous nous laissez une minute pour faire la lumière complète sur cette affaire ?

JEROME FLORIN
Trente secondes.

EDOUARD PHILIPPE
Ecoutes, prenons une minute, à mon avis, ça les vaut. Il faut d'abord que nos auditeurs comprennent qu'il y a depuis très longtemps dans l'Etat une pratique qui s'appelle le gel des crédits. Qu'est-ce que ça veut dire le gel des crédits ? Ça veut dire qu'on vote un budget, c'est formidable on vote le budget, l'année précédente et puis ensuite quand on commence à mettre en exécution, on dit dans chaque ministère on va geler tant de crédits, en général c'est de l'ordre de 6 à 8 % des crédits, on les gèle. Ça veut dire quoi les geler ? Ça veut dire que le ministre n'a pas le droit de les engager. Il les a dans son budget, mais il n'a pas le droit de s'en servir. Pourquoi ? Parce qu'on veut garder une petite poire pour la soif et on ne veut pas les engager. On fait ça depuis des années, c'est depuis des dizaines d'années qu'on fait ça. Nous avons non pas annulé des crédits, nous avons annulé des crédits gelés. Ça veut dire que les crédits en question, ils n'avaient été engagés par personne, donc on n'a pas arrêté des projets en cours.

JEROME FLORIN
Alors pourquoi les élus parlent-ils de trahison, de coup de poignard dans le dos, on a tout entendu ?

EDOUARD PHILIPPE
Je suis fasciné qu'un certain nombre d'élus socialistes viennent nous reprocher, j'ai entendu le député DUSSOPT qui en général connait bien ses dossiers.

JEROME FLORIN
Même des élus de droite…

EDOUARD PHILIPPE
C'est possible, mais venir nous reprocher d'annuler des crédits qui avaient été gelés, alors que, par exemple le gouvernement de l'année dernière avait fait exactement la même chose, il avait annulé des crédits gelés. Donc je suis un peu surpris, ou plus exactement je ne suis pas surpris parce que tout le monde fait mine de penser que les mesures que nous avons annoncées pour 2017 résulteraient de choix que nous avons fait. La vérité, qui est extrêmement importante, c'est que conformément à l'engagement du président de la République, nous n'avons pas ouvert de loi de finance rectificative en 2017, c'est-à-dire que nous savions que la situation financière n'était pas bonne, moi je ne pensais pas qu'elle était aussi mauvaise, mais on savait qu'elle n'était pas bonne.

JEROME FLORIN
C'est un classique de renvoyer au gouvernement précédent…

EDOUARD PHILIPPE
Et au lieu d'équilibrer les sous-estimations volontaires dans les comptes de nos prédécesseurs par des augmentations d'impôts, on ne va pas augmenter, en 2017 pour exécuter ce budget, on ne va pas augmenter les impôts et en 2018…

JEROME FLORIN
Pourquoi est-ce que vous parlez de situation encore plus mauvaise, Monsieur le Premier ministre ?

EDOUARD PHILIPPE
Ecoutez, pourquoi est-ce que je parle d'une situation encore plus mauvaise que ce que je redoutais ; je ne me faisais aucune illusion sur le fait que les chiffres n'étaient pas très bons ; pour exactement pour les mêmes raisons que la Cour des comptes. La Cour des comptes, que nous avons saisie, a dit que si nous ne prenions pas de mesures énergétiques nous terminerions l'année à 3,2 % de déficit, ça veut dire qu'on était plutôt sur un horizon 3,3 ou 3,4 %. Et elle a dit, elle-même – après tout vous n'êtes pas obligé de me croire, mais on peut faire le crédit, à la Cour des comptes, d'être objective, d'être neutre et d'avoir un regard apaisé sur les choses – elle a dit, elle-même, que la préparation du budget prcédent, celui que nous exécutons aujourd'hui, celui qui a été décidé par nos prédécesseurs, était marqué par une sous-estimation des budgets, et même, elle a prononcé le mot, par un sujet lié à la sincérité de la préparation du budget. Alors, moi je veux bien qu'on vienne me dire « eh bien, mais enfin, quand même, vous êtes extraordinaire, vous dites que… », c'est la Cour des comptes qui a affirmé ça, et nous on gère ce sujet, en faisant des mesures d'économies c'est vrai, et surtout en préparant, pour 2018, un budget, que j'estime ambitieux, et qui correspondra, lui, à l'ensemble des orientations annoncées par le président de la République et que je vais mettre en oeuvre parce que je suis là pour ça.

JEROME FLORIN
Où est-ce que vous allez tailler notamment ? Il y aura des levées de bouclier partout, comme vous l'annoncez.

EDOUARD PHILIPPE
On va d'abord tailler dans les impôts. On va d'abord tailler dans les impôts, c'est-à-dire qu'on va baisser les impôts. Et je le dis, sans hésiter, nous voulons baisser les impôts, parce que nous pensons qu'il y a un sujet de trop grande pression fiscale dans ce pays, parce que nous pensons que cette fiscalité nuit à la compétitivité, et des entreprises, et du pays en général. Vous avez vous-même tout à l'heure, lors d'une chronique d'une grande clarté, indiqué qu'il y avait un sujet sur la compétitivité de l'économie française, notamment en matière de commerce extérieur. Nous voulons donc faire en sorte que l'économie reparte, reparte encore plus vite qu'aujourd'hui, que ça permette la création d'emplois, bref, qu'on ne soit pas comme engoncé dans un pays qui ne bougerait plus et qui se contenterait d'une croissance molle, et qui se contenterait de gérer au jour le jour, une situation qui se dégraderait.

JEROME FLORIN
Alors, quels impôts, concrètement Edouard PHILIPPE ?

EDOUARD PHILIPPE
De façon parfaitement conforme à ce que nous avons indiqué, c'est-à-dire que nous engageons une baisse de l'IS, c'est-à-dire que nous mettons en place un prélèvement forfaitaire unique sur le capital, c'est-à-dire que nous substituons à l'impôt de solidarité sur la fortune, à l'ISF, un impôt sur la fortune immobilière, on sort l'ensemble des éléments relatifs à la production…

JEROME FLORIN
La gauche dit c'est un cadeau aux riches, évidemment.

EDOUARD PHILIPPE
Ecoutez, moi je… si on veut aborder la question du budget, qui est une question complexe, de la pire des façons, on regarde ligne par ligne et on dit ça c'est un cadeau à telle personne, ça c'est une punition pour telle autre. Un budget c'est un élément construit, le budget que nous proposerons au Parlement, à l'automne, est un budget qui retracera les choix politiques, les choix politiques, fait par ce gouvernement dans la ligne fixée par le président de la République., c'est-à-dire plus de moyens à la défense, parce que nous vivons dans un monde dangereux – et oui, eh bien oui ! On vit dans un monde dangereux, et donc il faut consacrer plus de moyens à notre défense, c'est-à-dire plus de moyens à la justice…

JEROME FLORIN
La menace terroriste est toujours là, on l'a vu ce week-end avec l'arrestation d'un homme à la Tour Eiffel.

EDOUARD PHILIPPE
Absolument ; c'est-à-dire plus de moyens pour la justice, parce que si nous ne donnons pas plus de moyens à la justice, et si nous ne veillons pas à ce que, et la justice, et le monde pénitentiaire fonctionnent mieux, alors nous aurons un problème de pérennité de notre démocratie et d'acceptation de notre démocratie. Donc, plus de moyens pour l'enseignement supérieur…

JEROME FLORIN
Donc il y aura des moyens partout, on a bien compris.

EDOUARD PHILIPPE
Il y aura des efforts partout, mais un budget ça traduit des choix.

JEROME FLORIN
Monsieur le Premier ministre, vous et tout le gouvernement étiez réunis hier soir pour un dîner à l'Elysée, c'était un dîner convivial entre amis ou un dîner de recadrage ?

EDOUARD PHILIPPE
Ah non, c'était un dîner très convivial, je dirais même très détendu.

JEROME FLORIN
A ce point-là, malgré les quelques cafouillages et les sondages en berne depuis quelques semaines ?

EDOUARD PHILIPPE
Vous savez, je n'ai pas une expérience très ancienne dans ce métier, certainement pas dans la fonction de Premier ministre, et même dans le monde politique, j'ai 46 ans, mais quand je regarde ce qui s'est passé jusqu'à présent, je vois une série de mes prédécesseurs, souvent estimables d'ailleurs, qui ont beaucoup cherché à gouverner en ayant l'oeil rivé sur les sondages, je ne crois pas que ça leur ait beaucoup réussi.

JEROME FLORIN
Merci Monsieur le Premier ministre, Edouard PHILIPPE, d'avoir été notre invité ce matin sur RTL. C'est l'enfer Matignon, comme on dit ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, c'est un métier exaltant, difficile, avec des responsabilités importantes, qu'il faut prendre très au sérieux, mais je ne dirais pas que c'est l'enfer, et je ne suis même pas sûr que ce soit plus dur que pour ceux qui, tels des médecins de campagne se démènent, ou pour des gens qui se lèvent à 4h00 du matin pour aller nettoyer des sols industriels, et qui nous écoutent peut-être. Donc, ce n'est pas un enfer, c'est un métier difficile, avec des responsabilités, mais j'essaie de le faire sérieusement.

JEROME FLORIN
Merci Monsieur le Premier ministre, Edouard PHILIPPE, en direct sur RTL. Merci, bonne journée, et bonnes vacances.

EDOUARD PHILIPPE
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 août 2017

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