Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les actions menées par les ambassades de France dans la lutte contre le dérèglement climatique, à Paris le 31 août 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les actions menées par les ambassades de France dans la lutte contre le dérèglement climatique, à Paris le 31 août 2017.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Remise du prix "Ambassade verteé à l'occasion de la Semaine des ambassadeurs, à Paris le 31 août 2017

ti :


Monsieur le Ministre, Cher Jean-Pierre Chevènement,
Monsieur le Président de l'ADEME, Cher Bruno Lechevin,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,


Je suis heureux et fier d'être parmi vous pour remettre les premiers prix de l'Ambassade verte, grand concours initié sous mon prédécesseur. Ce projet d'administration exemplaire est particulièrement important à mes yeux. Je veux saluer l'initiative de la direction des Immeubles et de la Logistique, en collaboration avec l'ADEME, de lancer le 30 janvier dernier ce concours. Cette première édition récompense les meilleures actions environnementales du réseau entre le 1er janvier 2014 et le 30 avril 2017.

Vous connaissez bien évidement l'engagement des autorités françaises, et mon engagement en particulier, à accroître nos efforts collectifs contre le changement climatique. Ce travail nous concerne collectivement ; au vu de nos responsabilités sur ce dossier et de la volonté de la France d'être en pointe dans ce combat, il revient au ministère de l'Europe et des affaires étrangères de faire preuve d'initiative. Convaincre, c'est aussi donner l'exemple et montrer la voie, c'est ma conviction.

Les défis sont nombreux : diminuer les émissions de gaz à effet de serre, maitriser les consommations d'énergie et d'eau, favoriser des achats plus durables, encourager la mobilité durable, promouvoir les énergies renouvelables, protéger la biodiversité et l'environnement, réduire et trier les déchets, sensibiliser le ministère en interne et en externe au développement durable.

Tous ces sujets, et d'autres, sont traités à présent avec rigueur dans le cadre des quelque soixante plans d'action «Ambassade verte» élaborés en 2017, et je m'en félicite.

Il y avait déjà des précurseurs :je pense notamment au chantier de l'ambassade de France au Japon ; elle a été inaugurée en 2009 et elle fait aujourd'hui figure de vitrine du savoir-faire français en matière d'architecture durable avec un bâtiment parfaitement intégré au site et qui optimise la consommation d'eau et d'énergie, en ne sacrifiant rien au confort acoustique et à la qualité de l'éclairage.

Je voudrais également mentionner l'ambassade de France à Washington ; elle a lancé un bilan d'émissions de gaz à effet de serre dès 2010, en partenariat avec l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) ; je tiens à saluer son président Bruno Lechevin qui accompagne la démarche du ministère. Les résultats sont probants, comme le prouvent les chiffres : l'investissement relativement modeste de 280.000 euro de départ a produit dans les deux premières années une baisse de la consommation de gaz de 22% et d'électricité de 14%, soit 175.000 euro d'économies d'énergies, des économies qui se sont poursuivies ensuite dans la durée. C'est bien la preuve que l'investissement pour réduire notre consommation d'énergie est rentable.

Des projets plus modestes par la taille mais tout aussi importants ont pu également être engagés très tôt, comme à Copenhague, grâce au soutien de l'ADEME. À cet égard, je veux souligner le rôle de la directrice des relations internationales Madame Dominique Campana qui a apporté sa compétence et a été notre partenaire depuis le début.

L'engagement de notre réseau diplomatique dans la durée est fondamental ; je l'ai dit, c'est aussi par l'exemple, celui que nous donnons et que nous nous devons de faire connaître, que nous pourrons inciter les acteurs étatiques et privés à s'engager avec nous ; c'est de cette manière, par un véritable changement des comportements, que l'Accord de Paris sur le climat produira tous ses effets.

Je tiens à saluer la création il y a moins d'un an de l'association «diplomacycles». Son but est d'encourager l'éco-mobilité des agents de notre ministère, en poste ou à l'étranger. Je ne peux qu'encourager cette démarche : elle est la traduction en action concrète de la COP21 et encore une fois, le signe de l'exemplarité de cette maison. Cela peut se généraliser.

Ce concours a suscité un vif intérêt, et je me félicite de l'engouement de notre réseau pour cette démarche. 22 ambassades ou consulats ont été candidats. Dix projets ont été pré-sélectionnés lors d'un vote auquel près de 1400 agents ont pris part, permettant une pré-sélection de 10 finalistes. Le choix final des gagnants a été fait par un jury de personnalités qualifiées.

Je vais à présent remettre deux prix différents, le Grand Prix et le Prix du Jury, chacun doté d'une contribution financière pour amorcer le financement d'un projet de réduction de l'empreinte environnementale des ambassades sélectionnées (30.000 euro pour le Grand Prix, 20.000 euro pour le Prix mention spéciale du Jury). Mais avant cela je voudrais procéder à la remise d'un prix spécial, le prix Coup de Coeur du Jury.

Remise du Prix «Coup de coeur» à l'ambassadeur de France au Maroc, M. Jean-François Girault.

Le projet de l'ambassade à Rabat, intitulé «Une meilleure maîtrise de l'énergie pour le campus diplomatique de Rabat et les emprises diplomatiques» est distingué pour la cohérence de la démarche «Ambassade verte» menée depuis plusieurs années et le fait qu'elle associe l'ensemble des acteurs français sur place, l'Ambassade, l'institut, les consulats, les écoles. Monsieur l'ambassadeur, cher Jean-François Girault, recevez toutes mes félicitations pour ce très beau projet.

Remise du «Prix du Jury» à l'ex-ambassadeur de France au Brésil, M. Laurent Bili (devenu entretemps directeur général de la Mondialisation), et à l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, M. Georges Serre.

Le «Prix du jury» a été attribué ex-aequo à notre ambassade au Brésil pour son projet de «Réaménagement des jardins de l'ambassade et de la Résidence» et à notre ambassade en Côte d'Ivoire pour son projet de «Récupération des déchets de bananiers et des déchets d'équipement électriques et électroniques» avec des start-ups locales.

Cher Laurent Bili, en tant que nouveau directeur général de la mondialisation, vous continuerez à traiter des sujets que vous avez fait avancer avec succès au sein du poste au Brésil : la protection de la biodiversité, le lien entre thématiques environnementales et culturelles. Je souhaite que cet engagement accompagne également la mission de votre successeur.

Cher George Serre, votre ambassade qui a bénéficié d'un stagiaire «Ambassade verte» a montré à travers son projet qu'il était possible, notamment en mobilisant les partenariats locaux d'agir malgré un contexte compliqué. La dimension sociale de votre projet est aussi particulièrement exemplaire.

Remise du «Grand prix» à l'ambassadrice de France en Namibie, Mme Bassa Mazzoni.

Madame l'Ambassadrice, votre projet de «Première ambassade verte en Namibie» est exemplaire à plus d'un titre. Grâce à votre engagement personnel et le travail mené avec tous les agents de votre poste de présence diplomatique, vous avez réussi à monter un partenariat gagnant avec Innov Sun. Avec ce projet, vous avez d'abord réduit l'empreinte environnementale de votre poste en installant, grâce à un mécénat, 17 panneaux solaires. Combinés aux 3 chauffe-eau solaires, ils fournissent près de 80% de la consommation totale d'électricité de l'emprise ! Je crois que ces chiffres parlent d'eux-mêmes quant à notre capacité à agir de façon efficace. Et encore une fois, je suis heureux de constater qu'un tel projet est pleinement intégré à notre diplomatie économique en promouvant des innovations et des énergies renouvelables. Madame l'Ambassadrice, pour cette réalisation collective exemplaire, je suis heureux de vous remettre le Grand Prix «Ambassade verte» et je vous adresse toutes mes félicitations.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 septembre 2017

Rechercher