Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à l'émission de "Territoires d'infos" de Public Sénat le 4 septembre 2017, sur la sécurisation des écoles lors de la rentrée scolaire, les dotations aux collectivités locales, les contrats aidés et les enjeux liés à l'élection sénatoriale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à l'émission de "Territoires d'infos" de Public Sénat le 4 septembre 2017, sur la sécurisation des écoles lors de la rentrée scolaire, les dotations aux collectivités locales, les contrats aidés et les enjeux liés à l'élection sénatoriale.

Personnalité, fonction : COLLOMB Gérard, SZAMES Michaël.

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti : CYRIL VIGUER
Voilà, deuxième partie de cette matinale d'infos avec maintenant « Territoires d'infos », avec un invité politique ce matin, Gérard COLLOMB, qui essuie les plâtres de cette nouvelle formule. Merci Monsieur le Ministre d'être avec nous ce matin. Vous êtes l'invité politique de Public Sénat, de la presse quotidienne régionale des télévisions locales de France et de TV5 Monde. Merci. Et c'est Michaël SZAMES, le spécialiste politique de Public Sénat. Bonjour Michaël. Et Nathalie MAURET du Progrès de Lyon. C'est un peu normal…

NATHALIE MAURET
Bonjour.

CYRIL VIGUER
Gérard COLLOMB, vous étiez jusqu'à il y a quelques semaines le maire de Lyon, qui seront vos intervieweurs ce matin à mes côtés. Gérard COLLOMB, la petite Maëlys a disparu depuis dix jours maintenant, un homme a été mis en examen et écroué après avoir été entendu une deuxième fois par la police. L'ADN aurait parlé. Ce matin, qu'est-ce qui prédomine le plus chez vous, la prudence, et pouvez-vous nous dire un peu plus de choses, que savez-vous de l'enquête ce matin et de sa progression ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, je crois que le ministre de l'Intérieur ne peut pas commenter l'enquête judiciaire, simplement, constater que les moyens qui ont été déployés sur ce drame ont été des moyens extrêmement conséquents, puisque vos téléspectateurs ont tous vu, on avait déployé l'ensemble de la palette des forces de sécurité, à la fois donc chiens qui détectaient les odeurs, plongeurs qui allaient voir effectivement si dans les étangs alentours, on ne retrouvait pas de corps, et puis, des effectifs déployés conséquents et la mobilisation…

CYRIL VIGUER
Et il semble que ce soit la police scientifique…

GERARD COLLOMB
Et la mobilisation, bien sûr, bien sûr, chaque fois…

CYRIL VIGUER
Qui a fait la différence…

GERARD COLLOMB
Chaque fois, les empreintes sont prises, et c'est vrai que, aujourd'hui, l'ADN permet de résoudre des affaires qu'on ne résolvait pas il y a encore quelques années.

MICHAËL SZAMES
Monsieur le Ministre, c'est aujourd'hui la rentrée scolaire, est-ce que vous pouvez nous dire que la rentrée scolaire se fait en toute sécurité ?

GERARD COLLOMB
Elle se fait en toute sécurité, d'abord, moi, je voudrais faire un petit clin d'oeil à mes filles, qui ont 13 ans et 9 ans, qui font la rentrée scolaire aujourd'hui, et qui m'avaient dit : comment, papa, tu ne vas pas être avec nous…

CYRIL VIGUER
Eh non, vous êtes sur Public Sénat, voilà…

GERARD COLLOMB
Et donc, hier, j'ai eu droit aux bouderies toute la journée, donc voilà, je suis comme tous les papas…

MICHAËL SZAMES
Je vous rassure, nous aussi.

GERARD COLLOMB
Toutes les mamans du monde qui, le premier matin, emmènent leurs enfants, oui, je crois…

CYRIL VIGUER
Elles vont à l'école à Lyon ?

MICHAËL SZAMES
Matière de sécurité…

GERARD COLLOMB
Oui, oui, oui, absolument. Sur la sécurité, on a travaillé beaucoup, ça fait quelques années maintenant qu'on travaille, depuis les attentats sur la sécurisation des écoles, et donc il y a eu des sommes importantes qui ont été investies sur les trois dernières années, en même temps, il y a eu une formations d'un certain nombre de personnels de l'Education nationale par des policiers, par des gendarmes, de manière à voir quelle attitude adopter pour ces problèmes de sécurité, et enfin, avant les vacances, avec mon collègue ministre de l'Education nationale, nous avons eu une séance de travail pour que, partout, dans tous les départements, il y ait des réunions entre les forces de police, les forces de sécurité, et puis, les recteurs, les chefs d'établissement…

MICHAËL SZAMES
Aujourd'hui même, avez-vous déployé de nombreuses forces de sécurité en plus, par exemple, est-ce qu'il y a un chiffre à donner ce matin, pour assurer la sécurité des élèves…

GERARD COLLOMB
Il n'y a pas un chiffre, si vous voulez, mais par exemple, lorsqu'on parle de nos dispositifs, chaque fois, évidemment, on les reploie, voyez, hier, il y avait beaucoup de monde surveillait la braderie de Lille, et dès ce matin, ils sont redéployés devant les écoles.

NATHALIE MAURET
Monsieur le Ministre, vous avez rappelé que vous étiez parent de jeunes enfants, est-ce que vous pensez que, avec ce qu'est en train de préparer Jean-Michel BLANQUER, ils seront mieux préparés pour leur avenir que lors du quinquennat précédent ?

GERARD COLLOMB
Oui, je crois, il me semble – comme vous le savez, moi, j'étais enseignant au départ – et donc il me semble qu'on avait un peu dérivé, et que, en particulier pour les enfants de milieux culturels, on va dire défavorisés, on faisait trop comme s'il y avait une culture, comme s'il y avait un apprentissage qui était fait à la maison. Et quand, par exemple, dans les classes des quartiers populaires, on va dédoubler les effectifs, c'est effectivement un renfort pour ces enfants. Le grand drame quand même de nos quartiers populaires, c'est que vous avez des enfants qui sont très, très vite en perte de vitesse, et donc qui ensuite n'ont aucune chance de réussir dans la société, n'arrivent pas à s'insérer, et donc cela donne lieu aux problématiques que l'on connaît aujourd'hui dans les grands quartiers populaires…

MICHAËL SZAMES
Donc on éduquera mieux les enfants que sous le quinquennat précédent, la question de Nathalie…

GERARD COLLOMB
Comment ?

MICHAËL SZAMES
Mieux que sous le quinquennat précédent ?

GERARD COLLOMB
Oh, il y a plus longtemps que cela, mais si vous voulez…

MICHAËL SZAMES
C'était la question de Nathalie très précise…

GERARD COLLOMB
Dans le quinquennat précédent, il y a eu un certain nombre de réformes qui ont été faites, qui étaient des réformes auxquelles, moi, comme maire, par exemple, je n'étais pas très enclin à pouvoir les mettre en forme. Je pense par exemple à la réforme des rythmes scolaires, ça a été un cauchemar pour tous les élus locaux. La réforme du collège, beaucoup d'enseignants l'ont critiquée, donc voilà. Il faut remettre tout ça en forme, il faut surtout, à mon avis, redonner confiance aux enseignants.

NATHALIE MAURET
Donc ça veut dire que ce que fait Jean-Michel BLANQUER, c'est-à-dire, en clair, de détricoter tout ce qu'a fait Najat VALLAUD-BELKACEM, ça va dans le bon sens ?

GERARD COLLOMB
Il ne détricote pas, il re-tricote, si vous permettez.

MICHAËL SZAMES
Et encore une question sur la rentrée scolaire, vous avez peut-être entendu cette polémique autour de la cigarette qui pourrait revenir dans les lycées, parce qu'il y a des raisons de sécurité, ça éviterait les attroupements devant les écoles. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ce qui va se passer ?

GERARD COLLOMB
Alors écoutez, je vais vous donner une réponse, là, personnelle, parce que je pense que rien n'a été tranché au niveau d'aucun ministre. Franchement, le mieux, c'est quand même de ne pas trop fumer, je veux dire, on fait des campagnes toute l'année pour dire qu'il ne faut pas fumer, les médecins se mobilisent, et puis ensuite, le sujet est de savoir si on fume dehors ou dedans…

MICHAËL SZAMES
Pas de consignes de la part du ministre de l'Intérieur ?

NATHALIE MAURET
Oui, du ministre de l'Intérieur…

MICHAËL SZAMES
Consignes ou pas, est-ce qu'il y aura des consignes ?

NATHALIE MAURET
Mais votre avis de ministre d'Intérieur, effectivement, par rapport à ça, par rapport à ces attroupements devant les lycées de jeunes ?

GERARD COLLOMB
Eh bien, je pense, si vous voulez, qu'il va essayer d'éviter les attroupements, ou en tout cas, que l'organisation de sécurité donc devant les établissements scolaires sera renforcée. Vous voyez, il y a souvent des parvis devant donc les lycées ou les collèges, il faut, à ce moment-là, borner pour que, effectivement, il ne puisse pas y avoir de voitures béliers qui, effectivement foncent sur celles et ceux qui se trouveraient dehors. Mais vous pourriez trouver la même chose à la rentrée des cours ou bien à la sortie quand on commence à discuter devant la porte ensemble.

MICHAËL SZAMES
Gérard COLLOMB, il y a un livre qui fait polémique, c'est un principal de collège à Marseille, ex-principal, le titre principal de collège ou imam, il évoque l'emprise de l'islamisme dans les collèges de la ville, il parle de loi du silence, l'islamisme radical est aux portes de ces écoles ?

GERARD COLLOMB
Alors, il se trouve qu'on m'a offert ce livre avant-hier, on m'a dit : il faut absolument que tu lises e livre. Oui, il y a des difficultés, il y a des difficultés parce que, il peut y avoir, dans tel ou tel quartier, des tentatives d'embrigadement des esprits à l'extérieur, et donc forcément, les élèves ramènent cet état d'esprit à l'intérieur des établissements. Mais aujourd'hui, on commence à faire beaucoup sur la radicalisation, ce qu'il faut dire tout simplement, c'est que Daesh, cette forme d'islamisme extrémiste, ce n'est pas l'islam. Et donc que c'est un dévoiement de cette religion. Et je crois que comme Daesh a su faire, à un moment donné de la propagande pour embrigader un certain nombre d'esprits, nous, il faut que nous sachions communiquer à ces jeunes, et dire que, on peut être musulman, et puis en même temps, ne pas tomber dans la caricature qu'est Daesh.

CYRIL VIGUER
C'est Gérard COLLOMB, le ministre de l'Intérieur, qui est l'invité de « Territoires d'infos » aujourd'hui. Gérard COLLOMB, vous allez recevoir les préfets, demain, en présence du président de la République, que va leur dire Emmanuel MACRON aux préfets ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, je pense qu'il va leur dire, d'abord, qu'il faut faire en sorte que la politique du gouvernement dans les territoires puisse trouver son prolongement, et donc toutes les mesures qui sont prises doivent évidemment être appliquées. Moi, je pense que ce qui est important, c'est d'abord de faire en sorte que nos universités continuent à entraîner, et le fassent peut-être encore plus, notre économie ; voyez, il y a une petite reprise économique, la loi Travail devrait à mon avis l'accentuer, mais il faut effectivement des gens, former des gens qui vont sur les technologies nouvelles, l'innovation, parce qu'on voit bien que lorsqu'on a une reprise comme celle que l'on connait, et donc une consommation un peu plus forte, on s'aperçoit que le déficit de notre commerce extérieur grandit, 45 milliards cette année, alors que l'Allemagne fait 270 milliards de bénéfices, on voit bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans notre système. Après, les problèmes de terrorisme sont extrêmement importants toujours, on a bien vu Barcelone, les problèmes de sécurité ne le sont pas moins. Et puis, enfin, il a essayé de faire en sorte que les fractures françaises se résorbent, les fractures à l'intérieur des villes, mais les fractures entre ville et campagne.

NATHALIE MAURET
Justement, au niveau des territoires, vous étiez maire jusqu'à il y a peu, vous êtes encore très présent dans votre ville de Lyon, si vous étiez encore maire, est-ce que vous feriez partie des élus locaux qui grognent contre la baisse prévue des dotations aux collectivités locales, on parle de treize milliards sur le quinquennat ?

GERARD COLLOMB
Alors, la bonne nouvelle, si vous voulez, c'est qu'il n'y aura pas, pour reprendre vos termes, de baisse des dotations, et c'est la première année depuis longtemps où il n'y aura pas de baisse des dotations. Qu'est-ce que le gouvernement veut faire, il dit…

NATHALIE MAURET
Et entre baisse des dotations et faire des économies, là, quand même la nuance est ténue…

GERARD COLLOMB
Attendez, il dit, de la même manière que nous, nous allons faire baisser la dépense publique nationale, il faut faire baisser la dépense publique locale. Et il y a des moyens de le faire, si vous voulez, lorsque moi, j'ai fait par exemple la métropole de Lyon, c'était aussi pour faire baisser la dépense publique, je savais que l'Etat n'allait pas être très bien, on a donc fusionné l'ancien Conseil général, la communauté urbaine de Lyon, et donc voilà, on a pu fusionner et avoir les moyens…

NATHALIE MAURET
Sauf qu'il y a aussi beaucoup de dépenses de plus, vous disiez vous-même que pour les villes très attractives, comme Lyon, ça veut dire plus d'habitants, ça veut dire plus d'écoles, ça veut dire plus de dépenses, parce que plus d'investissement !

GERARD COLLOMB
Ah, je suis d'accord, mais ça veut dire aussi plus d'impôts et de recettes. Vous voyez, quand vous avez beaucoup d'entreprises qui viennent, beaucoup d'habitants qui viennent, vous avez plus de recettes, non, je crois que…

NATHALIE MAURET
Mais vous comprenez quand même la grogne des élus ?

GERARD COLLOMB
Je crois que… eh bien, les treize milliards, il fallait effectivement les faire, puisque quand on a plus de 2.000 milliards de dettes aujourd'hui, on ne peut pas continuer comme ça, parce que, à un moment donné, il faudra payer, et si ce n'est pas nous, ce sont nos enfants, ceux qui sont à l'école, là. Donc autant effectivement le faire, mais il faut le faire de manière modérée, et faire sorte que nous demandions aux élus de s'engager dans cette baisse de la dépense publique, plutôt que de faire ce qui était, par exemple, proposé par monsieur FILLON, candidat aux primaires, qui, lui, voulait faire vingt milliards, alors, pour le coup, de baisse des dotations.

MICHAËL SZAMES
Alors justement, si on continue sur la question des territoires, il y a quelque chose qui monte aussi en ce moment, et vous entendez cette grogne, c'est la fin des contrats aidés, est-ce que c'est une erreur ?

GERARD COLLOMB
Alors, si vous voulez, je comprends à la fois celui évidemment qui a un contrat aidé à qui on va dire à la fin, c'est terminé, je comprends un certain nombre d'associations pour qui c'est quelque chose donc d'important, mais vous savez, il y avait inscrit en prévision le double de contrats aidés que ce qui était réellement financé sur 2017. Alors, on en a rajouté un certain nombre, mais ça ne correspond pas évidemment à ce qui était annoncé au départ…

MICHAËL SZAMES
Donc ce n'est pas une erreur de les supprimer ?

GERARD COLLOMB
Alors, sur le contrat aidé, j'y viens maintenant. Vous avez une étude qui a été faite au mois de mars dernier par la DARES, et qui montre que, il y a deux sortes, comme vous le savez, de contrats aidés, les contrats aidés dans le secteur marchand, et là, on vous dit que finalement, avec la reprise de l'économie, c'est plutôt un effet d'aubaine, et puis, il y a ceux qui sont dans le secteur non-marchand. Et alors, la difficulté, c'est que quelqu'un qui a eu un contrat aidé a 8 % de moins de chance de retrouver un emploi pérenne parce que, effectivement, on considère que quand on a été dans un emploi aidé, eh bien, pour une entreprise privée, on n'est plus employable…

MICHAËL SZAMES
Gérard COLLOMB, permettez-moi de prolonger cette question, politiquement, vous parlez d'erreur, parce que quand on voit toutes ces annonces économiques, et notamment sur les territoires, on peut se dire que vous n'allez peut-être pas gagner les élections sénatoriales comme vous auriez pu l'imaginer, mission impossible ?

GERARD COLLOMB
Les élections sénatoriales, si vous voulez, elles reposent sur les scrutins d'avant, or, comme les scrutins d'avant, on va dire, la droite a à peu près tout gagné, ça ne peut pas être une formidable embellie pour la République En Marche…

MICHAËL SZAMES
Donc mission impossible ?

GERARD COLLOMB
Eh bien, oui, il faut regarder la réalité, donc il ne faut pas s'attendre à des miracles, bon…

MICHAËL SZAMES
Il ne faut pas s'attendre à des miracles pour les élections ?

GERARD COLLOMB
Eh bien, si un certain nombre de gens, moi, je les encourage à pouvoir voter pour nos candidats, mais c'est quand même un petit peu mathématique, vous savez, lorsque moi, j'ai été élu donc sénateur, on sait à chaque renouvellement combien il y a de sénateurs de telle couleur, combien il y en a de telle couleur…

NATHALIE MAURET
Il y a aussi beaucoup de non-inscrits…

GERARD COLLOMB
Et il peut y avoir quelquefois un siège…

MICHAËL SZAMES
Vous reculez, quoi, par rapport aux estimations qui étaient prévues ?

GERARD COLLOMB
Comment ?

MICHAËL SZAMES
Vous reculez un peu par rapport aux estimations qui étaient prévues ?

GERARD COLLOMB
Oui, je ne sais pas qui avait estimé, mais en tout cas…

NATHALIE MAURET
On avait parlé de 60 députés la République En Marche…

GERARD COLLOMB
Un chiffre mathématique suffisait à montrer qu'on n'aurait pas effectivement autant de sénateurs qu'annoncés.

MICHAËL SZAMES
Et avec tout cela, toutes les annonces économiques, en plus, vous annoncez pour les radars, les radars routiers, que des entreprises privées vont devoir gérer les radars aujourd'hui à la place des policiers et des gendarmes notamment, et les Français s'inquiètent, s'inquiètent du fait que simplement, ils craignent la politique du chiffre, craignent pour le portefeuille…

CYRIL VIGUER
Ils ont raison ?

GERARD COLLOMB
Ils devraient, si vous voulez, ils devraient se réjouir, parce que ça veut dire autant de policiers qui seront demain devant chez eux pour les protéger. Qu'est-ce que nous faisons en fait ? C'est une expérimentation que nous allons d'abord réaliser dans un département, la Normandie, et puis, que nous allons étendre, effectivement, on n'aura plus de policiers, mais nous avons pris, comme précaution, que ce n'était au nombre de PV que la société était rémunérée, mais il y avait un forfait qui était donc fixé d'avance, donc il n'y aura pas…

CYRIL VIGUER
C'est le montant du forfait qui…

GERARD COLLOMB
Il n'y aura pas une poussée…

CYRIL VIGUER
Quel sera le montant du forfait, c'est ça…

GERARD COLLOMB
Il n'y aura pas une poussée pour que, effectivement, on mette le plus d'amendes possibles. Mais vous savez, il y a une réalité que l'on doit prendre en compte, c'est que la mortalité avait baissé, et puis, depuis deux ans, elle a ré-augmenté, et il faut absolument empêcher qu'il y ait des morts sur les routes, et en particulier, des jeunes, voyez, quels sont les éléments, c'est à la fois l'excès de vitesse, l'alcool, les stupéfiants.

MICHAËL SZAMES
Monsieur le Ministre, est-ce que vous vous sentez à l'aise dans ce gouvernement ?

GERARD COLLOMB
J'essaie de me sentir le plus à l'aise possible.

MICHAËL SZAMES
On dit que vous feriez partie d'un groupe de ministres anciens socialistes, qui se regroupent parce que, il faut faire un petit peu contrepoids aux libéraux que seraient les Bruno LE MAIRE et autres…

GERARD COLLOMB
Non, moi, je ne suis pas du tout dans cette pensée, moi, ce que je veux, c'est que les mesures que l'on prend soient efficaces pour la vie quotidienne des gens, et j'estimerai que ce gouvernement réussit si les gens voient, pas dans le mois qui vient, mais en un an, que leur vie s'améliore, voyez, moi, je suis quelqu'un du concret, je suis dans une ville, si j'y ai, on va dire, quelques amis, c'est parce que les gens voient leur environnement se transformer, et voient que pour eux, les choses s'améliorent. Je voudrais qu'on fasse la même chose au niveau du gouvernement.

CYRIL VIGUER
Gérard COLLOMB, Laurent WAUQUIEZ, président d'Auvergne-Rhône-Alpes, candidat à la présidence des Républicains, vous le connaissez bien, il est président d'une région dont Lyon est la métropole. Est-ce que l'opposition, incarnée par une forme de droite un peu dure, est un avantage ou un inconvénient pour le gouvernement ?

GERARD COLLOMB
On va dire que c'est surtout un inconvénient pour la droite classique, puisque, un certain nombre de gens disent : nous, on ne se reconnaît pas dans une droite extrêmement dure, qui, demain, d'ailleurs, peut faire alliance avec un certain nombre d'éléments d'extrême droite. Donc oui, il y a une ligne, qui est une ligne quand même vraiment dure avec un changement sur l'Europe fondamentale. Laurent WAUQUIEZ, c'est un homme, c'est un homme d'Auvergne Rhône-Alpes.

CHRISTOPHE VIGUIER
Vous lui reconnaissez des qualités…

GERARD COLLOMB
Je ne veux pas trop charger la barque, mais quand même c'était l'héritier de Jacques BARROT, et on s'aperçoit qu'entre Jacques BARROT et Laurent WAUQUIEZ, il y a eu quand même une certaine inflexion et je crois que Jacques BARROT ne reconnaitrait plus son héritier.

CHRISTOPHE VIGUIER
Vous lui reconnaissez des qualités à Laurent WAUQUIEZ ?

GERARD COLLOMB
Oui, c'est quelqu'un qui a du tonus, mais c'est quelqu'un qui est dur et donc à mon avis je ne crois pas qu'on puisse se reconnaitre aujourd'hui dans une France dure, radicale qui cliverait sur les problèmes de notre société, ça risquerait de diviser fortement les Français.

NATHALIE MAURET
Est-ce que ce serait plus difficile d'avoir un opposant comme lui s'il devenait président des Républicains ?

GERARD COLLOMB
Il reste encore quatre ans et neuf mois, on ne va pas faire le match tout de suite. J'étais à Lyon ce week-end et il y a des gens qui me disaient, plutôt de droite, qui me disaient, « WAUQUIEZ, il faut qu'il attende un peu, ce n'est pas tout de suite que se joue le match ».

CHRISTOPHE VIGUIER
Gérard COLLOMB, est-ce que l'expérience de la conduite d'une grande métropole prépare à votre tâche actuelle, est-ce que vous êtes bien préparé ?

GERARD COLLOMB
En tout cas je peux vous dire qu'on connait la réalité, pour beaucoup le savoir peut être l'ivresse, moi, il est pratique, je connais les gens.

NATHALIE MAURET
Une dernière question.

MICHAEL SZAMES
Je voudrais vous entendre sur le cas de M'Jid El GUERRAB, député mis en examen pour violence volontaire, doit-il quitter son poste de député ?

GERARD COLLOMB
C'est inacceptable effectivement de pouvoir commettre des violences alors qu'on est représentant de la nation et qu'on doit être un modèle pour tous.

MICHAEL SZAMES
Vous lui demandez de démissionner ?

GERARD COLLOMB
Ça serait mieux pour lui.

CHRISTOPHE VIGUIER
Merci Gérard COLLOMB, ministre de l'Intérieur, première dans la hiérarchie gouvernementale, d'avoir été l'invité de « Territoires d'Infos » pour cette nouvelle saison.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 septembre 2017

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