Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec LCP le 13 septembre 2017, sur l'action du gouvernement face à l'ouragan Irma, la réforme du code du travail, la PMA, le tourisme en France, les élections sénatoriales et sur l'attribution à la France des Jeux olympiques de 2024. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec LCP le 13 septembre 2017, sur l'action du gouvernement face à l'ouragan Irma, la réforme du code du travail, la PMA, le tourisme en France, les élections sénatoriales et sur l'attribution à la France des Jeux olympiques de 2024.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères;

ti :
CYRIL VIGUIER
L'invité politique aujourd'hui, bonjour Jean-Baptiste LEMOYNE.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes le secrétaire d'Etat, le nouveau secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, merci d'être l'invité de « Territoires d'infos » ce matin, de la presse quotidienne régionale, des télés locales de France, en partenariat avec les radios, c'est 130 radios sur tout le territoire français et TV5 Monde, notre partenaire. Pour vous interroger à mes côtés ce matin, Michaël SZAMES, le spécialiste politique de Public Sénat, et Hervé FAVRE de La Voix du Nord, un régulier de cette matinale d'info qui nous fait le plaisir de revenir pour cette nouvelle saison. Jean-Baptiste LEMOYNE, Emmanuel MACRON est bien sûr ce matin à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, pour essayer de retourner un peu l'opinion publique là-bas, pour couper court en tout cas aux accusations d'impréparation du gouvernement, c'est ça la visite d'Emmanuel MACRON là-bas le but de ce voyage ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, je crois que le but c'est, en premier lieu, d'être auprès des gens qui souffrent, effectivement, qui ont perdu leur maison, peut-être ont des proches blessés, mais vous faites allusion peut-être aussi à tout ce que les réseaux sociaux peuvent parfois charrier, avec le meilleur parfois, mais aussi le pire, parce qu'on a vu véritablement de la désinformation. Lorsque j'ai lu que la préfète de Saint-Martin aurait quitté l'île pour aller à la Guadeloupe, mais elle a fait partie de ceux qui sont restés, avec ses équipes, dans la salle pièce qui restait debout sur l'île, et qui a assuré la continuité de l'Etat. Donc, ce que je veux dire c'est que, justement, on voit bien que parfois ces manipulations, qui ne sont pas le fait, au contraire, ça montre bien que les journalistes ont un rôle éminent pour pouvoir aider le public à décrypter, dans la mesure où, souvent, on voit beaucoup de contre-vérités…

MICHAËL SZAMES
Vous pouvez nous assurer qu'il y a continuité de l'Etat en ce moment ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Vous savez, le Quai d'Orsay est aussi impliqué puisque nous avons un centre de crise, et ce centre de crise, je peux vous dire, moi j'étais en contact avec eux, lorsque parfois des parlementaires m'ont signalé la situation de telle ou telle famille, j'ai personnellement fait le point, et je peux vous dire qu'ils étaient sur le point…

MICHAËL SZAMES
Donc oui, continuité de l'Etat ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais bien sûr. Attendez, on a aujourd'hui 3000 militaires, fonctionnaires qui sont sur le pont, c'est un tiers de l'opération Sentinelle sur le territoire national, vous imaginez un tiers, l'équivalent d'un tiers, sur les deux îles. Donc, ça montre qu'on a mis les bouchées doubles.

HERVE FAVRE
On a vu sur place Emmanuel MACRON confronté à des habitants en colère…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Qui ne le serait pas, compte tenu de la violence…

HERVE FAVRE
Qui ne le serait pas, mais est-ce qu'il n'y a pas eu, quand même, un retard au déclenchement des secours et un manque de prévention, par rapport à un cyclone dont les conséquences dévastatrices étaient quand même annoncées ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, écoutez, c'est toujours facile a postériori de se dire on aurait pu faire mieux, etc. Le temps du retour d'expérience viendra, naturellement, le président l'a dit, le temps de l'évaluation viendra. Cela étant je crois que, on l'a vu, dès le 2 septembre il y a un certain nombre d'éléments qui ont été pré-positionnés, la ministre de l'Outre-mer, elle-même, est arrivée très tôt, elle a d'ailleurs vécu aussi l'ouragan José, donc, franchement, je crois que tout le monde était sur le pont, a fait du mieux qu'on peut, il y a 80.000 personnes sur ces îles, on ne pouvait pas imaginer l'évacuation de 80.000 personnes. Mais, en revanche, quand je vous dis qu'il y a 3000, aujourd'hui, militaires, gendarmes, etc., sur le pont, qu'il y a des centaines de milliers de tonnes d'eau, de litres d'eau qui ont été acheminés, voilà, ce sont des faits, c'est factuel.

HERVE FAVRE
Alors, il y a un élément qui moi m'a frappé, Saint-Martin est une petite île partagée entre la France et les Pays-Bas, et on a l'impression que les deux pays ont réagi chacun de leur côté, d'ailleurs c'est un correspondant néerlandais à Paris qui le soulignait, le Roi était sur place un jour avant Emmanuel MACRON. Est-ce que finalement l'Europe n'a pas l'air de fonctionner là-bas non plus ? Il y a une frontière entre les deux parties de l'île.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Pareil, je peux vous assurer, étant auprès de Jean-Yves LE DRIAN. Jean-Yves LE DRIAN, lui-même, en fin de semaine dernière, s'est entretenu très directement avec son homologue néerlandais de la situation, moi-même hier, à Tallinn, également avant-hier avec mon homologue, et ce que je peux vous dire c'est qu'en fait la coordination France/ Pays-Bas elle est là, maintenant Saint-Martin, dans l'orbite des Pays-Bas, a une relation aussi un peu particulière, ce n'est pas comme s'il y avait, « comme chez nous », le préfet, il y a un rapport d'autonomie qui fait que les instructions ne sont pas forcément aussi directes que celles qui peuvent…

MICHAËL SZAMES
L'Europe a fonctionné, la communication a fonctionné entre les deux pays.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Bien sûr. Après, ce que je veux dire, c'est que dans l'architecture néerlandaise ce n'est pas d'Amsterdam qu'on peut appuyer sur un bouton en disant « vous faites-ci, vous faites ça », puisqu'il y a une sorte d'autonomie.

HERVE FAVRE
Est-ce qu'en parlant d'un pont aérien le plus important qu'on ait vu depuis la Deuxième Guerre mondiale, Emmanuel MACRON n'a pas un peu exagéré, parce qu'au moment où il disait ça il y avait quand même des gens de l'île qui attendaient toujours un avion pour la quitter ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Encore une fois, il y a 80.000 personnes en tout, imaginez ce que c'est, et la priorité a été donnée aux évacuations sanitaires, donc priorité aux évacuations sanitaires, et voilà. Ecoutez, je crois que là-dessus pas de mauvais procès, ce n'est pas une question de… politique, tout le monde se retrousse les manches et est sur le pont.

MICHAËL SZAMES
Je vais vous parler de ce qui se passe dans l'Hexagone. Bilan mitigé pour la première manifestation dans la rue hier à l'organisation de la CGT, est-ce que vous diriez que c'est un succès pour le gouvernement, une défaite pour la rue ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, je n'ai pas envie de… le succès qu'on a envie d'engranger c'est contre le chômage, là on a envie de mettre 5-0 comme le PSG hier soir, c'est contre effectivement le chômage. Et donc, si on prend ces ordonnances, c'est tout simplement pour répondre à une situation qui n'est pas satisfaisante. Pourquoi la plupart des recrutements se font en CDD, alors que ça coûte plus cher pour l'employeur et que c'est précarisant pour la personne qui l'assume ? Pourquoi il y a une dualité du marché du travail ?

MICHAËL SZAMES
On entend bien, mais la question qui se pose Jean-Baptiste LEMOYNE, c'est, en gros, est-ce que le gouvernement peut plier sur cette question des ordonnances ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ah non, mais je crois que le président a été clair, le Premier ministre aussi, ça a été annoncé…

MICHAËL SZAMES
Face à la rue, bien entendu.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, mais le président de la République a annoncé la couleur pendant la campagne, il n'y a pas de surprise…

MICHAËL SZAMES
On est d'accord, mais là il y a des manifestations, est-ce que le gouvernement peut plier ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Le gouvernement, il va continuer, les ordonnances vont être adoptées en Conseil des ministres, il y aura un projet de loi de ratification, le processus se poursuit, parce que, tout simplement, il y a besoin de faire un big-bang. Vous savez, Emmanuel MACRON il a écrit un livre, pendant la campagne, qui s'appelait « Révolution », et oui, on veut un peu changer les choses ! Alors, je comprends qu'il y ait des tenants de l'ancien régime, qui pensent que tout allait bien, mais on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle avec le nombre de chômeurs qu'il y a, avec des entreprises qui…

MICHAËL SZAMES
Vous visez qui, ceux de la droite, Jean-Luc MELENCHON, vous visez qui ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Justement, il y a un peu un mélange, un mélange des genres, parce qu'on voit bien que, finalement, des gens issus tant de l'extrême gauche que de l'extrême droite, voire certains à droite, sont un peu frileux, et donc on voit bien que cette coalition est d'ailleurs un peu hétéroclite.

HERVE FAVRE
Effectivement, les manifestants, les militants syndicaux, n'étaient pas… il n'y avait pas une foule considérable finalement, entre 24 et 60.000 personnes à Paris, en revanche, ceux qui sont au rendez-vous, vraiment, ce sont les casseurs, on les avait déjà vus pendant la période de la loi El Khomri, avec des dégâts, des débordements dans la rue. Est-ce que ce n'est pas ça, finalement, le plus grand danger qui pèse sur ce projet ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
En tous les cas tout ça est inacceptable, effectivement ces casseurs doivent être appréhendés, la justice doit passer, maintenant, encore une fois, moi ce que je veux voir c'est tout ce qui est fait, par ces ordonnances, qui n'a jamais été fait depuis 30 ans. Par exemple, faire en sorte qu'on puisse fusionner les institutions représentatives du personnel, faire en sorte que dans les entreprises de moins de 20 salariés, ou de moins de 50 salariés, que la négociation puisse se faire aussi directement avec des salariés élus. Bref, je crois que les TPE, les PME, vont trouver un vrai ballon d'oxygène et une nouvelle façon de faire du dialogue social avec peut-être plus de consensus, parce que quand on parle dans l'entreprise, ou dans la branche, c'est plus facile, et moins de contentieux, justement, de ce type-là.

MICHAËL SZAMES
Jean-Baptiste LEMOYNE, une question de société. La procréation médicalement assistée, PMA, va être mise en place certainement pour toutes les femmes en 2018. En 2013 vous étiez opposé à cette PMA pour toutes les femmes, aujourd'hui qu'elle est votre position ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, mais moi, vous savez, je me suis engagé derrière Emmanuel MACRON, là aussi c'est un sujet pour lequel il a affiché la couleur, donc moi je n'ai pas d'ambiguïté par rapport à ça.

MICHAËL SZAMES
Vous êtes toujours contre ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, ce que je veux dire, je n'ai pas d'ambiguïté, c'est-à-dire que dès lors que le gouvernement présentera un projet de loi, moi je suis solidaire du gouvernement, et ce que je veux dire c'est qu'on peut aussi continuer à réfléchir. Vous savez, en 2013, l'opposition s'est un peu engouffrée sur ce sujet, voilà, de façon très forte, mais peut-être avec des visées électorales. Ce que je veux dire c'est que, c'est des sujets très importants. L'année prochaine, effectivement, il y aura sûrement une loi de bioéthique, ou, en tout les cas, vous savez, de façon très régulière on révise les lois de bioéthique, c'est l'occasion d'avoir un débat avec toutes les parties prenantes, parce que ce sont des sujets qui touchent à l'intime. Et, par exemple, sur le sujet de la PMA, peut-être que les débats parlementaires, les débats scientifiques, mèneront aussi sur des questions connexes, c'est-à-dire, dès lors qu'il y a cet élargissement de la PMA, faut-il revoir, peut-être, un certain nombre de règles par rapport à l'accès aux origines, parce qu'on peut comprendre qu'un enfant veuille savoir un peu quelle est son hérédité, son arbre généalogique.

MICHAËL SZAMES
On peut être en désaccord et rester au gouvernement.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, je n'ai pas dit ça, quand on est au gouvernement on est en accord avec la politique du gouvernement. Ce que je veux dire c'est que, sur ces sujets, qui touchent à l'intime, les débats sûrement passionnants, peut-être passionnés, mais qu'il faut aussi se poser plein de questions à côté, par rapport à ça, notamment l'accès aux origines.

CYRIL VIGUIER
Jean-Baptiste LEMOYNE est notre invité politique ce matin dans « Territoires d'infos », on va parler un petit peu de vous Jean-Baptiste LEMOYNE, vous êtes donc secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Alors, un de vos prédécesseurs, Renaud MUSELIER, disait à propos de son ministre de tutelle, Dominique de VILLEPIN, donc au même poste que vous, « il s'occupe de tout, je fais le reste. » Alors, quels sont les contours de ce département ministériel, ce secrétariat d'Etat, quel est votre champ d'action par rapport au ministre de tutelle, comme on dit ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
C'est très simple. Le président de la République et le Premier ministre ont souhaité mettre en place, dans un certain nombre de ministères, de gros ministères, des secrétaires d'Etat qui sont là pour seconder le ministre sur le champ qui lui est confié, c'est-à-dire que je suis amené à intervenir sur tous les domaines que Jean-Yves LE DRIAN me confie, souhaite me voir l'épauler. Et donc, nous avons convenu également que, en priorité, je regarderai les sujets de commerce extérieur, de tourisme, de francophonie, de Français de l'étranger, et je peux vous dire que ça fait déjà beaucoup, que les journées sont longues, et les semaines sont courtes finalement. Et c'est un portefeuille passionnant parce que, on le voit bien, la France est de retour au niveau international, il y a énormément d'attentes, et en même temps on ne peut pas se reposer sur nos lauriers. Quand on pense au tourisme, par exemple, les touristes sont de retour aussi, il y a une très belle saison 2017, pour autant…

MICHAËL SZAMES
Un chiffre à nous donner peut-être ce matin.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Nous pensons que nous allons finir la saison avec à peu près, entre 88 et 89 millions de touristes, en augmentation de l'ordre de 5 % par rapport à l'année dernière. En même temps, il ne faut pas se reposer sur nos lauriers, parce que l'Espagne, par exemple, est très dynamique, parce que l'Italie aussi…

CYRIL VIGUIER
Vous vous voyez un peu en VRP du tourisme français à l'étranger ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, c'est vrai, on est là aussi pour faire la promotion de la marque France en général. Au-delà du tourisme c'est la promotion d'un pays qui se réforme, d'un pays qui retrouve de l'attractivité, de l'influence aussi. Nous avons été récemment classés numéro 1 en termes d'influence, et ce n'est pas rien.

HERVE FAVRE
Jean-Baptiste LEMOYNE, je me permets de vous ramener dans cette maison que vous avez bien connue, il y a les sénatoriales qui approchent, qu'est-ce que peut espérer la République En Marche, et est-ce que finalement n'est pas très défavorable avec des décisions du gouvernement qui ne sont pas plaisir aux élus locaux ?

CYRIL VIGUIER
Vous l'avez bien connue parce que vous êtes ancien sénateur, il faut le rappeler aux téléspectateurs.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
A mon avis il n'y a pas de scoop à attendre de ces élections sénatoriales. Le corps électoral a été désigné en 2014 lors d'élections municipales, qui se sont caractérisées par une vague bleue…

HERVE FAVRE
Favorables à la droite.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Vague bleue. Dès lors qu'il y a une vague bleue en 2014, la poussée de la droite, en principe, devrait se vérifier aux élections sénatoriales.

HERVE FAVRE
Encore qu'elle est très divisée.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Maintenant, j'ai été aux côtés de François PATRIAT, de Nicole BRICQ, un des cofondateurs du groupe de la République En Marche ici au Sénat, parce qu'on ne pouvait pas imaginer que dans une des deux Chambres du Parlement il n'y ait pas un groupe qui défende le projet d'Emmanuel MACRON, et c'est ce que nous faisons au quotidien. Maintenant, il est sûr que le mode de scrutin n'est pas forcément le plus favorable compte tenu du corps électoral, mais je pense qu'on peut avoir des surprises ici ou là et que, effectivement, le groupe de la république En Marche va s'étoffer de quelques éléments.

MICHAËL SZAMES
Si vous étiez encore chez Les Républicains, vous voteriez pour qui à l'élection de la présidence de ce parti ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien ça tombe bien, je ne suis plus chez Les Républicains, parce que je considère que, et je le dis avec un pincement au coeur, parce que c'est une famille politique à laquelle je me suis beaucoup consacré, depuis 2002… j'étais à l'UMP à l'origine, mais force est de constater qu'aujourd'hui ça tourne un peu en rond, que malheureusement il n'y a pas eu cette créativité pour se réinventer. Parce que, on ne peut pas continuer, en 2017, à ressasser ce qui a fait le bonheur de la droite il y a 10 ans, je crois qu'à un moment il faut aussi prendre en compte la nouvelle donne…

MICHAËL SZAMES
Il incarne quoi Laurent WAUQUIEZ pour vous ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Il incarne l'ambition dans ce qu'elle a de moche en politique, c'est-à-dire être prêt à tout pour le pouvoir.

HERVE FAVRE
Est-ce qu'il y a un risque de scission à droite si Laurent WAUQUIEZ prend les rênes des Républicains ? Est-ce qu'il y a la place, finalement, pour un nouveau parti à droite entre la République En Marche et Les Républicains version WAUQUIEZ ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
En tous les cas, ce que je peux vous dire c'est que, il y a de la place au sein de la République En Marche, pour celles et ceux qui, au sein des Républicains, se sentiraient mal à l'aise.

HERVE FAVRE
C'est un appel constructif alors, « rejoignez-nous » ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
C'est un appel d'ailleurs, au-delà des élus, aux électeurs, d'ailleurs beaucoup d'électeurs de droite ont voté pour Emmanuel MACRON dès le premier tour, et c'était le sens de mon choix quand j'ai été le premier parlementaire à lui apporter publiquement mon soutien, c'est que, tout simplement, le projet qu'il porte est un projet audacieux, ambitieux, dans lequel on peut se retrouver…

MICHAËL SZAMES
Vous faites un appel aux grands électeurs.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Et donc je dis aussi aux grands électeurs « n'ayez pas peur, effectivement, d'apporter vos suffrages aux candidats de la République En Marche. »

CYRIL VIGUIER
Alors, retour à l'international avant de nous quitter. Jean-Baptiste LEMOYNE, vous vous occupez d'international, vous êtes secrétaire d'Etat au Quai d'Orsay, est-ce que cette annonce, ce soir, de l'attribution des J.O va apporter quelque chose, si c'est la France bien sûr, est-ce que ça va apporter quelque chose et quoi de neuf, puisqu'il n'y a plus de suspens, quasiment plus ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, mais si tout cela est confirmé, c'est un formidable enjeu, c'est un formidable challenge…

CYRIL VIGUIER
Mais ce n'est pas un peu loin ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, parce qu'en fait 2024 il faut se préparer dès maintenant, et derrière on a aussi une autre échéance, c'est que nous sommes candidat pour l'Exposition universelle de 2025. J'étais moi-même à Amsterdam il y a quelques jours pour faire la promotion de notre candidature aux côtés de Jean-Christophe FROMANTIN, Pascal LAMY est très engagé aussi, et donc on voit bien qu'à travers ces grands événements internationaux c'est l'occasion pour la France de montrer qu'elle brille de 1000 feux et qu'elle est là, oui, un phare culturel, sportif, bref : la France est de retour, définitivement.

CYRIL VIGUIER
Voilà, c'est Jean-Baptiste LEMOYNE qui était notre invité ce matin, il est secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et il est ancien sénateur, et il s'en rappelle, ce n'était pas il y a si longtemps.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Exactement.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 septembre 2017

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