Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à France Info le 14 septembre 2017, sur l'organisation des Jeux olympiques 2024 à Paris, les contrats aidés et l'APL. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à France Info le 14 septembre 2017, sur l'organisation des Jeux olympiques 2024 à Paris, les contrats aidés et l'APL.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvvernement;

ti : JEROME CADET
Notre invité ce matin est Christophe CASTANER, bonjour.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

JEROME CADET
Porte-parole du gouvernement, chargé des Relations avec le Parlement. On parle des Jeux, Jean-Michel.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, c'est fait. Paris organisera les Jeux olympiques d'été en 2024. L'attribution de ces Jeux s'est faite hier soir à Lima au Pérou. On regarde.
[Images de l'officialisation de l'attribution des Jeux olympiques 2024 à Paris]

JEAN-MICHEL APHATIE
On est heureux, c'est une bonne nouvelle mais qu'est-ce que ça va apporter les Jeux d'après vous, Christophe CASTANER, à la France et singulièrement à Paris d'ici 2024 ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez raison de dire à la France et à Paris parce que je crois qu'évidemment c'est lié. C'est la candidature de la France avec comme emblème sa ville capitale Paris. Je pense d'abord que ça doit rapporter de l'ambiance, de la bonne humeur. C'est bien la bonne humeur aussi, c'est bien la fierté. La fierté de voir notre ville capitale reconnue comme ça au niveau mondial, de voir celles et ceux qui sont engagés, de François HOLLANDE à Emmanuel MACRON avec Anne HIDALGO et Bertrand DELANOË qui a porté cela aussi. Je pense que ça, c'est une dimension importante.
Ensuite, il y a un élément d'attractivité. La France va être, pendant plusieurs années, jusqu'à 2024, au coeur des regards, au coeur de la passion, de la passion sportive. Et donc, il y a un enjeu d'attractivité ; il y a un enjeu économique ; il y a un enjeu d'aménagement du territoire pour la ville capitale, de grandes infrastructures qui sont nécessaires mais en même temps un budget qui doit être tenu.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est ce que toutes les villes organisatrices disent quand elles reçoivent les Jeux. Ça, s'il y a un truc qu'on vous promet, c'est que le budget sera tenu. Ce n'est jamais le cas mais enfin…

CHRISTOPHE CASTANER
On a vu en France qu'on avait la capacité sur des grandes opérations quand même à tenir le budget. Je crois qu'il a été raisonnable, il a été construit notamment pour le COJO avec les recettes qui n'ont pas été forcément trop ambitieuses.

JEROME CADET
Comité d'organisation, COJO.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, pardon. Mais comme depuis ce matin ceux qui écoutent Franceinfo deviennent des spécialistes du sujet, je me permets d'être un peu technique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Tout le monde connaît le COJO. Vous savez pourquoi Paris a eu les Jeux ? Vous savez pourquoi ?

CHRISTOPHE CASTANER
Parce que c'était un très bon dossier.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais parce que c'était la seule ville candidate. Parce que beaucoup de villes ont renoncé, des villes allemandes, des villes italiennes. Elles ont dit : « On ne va pas y arriver, c'est trop cher. »

CHRISTOPHE CASTANER
Elles ont aussi renoncé parce que la candidature de Paris et de Los Angeles étaient de bonnes candidatures. Vous savez qu'il y a de l'émulation mais il y a aussi des fois de l'évasion parce que vous savez que vous n'allez pas être retenu. Cette dimension, elle joue. Ensuite, il y a eu cet accord qui a été trouvé avec Los Angeles pour avoir un calendrier respecté. Mais oui, c'est un enjeu financier majeur, plus de 6 milliards d'euros qui doivent être mobilisés. Ce n'est effectivement pas rien. Il ne faut pas négliger cela et votre remarque est juste. Il faut se fixer l'objectif de tenir dans les enveloppes parce que derrière, c'est aussi de l'argent public. Ce n'est pas que de l'argent public mais c'est aussi de l'argent public.

JEROME CADET
Les Jeux, c'est la vitrine. La réalité du sport français pour les clubs, c'est aussi la fin des contrats aidés en cette rentrée, ce sont aussi des communes qui baissent leurs subventions parce que les dotations de l'Etat ont baissé pour les communes ces dernières années. Il ne faut pas oublier aussi ce tissu associatif.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais il est majeur ce tissu associatif. Pour ce qui concerne le budget dont nous aurons la responsabilité demain, dans quelques jours il sera présenté, pour la première fois depuis 2010, la dotation globale de fonctionnement, l'aide aux communes par l'Etat ne baissera pas. Depuis 2010, elle a baissé systématiquement. Nous ne sommes pas responsables du budget de l'année dernière, nous serons responsables de celui de l'année prochaine et, je vous le dis, les budgets ne vont pas baisser. Pour les associations, la baisse de charges qui bénéficie aux entreprises et qui ne bénéficiait pas aux associations va générer 1,5 milliard d'euros d'économies à partir de 2019. On est là aussi sur des engagements qui sont forts.

JEROME CADET
Pour les contrats aidés ?

CHRISTOPHE CASTANER
Pour les contrats aidés. On aide donc directement les employeurs dans les clubs avec 1,5 milliard. Par contre, nous considérons que les emplois aidés sont une impasse pour ceux qui rentrent en emploi aidé. La durée moyenne d'un emploi aidé, 10,6 mois. Le salaire moyen d'un emploi aidé, c'est 600 euros par mois. Ce sont des emplois précaires mal payés, c'est 50 euros au-dessus du RSA. Et l'espérance d'avoir un emploi professionnel…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais les associations en ont besoin.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais la qualité du travail est réelle.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous dites : « Les associations, c'est important » et beaucoup d'associations sans contrats aidés risquent de cesser leur activité. C'est contradictoire.

CHRISTOPHE CASTANER
Non. Parce que ce que nous proposons, c'est d'investir avec eux sur la formation. Il y a des dispositifs qui relèvent du ministère des Sports et de Laura FLESSEL qui permet d'aller vers des formations diplômantes pour les entraîneurs. Nous proposons de baisser le prix du travail par cette mobilisation de 1,5 milliard d'euros qui va les aider, mais surtout, ce que nous voulons, c'est arrêter d'amener des gens dans des impasses.
Vous avez un contrat aidé pendant six mois et au bout de six mois, vous êtes jeté. Je l'ai utilisé comme maire et j'ai quelquefois dû jeter des gens parce que je les remplaçais par d'autres qui étaient aidés, eux n'étaient plus aidés. Et donc je pense que ce qui compte dans les emplois aidés, ce n'est pas seulement l'aide ponctuelle qui est versée par le travail réel qui est porté par ceux qui incarnent les emplois aidés, mais c'est aussi et surtout leur avenir à eux. Investissons massivement sur leur formation, c'est ce que nous voulons faire.

JEAN-MICHEL APHATIE
L'actualité, c'est aussi la poursuite de la contestation de la réforme du code du Travail. Il n'y a pas que des bonnes nouvelles dans l'actualité. On a appris hier que des fédérations de transporteurs routiers allaient rentrer dans la bataille contre cette réforme en visant notamment les raffineries. Ça vous inquiète ?

CHRISTOPHE CASTANER
La mobilisation inquiète toujours. D'abord, il faut la respecter. Le principe de manifestation est juste ; par contre, le principe du blocage de la France ne peut pas l'être. Et donc, on ne peut pas imaginer que quelques dizaines ou quelques centaines de personnes bloquent la circulation dans notre pays. Mais nous sommes attentifs à ces mobilisations-là et on voit bien que si sur la thématique des ordonnances travail, il n'y a pas une grande mobilisation, on peut avoir toute une série de gens. On a vu cette semaine les forains – certains forains, pas tous – qui se mobilisaient aussi dans la manifestation. Et donc nous sommes évidemment attentifs à cela.

JEAN-MICHEL APHATIE
Si les raffineries sont bloquées, le gouvernement agira pour les débloquer ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ce sera nécessaire parce qu'on ne peut pas paralyser la France. On ne peut pas empêcher les gens d'aller travailler.

JEAN-MICHEL APHATIE
Cette contestation a mis Jean-Luc MELENCHON, on l'a vu mardi à Marseille, comme l'opposant principal aux projets du gouvernement. On a noté aussi que le Premier ministre, qui fera « L'émission politique » de France 2 à la fin du mois, a accepté de débattre avec Jean-Luc MELENCHON, ce qui renforce un peu la stature du patron de la France Insoumise. Vous qui êtes originaire de la gauche, ça existe toujours la gauche et la droite ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense qu'on a tous des parcours, que la gauche et la droite, c'est différent. Nous pratiquons le dépassement politique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Quel regard vous avez sur Jean-Luc MELENCHON, principal opposant au gouvernement dont vous êtes le porte-parole ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je connais Jean-Luc MELENCHON depuis longtemps. Il a été élu sénateur en 1986. Il était ministre, il était dans des majorités. Aujourd'hui, il fait une spécialité à la fois celle du coucou, la stratégie du coucou. Il était à la manifestation de la CGT mais il refuse, au fond, de s'accorder avec eux pour manifester parce qu'il veut sa manifestation. Il est aujourd'hui dans la contestation, dans la dénonciation avec tous les excès qu'on lui connaît. Il nous parle de coup d'Etat, il nous parle de révolution, d'appel à l'insurrection. Mais au fond, j'aimerais qu'il fasse des propositions concrètes, ça n'est pas le cas. Son fonds de commerce, c'est la contestation.

JEAN-MICHEL APHATIE
Enfin, il a un programme. Il a un programme.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, un petit 150 milliards d'euros de dépenses supplémentaires et le bonheur pour tous.

JEAN-MICHEL APHATIE
Edouard PHILIPPE a raison de le consacrer comme opposant en acceptant de débattre avec lui à la fin du mois ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais je pense qu'il n'appartenait à Edouard PHILIPPE de choisir son contradicteur. France Télévisions a fait une proposition, on n'avait pas à dire : « Finalement, je préférais untel ou untel. » D'autres l'ont fait, ça a fait des polémiques. Je pense que ça aurait fait une polémique pour Edouard PHILIPPE. Il assume. Edouard PHILIPPE, on lui propose Jean-Luc MELENCHON, il prend Jean-Luc MELENCHON sereinement. […]

JEROME CADET
Christophe CASTANER, porte-parole du gouvernement, Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, avec nous ce matin. Votre boulot c'est de gérer la communication du gouvernement, une communication qui est sur le grill depuis quelques semaines, Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, elle est assez approximative, votre communication, sur les APL notamment. Hier le journal l'Opinion disait que les bailleurs sociaux, puisque eux perçoivent directement les APL, verraient leur dotation dans ce domaine baisser jusqu'à 50 euros par mois, et toute la journée d'hier, ou d'avant-hier, le gouvernement n'a pas confirmé cela. Alors, ce matin on attend de vous, Christophe CASTANER, peut-être des précisions, est-ce que vous confirmez que l'année prochaine, dans le secteur social, les APL baisseront de 50 euros par mois ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je ne vous le confirme pas parce que ça ne sera pas le cas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah !

CHRISTOPHE CASTANER
Il y aura la semaine prochaine une présentation d'un plan global d'action pour le logement, dans le logement public, dans le logement privé, dans le logement social, et parmi ce plan d'action il y a une ambition forte, celle de faire baisser les loyers, or nous avons une capacité d'intervention avec notre acteur public. Les bailleurs sociaux, ils sont nombreux, sont des acteurs publics, des acteurs privés, ils contribuent à une politique publique.
L'Etat garantit le financement de ces structures, l'Etat garantit souvent le paiement des loyers, et la gestion des locataires. Et donc, il est nécessaire que soit avec cet outil-là que nous avons et sur lequel nous pouvons facilement actionner un certain nombre de ressorts, que nous fassions en sorte de baisser les loyers.
Et notre objectif c'est de baisser les loyers, et donc, corrélativement de baisser l'APL, parce que, évidemment, il s'agit de faire en sorte que pour les locataires ça ne change rien sur le montant des loyers, mais qu'on entraîné quelque chose qui doit être salvateur pour les loyers en France, qui ne cessent d'augmenter, une baisse de loyers, avec cet objectif d'abord d'appuyer sur le logement social, et d'entraîner cette dynamique par d'autres mesures qui seront présentées la semaine prochaine, sur le logement privé.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, qu'est-ce qui vous ne confirmez pas ce matin ? Vous confirmez la mécanique, c'est-à-dire que dans le secteur social les APL vont baisser pour les bailleurs sociaux, à charge pour eux ensuite de baisser le loyer, mais vous ne confirmez pas le montant.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, voilà, le montant va être en discussion. Ce que veulent les deux ministres en charge de cela c'est négocier avec l'ensemble des acteurs du parc du logement social pour trouver la meilleure façon de leur garantir des financements. L'objectif est de construire encore plus de logements sociaux, qui sont nécessaires aujourd'hui pour notre pays, mais de leur garantir cet accès au financement, et d'avoir une sorte de contractualisation avec eux pour se fixer ces objectifs de baisse des loyers.

JEROME CADET
Baisse des loyers dans le logement social ça veut dire moins de recettes pour les bailleurs sociaux, quelle est la compensation pour eux, puisque vous leur demandez de construire ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est notamment l'accès au financement, la mobilisation de crédits exceptionnels, la libération de foncier…

JEROME CADET
Lesquels ?

CHRISTOPHE CASTANER
La CAISSE DES DEPOTS va contribuer fortement à cet engagement…

JEROME CADET
Davantage ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, et donc c'est aussi tous ces niveaux d'intervention sur le foncier, où nous devons agir sur la libération de foncier aujourd'hui. Vous avez une fiscalité, je vous donne un exemple, où plus vous gardez longtemps le bien, moins vous avez de fiscalité. Si vous voulez faire un choc d'offre, notamment à Paris dans les zones tendues, puisque vous devez, quelque part, faciliter la cession de foncier, donc on prendra des mesures fiscales qui vont faciliter cela. Par contre, contrairement à nos mauvaises habitudes où, en gros, on a des politiques qui sont décidées à Paris et qui s'appliquent à toute la France, quelquefois la tension en matière de logement, là on veut cibler sur les territoires prioritaires, ceux qui ont une grosse tension bénéficieront d'une force d'intervention beaucoup plus forte que d'autres territoires.

JEROME CADET
Donc vous ne demandez pas d'effort aux propriétaires privés, uniquement aux bailleurs sociaux, sur les loyers ?

CHRISTOPHE CASTANER
En fait l'objectif c'est que, si vous avez sur le marché plus de logements sociaux avec des prix plus bas, et que vous construisez plus, naturellement vous faites baisser le loyer, par contre on n'a pas la possibilité, en France, d'imposer à un propriétaire privé, de lui dire, « écoutez, baissez de 50 euros votre loyer. »

JEAN-MICHEL APHATIE
Emmanuel MACRON l'a demandé, mais visiblement…

CHRISTOPHE CASTANER
Il les a invités, mais évidemment on n'a pas le caractère contraignant.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'était une demande. Et donc on retient que les APL vont baisser dans le secteur social, mais vous ne savez pas encore de combien, donc ça doit être à l'arbitrage budgétaire encore.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais retenez surtout que les logements vont être développés…

JEAN-MICHEL APHATIE
Pas 50 euros…

CHRISTOPHE CASTANER
Et surtout que, pour les locataires il n'y aura pas d'augmentation de leur participation financière.

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord, donc il faut attendre l'arbitrage…

CHRISTOPHE CASTANER
La semaine prochaine un plan global… vous avez raison sur la communication, vous m'avez gentiment titillé sur ce sujet, la difficulté c'est quand le gouvernement prévoit une présentation d'un plan de communication global, cohérent, la semaine prochaine, et qu'un journal sort une mesure et qu'on ne parle que de cette mesure, ça rend compliquée la communication. Mais, dès la semaine prochaine, tout sera mis à plat et rendu public pour justement travailler aussi dans la transparence.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vos projets fiscaux inquiètent Laurent WAUQUIEZ, le patron par intérim des Républicains était à votre place hier et il a formulé son inquiétude d'une manière assez rude. Je vous propose de l'écouter Christophe CASTANER.

LAURENT WAUQUIEZ
Le gouvernement prend des mesures que je trouve, elles, très inquiétantes, et notamment sur la hausse de la fiscalité.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'était annoncé, on ne le découvre pas.

LAURENT WAUQUIEZ
Mais, Monsieur APHATIE, ce n'est pas parce que des conneries étaient annoncées, que le fait qu'elles se réalisent soit une bonne nouvelle.

JEAN-MICHEL APHATIE
Des conneries ?

LAURENT WAUQUIEZ
Oui, parce que je pense sincèrement qu'augmenter la taxation sur les classes moyennes, et les Français, dans un pays qui est déjà extrêmement frappé d'impôts, c'est une erreur.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les classes moyennes et les retraités, avec la CSG, des conneries dit Laurent WAUQUIEZ.

CHRISTOPHE CASTANER
Je le laisse à ses mots, ça doit valoir aussi pour sa pensée, parce que quelles sont les mesures fiscales qui vont taxer la classe moyenne ? Moi je n'en connais aucune. Les travailleurs, on sait qu'il y a la CSG, mais la CSG, je vous rappelle, ce n'est pas un impôt nouveau…

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y aura une compensation.

CHRISTOPHE CASTANER
Parce que d'un côté vous baissez les charges d'un montant, environ 20 milliards, et vous augmentez la CSG, donc zéro recette supplémentaire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les retraités, en revanche, ne verront pas de compensation.

CHRISTOPHE CASTANER
Ce n'est pas toujours la classe moyenne, parce que là, effectivement, on a 50 % des gens, un peu moins de 50 % des gens, qui ne verront aucune augmentation, et 50 % des gens dont une partie classe moyenne qui verront une augmentation, mais qui sera très vite amortie par la baisse de la taxe d'habitation qui va concerner 80 % des Français. Hier le ministre en charge des Comptes publics a donné les fourchettes, je vous les rappelle, 55.000 euros de revenu, si vous êtes en dessous, avec une famille et deux enfants, vous ne paierez plus, dans 3 ans, la taxe d'habitation, et dès l'année prochaine 30 % de taxe d'habitation en moins. Donc, il n'y a aucune mesure fiscale, au contraire…

JEAN-MICHEL APHATIE
Des compensations très imparfaites dans la Fonction publique.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, a minima égale, c'est-à-dire qu'il n'y aura aucune augmentation de CSG qui ne sera pas compensée par une baisse de charges, a minima, il y a des négociations qui vont s'ouvrir pour, au contraire, trouver des moyens de donner plus de pouvoir d'achat aux fonctionnaires. Mais enfin, ce que je veux dire à monsieur WAUQUIEZ, c'est que notre objectif il est simple, baisser de 20 milliards d'euros, et dès l'année prochaine pour 11 milliards d'euros, la fiscalité des Français. alors, qu'il ne vienne pas remuer le fantasme de la baisse, etc., moi j'ai en tête qu'il soutenait un candidat qui annonçait 100 milliards d'euros d'économies budgétaires, sur les dépenses publiques, et maintenant, dès qu'on fait une proposition d'économies budgétaires, ce sont les premiers qui râlent, même sur les emplois aidés, alors qu'ils ont toujours été contre les emplois aidés, qu'ils les ont toujours dénoncés, aujourd'hui ils râlent. Donc, je crois que la politique mérité aussi la clarté, mais surtout la cohérence, monsieur WAUQUIEZ en manque souvent.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc c'était votre réponse à Laurent WAUQUIEZ. Une autre annonce suscite beaucoup de réactions. C'est celle qu'a faite la Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes. Marlène SCHIAPPA était l'invitée de BFM, elle parle de la PMA.

- Interview de Marlène SCHIAPPA, document BFMTV du 13/09/2017 :
Jean-Jacques BOURDIN : La PMA sera ouverte à toutes les femmes en France ?
Marlène SCHIAPPA : Je ne juge pas du débat parlementaire, mais c'est ce qui sera proposé, en effet.
Jean-Jacques BOURDIN : C'est ce que proposera le gouvernement.
Marlène SCHIAPPA : Absolument.
Jean-Jacques BOURDIN : C'est ce qu'annoncera le gouvernement.
Marlène SCHIAPPA : Le comité d'éthique a émis un avis favorable. Le président de la République avait soumis cet engagement à l'avis du comité national d'éthique, l'avis est favorable. Il n'y a rien qui nous empêche de rendre la PMA légale pour toutes les femmes.
Revue de presse audiovisuelle

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous confirmez, Christophe CASTANER, que l'année prochaine, dans une loi, la PMA sera étendue à toutes les femmes ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez, ce qui est assez étonnant, c'est que les propos de Marlène SCHIAPPA soient apparus comme un événement. Au lendemain de la décision du comité d'éthique, c'est moi-même qui avais été envoyé au nom du gouvernement devant les journalistes pour rappeler cet objectif d'ouvrir le débat dans la discussion de la loi bioéthique et d'intégrer la décision - la proposition du comité d'éthique – dans la loi bioéthique. Donc en 2018, il y aura un grand débat.

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, un grand débat, ce n'est pas ça. Est-ce que le gouvernement a décidé à ce que l'année prochaine un droit soit ouvert à toutes les femmes de bénéficier de la PMA ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je vais vous répondre. Donc il y aura un grand débat sur la loi bioéthique avec la question de la PMA. Et pour la position du président de la République, il s'y était engagé pendant la campagne électorale, le lendemain de la décision du comité d'éthique, j'ai pu rappeler cet engagement-là et nous avons l'objectif, mais dans le cadre de ce débat, de faire en sorte…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais l'objectif, ça veut dire que les choses sont ouvertes.

CHRISTOPHE CASTANER
Non.

JEAN-MICHEL APHATIE
Que peut-être si le débat prend une certaine tournure, vous ne le ferez pas. Ma question est précise : est-ce que vous pensez qu'à la fin de 2018, toutes les femmes pourront accéder à la PMA ?

CHRISTOPHE CASTANER
Notre volonté politique est celle-ci, je vous le dis clairement, notre volonté politique mais en faisant ce débat-là, dans le cadre de la loi bioéthique, il est nécessaire aussi d'apaiser les esprits. Le débat doit servir à cela. Là encore, des fantasmes. J'ai vu monsieur WAUQUIEZ confondre…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, il n'a pas confondu en fait.

CHRISTOPHE CASTANER
Entre la GPA et la PMA, j'ai l'impression. Quand il parle de marchandisation du corps pour la PMA, je pense qu'on n'est pas du tout sur ce sujet.

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, il a parlé de la marchandisation du corps pour la GPA en expliquant que si la PMA entrait en vigueur, ça ouvrirait la porte à la GPA. Quelqu'un d'autre l'avait dit dans une tribune signée en 2013. C'est Edouard PHILIPPE qui avait écrit la même chose.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il a changé d'avis le Premier ministre ?

CHRISTOPHE CASTANER
Notre engagement est le suivant : nous voulons être ouverts sur la question de la PMA et nous refusons la GPA, la gestation pour autrui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Etre ouvert, ça veut dire que ce sera fait.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est notre objectif.

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord. C'est dit. […]

JEROME CADET
Le secrétaire d'Etat, chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Christophe CASTANER est notre invité, ce matin, Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Boris FAURE est un responsable socialiste, il a été agressé, il y a quelques jours par un député de La République En Marche, M'jid El GUERRAB, qui est élu dans une circonscription où il représente les Français de l'étranger. Boris FAURE a été frappé au point d'avoir vu son pronostic vital engagé, et après cette agression, il a repris la parole hier, pour la première fois, il était l'invité de France Inter. Et je vous propose d'écouter Boris FAURE.

BORIS FAURE, HIER SUR FRANCE INTER
On voit là que sur le plan juridique, il y a un no man's land institutionnel, pourquoi, eh bien, un député, pris en flagrant délit, reste député ? Il aurait pu tuer, il reste, il reste député, là, il y a un no man's land, il y a quelque chose à régler.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est gênant que M'jid El GUERRAB reste député après le geste qu'il a commis, pour vous, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi, j'ai indiqué qu'à sa place, j'aurais démissionné, déjà, la responsabilité, elle est aussi une responsabilité personnelle. Ensuite…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous lui avez demandé ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne lui ai pas demandé, parce que je n'ai pas de contact avec lui, il n'est plus…

JEAN-MICHEL APHATIE
Il a été écrit dans un papier récemment, Le Figaro écrivait que vous lui en aviez fait la demande.

CHRISTOPHE CASTANER
Je l'ai même fait publiquement, et je pense que dans la situation, la démission est la meilleure façon, y compris pour lui, de se défendre, vu qu'il conteste une partie des faits dans la provocation, mais je ne veux pas rentrer dans ce débat-là. Aujourd'hui, il n'appartient pas à une autre autorité administrative de démettre un parlementaire, mais pour une raison simple, constitutionnelle, qui est celle que, ou sinon, le pouvoir exécutif pourrait se permettre assez facilement de mettre en cause tel ou tel, donc il y a la question de l'indépendance. Par contre, ce que je veux répondre, c'est que dans la loi confiance, que le président validera dans quelques jours, puisque le Conseil, promulguera, puisque le Conseil constitutionnel s'est prononcé ces jours derniers. Nous avons prévu la possibilité pour le juge de sanctionner par la radiation de la fonction de député des actes de ce type-là, ça n'était pas possible jusqu'à présent, le juge qui aura à juger de cette affaire-là pourra décider, en plus d'une sanction pénale, et elle est légitime si les faits sont confirmés, pourra décider que ce député ne soit plus député. C'est nouveau, nous l'avons prévu dans la loi en juillet.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous l'avez prévu explicitement, et donc c'est la première loi qui a été votée par le Parlement…

CHRISTOPHE CASTANER
Qui permettra de régler cela, mais évidemment, il appartient à un juge de décider, parce que ce n'est pas au pouvoir exécutif, c'est-à-dire le gouvernement, de faire pression sur tel ou tel, parce que c'est la démocratie elle-même, je ne veux pas rentrer dans ce débat-là, mais ce serait la démocratie elle-même qui pourrait être menacée par cela. Mais dans tous les cas, je le dis, aucun fait, aucune provocation, aucune discussion, et je ne dis pas qu'il y a eu provocation ou discussion fortes dans ce cas-là, ne justifient la violence. Et quand vous êtes un parlementaire, quand vous êtes un homme ou une femme politique, le devoir d'exemplarité est plus fort encore.

JEROME CADET
Vous vous rendez compte de l'effet dévastateur qu'a dans l'opinion publique ce type d'affaire, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Tout à fait, et c'est pour ça que je le dénonce, avec cette fermeté-là, parce que, elle me choque, parce que j'ai été député, parce que je suis ministre, et que je ne peux pas supporter cette violence-là, je suis du Sud, je peux avoir un tempérament qui fait que je vais m'emporter, mais nous sommes justement des personnalités publiques, et nous devons être des modèles publics, nous sommes, hélas, loin de cela dans l'image populaire, notre responsabilité est de reconstruire, c'est pour ça aussi que nous avons fait la loi confiance, qui met des contraintes sur les parlementaires et sur les membres du gouvernement, plus fortes que n'importe qui d'autre. Mais c'est nécessaire, c'est indispensable si on veut refaire de la confiance avec nos concitoyens.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour en terminer, le président de la République achève sa tournée, enfin, du moins, la visite qu'il a rendue aux îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, après le passage de l'ouragan Irma, il a encouragé la création d'une commission parlementaire, qui était réclamée par l'opposition, la commission parlementaire, vous souhaitez qu'elle entre vite en vigueur, qu'elle soit décidée dès la rentrée du Parlement, fin septembre ou début octobre ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, c'est la demande des groupes qui ont formulé ça, j'ai vu que Marine LE PEN, Jean-Luc MELENCHON et monsieur CIOTTI s'étaient prononcés sur cela, se précipitant dans une vaine polémique bien inutile au moment où les secours sont nécessaires avant les polémiques. Maintenant, s'ils le souhaitent, ils demanderont la constitution, et évidemment, nous y sommes favorables, d'abord, parce que faire l'évaluation de nos politiques publiques, y compris face à des catastrophes de cette ampleur, c'est toujours nécessaire. Par contre, faire de la petite polémique politicienne est bien inutile.

JEAN-MICHEL APHATIE
Dès la rentrée parlementaire ?

CHRISTOPHE CASTANER
S'ils le souhaitent immédiatement…

JEAN-MICHEL APHATIE
S'ils le souhaitent, le gouvernement, et la majorité, qui maîtrise les choses à l'Assemblée nationale, ne s'y opposera pas…

CHRISTOPHE CASTANER
Evidemment…

JEAN-MICHEL APHATIE
Sur le déplacement du président, on lit beaucoup de choses, lui-même dit : voilà, j'ai dormi dans un lit de camp, je me suis lavé comme les gens qui sont démunis dans seau d'eau, il n'a pas de veste, alors, on lui reproche une opération de communication, qu'est-ce que vous répondez a ça, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais on lui a reproché aussi d'y aller, on m'a même dit que c'était parce que c'était pendant les manifestations et qu'il fuyait Paris, peut-être pour aller à Baden-Baden, non, finalement, c'est pour aller là où les gens attendent de voir le président de la République, pour porter le message de soutien…

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'en a pas trop fait ?

CHRISTOPHE CASTANER
Et puis, il aurait été dormir dans un hôtel en Guadeloupe, on aurait reproché qu'il soit en Guadeloupe. Il a été sur place, avec le temps nécessaire, mais surtout, il a été avec dix experts, de tous les ministères, un préfet coordinateur qui sera cet après-midi confirmé en Conseil des ministres, parce que maintenant, c'est le temps de la reconstruction. Et il faut une ambition forte de la France pour nos deux îles qui ont été aussi violemment frappées.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pas d'idée du coût de la facture ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, on a seulement l'évaluation faite par les assurances de 1,2 milliard d'euros. Le coût sera sûrement supplémentaire, parce qu'il faut rajouter les engagements publics, la solidarité de la nation doit être nécessaire pour reconstruire nos îles, pour retrouver de l'espérance sur nos îles, je pense aux fameux hommes qui sont en train de la quitter, et qu'il faut encourager à revenir dès que ce sera possible.

JEROME CADET
Restez sur vos îles, c'est le message que vous leur lancez ce matin, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Aux fonctionnaires, oui. C'est un message qu'on lance, mais en même temps, je peux comprendre que certains frappés par l'effet de sidération, la violence, le choc, aient eu envie de partir, on ne peut pas les contraindre, mais oui, les fonctionnaires, les enseignants, nous les invitons et nous les accompagnons à rester sur l'île, parce qu'il faut rouvrir le service public, rouvrir l'école le plus vite possible.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez mangé des biscottes au petit-déjeuner ce matin, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, j'en suis désolé…

JEAN-MICHEL APHATIE
Parce que Générations Futures dit : il y a du glyphosate dans certains de ces produits de petit-déjeuner, donc le glyphosate, c'est évidemment un composé chimique qui fait un peu peur et qui peut être très polluant, vous allez vous saisir, j'imagine, de la question ? C'est une étude faite par Générations Futures…

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, on s'en est déjà saisi, il y a des taux qui sont considérés comme acceptables, moi, je considère effectivement qu'il faut tout faire pour que notre agriculture retrouve son indépendance face à la dépendance chimique, parce que, effectivement, quelquefois, elle se sent obligée de le faire, il faut privilégier et mettre en oeuvre à terme des politiques qui interdisent tous ces produits.

JEAN-MICHEL APHATIE
Merci Christophe CASTANER.

JEROME CADET
Christophe CASTANER, qui mange des biscottes, mais qui s'intéresse surtout au glyphosate…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, il n'en mange pas…

JEROME CADET
Et porte-parole du gouvernement, était l'invité de France Info, ce matin. Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 septembre 2017

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