Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec Radio classique le 14 septembre 2017, sur l'attribution à Paris de l'organisation des Jeux olympiques 2024, l'attractivité de la France depuis l'élection d'Emmanuel Macron, la construction européenne, Les Républicains et sur la République En Marche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec Radio classique le 14 septembre 2017, sur l'attribution à Paris de l'organisation des Jeux olympiques 2024, l'attractivité de la France depuis l'élection d'Emmanuel Macron, la construction européenne, Les Républicains et sur la République En Marche.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste, DURAND Guillaume.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères;

ti :

GUILLAUME DURAND
Nous sommes avec Jean-Baptiste LEMOYNE, il est numéro 2 du quai d'Orsay.

GUILLAUME DURAND
D'abord, bienvenu. Cette affaire de Jeux Olympiques dévoilée cette nuit, compte tenu le décalage horaire. C'est une bonne nouvelle pour la France, que vous accueillez comment ce matin ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien comme une très bonne nouvelle, effectivement, et, voilà, on a vu beaucoup de Français se féliciter, j'ai vu déjà des sondages, 85 %, etc. et donc, non, c'est une formidable opportunité parce que c'est l'image de la France qui va en profiter, c'est donc aussi derrière, c'est l'attractivité, et quand on dit « la France est de retour », c'est pas un vain mot, moi je le vois, je voyage beaucoup, il y a des attentes par rapport à notre pays, par rapport à ce président qui est élu, Emmanuel MACRON, et qui souhaite profondément le transformer, et donc là, l'équipe de France est unie, quelques soient effectivement les engagements politiques, les responsables, se sont sous donné la main la pour aller à la victoire avec Tony ESTANGUET et toute son équipe. Donc, voilà.

GUILLAUME DURAND
Que l'on a entendu tout à l'heure, voilà. Je voudrais que l'on écoute Anne HIDALGO, elle était sur France Inter il y a quelques instants, c'est justement parce que d'une certaine manière, alors que vous n'êtes pas souvent d'accord, elle reprend une partie des mots que vous venez de prononcer. On l'écoute.

ANNE HIDALGO
Je pense que les politiques ont su aussi mettre de côté leurs égos et se dépasser, et puis finalement, on a fait ça tous ensemble. Je dis merci à François HOLLANDE, je dis merci à Nicolas SARKOZY, qui nous a aidé aussi à porter le message de la France, et puis merci à Emmanuel MACRON, et puis merci aux sportifs. Vraiment, c'est un merci collectif, c'est une victoire collective.

GUILLAUME DURAND
Voilà, donc, propos, donc, Anne HIDALGO, je rappelle que nous sommes avec Jean-Baptiste LEMOYNE, qui est le numéro 2 du Quai d'Orsay. Est-ce qu'elle a raison ? Parce que le moins que l'on puisse dire, c'est que vous ne l'avez pas beaucoup épargnée ces dernière années, Anne HIDALGO, sur l'ensemble de sa politique, je parle de l'époque où vous étiez évidemment après des Républicains.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, mais encore une fois, là on voit bien, un projet d'intérêt national et international. Un dossier, j'ai envie de dire « béton » a été présenté, ça va être l'occasion aussi de construire des infrastructures de transport, qui vont contribuer à l'attractivité touristique, donc c'est vraiment parfait. Et puis, j'ai envie de vous dire, on a gagné, pour Paris 2024, et j'ai envie de dire, maintenant, à l'assaut pour Paris 2025. Parce que nous avons également d'autres ambitions, c'est de pouvoir, c'est de porter un dossier pour accueillir l'année d'après, l'Exposition universelle à Paris, et au Plateau de Saclay. Et donc, ça aussi, c'est un, voyez, un grand évènement international, et je crois qu'on va pouvoir bénéficier de cet élan, et j'espère que ça va crédibiliser notre candidature, de ce point de vue-là, aussi.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous ne considérez pas, Jean-Baptiste LEMOYNE, en rappelant que vous êtes numéro 2 du Quai d'Orsay, que l'on est un peu dans l'optimisme béat et que cette façon, encore une fois, de faire la fête, en gros, c'est ce qui a été beaucoup critiqué par la droite, à laquelle vous apparteniez à l'époque où Jack LANG, justement, mettait toujours en avant...

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, mais je pense que c'est très important ce type de bonne nouvelle et d'événement, qui vont fédérer un peu le pays, parce que, il faut se le dire, il y a quelques mois encore, on avait l'impression que la France était dans une sorte de déprime morale, de dépression, et donc quelque part, il faut qu'en terme de mental, aussi, on retrouve cette fierté, cette envie d'être conquérant, c'est tout le message qu'a porté le président de la République dans la campagne.

GUILLAUME DURAND
Mais est-ce que vous en avez une preuve de ça ? Parce qu'on dit beaucoup, depuis qu'Emmanuel MACRON est président de la République, le regard sur la France a changé, mais vous, vous voyagez, c'est même votre métier, vous êtes numéro 2 du Quai d'Orsay, est-ce que vous pouvez me donner ce matin une preuve, justement, que ce regard a changé ? Pas simplement une preuve institutionnelle de gens qui lui serrent la main, qui disent bonjour et bravo, une preuve.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ah ben une preuve, vous avez par exemple le président d'un grand groupe américain, CHUBB (phon), qui a annoncé qu'il allait localiser un certain nombre d'activités de son groupe en France, parce qu'il a dit : voilà, il y a le président MACRON, il y a l'envie de réformer. C‘était hier, c'est très concret, c'est des emplois à la clef, et donc cette notion d'attractivité, cette notion d'influence retrouvée de la France, c'est pas moi qui le dis d'ailleurs, il y a un classement international qui existe sur l'influence, et la France a décroché au mois d'août la première place, et encore une fois, ce sont des observateurs extérieurs, qui tiennent compte du fait que, oui, ça bouge.

GUILLAUME DURAND
Question concernant l'Europe. Il y a un grand discours de Jean-Claude JUNCKER, donc le président de la Commission européenne, donc sur l'état de l'Union européenne, donc, ces dernières 24 heures, qui fait suite au discours d'Emmanuel MACRON prononcé à Athènes. Alors, on y retrouve des choses qui sont communes, comme par exemple la volonté de protéger, ce qui n'était pas forcément le cas de l'Europe jusqu'à présent, ce sont des mots, mais il y a toujours une opposition, c'est-à-dire MACRON veut un budget européen et quelqu'un pour représenter ce budget, c'est-à-dire en gros une sorte de ministre de l'euro qui soit commun à la zone euro, et ça JUNCKER n'en veut pas, et les Allemands ne sont pas très chaud. Où est l'état, enfin, quel est l'état du dossier ce matin ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, de façon générale, sur ce discours, le président JUNCKER a été très à l'offensive sur cette Europe qu'il protège, effectivement, notamment d'un point de vue commercial, c'est-à-dire le fait qu'on ne doit pas être naïf, on est aussi sur un théâtre, pardon, des opérations, pour reprendre des termes militaires, mais parce qu'on est un peu en guerre économique au niveau mondial, et qu'il ne faut pas se laisser tailler des croupières par les uns ou par les autres.

GUILLAUME DURAND
C'est donc la question, la grande question de la fiscalité des GAFA par exemple ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
La fiscalité des GAFA, la protection aussi contre le dumping, parce que nous, on est pour un commerce international loyal, fairplay, et donc nos producteurs ne doivent pas faire face à des concurrences qui seraient subventionnées ou auraient des avantages. Et donc de ce point de vue-là, la Commission, c'est vrai qu'elle… je crois qu'elle suit l'axe qu'a tracé le président de la République, et puis, par ailleurs, en matière sociale, il ne vous a pas échappé que, il reprend à son compte l'ambition par rapport aux travailleurs détachés, par rapport au fait d'encadrer tout cela…

GUILLAUME DURAND
Mais vous êtes certain qu'on va obtenir les résultats, parce que vous êtes quand même au Quai d'Orsay, vous allez participer… est-ce qu'on va obtenir des résultats sur cette affaire-là ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ecoutez, le président de la République s'est fortement engagé, il a fait cette tournée dans les pays d'Europe centrale et orientale, et les lignes bougent, bougent dans le bon sens…

GUILLAUME DURAND
… Quand ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ecoutez, je ne peux pas vous donner le résultat, mais en tous les cas, les esprits cheminent, et cheminent dans le bon sens, véritablement…

GUILLAUME DURAND
Mais l'horizon, c'est quoi, c'est trois mois, avant la fin de l'année, au début de l'année prochaine ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, c'est une question de mois, une question de mois.

GUILLAUME DURAND
L'autre aspect, c'est effectivement les GAFA, FACEBOOK, GOOGLE, etc., quand est-ce qu'ils vont payer sérieusement des impôts sur leur chiffre d'affaires, ici, en France, je parle pour tous les pays européens, en Espagne, etc., et non pas simplement sur un bénéfice qui est expatrié en Irlande ou ailleurs, c'est quand ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Là aussi, on est dans une question de mois, pas d'années, mais de mois, parce que, clairement, il faut être efficace, donc Bruno LE MAIRE avec son homologue allemand, italien, a mis des propositions sur la table, la Commission est en train de les expertiser, mais la détermination, elle est là, parce que, on ne peut pas, comme ça, les Français ne comprendraient pas qu'il y ait une évaporation fiscale qui soit indue, compte tenu du chiffre d'affaires qui est réalisé par ces plateformes, donc il s'agit de trouver un équilibre. Le numérique est une donnée, c'est quelque part une sorte de renaissance aussi, comme avec l'imprimerie au 16ème siècle, il y a une renaissance des technologies qui vont transformer le monde, maintenant, il faut aussi que ce nouveau monde contribue tout simplement au service public.

GUILLAUME DURAND
Vous avez quitté Les Républicains pour rejoindre Emmanuel MACRON, est-ce que vous pensez que l'opposition de droite, pendant les quatre ans et quelques mois maintenant qui nous séparent des prochaines présidentielles, eh bien, finalement, elle est tellement divisée que, au fond, vous êtes tranquille, vous qui les connaissez bien, parce que WAUQUIEZ, PECRESSE, tous ceux qui, Xavier BERTRAND, qui ont tous des positions différentes, est-ce que vous pensez qu'ils seront un danger pour Emmanuel MACRON ou qu'au fond, ils sont tellement divisés que ça devient politiquement quantité négligeable ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Je vais vous dire, je n'ai pas envie de taper du sucre sur le dos d'anciens petits camarades, ce que je veux plutôt voir, c'est La République En Marche qui se structure, un parti, un mouvement innovant, qui va s'installer dans un siège…

GUILLAUME DURAND
Depuis hier, rue Sainte-Anne, à Paris, ils ont changé…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Exactement, dans un siège qui n'a rien à voir avec les sièges conventionnels, où clairement, il y a l'envie en fait d'aider les gens à se réaliser, d'aider les associations à porter des projets, bref, on n'est pas dans juste l'organisation de séminaires où en rangs serrés, on vient écouter une parole venue d'en haut, on est là…

GUILLAUME DURAND
Mais qui est le porte-parole d'En Marche, je parle de la République maintenant, du parti, qui va diriger le parti, parce que pour l'instant, il n'y a personne, direction collective, il va y avoir un directeur administratif, mais qui va diriger La République En Marche ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Tout cela est en train de se structurer, vous avez, à la tête de La République En Marche, un trio, Bariza KHIARI, Arnaud LEROY, Astrid PANYOSAN, ils sont en train de poser les fondations, je dirais, de la V2 ou la V3 du mouvement, et naturellement, on est tous là pour…

GUILLAUME DURAND
Mais qui va prendre la direction…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Y contribuer et y apporter notre…

GUILLAUME DURAND
On a beaucoup parlé de Benjamin GRIVEAUX avant la campagne ou pendant la campagne ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais, vous savez, ce qui change avec La République En Marche, c'est que justement, toutes les bonnes énergies et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, donc voilà, on est derrière le président de la République…

GUILLAUME DURAND
Vous ne tournez pas autour des mots, mais vous tournez autour des noms, vous ne vouliez pas parler de WAUQUIEZ, et maintenant, vous ne voulez pas parler de GRIVEAUX !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais non, mais c'est quelqu'un de très bien ! On a fait campagne ensemble, et donc je crois que, il donne tout ce qu'il faut à Bercy par exemple dans son mandat de ministre auprès de Bruno LE MAIRE. Mais ce que je veux dire, c'est que Benjamin GRIVEAUX est très engagé, mais comme nous le sommes tous, et naturellement, au sein de La République En Marche, voilà, c'est une oeuvre collective, voilà, ça change !

GUILLAUME DURAND
Mais il y aura une tête politique ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais la tête politique, je veux dire, on est tous derrière le gouvernement, derrière le président de la République, c'est ça, bien sûr.

GUILLAUME DURAND
Il est 08h27, Jean-Baptiste LEMOYNE, donc, dont c'était le dernier jour de la trente-neuvième année, il aura 40 ans demain, donc, il est le numéro deux du Quai d'Orsay, derrière Jean-Yves LE DRIAN, il y a beaucoup de sujets de politique étrangère, et notamment de politique européenne. Merci, bonne journée à vous.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 septembre 2017

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