Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, à Public Sénat le 26 septembre 2017, sur la part consacrée à la transition écologique dans le grand plan d'investissement, la fiscalité du diesel, les contrats de transition écologique, le budget 2018, le glyphosate et le résultat des élections sénatoriales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, à Public Sénat le 26 septembre 2017, sur la part consacrée à la transition écologique dans le grand plan d'investissement, la fiscalité du diesel, les contrats de transition écologique, le budget 2018, le glyphosate et le résultat des élections sénatoriales.

Personnalité, fonction : LECORNU Sébastien, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

ti : CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de cette matinale d'infos avec Territoires d'infos et l'invité politique aujourd'hui, bonjour Sébastien LECORNU...

SEBASTIEN LECORNU
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes ministre auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, merci d'être avec nous sur ce plateau, on a évidemment beaucoup de questions à vous poser ce matin sur le diesel, le glyphosate et, pour les poser, à mes côtés ce matin : Oriane MANCINI, responsable des opérations spéciales de Public Sénat...

ORIANE MANSINUI
Bonjour Cyril.

CYRIL VIGUIER
Bonjour, merci d'être avec nous ; et Nathalie MAURET du groupe HEBRAT, neuf journaux, neufs quotidiens régionaux...

NATHALIE MAURET
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Mais représentant Le Progrès de Lyon aujourd'hui, ce matin, sur ce plateau.

NATHALIE MAURET
Absolument.

CYRIL VIGUIER
Sébastien LECORNU, le Premier ministre Edouard PHILIPPE a annoncé un grand plan d'investissement de 57 milliards d'euros, le chiffre est énorme, 20 milliards consacrés à la transition énergétique, vous les trouvez où ces 20 milliards pour commencer ?

SEBASTIEN LECORNU
Dans les différents budgets de l'Etat. Ce n'est pas des crédits qu'on a inventés, c'est peut-être d'ailleurs ça véritablement la rupture avec par exemple le plan d'investissement d'avenir du quinquennat précédent, donc il y a des crédits qui sont budgétaires comme on dit si bien qu'on va retrouver dans le projet de loi de finance débattu par les parlementaires prochainement, des crédits également nouveaux parce que tout n'est pas qu'affaire de subvention, mais aussi de prêts à taux zéro par exemple ou de prêts préférentiels par la CAISSE DES DEPOTS ET DES CONSIGNATIONS ; il y aura aussi des articulations avec des fonds européens. Bref, ce que j'ai envie de dire moi aux acteurs c'est que cet argent il existe vraiment pour le coup....

CYRIL VIGUIER
Voilà, vous êtes sûrs de l'avoir.

SEBASTIEN LECORNU
Et l'ingénierie financière regarde après tout l'administration publique et le gouvernement et qu'on peut garantir cet argent pour réaliser les effets de levier o combien indispensables, notamment pour la transition écologique, 20 milliards – vous l'avez rappelé – c'est énorme et puis c'est inédit aussi.

CYRIL VIGUIER
En même temps je rappelle que vous êtes proche de Bruno LE MAIRE, vous étiez donc proche de lui.

NATHALIE MAURET
Monsieur LECORNU l'actualité c'est aussi les taxes sur le diesel qui vont augmenter de 10 % l'année prochaine, est-ce que c'est compatible finalement avec la volonté du gouvernement d'alléger le pouvoir des Français, le pouvoir d'achat des Français ?

SEBASTIEN LECORNU
Vous savez la question du diesel c'est un scandale pour la santé publique, 50.000 morts prématurés chaque année à cause des émissions de particules de diesel, si on avait eu la même précaution et la même énergie à régler ce problème du temps de l'amiante je pense que beaucoup de familles nous en seraient reconnaissant aujourd'hui. Donc oui il y a cette convergence entre le diesel et l'essence, oui il y a aussi une trajectoire autour de la fiscalité carbone sur le diesel et l'essence puisque d'un côté on ne peut pas vouloir décarboner notre économie, notre mobilité, notre société au sens large du terme et lutter contre le réchauffement climatique, promouvoir également un meilleur cadre de vie pour nos concitoyens et ne pas donner un coût à ce carbone, ne pas justement dissuader l'usage du diesel, je pense que là-dessus le gouvernement est clair et assume complètement cette position.

NATHALIE MAURET
D'accord.

ORIANE MANCINI
Monsieur LECORNU vous avez annoncé des contrats de transition écologique qui seront lancés l'an prochain, est-ce que vous pouvez nous en dire plus, en quoi consistent-ils exactement ?

SEBASTIEN LECORNU
Ce sont un peu mes bébés, je veux bien effectivement le reconnaître. On a parlé des 20 milliards du grand plan d'investissement, à un moment donné il faut bien des outils aussi pour ramener cet argent aux territoires. De manière assez pédagogique et pour faire simple on voit bien que la transition écologique elle a besoin d'investissement, investissement pour les particuliers – c'est les annonces de Nicolas HULOT la semaine dernière sur la prime à la casse par exemple pour changer son véhicule, 1.000 euros de manière universelle, 2.000 euros si vous n'êtes pas imposable ; mais on a aussi besoin d'aider les territoires, en clair les collectivités territoriales, les intercommunalités, les comités d'agglomération à investir également dans leurs projets de transition écologique ; et puis on ne va pas se mentir, le plat principal de la transition écologique c'est souvent la transition énergétique, soit comment je produis des énergies renouvelables, propres, vertes – j'étais hier à Poitiers d'ailleurs pour aller visiter des installations de terrains chez un ami député, Sacha HOULIE – ou de l'autre côté comment on améliore la performance énergétique des bâtiments, comment faire en sorte que ce studio, son empreinte carbone diminue pour faire vite ? Et là on voit bien que les collectivités territoriales elles ont un rôle à jouer absolument majeur et central dans cette transition énergétique et, donc, on va aider à investir, on va aider les territoires à investir...

ORIANE MANCINI
Mais alors comment vous les aider, c'est uniquement un soutien politique ou il y a également un soutien financier ?

SEBASTIEN LECORNU
Les 20 milliards il va bien falloir qu'on trouve des outils pour les dépenser, vous savez ce n'est pas le tout que d'annoncer de l'argent comme ça un lundi matin en conférence de presse, derrière il faut avoir une déclinaison territoriale, qu'est-ce qui fait que dans tel département ou dans tel territoire on va justement mettre de l'argent sur des projets de transition énergétiques ? Ça va être l'objet des contrats, les contrats c'est le contraire des appels à projet : droit, devoir. Comment on va mélanger nos intérêts ? Peut-être davantage d'obligation d'objectifs chiffrés, on va voir comment on peut le mesurer, notamment peut-être en empreinte carbone, en nombre d'opérations réalisées et peut-être moins d'obligation aussi simplement de moyens, aller davantage regarder les résultats contre les moyens. Ces contrats on va essayer d'en arrêter la doctrine, les fondamentaux, dans le cadre de la Conférence nationale des territoires voulue par le président de la République et le Premier ministre au mois de décembre prochain, ce qui va nous permettre de décliner une première série de signatures, de négociations bien sûr d'abord, puis de signatures l'année prochaine. Moi je souhaite...

NATHALIE MAURET
Ça se fait avec quel département par exemple.

SEBASTIEN LECORNU
Justement, moi je souhaite deux types de territoires : des territoires que l'on pourrait qualifier en désolation industrielle, des territoires...

NATHALIE MAURET
Vous avez des noms ?

SEBASTIEN LECORNU
Des territoires par exemple qui vont devoir eux-mêmes assumer une transition écologique, je pense par exemple aux quatre territoires qui petit à petit vont voir leurs centrales à charbon s'éteindre, il est bien normal qu'il faut envisager un accompagnement pour ces territoires-là...

NATHALIE MAURETI
Par exemple les territoires de l'Est ?

SEBASTIEN LECORNU
Eh bien oui il y en a....

CYRIL VIGUIER
Ça vous intéresse, Nathalie MAURET ?

SEBASTIEN LECORNU
Je vous sens effectivement intéressée sur le sujet. Mais je vais prendre aussi un exemple concret inverse, ce sont les territoires qui au contraire ont pris de l'avance en matière de transition écologique, parce qu'il ne s'agirait pas de punir les bons élèves dans la classe en leur privant justement d'une aide et d'un accompagnement pour la simple et bonne raison qu'ils ont pris de l'avance, Rêve 3 – je l'ai cité à la tribune de France urbaine – Rêve 3 c'est la troisième révolution industrielle, c'est un projet qui a été initié par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lille avec l'ensemble des réseaux économiques et politiques, et administratifs, du territoire des Hauts de France - Xavier BERTRAND entre autres y est pour quelque chose – ce sont des territoires qui justement ont su prendre acte de la fin d'une économie, évidemment le bassin minier, pour aller vers une transition, vers ce qu'on appelle la Greentech, les emplois verts, une nouvelle manière de créer de l'emploi. OK performance énergétique, OK création d'énergies nouvelles, derrière il y a aussi une finalité voulue par Emmanuel MACRON, c'est la création d'emplois...

ORIANE MANCINI
Mais, du coup, qui sera concerné complètement ? Est-ce que vous pouvez le dire aujourd'hui ? Quels seront ces territoires...

SEBASTIEN LECORNU
Je viens de vous le dire, déjà quatre territoires en désolation...

ORIANE MANCINI
Mais précisément ?

SEBASTIEN LECORNU
Dans lesquels les centrales à charbon, par exemple pour.. Il y en a une au Havre, une à Gardanne - enfin je ne veux pas toutes les citer parce qu'il y a d'autres territoires en désolation aussi et je ne veux pas les hiérarchiser entre eux - et puis il y a effectivement des territoires qui ont pris de l'avance. Le choix des territoires il devra se faire dans la transparence, c'est aussi pour ça que je ne me précipite pas dans les annonces ce matin, en vous disant : « untel, untel aura le droit à son contrat et l'autre pas », ce n'est pas comme ça que ça va se passer parce que justement la Conférence nationale des territoires elle est là aussi avec les associations d'élus – vous savez que je suis moi-même un élu local, donc je suis attaché à ce qu'on respecte un peu les formes sur ces questions-là – on puisse choisir les territoires en grande transparence. Mais je l'indique ici, ce matin, les territoires qui devront subir au sens noble du terme et bon du terme une transition écologique, par exemple l'extinction d'une centrale à charbon, je pourrais également vous citer les territoires dans lesquels peut-être à un moment donné les permis d'exploration, d'exploitation d'hydrocarbures ne seront pas renouvelés dans le cadre du projet de loi que vous connaissez actuellement et qui sera débattu au Parlement, trouver ces solutions d'accompagnement.

NATHALIE MAURET
Il y a aussi dans l'actualité le budget, demain sera présenté au conseil des ministres le.... le budget de loi de finance, pardon, est-ce que vous pouvez nous garantir aujourd'hui que votre ministère sera en augmentation de 3 % ?

SEBASTIEN LECORNU
Oui, une fois de plus on ne peut pas déconnecter les 20 milliards d'hier du budget du ministère, tout ça se retrouvera dans un seul et même document qui s'appelle le projet de loi de finance pour 2018, qui sera le projet de loi de finance de la Nation débattu par les députés et par les sénateurs...

NATHALIE MAURET
En hausse donc ?

SEBASTIEN LECORNU
3 % en hausse pour le ministère...

ORIANE MANCINI
Qui représente combien ?

SEBASTIEN LECORNU
C'est compliqué en fonction des postes budgétaires. Ce qu'il faut retenir par exemple c'est qu'on maintient des efforts extraordinairement importants sur les énergies renouvelables, voilà, on essaie d'être cohérents aussi dans notre propos, vous ne pouvez pas dire...

NATHALIE MAURET
En revanche, les transports vont être le parent pauvre ?

SEBASTIEN LECORNU
Pas forcément, il y aura des pauses sur les grands projets d'infrastructures...

NATHALIE MAURET
Par exemple le canal Seine Nord ?

SEBASTIEN LECORNU
Pour lequel je crois que le Premier ministre a été clair lors des Assises de la mobilité où il a confié le soin à Elisabeth BORNE la ministre des transports, à Gérald DARMANIN le ministre de l'Action et des Comptes publics de faire un tour de table pour trouver un nouveau modèle de financement de ce projet... Vous savez, enfin puisque votre question m'appelle à cette réponse très directe, c'est facile de faire des annonces, on a bien vu comment le gouvernement précédent d'ailleurs procédait, c'est-à-dire que : « on va faire tel grand projet, on va remplir la table justement de grandes infrastructures et puis d'ailleurs on ne s'intéresse pas trop à leur modèle économique et à leur modèle de financement », la vraie rupture c'est qu'au début de ce quinquennat on s'interroge à ce que tous les grands projets qui sont sur la table fassent bel et bien l'objet d'un tour de table complet de financement, c'est ce que le Premier ministre veut pour le canal Seine Nord entre autres.

CYRIL VIGUIER
Sébastien LECORNU, le ministre auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, est notre invité ce matin dans Territoires d'infos, une interview politique qui sera relayée sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale, les télés locales de France et également les radios, 130 radios sur le territoire. Sébastien LECORNU une petite question sur votre binôme avec Nicolas HULOT, on reçoit souvent des ministres auprès de, on a reçu Jacqueline GOURAULT hier, comment ça se passe votre relation avec Nicolas HULOT, au fond tout vous opposait au départ, est-ce qu'il vous a converti à l'écologie ?

SEBASTIEN LECORNU
J'espère que tout ne nous opposait pas au départ !

CYRIL VIGUIER
Ah ! Voilà, il était de gauche, vous étiez plutôt de droite...

SEBASTIEN LECORNU
Laissez-moi partager la même gentillesse et la même bienveillance que lui de caractère.

CYRIL VIGUIER
Une... différente, voilà.

SEBASTIEN LECORNU
Oui, pas mal de choses effectivement pourraient nous éloigner, au contraire c'est la vraie richesse de ce gouvernement, d'ailleurs si j'y suis rentré et si lui y est rentré – ça c'est bien un point commun entre nous deux – c'est parce qu'on avait une abolition de ces clivages traditionnels et qu'on y retrouvait des talents et des richesses humaines...

CYRIL VIGUIER
Vous vous êtes converti à l'écologie ?

SEBASTIEN LECORNU
La réalité c'est que moi vous le voyez... enfin moi j'étais président d'un département, jeune j'ai été maire, je suis un élu local et donc moi j'ai ce pragmatisme de l'écologie territorial des actes du quotidien, Nicolas lui il a la vision, il a les connaissances des réseaux internationaux – on voit bien quand même tout l'effort qu'Emmanuel MACRON accomplit actuellement sur la diplomatie climatique, le sommet du 12 décembre prochain, récemment l'assemblée générale des Nations unies sur le pacte mondial pour l'environnement, enfin tout ça Nicolas HULOT en a...

NATHALIE MAURET
Vous êtes complémentaires donc ?

SEBASTIEN LECORNU
Pardon !

NATHALIE MAURET
Vous êtes complémentaires ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais bien sûr, avec... également qui a une connaissance très fine du monde de l'entreprise et des réseaux européens ; Elisabeth BORNE qui est une bonne technicienne, qui connait remarquablement bien ces sujets de transports, franchement le pool humainement, intellectuellement et puis même politiquement – puisque j'assume aussi ma spécificité – ce pool ministériel sur le ministère de la Transition écologique et solidaire il est stable, il est cohérent, il est riche de diversités, c'est plutôt heureux vu la multiplication et le nombre important d'acteurs que ce ministère peut avoir.

ORIANE MANCINI
Sébastien LECORNU on va parler du glyphosate, ce désherbant controversé soupçonné de provoquer des cancers, la commission européenne propose de le ré- autoriser dans l'Union européenne pour une durée de 10 ans, durée trop longue selon Matignon, est-ce que vous pouvez nous dire à quelle échéance le glyphosate sera interdit en France ?

SEBASTIEN LECORNU
On va être précis déjà ! Le glyphosate il est déjà interdit au 1er janvier 2017 pour les collectivités territoriales pour les usages publics...

ORIANE MANCINI
Et dans les espaces publics, et il sera interdit pour les particuliers en 2019, mais il est autorisé pour les agriculteurs.

SEBASTIEN LECORNU
Pour peut-être les personnes qui nous écoutent et qui nous regardent le glyphosate c'est une substance que l'on retrouve dans des pesticides un peu populaires et bien connus comme par exemple le Roundup, parce que je pense qu'on ne fait pas suffisamment de la pédagogie aussi de ce que c'est et pourquoi ça occupe autant l'espace, il est tellement populaire donc justement ce pesticide qu'il n'est pas si facilement et si rapidement surtout...

ORIANE MANCINI
Le problème se pose pour les agriculteurs ?

SEBASTIEN LECORNU
Remplaçable pour les agriculteurs, j'y viens, et donc l'idée c'est que là où effectivement il est interdit pour les particuliers au 1er janvier 2019 – vous l'avez rappelé – là où il était déjà interdit au titre du principe de précaution parce qu'un certain nombre de scientifiques ont pointé effectivement du doigt son caractère potentiellement cancérigène, donc l'idée c'est de se dire : « on ne peut pas renouveler pour 10 ans, c'est trop long », on ne peut pas non plus l'interdire du jour au lendemain puisqu'on prendrait nos amis agriculteurs – cette question nous tient à coeur dans mon département de l'Eure, je les connais bien – on ne peut pas les prendre en otage du jour au lendemain, en leur disant : « débrouillez-vous, il n'y a même pas de solution, il n' y a pas de plan B, on interdit tout tout de suite », ce n'est pas ce que le gouvernement propose, ce n'est pas ce qu'Edouard PHILIPPE propose, ni Nicolas HULOT, ni Stéphane TRAVERT, l'idée justement c'est de se dire que pour la fin de l'année et le ministre de la Transition écologique et solidaire et le ministre de l'Agriculture Stéphane TRAVERT doivent travailler ensemble – donc que nous ayons travaillé - à faire une proposition au Premier ministre de plan B en innovation, en recherche...

ORIANE MANCINI
Alors, quelles sont les pistes qui sont sorties ?

SEBASTIEN LECORNU
Je ne suis pas scientifique, mais la solution sera forcément scientifique.

ORIANE MANCINI
C'est votre ministère qui est chargé de le faire ?

SEBASTIEN LECORNU
Avec le ministère de l'Agriculture, il faut un plan B scientifiquement qui permet de substituer au glyphosate un produit moins dangereux sur lequel le principe de précaution n'a pas lieu de s'appliquer sur la dangerosité soit pour la santé, soit pour l'environnement et la biodiversité – parce que bien évidemment cela fait partie de nos priorits et de nos compétences – sans prendre les agriculteurs en otage.

ORIANE MANCINI
Mais concrètement, Sébastien LECORNU, Stéphane TRAVERT par exemple parle d'une échéance de cinq à sept ans, est-ce que vous aussi vous êtes sur cette durée ?

SEBASTIEN LECORNU
Le Premier ministre... enfin je ne suis pas scientifique, là aussi je pense qu'il faut qu'on soit en rupture avec ces procédés où nous les politiques on parle à la place de la science, les deux ministères vont se retourner vers des gens dont c'est le métier, des ingénieurs au sein de l'Etat de bonne qualité dans les centres de recherche on en a, donc on ferait bien de les écouter un tout petit peu – c'est ce que veut le Premier ministre – on va le faire, en disant : « d'après vous, quel est le plan de sortie intelligent, adapté et adaptable...

NATHALIE MAURET
Donc au 1er janvier on a un calendrier du plan B ?

SEBASTIEN LECORNU
Le Premier ministre a indiqué hier qu'il voulait la réponse pour la fin de l'année, je ne peux pas vous dire mieux que de vous répéter ce que dit Edouard PHILIPPE.

NATHALIE MAURET
Quitte à se démarquer de la position de l'Union européenne ?

SEBASTIEN LECORNU
La réalité c'est que l'Union européenne entend les positions des états membres et, une fois que la France aura arrêté sa position, faites bien confiance à Emmanuel MACRON et à Edouard PHILIPPE pour savoir l'arrêter correctement, derrière effectivement il s'agira d'aller procéder aux négociations d'usage qui vont bien avec l'ensemble de nos partenaires et la commission européenne.

ORIANE MANCINI
Tout autre sujet Sébastien LECORNU, les Sénatoriales qui ont eu lieu dimanche, la droite a conforté sa majorité au Sénat, en revanche La République En Marche n'obtient que 27 sièges – deux de moins que dans la précédente assemblée – est-ce un échec pour Emmanuel MACRON ?

SEBASTIEN LECORNU
Tout le monde pose la question depuis dimanche dernier...

ORIANE MANCINI
Eh bien on vous la pose !

SEBASTIEN LECORNU
Comme dirait mon amie Jacqueline GOURAULT hier matin sur ce plateau, les victorieux ce sont ceux qui ont gagné.

ORIANE MANCINI
Absolument.

SEBASTIEN LECORNU
Non, blague à part, on peut effectivement tirer quelques conclusions quand même de ce scrutin. La première des conclusions, je le redis parce qu'il ne faut pas raconter n'importe quoi aux gens qui nous écoutent et qui nous regardent, c'est que ça reste un scrutin rigide, mécanique, déterminé, 3ème tour des élections municipales qui fait qu'au fond vous avez les sénateurs que les grands électeurs vous donnent et donc par définition liés aux Municipales de 2014 et de 2015. Le PS gagne les élections municipales en 2008, monsieur BEL socialiste devient président du Sénat ; la droite, Les Républicains et l'UDI, gagne massivement les élections municipales en 2014...

ORIANE MANCINI
Il n'y avait pas que ça, vous savez très bien qu'en 2011 il y avait aussi le conseiller territorial et, là, il y a eu les annonces d'Emmanuel MACRON, est-ce qu'Emmanuel MACRON est responsable de l'échec ?

SEBASTIEN LECORNU
Etant grand électeur je vais quand même, puisque j'ai eu le bonheur de voter aux Sénatoriales une fois en tant que maire de Veron, je vois quand même comment ça fonctionne, ça c'est la première des choses ; et puis, si vous regardez un tout petit peu dans le détail, là où tout le monde se fait toujours les gorges chaudes de regarder ce que font les membres du gouvernement aux Sénatoriales, vous prenez Jacqueline GOURAULT, mon amie Jacqueline elle gagne au premier tour, elle est en charge des collectivités territoriales, il faut estimer quand même que la performance électorale qu'elle rencontre dans le Loir-et-Cher mérite d'être regardée, ça veut bien dire aussi ce que ça veut dire ; dans le Nord, où il n'y a pas spécialement beaucoup d'élus En Marche, vous avez la liste sur laquelle figurait mon ami Gérald DARMANIN en fin de liste, qui soutenait cette liste, fait un siège aux Sénatoriales ; en Seine-et-Marne vous n'avez pas un élu LREM, vous avez deux sénateurs ; à Paris, vous en avez un aussi. Donc, c'est un scrutin que vous connaissez trop bien pour se contenter de grandes déclarations. Moi je tire quand même juste une conclusion opérationnelle là-dessus, c'est qu'on verra bien lors des prochains scrutins pour regarder l'éventuelle popularité du gouvernement ou du président de la République même si moi je me garde bien de tirer des conclusions, et je considère que j'ai été élu maire de Vernon parce que j'avais un bon projet pour les Vernonnais et pas parce que François HOLLANDE était impopulaire. Juste une chose, la droite qui a gagné au Sénat, c'est la droite de Gérard LACHER, c'est pas celle de Laurent WAUQUIEZ. Et ça c'est quelque chose d'important dans les années... il faut le dire.

CYRIL VIGUIER
C'est la droite modérée, vous voulez dire.

SEBASTIEN LECORNU
Ça veut dire que c'est la droite intelligente qui sait faire preuve de sagesse, comme on dit si bien ici au Sénat, et qui saura travailler avec intelligence, avec le gouvernement. Moi je ne connais bien Gérard LARCHER, mon amitié pour lui n'est un secret pour personne. Je connais bien la plupart des sénateurs qui ont été élus, quelles que soient d'ailleurs les tendances politiques dimanche dernier. Je sais qu'on pourra trouver un terrain d'entente, je ne sais pas si c'est le mot, mais d'accords politiques intelligents au service des Français, et ça c'est quand même aussi quelque chose qu'il faut dire et qu'on ne dit pas assez depuis dimanche. La droite qui a gagné ce n'est pas celle de WAUQUIEZ.

ORIANE MANCINI
Et ça ne sera plus le cas avec les Républicains si WAUQUIIEZ prend la tête du parti ?

SEBASTIEN LECORNU
Moi je regarde et j'entends, comme dirait l'autre, et je vois bien les postures politiciennes, y compris parfois chez certains de ses amis à l'Assemblée nationale, on est dans la politicaillerie, on est dans la politique à l'ancienne, on tourne le dos parfois à l'intérêt général ; ces choses-là me blessent moi qui ait milité pendant longtemps aux Républicains. Mais, voilà, je tiens à le dire avant de regarder qui a gagné, qui a perdu au Sénat....

ORIANE MANCINI
Est-ce que ça veut dire que si Laurent WAUQUIEZ prend la tête du parti comme annoncé, en décembre, vous quitterez Les Républicains pour adhérer à la République en Marche, comme l'a fait votre ami Bruno LE MAIRE ?

SEBASTIEN LECORNU
Je ne sais pas ce que je ferai, mais une chose est sure c'est que plus le temps passe, plus je me pose effectivement la question de ce que font et de ce que deviennent les Républicains. Ne pas savoir trancher, choisir entre Marine LE PEN et Emmanuel MACRON, entre les deux tours de l'élection présidentielle. Aujourd'hui, après plus de dix ans de meeting, dans lequel on dit qu'il fallait assouplir le droit du travail, réformer l'ISF, baisser les charges sur les entreprises, réinstaurer l'autorité de l'Etat comme Gérard COLLOMB le fait avec son projet de loi de lutte contre le terrorisme, de voir qu'une partie de la droite s'oppose pour au final d'ailleurs s'abstenir dans l'hémicycle ou voter pour, très franchement ça fait un peu sourire. Donc la réalité c'est qu'il va falloir que les Républicains fassent preuve de clarté et surtout soient en cohérence avec ce que veulent les Français.

CYRIL VIGUIER
Merci Sébastien LECORNU d'avoir été notre invité ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 octobre 2017

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