Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Sud Radio le 5 octobre 2017, sur l'action du gouvernement pour la reprise de l'entreprise GSM, la fiscalité concernant l'isolation et le chauffage des logements et sur Les Républicains. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Sud Radio le 5 octobre 2017, sur l'action du gouvernement pour la reprise de l'entreprise GSM, la fiscalité concernant l'isolation et le chauffage des logements et sur Les Républicains.

Personnalité, fonction : LECORNU Sébastien, ROGER Patrick.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

ti :

PATRICK ROGER
Bonjour Sébastien LECORNU.

SEBASTIEN LECORNU
Bonjour.

PATRICK ROGER
Alors, critiques à droite comme à gauche ce matin après les propos d'Emmanuel MACRON qui a donc fustigé « ceux qui foutent le bordel au lieu de chercher du travail là où il y en a. » C'est une erreur de langage, selon vous, du mépris, ou alors, au contraire, un langage de vérité ?

SEBASTIEN LECORNU
Je travaille avec Emmanuel MACRON depuis maintenant le mois de juin, je le vois toutes les semaines, j'ai eu l'occasion de l'entendre sur ce dossier compliqué, sur ce dossier industriel dans la Creuse, et je ne peux pas laisser dire…

PATRICK ROGER
GM& S.

SEBASTIEN LECORNU
GM& S, et je ne peux pas laisser dire qu'il manque de respect ou qu'il a du mépris, comme je l'entends sur un certain nombre d'antennes depuis ce matin, vis-à-vis de qui que ce soit, et surtout pas auprès de nos compatriotes et notamment nos compatriotes qui sont dans le désarroi. Moi j'en veux pour preuve, sur GSM (sic), le président de la République a fait le travail, il les a reçus au mois de juin, il a demandé à Bruno LE MAIRE, le ministre de l'Economie et des Finances, à Benjamin GRIVEAUX, le secrétaire d'Etat auprès de Bruno LE MAIRE, de porter ce dossier, un repreneur a été trouvé, 120 emplois ont été sauvés, et ça c'est mieux que toutes les polémiques, ce sont des actes concrets.

PATRICK ROGER
On comprend, Sébastien LECORNU, sauf qu'il y a quand même un phénomène de répétition, c'est-à-dire qu'il a parlé de fainéants, des Français qui détestent les réformes, des illettrés, de travaille si tu veux te payer un costard, et ça apparaît comme étant un peu du mépris, et du dédain peut-être, de la classe ouvrière, non ?

SEBASTIEN LECORNU
Moi hier je n'étais pas en Corrèze, mais j'ai vu, comme tout le monde, les images, et j'ai cru comprendre qu'effectivement un certain nombre de minorités – et d'ailleurs pas que des salariés, ou une minorité de salariés, de GSM, mais également des militants d'extrême gauche, également d'ailleurs une minorité d'élus locaux faisant un peu de politique après les élections législatives sur ce sujet – sont venus effectivement jouer un peu les agitations. Et, effectivement, le président de la République, sans filtre, a témoigné de son agacement…

PATRICK ROGER
C'est ça, il est excédé par les petits groupes qui bloquent, c'est ça ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, il a surtout un franc-parler, et, effectivement, il le fait sans filtre. Moi ça ne me choque pas. Je ne vois aucunement un mépris quelconque vis-à-vis de nos concitoyens, vis-à-vis de nos compatriotes. Donc, je pense aussi que toutes ces polémiques que l'on fait monter un tout petit peu en épingle, pour des raisons politiciennes, de la part notamment des opposants politiques, et c'est sûrement le jeu, au bout d'un moment ça suffit. Ce qui compte ce sont les actes, et l'acte c'est que GSM a été sauvé, qu'il y a un repreneur qui a été trouvé, et qu'il y a 120 emplois qui ont été sauvés.

PATRICK ROGER
Mais on croyait, quand même, que quand on était président de la République il fallait surveiller un peu son langage. On se souvient de Nicolas SARKOZY et du Kärcher, donc on se disait qu'avec Emmanuel MACRON on allait peut-être passer à autre chose, et là, « foutre le bordel », pardon, mais dans la bouche d'un président…

SEBASTIEN LECORNU
Ne soyons pas trop hypocrites sur tout ça, les Français sont authentiques eux-mêmes dans leur culture et avoir un chef de l'Etat qui lui-même est authentique…

PATRICK ROGER
Oui, mais ce n'est pas monter les Français les uns contre les autres ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, la réalité c'est que celles et ceux qui montent les uns contre les autres sont les minorités qui justement se sont agitées hier. Une fois de plus j'insiste, de ce que j'en sais, de ce que j'en ai vu dans la presse, pas que des salariés, une minorité de salariés de GSM, surtout des militants d'extrême gauche, des élus, plutôt proches de la gauche d'ailleurs, de l'ancien monde, qui sont venus effectivement faire un peu de politique politicienne autour de ce dossier, alors que le président de la République il n'était pas dans la Creuse, il était en Corrèze, donc ne soyons dupes de rien non plus sur tout ça.

PATRICK ROGER
Sébastien LECORNU, sur le fond, c'est vrai qu'on peut comprendre, c'est-à-dire qu'il y a du travail à côté, c'est-à-dire à Ussel, et que pour les gens qui étaient à La Souterraine ils pourraient aller travailler à Ussel. Sauf que, sauf que, il y a quand même 150 kilomètres entre les deux, et c'est 4 heures de train, et donc c'est la France aussi qui n'est pas complètement adaptée au niveau des structures. Est-ce que les Français doivent déménager pour aller chercher du travail ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, mais c'est là aussi où il faut surtout arriver à mieux former les Français, et ça fait d'ailleurs partie de l'objet de la suite. Si on parle du fond, 30 secondes, le problème de ce pays, et le drame de ce pays, c'est que la croissance peut revenir sans forcément qu'elle ne crée d'emplois. Et, au fond, toute l'action du gouvernement depuis le mois de juin dernier c'est de se dire comment on fait sauter les quelques verrous et les quelques cadenas qui empêchent la création d'emplois au moment même où la croissance revient ? C'est évidemment les ordonnances du droit du travail, c'est évidemment – je pense qu'on va y revenir – le projet de loi de Finances, avec un certain nombre de baisses de charges pour les sociétés, et maintenant ça va être bien sûr la réforme de l'Assurance chômage, et la formation professionnelle et l'apprentissage. Et le président de la République, hier en Corrèze, il était là pour parler d'apprentissage, il était là pour parler formation professionnelle, et surtout dans le monde rural, là-bas en Corrèze.

PATRICK ROGER
Sébastien LECORNU, venons-en à un dossier que vous connaissez, vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Alors, c'est parti, vous allez lancer un bonus-malus pour l'isolation et le chauffage des logements. C'est une nouvelle taxe qui va frapper à la fois les propriétaires et les gens qui ne font pas de travaux, c'est cela ?

SEBASTIEN LECORNU
Eh bien non, pas du tout.

PATRICK ROGER
C'est ce qu'on a cru comprendre quand même !

SEBASTIEN LECORNU
Ce n'est pas Le Parisien qui prend les décisions au gouvernement à ce que je sache, c'est encore le gouvernement et les parlementaires.

PATRICK ROGER
Heureusement.

SEBASTIEN LECORNU
Donc on va rassurer les amis auditeurs qui nous écoutent. On est dans le temps de l'incitation. Aujourd'hui il faut aider les Français à faire des travaux qui vont bien dans leur logement, performance énergétique, isolation, changer leur chaudière. Les incitations ça veut dire quoi ? Ce sont des aides directes, c'est le crédit d'impôt transition énergétique transformé en prime pour les Français, y compris les Français les plus modestes. C'est le chèque-énergie pour les Français encore plus modestes. C'est les certifications d'énergie, sur les chaudières, qui permettent d'avoir jusqu'à 3000 euros pour changer sa chaudière. Ça c'est le temps de l'incitation. Et puis ensuite, dans les années 2020, 2024, 2025, il faudra bien faire un bilan de tout ça, il faudra bien se dire que, au fond, les 7 à 8 millions de passoires thermiques dans le parc des logements des Français, soit on sera plus près du 0, soit on sera encore plus près du 7 ou 8 millions. Et si effectivement, si effectivement, toutes ces incitations, tout cet argent qui aura été mis sur la table par le gouvernement pour les Français, ne produit pas tous les effets escomptés, mais moi je sais que ça fonctionnera, pour tout vous dire je ne suis pas inquiet, on pourra peut-être s'autoriser un certain nombre de dispositifs nouveaux, dont certains, d'ailleurs, étaient imaginés par le gouvernement socialiste précédent.

PATRICK ROGER
Soyons très précis Sébastien LECORNU. Alors, c'est-à-dire que le crédit d'impôt 2018 ne va pas être modifié pour les gens qui font des travaux, parce qu'il était plus ou moins dit qu'il allait être remis en cause ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, pas du tout. Crédit d'impôt 2018, sur les travaux de performance énergétique, maintenu, ciblé sur les travaux encore efficaces. On sait très bien que la chaleur monte dans un logement, et que les travaux que vous réalisez sur vos combles sont plus efficaces que les travaux sur les portes et fenêtres.

PATRICK ROGER
Donc les changements de portes, fenêtres, volets, on peut y aller encore quoi !

SEBASTIEN LECORNU
Alors, jusqu'au 31 décembre on peut y aller, on réfléchit à une sortie…

PATRICK ROGER
Ah !

SEBASTIEN LECORNU
Je vous explique ça ; on réfléchit à une sortie progressive des portes et des fenêtres, pas complète, la TVA à 5,5 par exemple sera maintenue, on veut faire en sorte que le biseau soit le plus doux possible pour permettre à la profession de s'adapter à cela, mais on sait très bien qu'en matière de performance énergétique ce n'est pas le fait de changer votre fenêtre qui vous permet de réduire votre consommation d'énergie, ce n'est pas vrai.

PATRICK ROGER
Alors, ça va être maintenu ou pas, l'année prochaine ?

SEBASTIEN LECORNU
Je suis en train de vous expliquer. On maintient la TVA à 5,5 sur les portes et les fenêtres, et petit à petit on va réduire le dispositif sur les portes et les fenêtres pour le concentrer sur d'autres travaux plus efficaces. Ce qui compte – ce n'est pas nous qui le disons, les politiques – ce sont les professionnels du bâtiment qui nous expliquent qu'en termes d'économies d'énergie votre porte et votre fenêtre ça ne produit pas tout à fait les mêmes effets que faire par exemple les combles.

PATRICK ROGER
Merci. Questions de Christophe BORDET et Michaël DARMON.

CHRISTOPHE BORDET
Alors, Sébastien LECORNU, vous êtes menacé d'exclusion chez les LR, est-ce que pour vous Les Républicains c'est fini, ils sont morts ?

SEBASTIEN LECORNU
Je ne sais pas s'ils sont morts. La droite est un courant de pensée, bien évidemment, qui est important et pour lequel, dans le débat démocratique, on a besoin de toutes les idées…

CHRISTOPHE BORDET
Qui n'est plus incarné aujourd'hui pratiquement, qui est siphonné, même, par Emmanuel MACRON.

SEBASTIEN LECORNU
Et d'ailleurs le président de la République il ne dit pas ni droite, ni gauche, il dit « et on prend ce qu'il y a de mieux… »

CHRISTOPHE BORDET
« Et en même temps. »

SEBASTIEN LECORNU
« Et dans la droite, et dans la gauche », et effectivement « en même temps. » Moi j'ai écrit à Bernard ACCOYER, pour revenir sur le cas de mon exclusion, puisque vous m'y invitez, et je lui ai dit deux choses. Je lui ai dit, déjà, l'acte, le sens de l'engagement qui était le mien aujourd'hui au sein du gouvernement, en intégrant la majorité présidentielle, en disant : oui, l'heure est grave. Je n'ai pas oublié le score de Marine LE PEN à l'élection présidentielle, je n'ai pas oublié le score des candidats Front national à l'élection législative, et qu'au fond l'état du pays commandait la mobilisation de tout à chacun au gouvernement pour faire avancer toutes les réformes, mais en particulier les réformes que la droite appelle de ses voeux depuis des années…

CHRISTOPHE BORDET
Non mais d'accord, mais vous êtes militant, vous êtes encore militant LR, pourquoi vous n'êtes pas parti ?

SEBASTIEN LECORNU
Parce que je ne vois pas pourquoi je partirai.

MICHAËL DARMON
Parce que vous êtes encore de droite.

CHRISTOPHE BORDET
Non, mais pourquoi vous n'adhérez pas à la République En Marche ?

SEBASTIEN LECORNU
Attendez, je devrais partir parce qu'on fait la réforme du droit du travail, que l'on promet dans les meetings des Républicains et de l'UMP depuis 10 ans ? Je devrais partir parce qu'on réforme l'ISF, qu'on a maintes fois promis ? Je devrais partir parce qu'on baisse l'impôt sur les sociétés ? Non, mais attendez, au bout d'un moment il faut être honnête.

MICHAËL DARMON
Donc les traîtres c'est plutôt la République En Marche ou Les Républicains ?

SEBASTIEN LECORNU
Ce n'est pas le sujet votre question…

MICHAËL DARMON
C'est ce qu'on vous reproche, on vous reproche la trahison.

SEBASTIEN LECORNU
Non, ce sont quelques-uns, aux Républicains, qui reprochent la trahison. Moi je regarde le fond, je regarde le fond des réformes qui sont produites pour le pays, est-ce qu'elles vont dans le bon sens, est-ce qu'elles ne vont pas dans le bon sens, petit 1. Petit 2, lorsqu'on est militant Les Républicains, est-ce que ces réformes, est-ce qu'on les a promises, est-ce qu'on les a soutenues, est-ce qu'on les appelées de nos voeux ces dernières années ou pas ? Et donc là, la réalité elle est simple, c'est que le job, en ce moment, est en train d'être fait par le président de la République. Alors, que Les Républicains soient dans une posture d'exclusion, d'ostracisme et de repli sur eux-mêmes, je le regrette, et ça, ça peut conduire effectivement à la mort des Républicains s'ils n'y prennent pas garde. Je dis « ils », puisque pour le coup je ne me fais aucune illusion sur le fait que malgré ma réponse à Bernard ACCOYER je serai sûrement exclu la semaine prochaine, parce que leur décision, de manière assez peu franche d'ailleurs, mais est déjà prise.

MICHAËL DARMON
Je voudrais revenir un petit peu justement sur le début de votre propos quand vous dites que le président de la République a un grand projet de transformation, vous avez expliqué aussi, par exemple, votre politique sur l'écologie. Au fond, pourquoi ne parle-t-il pas aux Français, pourquoi ne vient-il pas expliquer la cohérence de son propos, les moyens qu'il compte y mettre, et toute la pédagogie qui est nécessaire, parce que vous n'arrêtez pas, vous, de dire du matin au soir « il faut être pédago » ? Pourquoi le premier des pédagogues, de sa politique, ne vient-ils pas parler aux Français ?

SEBASTIEN LECORNU
Moi je considère au contraire qu'il le fait, que c'est peut-être à nous d'ailleurs, les membres du gouvernement, les membres de la majorité parlementaire…

MICHAËL DARMON
Il ne manque pas la grande explication à la télévision ?

SEBASTIEN LECORNU
Regardez son interview dans Le Point…

MICHAËL DARMON
Mais, une interview de presse écrite n'a pas le même impact…

SEBASTIEN LECORNU
Vous êtes bien indélicat avec vos confrères de la presse écrite.

MICHAËL DARMON
Non, vous le savez bien…

SEBASTIEN LECORNU
Elle permet de poser de la pensée, elle permet aussi de moins céder facilement à la polémique, j'aime autant la radio que la presse écrite. Non, très franchement, le besoin de pédagogie, évidemment qu'il est évident, mais il est évident pour tout le monde. Moi je pense que le président de la République fait la pédagogie de ce qu'il veut faire pour le pays, d'autant plus qu'il l'a fait pendant la campagne.

MICHAËL DARMON
Vous n'avez pas le sentiment qu'il est le propre brouilleur de son message ?

SEBASTIEN LECORNU
Non…

MICHAËL DARMON
Regardez encore l'épisode aujourd'hui.

SEBASTIEN LECORNU
Non, je ne considère vraiment pas ça, et, au contraire, le président de la République il a fait la pédagogie de ce qu'il voulait faire pour le pays pendant sa campagne, d'ailleurs c'est une vraie nouveauté, et ça facilite d'ailleurs grandement les réformes derrière, on le voit bien avec les ordonnances sur le droit du travail. Après il faut expliquer les choses, il faut expliquer effectivement le mouvement de transformation, il faut expliquer, globalement, que toutes les réformes que nous devons faire…

MICHAËL DARMON
Il explique trs mal alors !

SEBASTIEN LECORNU
Non, je ne suis pas d'accord avec. Moi je le vois sur le terrain, à Vernon le week-end, ma ville d'élection…

CHRISTOPHE BORDET
Les Français sont divisés quand même…

SEBASTIEN LECORNU
Qui est plutôt une ville, d'ailleurs, à la fois très populaire avec une gauche historique, et en même temps une ville de droite, et je vois bien que les gens comprennent ce que nous faisons. Alors après, si vous parlez des sondages, c'est un autre débat, moi je les regarde peu…

MICHAËL DARMON
Là on parle de lui.

SEBASTIEN LECORNU
Mais moi je vous parle de lui aussi, moi je trouve qu'il fait le travail, je trouve qu'il fait ce travail de pédagogie, je trouve qu'il va sur le terrain. Pardon, mais aller parler d'apprentissage et de formation professionnelle en Corrèze, c'est quoi si ce n'est être pédagogue de ce que nous voulons faire dans les semaines qui vont venir, sur la réforme de la formation professionnelle.

CHRISTOPHE BORDET
Sauf que ça a été un peu brouillé par sa petite phrase.

SEBASTIEN LECORNU
C'est parce que vous voulez retenir ça !

PATRICK ROGER
Merci Sébastien LECORNU, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, d'avoir répondu en direct sur Sud-Radio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 octobre 2017

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