Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, avec Public Sénat le 6 octobre 2017, sur la politique économique du gouvernement et sur Les Républicains. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, avec Public Sénat le 6 octobre 2017, sur la politique économique du gouvernement et sur Les Républicains.

Personnalité, fonction : LE MAIRE Bruno, SZAMES Michaël.

FRANCE. Ministre de l'économie et des finances;

ti :

CYRIL VIGUIER
Rebonjour ! L'invité politique de cette matinale d'infos c'est Bruno LE MAIRE dans la deuxième partie de notre émission, bonjour Monsieur Ministre de l'Economie...

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Cyril VIGUIER.

CYRIL VIGUIER
Bonjour, merci d'être là. Vous avez été le premier invité de cette matinale d'infos il y a plus de deux ans et, aujourd'hui, c'est la Saint Bruno en plus, bonne fête.

BRUNO LE MAIRE
C'est un plaisir de la fêter chez vous.

CYRIL VIGUIER
Merci Bruno LE MAIRE. Pour vous interroger à mes côtés, ce matin c'est Michaël SZAMES spécialiste politique de Public Sénat, rédacteur en chef...

MICHAEL SZAMES
Bonjour à tous.

CYRIL VIGUIER
Et Nathalie MAURET, bonjour Nathalie...

NATHALIE MAURET
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Du groupe HEBRAT qui représente ce matin Le Progrès de Lyon et les neuf titres de ce quotidien régional sur ce plateau, d'ailleurs cette interview politique Bruno LE MAIRE sera retransmis sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale ce matin, sur les télés locales de France et nous sommes associés aux Indé-Radios - c'est 130 radios sur tout le territoire – et TV5 Monde ce week-end relayera vos propos, c'est notre partenaire, merci donc d'être avec nous ce matin. On commence avec l'INSEE qui a relevé ses prévisions de croissance pour 2017, 1,8 contre 1,6 prévu initialement, c'est le meilleur taux depuis 10 ans, alors François HOLLANDE avait tout à fait raison ça va mieux ?

BRUNO LE MAIRE
Ce taux de croissance de 1,8 % c'est une bonne nouvelle pour la France, c'est une bonne nouvelle pour les Français et c'est une incitation pour nous tous à poursuivre la transformation économique du pays, il ne faut surtout pas se reposer sur nos lauriers - c'est les erreurs qui ont été commises par nos prédécesseurs systématiquement - dès qu'il y avait un tout petit peu de vent de croissance on repliait les voiles et on arrêtait le train des réformes, je crois que c'est exactement l'inverse qu'il faut faire. C'est ce que nous faisons avec le président de la République, avec le Premier ministre, il y a eu la transformation du Code du travail, il y a désormais une vraie réflexion qui est engagée sur la question de la formation qui est une question absolument décisive, il y aura ensuite l'assurance-chômage, il y aura les retraites, donc nous allons poursuivre cette transformation.

CYRIL VIGUIER
Mais ça va mieux globalement, c'est votre analyse ?

BRUNO LE MAIRE
Oui ça va mieux, mon analyse c'est que ça va mieux, que l'investissement redémarre, que le climat des affaires est bon - voilà c'est une bonne nouvelle pour le pays - mais ça doit nous inciter à poursuivre la transformation économique.

NATHALIE MAURET
Mais à quoi elle est due cette bonne nouvelle, est-ce qu‘il ya une partie quand même de cette bonne nouvelle qui va au crédit de ce qu'avait fait François HOLLANDE lors de son quinquennat ?

BRUNO LE MAIRE
Je crois qu'elle est due surtout et tout simplement aux Français, elle est due à leur travail, elle est due à l'investissement des entrepreneurs, elle est due à l'audace de nos entrepreneurs, elle est due à tous les salariés qui sont extraordinairement compétents en France et que je vois dans tous les déplacements que je fais dans les PME, dans l'industrie, dans le service... nous avons des salariés d'une compétence exceptionnelle, d'un professionnalisme exceptionnel. C'est- ça qui fait la force de la France ! Simplement cette force elle a été jusqu'à présent entravée par un modèle économique totalement dépassé, qui surtaxait le capital, dans le projet de loi que nous présentons avec Gérald DARMANIN – le projet de loi de Finance – nous prenons cette décision fondamentale d'alléger massivement la fiscalité sur le capital pour que cette croissance qui revient soit encore plus portée au service de l'emploi et au service de la prospérité des Français.

MICHAEL SZAMES
De l'emploi justement est-ce que ça va profiter à la baisse du chômage, concrètement est-ce qu'on va la voir baisser avant la fin de l'année ?

BRUNO LE MAIRE
Ça prendra du temps et je ne ferai pas ce genre de pari. Je pense que...

MICHAEL SZAMES
Vous restez très prudent sur la baisse du chômage ?

BRUNO LE MAIRE
Je reste très prudent sur la baisse du chômage, pour une raison qui est simple, c'est que la transmission de la croissance à l'emploi elle peut être très lente, il n'y a pas d'emploi s'il n'y a pas de croissance, la transmission de la croissance à l'emploi elle peut être lente - c'est dans la durée qu'il faut inscrire ces transformations économiques et ces transformations sociales – et je pense que nous toucherons les bénéfices de cette politique courageuse menée par le Premier ministre d'ici quelques années plutôt que quelques mois, il faut être lucide là-dessus.

MICHAEL SZAMES
Et notamment il y a un point très précis, par exemple sur la baisse du nombre de contrats aidés, on voit bien que ça ne profite pas à la baisse du chômage. Est-ce que ça été pour vous une erreur, finalement ?

BRUNO LE MAIRE
Pas du tout, mais c'est un choix que nous faisons qui est courageux, il est évident que lorsque vous réduisez le nombre de contrats aidés - puisque c'était la manière facile qu'on avait trouvé dans le passé de régler le problème du chômage – on faisait payer le contribuable, mais ce n'est pas comme ça qu'on va créer massivement de l'emploi pour notre pays. Donc nous avons décidé de les réduire progressivement en étant raisonnable, on en aura 200.00 l'année prochaine...

MICHAEL SZAMES
Ce n'était pas une erreur ?

BRUNO LE MAIRE
Non je crois que c'est un vrai choix politique majeur et, quand on fait cette transition d'un emploi qui est administré, financé par le contribuable, à une création d'emploi par la croissance, par les entrepreneurs, il y a forcément à un moment de passage où nous sommes aujourd'hui qui est difficile, ce qui compte c'est d'avoir un cap qui soit clair, le cap c'est des emplois qui sont créés par la croissance et par les entreprises.

NATHALIE MAURET
Bruno LE MAIRE lundi les syndicats se donnent rendez-vous avec pour objectif un mouvement unitaire, est-ce que finalement vous avez réussi à mettre tous les syndicats contre vous ?

BRUNO LE MAIRE
Ce qui compte c'est surtout que nous ayons une majorité de Français avec nous et une majorité de Français a voté pour le projet que nous appliquons scrupuleusement, qui est le projet du président de la République. Personne n'est pris en défaut, personne n'est pris par surprise, Emmanuel MACRON avait dit qu'il augmenterait la CSG, il avait dit qu'il ferait cette transformation du Code du travail, il avait dit qu'il allégerait la fiscalité sur le capital pour relancer l'investissement, l'innovation et les emplois de demain, personne n'est pris en traître et, ça, je crois que c'est la grande force de notre gouvernement et du président de la République c'est de tenir sa parole.

MICHAEL SZAMES
Oui ! Et pourtant les transporteurs, là aussi on va prendre un exemple très concret, ils ont obtenu que l'accord de branches prime sur l'accord d'entreprises - c'est contre l'esprit des ordonnances on a bien compris – est-ce que c'est une brèche, est-ce que c'est un recul du gouvernement ?

BRUNO LE MAIRE
Non, je pense que c'est surtout un cas très particulier les transporteurs, avec des règles de conduite, des règles de repos qui sont particulières...

MICHAEL SZAMES
Ça peut peut-être donner des idées aux autres ?

BRUNO LE MAIRE
Ça peut peut-être donner des idées aux autres. Mais moi je souhaite que nous tenions...

NATHALIE MAURET
En clair, il suffit de bloquer pour obtenir gain de cause ?

BRUNO LE MAIRE
Que nous tenions bon sur la ligne qui est celle qui a été fixée par le président de la République...

MICHAEL SZAMES
Tenir face à la rue ?

BRUNO LE MAIRE
Tenir sur nos engagements, et je ne tiens pas à ce que nous mettions trop d'eau dans notre vin.

NATHALIE MAURET
Justement Emmanuel MACRON vous savez actuellement tout le monde est en train de disserter sur sa petite phrase, Emmanuel MACRON il assume sur le fond le mot qu'il a employé, un peu moins sur la forme, est-ce que vous vous auriez pu dire ça ?

BRUNO LE MAIRE
Moi ce que je peux vous dire c'est que je crois que ça fait longtemps qu'on n'a pas fait autant pour une entreprise du secteur industriel pour empêcher sa fermeture et pour lui offrir de nouvelles perspectives, ça fait longtemps qu'on n'a pas autant investi pour aider cette entreprise qui le méritait, La Souterraine...

CYRIL VIGUIER
GM& S !

BRUNO LE MAIRE
GMS& S, dans la Creuse, pour qu'elle puisse continuer à se développer. Nous nous sommes battus pendant des dizaines et des dizaines d'heures, tous les services de l'Etat ont été mobilisés, nous avons demandé au président de RENAULT d'investir cinq millions d'euros – il l'a fait – nous avons demandé au président de PEUGEOT d'investir cinq millions d'euros - il l'a fait – l'Etat a mis cinq millions d'euros...

MICHAËL SZAMES
... (inaudible)...

NATHALIE MAURET
On va y revenir !

BRUNO LE MAIRE
Si, parce que c'est ça le vrai sujet.

MICHAEL SZAMES
Ah bon !

BRUNO LE MAIRE
Le vrai sujet ce n'est pas...

MICHAEL SZAMES
Ce n'est pas le bordel ?

BRUNO LE MAIRE
Qu'il y ait un mot ou un autre, pour moi c'est beaucoup de bruit pour rien, le vrai sujet à mes yeux, c'est : qu'est-ce que nous avons fait pour sauver cette entreprise ? Nous avons fait le maximum et nous avons sauvé cette entreprise, et nous avons empêché sa fermeture.

MICHAEL SZAMES
Beaucoup de bruit pour rien, Bruno LE MAIRE, vous entendez quand même que cette phrase ait pu choquer ?

BRUNO LE MAIRE
Moi ce que j'entends ce qui aurait pu choquer profondément les gens c'est qu'on laisse tomber GM& S, nous ne les avons pas laissés tomber, nous avons trouvé une solution, la cellule de reclassement je vous le dis ce matin sera mise en place le 15 octobre et j'ai pris un engagement - j'ai l'habitude de tenir mes engagements - que La Souterraine resterait ouverte, elle est restée ouverte ; que nous trouverions un repreneur qui investirait, nous avons trouvé un repreneur ; que les constructeurs réinvestiraient massivement pour acheter des équipements pour produire mieux, ils ont investi ; que nous ne laisserions aucun salarié de côté, nous ne laissons aucun salarié de côté ; et cet engagement qui est d'accompagner chaque salarié pour lui permettre de retrouver un emploi il sera tenu. Hier j'ai vu le président de RENAULT Carlos GHOSN, je lui ai parlé de La Souterraine, je lui ai dit : « vous avez investi sur la Souterraine c'est très bien, il y a encore quelques salariés à reclasser, regardez ce que vous pouvez faire dans vos propres usines », on ne laisse tomber personne, et à mes yeux ça compte plus que la petite phrase qui fait tant polémique aujourd'hui.

CYRIL VIGUIER
C'est Bruno LE MAIRE, le ministre de l'Economie et des Finances, qui est l'invité de cette matinale d'infos ce matin. Bruno LE MAIRE, la PQR parle quand même beaucoup de - la Presse Quotidienne Régionale – de cette phrase d'Emmanuel MACRON, La Dépêche aujourd'hui par exemple c'est « Emmanuel MACRON dénonce ceux qui foutent le bordel », vous avez été vous ministre de Nicolas SARKOZY qui était aussi un adepte du franc-parler, il parlait cash, est-ce que vous trouvez des ressemblances dans leur façon de gouverner ?

BRUNO LE MAIRE
Très franchement pas tant que ça, non pas tant que ça, je vois aussi des différences. Je pense que chaque personnage politique est singulier, que chaque président de la République a sa propre relation avec les Françaises et les Français...

CYRIL VIGUIER
Et avec ses ministres ?

BRUNO LE MAIRE
Qui n'appartient qu‘à lui.

CYRIL VIGUIER
Et avec ses ministres ?

BRUNO LE MAIRE
Et avec ses ministres également. Je peux vous dire en tout cas que j'ai très bien travaillé avec Nicolas SARKOZY, j'ai été un ministre de l'Agriculture heureux qui a cherché à faire le maximum pour les paysans, qui reste comme vous le savez profondément attaché aux paysans Français, à l'agriculture française ; je travaille aussi très bien avec Emmanuel MACRON, nos relations sont fluides, elles sont faciles, il y a un cap et je m'efforce de tenir ce cap.

CYRIL VIGUIER
Vous avez eu un training avec Nicolas SARKOZY qui est valable avec Emmanuel MACRON ?

BRUNO LE MAIRE
Non, parce que chaque compétition est différente, chaque situation est différente et surtout chaque défi est différent, nous sommes aujourd'hui dans un défi historique qu'on a un peu oublié qui est que nous avons un président de la République qui a été élu face aux extrêmes et que nous n'avons pas d'autre choix que de réussir et ce qui m'habite chaque matin quand je me lève, quand je regarde le taux de croissance, le niveau de chômage, le niveau de la balance commerciale extérieure, la situation des Français, je me dis : « nous devons faire le maximum et donner tout pour que ça marche », parce que l'enjeu n'est pas un enjeu ordinaire, c'est un enjeu historique, c'est de démontrer que le choix de la transformation en profondeur, du renouvellement de la classe politique, de l'action la plus poussée possible, c'est ce qui marche.

MICHAEL SZAMES
Bruno LE MAIRE vous êtes en pleine préparation du budget, en tout cas l'Assemblée va se pencher dessus très prochainement, vous entendez le vent de fronde qui commence à arriver même dans La République En Marche alors qu'ils étaient presque un peu le doigt sur la couture ces derniers temps, il y a des frondeurs maintenant à La République En Marche ?

BRUNO LE MAIRE
Si vous en connaissez, vous me les présenterez...

MICHAEL SZAMES
On les entend en tout cas !

BRUNO LE MAIRE
Moi je n'en ai pas vus. J'ai vu des hommes et des femmes libres et c'est bien normal ils sont élus par le peuple français et ils sont libres, ils peuvent exprimer des critiques, ils peuvent exprimer des doutes, ils sont élus par le peuple français, je l'ai été moi-même dans mon département de l‘Eure et je suis attaché à ma liberté qui vient de l'élection par le peuple français, c'est ce qui vous donne la légitimité, c'est ce qui vous donne la liberté de défendre vos convictions. Sur le budget, c'est normal qu'il y ait des voix qui puissent dire : « mais attendez vous supprimez l'ISF sur les valeurs mobilières, vous avez oublié que certains biens de luxe n'étaient plus taxés, qu'est-ce qu'on peut faire ? ». Moi je dis : « Mais regardez, libre à vous si vous estimez qu'on peut durcir une taxe, durcir un prélèvement sur des navires très importants, sur les véhicules de grosses cylindrés », moi je ne suis pas fermé, ce n'est pas moi qui prendrait cette initiative. Mais si les parlementaires...

MICHAEL SZAMES
Et ce sera le seul domaine, vous n'accepterez rien d'autre, aucune retouche à part celle-là ?

BRUNO LE MAIRE
Je fixe juste les lignes rouges que j'ai dites très clairement aux parlementaires. La première ligne c'est pas de nouvelles taxes, les Français n'en peuvent plus d'avoir tous les jours comme seule solution à leurs problèmes de nouvelles taxes, première ligne rouge, pas de nouvelles taxes ; deuxième ligne rouge faisons attention à ne pas affaiblir les filières qui représentent beaucoup d'emplois et beaucoup de richesses pour notre pays, je pense à la filière – y compris la filière de plaisance – regardez une PME comme BENETEAU, regardez les CHANTIERS DE LA CIOTAT qui rénovent justement des yachts et qui représentent beaucoup d'emplois sur la ville de La Ciotat et dans tout le département ; regardez la filière des chevaux de course, pour le Normand que je suis c'est évident que les haras c'est quelque chose qui représente des emplois, qui représente des qualifications, faisons attention à ne pas fragiliser des filières économiques, c'est la deuxième ligne rouge que je fixe.

MICHAEL SZAMES
Et peut-être vous allez laisser un peu de liberté également concernant les épargnants, vous avez normalement souhaité rendre rétroactive la hausse de la CSG sur les plans d'épargne, comme le PEA par exemple, est-ce que là vous laisserez une certaine liberté ou est-ce que c'est haro sur les petits épargnants ?

BRUNO LE MAIRE
Non, enfin regardons...

MICHAEL SZAMES
Est-ce que d'abord vous confirmez ou pas cette hausse de la CSG sur les petits épargnants ?

BRUNO LE MAIRE
Il y a un taux de CSG qu'on appelle CSG historique qui s‘applique sur les PEA et sur l'intéressement, faire bénéficier ces placements de taux de CSG du point de départ et pas du taux de CSG actuel, ce qui est prévu aujourd'hui dans le PLFSS c'est qu'effectivement on ne garde pas ce taux historique et on applique le taux existant d'un peu plus de 17 %... les parlementaires regarderont cela, moi je soutiens le PLFSS...

MICHAEL SZAMES
C'est 50 millions d'euros d'économies visiblement ?

BRUNO LE MAIRE
Je soutiens le PLFSS tel qu'il a été présenté, en renonçant à ce taux historique qui honnêtement n'a pas beaucoup de sens et n'a pas beaucoup de justification, les parlementaires regarderont ce texte, je souhaite simplement que – et c'est une troisième ligne rouge – que nous fassions attention à nos engagements européens, c'est très difficile de respecter nos engagements européens mais ça rapporte beaucoup pour retrouver du poids politique sur la scène européenne et défendre d'autres intérêts : la taxation de Google, Amazon et Facebook on y arrive...

MICHAEL SZAMES
On en parlera en deuxième partie, vous allez en parler.

BRUNO LE MAIRE
Parce qu'on a retrouvé de la crédibilité ; la modification de la directive sur les travailleurs détachés, qui concerne les transporteurs, on progresse parce que nous avons retrouvé notre crédibilité, donc faisons attentions à ne pas l'affaiblir.

NATHALIE MAURET
Bruno LE MAIRE il y a trois ans vous candidatiez pour la présidence de l'UMP, aujourd'hui vous n'êtes plus un acteur du film, est-ce que quand même vous avez envie de regarder le film qui se prépare et je voulais savoir ce que vous pensiez de l'acteur principal Laurent WAUQUIEZ, est-ce qu'il est bon ?

BRUNO LE MAIRE
Je regarde très sincèrement le film de loin, parce que je suis désormais dans une autre salle de cinéma et surtout qu'au-delà des films et des images il y a une réalité dont je suis responsable, qui est lourde, qui est l'économie de la France et l'économie des Français, et que tous les jours – je le disais tout à l'heure – je me bas pour que ça aille mieux ; Ensuite, Les Républicains vont choisir leur président, c'est une élection démocratique et par définition le président qui sera choisi par Les Républicains il aura sa légitimité et puis il défendra sa ligne politique. Mais je suis ça de loin tout en gardant, je ne le cache pas, beaucoup d'amitié, beaucoup d'attention pour tous ceux avec qui j'ai travaillée pendant des années...

CYRIL VIGUIER
Et beaucoup de contacts ?

BRUNO LE MAIRE
J'ai fait un choix politique...

CYRIL VIGUIER
Et beaucoup de contacts ?

BRUNO LE MAIRE
Beaucoup de contacts oui, beaucoup de contacts...

CYRIL VIGUIER
Vous parlez avec vos amis précédents ?

BRUNO LE MAIRE
Bien sûr, je parle très régulièrement – fonction oblige – avec Eric WOERTH qui est le président de commission des Finances, j'ai vu il n'y pas très longtemps l'ancien président de la République Nicolas SARKOZY avec qui je garde une relation d'amitié et de respect, et je pourrais en citer beaucoup d'autres que je croise dans les couloirs de l'Assemblée qui m'appellent, avec qui j'échange sur la situation politique. Nous avons fait des choix différents, ça me parait totalement inutile de se jeter les uns les autres des anathèmes. Mon choix chacun sait pourquoi je l'ai fait, je l'ai fait le 1er mars en quittant la campagne de François FILLON au nom du respect de la parole donnée, je l'ai fait parce que ma famille n'a pas voulu choisir entre Emmanuel MACRON et Marine LE PEN et que je ne comprends pas qu'elle n'ait pas choisi, c'est pour cela que j'ai pris cette décision de suivre un autre parcours politique, ça ne justifie en aucun cas que nous nous envoyons les uns les autres des anathèmes qui ne sont pas à la hauteur du débat politique.

MICHAEL SZAMES
Est-ce que vous comprenez d'ailleurs que la semaine prochaine ceux qui vous ont suivi au gouvernement notamment puissent être exclus des Républicains ?

BRUNO LE MAIRE
Je pense que Les Républicains feraient une erreur s'ils faisaient ça, mais voilà ils ont leur liberté de décision, je pense qu'il ferait une erreur. Edouard PHILIPPE a fait un autre choix, Gérald DARMANIN également, on peut combattre sur le terrain politique en contestant telle décision ou telle autre décision, mais je ne crois pas que les exclusions aujourd'hui soient des réponses modernes et des réponses compréhensibles pour les Français.

MICHAEL SZAMES
Si c'était le cas, vous leur dites : « rejoignez-moi à En Marche » ?

BRUNO LE MAIRE
Moi j'ai fait ce choix depuis très longtemps et je pense que la cohérence c'est important.

MICHAEL SZAMES
Vous avez un conseil à leur donner ?

BRUNO LE MAIRE
Vous savez quand je fais un choix je ne le fais pas à moitié, j'ai quitté une famille politique dont je ne reconnaissais plus les valeurs et les choix politiques fondamentaux faits par les chefs – et je dis bien les chefs, pas les militants - je le fais jusqu'au bout en soutenant le président en rentrant dans le gouvernement et surtout en demandant aux Français ce qu'ils en pensent puisque je rappelle que je me suis présenté aux élections législatives, que les Français ont validé mon choix.

CYRIL VIGUIER
Pas un mot sur Edouard PHILIPPE, le Premier ministre, il est...

BRUNO LE MAIRE
Si j'ai un mot à dire c'est d'abord un mot d'engagement total derrière lui, un mot d'amitié parce que j'ai beaucoup d'amitié pour Edouard PHILIPPE et beaucoup de respect pour la personne humaine qu'il est, c'est un personnage qui est attachant, sympathique, avec lequel il est facile de travailler et je tiens à lui dire s'il nous écoute que je suis de tout coeur derrière lui.

CYRIL VIGUIER
Vous savez qu'il a été souvent l'invité de cette matinale d'infos, quand il n'était pas Premier ministre d'ailleurs.

BRUNO LE MAIRE
Je crois que vous avez de très bons invités.

CYRIL VIGUIER
Bruno LE MAIRE dont c'est la fête aujourd'hui est notre invité politique ce matin dans Territoires d'infos, c'est la deuxième partie de votre interview politique qui va commencer dans l'instant, on va plutôt parler des chantiers du ministre de l'Economie, on vous retrouve Bruno LE MAIRE avec nous dans quelques minutes.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 octobre 2017

Rechercher