Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à Europe 1 le 9 octobre 2017, sur l'impôt sur la fortune immobilière, la taxation des biens de luxe et le transfert du pouvoir d'achat aux salariés prévu dans le cadre du budget pour 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à Europe 1 le 9 octobre 2017, sur l'impôt sur la fortune immobilière, la taxation des biens de luxe et le transfert du pouvoir d'achat aux salariés prévu dans le cadre du budget pour 2018.

Personnalité, fonction : PHILIPPE Edouard, COHEN Patrick.

FRANCE. Premier ministre;

ti : PATRICK COHEN
Bonjour Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour Patrick COHEN.

PATRICK COHEN
C'était comment votre dimanche après-midi, enfermé avec les autres ministres ?

EDOUARD PHILIPPE
Ah, c'était studieux et sympathique.

PATRICK COHEN
Bon, studieux et sympathique, avec quelles visées ?

EDOUARD PHILIPPE
Eh bien, un gouvernement, c'est une équipe, et une équipe pour bien jouer, si on prend la métaphore sportive, il faut qu'elle se connaisse, et il faut évidemment qu'elle sache à quel rythme on va jouer, avec quelles stratégies, et donc on a besoin à intervalles réguliers, mais comme dans toute organisation, je pense que c'est vrai pour Europe 1 comme pour toutes les organisations auxquelles appartiennent ceux qui nous écoutent aujourd'hui, on a besoin de se retrouver, de discuter, de parler communication, stratégies, de parler au fond, de mesures qu'on va mettre en oeuvre, ça s'est passé dans une ambiance qui était à la fois studieuse et très sympathique, on aime bien se retrouver, et moi, je dois dire que je trouve qu'il y a une excellente ambiance dans ce gouvernement. Alors, c'est une ambiance studieuse, bien entendu, mais c'est une bonne ambiance de travail.

PATRICK COHEN
Alors, Edouard PHILIPPE, il y a des dossiers en cours et des réformes à venir. Dossier en cours, le budget 2018, avez-vous arrêté une position sur les biens de luxe qui seront exonérés d'ISF ?

EDOUARD PHILIPPE
La position du gouvernement, elle a été formulée, elle est claire, elle est, pour large part d'ailleurs, déterminée par les engagements qui ont été pris par le président de la République, suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, maintien d'un impôt qui s'appelle l'impôt sur la fortune immobilière, qui est en fait la partie de l'ancien ISF spécifiquement liée aux questions immobilières, et puis, pour ce qu'on appelle les biens de luxe, l'impossibilité de mettre ces biens de luxe dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière, mais la possibilité d'utiliser les taxes existantes, il en existe des spécifiques, sur les yachts notamment, pour, le cas échéant, augmenter ces taxes. Mon objectif…

PATRICK COHEN
De façon symbolique ?

EDOUARD PHILIPPE
De façon… c'est toujours symbolique pour les autres, l'impôt en général, c'est toujours symbolique pour les autres…

PATRICK COHEN
Eh bien, c'est symbolique, on peut juger aussi en volume ou en pourcentage…

EDOUARD PHILIPPE
D'augmenter ces taxes…

PATRICK COHEN
Si c'est symbolique ou pas, ça peut rapporter combien ?

EDOUARD PHILIPPE
D'augmenter ces taxes. Elles peuvent être augmentées, un certain nombre de parlementaires ont indiqué qu'ils voulaient le faire, moi, je ne suis pas tout du tout opposé à ce qu'on augmente ces taxes existantes, mais encore une fois, il faut être bien conscient de la raison pour laquelle on prend la mesure initiale, c'est-à-dire la suppression de l'ISF, on supprime l'ISF parce qu'on sait, parce qu'on a constaté dans les quinze dernières années que l'ISF réduisait la matière taxable en France, parce que ceux qui partent à cause de l'ISF, ils ne partent pas simplement eux, ils partent en ne payant plus l'ISF, mais en ne payant plus l'IRPP, l'impôt sur le revenu, et ils contribuent beaucoup, donc ils vont venir…

PATRICK COHEN
Vous pensez que quand ils partent, ils appauvrissent…

EDOUARD PHILIPPE
Eh bien, d'abord, je voudrais qu'ils arrêtent de partir, parce qu'ils partent de façon continue depuis quinze ans. Et donc, moi, ce que je souhaiterais, c'est d'abord que les plus riches cessent de partir, premier point. Et deuxièmement, qu'on fasse revenir en France des plus riches, qu'ils soient Français d'ailleurs ou étrangers, parce que, quand ils viennent s'installer en France, ils augmentent la richesse globale, et ils augmentent le…

PATRICK COHEN
Qu'est-ce qui vous dit que les capitaux ainsi exonérés iront vers l'investissement et l'économie, c'est un pari ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est un pari, si vous voulez, c'est-à-dire, c'est un calcul qui consiste à penser que nous avons tout à gagner à faire en sorte que l'argent s'investisse en France dans les petites entreprises ou dans les entreprises moyennes, dans le système productif, pour qu'il finance des investissements, pour qu'il renforce, soit, la présence industrielle, soit, la créativité des services…

PATRICK COHEN
Mais vous n'en êtes pas certain ?

EDOUARD PHILIPPE
En matière de politique économique, j'ai vu, depuis que je m'intéresse à ces sujets, j'ai 46 ans, ça fait longtemps que je m'intéresse à ces sujets, beaucoup de gens vous dire avant, de façon certaine, ce qui allait se passer. Bon, moi, je suis prudent, et j'assume d'être prudent, et j'assume de ne pas faire des grandes annonces, ce que je sais, c'est ce qui s'est passé, et s'agissant de l'ISF, on sait des choses, on sait que ça fait partir des contribuables riches, et que donc, ça appauvrit la richesse nationale, on le sait, ça, ce n'est pas un pari, c'est un fait, c'est une vérité. Alors, j'essaie de la corriger.

PATRICK COHEN
Donc vous ne démentez pas la manchette du Monde de samedi : « Les plus riches, grands gagnants du budget MACRON ! » ?

EDOUARD PHILIPPE
Je la conteste évidemment, même si Le Monde écrit évidemment ce qu'il souhaite, et ce n'est pas mon problème d'une certaine façon, mais je la conteste évidemment, parce que, je pense que derrière cette idée que ce budget serait déséquilibré, il y a, soit, de l'incompréhension, soit, parfois, je ne pense pas du tout que ce soit le cas du Monde, de la mauvaise foi, il y a énormément de mesures dans ce budget qui sont destinées à améliorer et protéger la situation des plus fragiles. Et je constate que lorsqu'on les évoque, ceux qui nous écoutent ou ceux qui nous interrogent, en tout cas, les écartent assez rapidement du plat de la main, comme si elles ne comptaient pas, eh bien, moi, je considère que revaloriser, et revaloriser massivement un certain nombre de minimums, l'allocation pour adulte handicapé, le minimum vieillesse, la prime d'activité, ça ne s'écarte pas du plat de la main. Faire en sorte qu'il y ait un transfert de pouvoir d'achat, une augmentation de pouvoir d'achat, à compter du 1er janvier pour les actifs et évidemment pour les plus modestes d'entre eux, je trouve que ça ne s'écarte pas du plat de la main. Mais curieusement, la force symbolique de ça paraît, pour un certain nombre de commentateurs, moins importante…

PATRICK COHEN
Parce que les volumes par ménage ou par foyer ne sont pas les mêmes, quand on parle de l'ISF, on parle d'un peu plus de trois milliards d'euros rendus à 300.000 assujettis à cet impôt…

EDOUARD PHILIPPE
Et quand vous avez un transfert de pouvoir d'achat de 3, 4, 5 % à destination des…

PATRICK COHEN
De 25 millions de salariés…

EDOUARD PHILIPPE
Oui, eh bien, ça compte, et le transfert de pouvoir d'achat… pardon, Monsieur COHEN, mais le transfert de pouvoir d'achat qui va être réalisé pour les actifs n'a pas d'équivalent, on n'a jamais fait autant de transfert de pouvoir d'achat pour les actifs, ça n'a rien de neutre. C'est sept milliards d'euros au global de transfert de pouvoir d'achat pour les actifs. Et encore une fois, tous les Français vont pouvoir le constater, à partir de la fin du mois de janvier, enfin, tous les actifs vont pouvoir le constater à partir de la fin du mois de janvier, et au cours de l'année, avec la mise en place notamment de la diminution de la taxe… enfin, de la suppression progressive de la taxe d'habitation.

PATRICK COHEN
En tout cas, les fonctionnaires qui sont appelés à la grève demain n'ont pas le sentiment d'être les favorisés de ce budget, Edouard PHILIPPE, gel du point d'indice, rétablissement du jour de carence, suppression de postes, ils n'ont pas raison de se sentir déconsidérés, les fonctionnaires ?

EDOUARD PHILIPPE
Moi, je ne les déconsidère en aucune façon, avant d'être Premier ministre, j'ai été maire du Havre, et je sais ce que les fonctionnaires territoriaux apportent à l'action publique, je sais, à la fois le rôle nécessaire qu'ils jouent dans le lien social, dans le fait que, une ville se tient et produit des services à destination de ceux qui en ont besoin. Comment ils peuvent contribuer au développement d'une ville. Il se trouve que j'ai été moi-même fonctionnaire, que je viens d'une famille de fonctionnaires, mon objectif, ce n'est pas de déconsidérer les fonctionnaires, en aucune façon. Jamais de la vie ! Mais c'est aussi d'assumer un certain nombre de mesures qui sont prises, on a rétabli le jour de carence, pourquoi ? Parce que, on a constaté, quand il avait été installé, il y a quelques années, qu'il avait produit de remarquables résultats pour lutter contre l'absentéisme, et on a constaté que quand il a été supprimé par le gouvernement précédent, que cet absentéisme, ce tout petit absentéisme, cet absentéisme d'un jour ou de deux jours, avait considérablement augmenté. Et donc on le réinstalle, comme il existe d'ailleurs dans le secteur privé, selon des modalités certes un peu différentes, mais enfin, comme il existe dans le secteur privé, parce qu'on pense que c'est un bon instrument pour gérer la Fonction publique, et pour faire en sorte qu'elle puisse servir à ce à quoi elle est pensée. S'agissant du pouvoir d'achat des fonctionnaires, puisque vous m'interrogez sur ce sujet, l'augmentation de la CSG sera totalement neutralisée pour les fonctionnaires…

PATRICK COHEN
De quelle façon ?

EDOUARD PHILIPPE
De deux façons différentes, d'abord, en diminuant les cotisations ou les contributions qui sont représentatives des cotisations salariales, ou qui sont calquées sur les cotisations salariales, et ensuite, par un versement de prime. Donc il y aura une neutralisation complète de l'augmentation de la CSG…

PATRICK COHEN
Versement de prime qui va compenser la hausse de la CSG, puisque les fonctionnaires, eux, n'ont pas de cotisations comme ceux du privé…

EDOUARD PHILIPPE
Il y a des situations très différentes… eh bien, certains en ont.

PATRICK COHEN
Certains en ont…

EDOUARD PHILIPPE
Certains en ont, donc on va les baisser, d'autres n'en ont pas, donc on va accorder une prime qui permettra de neutraliser complètement l'impact de l'augmentation de la CSG.

PATRICK COHEN
Donc ce sera neutre pour les fonctionnaires…

EDOUARD PHILIPPE
Et par ailleurs – ce sera neutre – et par ailleurs, il y aura l'augmentation normale de la masse salariale dans la Fonction publique, ça veut dire une augmentation de pouvoir d'achat annuelle d'environ 2 % au global. Donc ils ne sont pas du tout déconsidérés, ils sont même essentiels dans le fonctionnement de notre pays, et on assume pleinement les mesures qui sont prises et il y aura des rendez-vous avec le ministre de l'Action et des comptes publics pour évoquer le détail de ces sujets, mais je vous ai donné les grandes orientations et les grands instruments.

PATRICK COHEN
Vous assumez, Edouard PHILIPPE, c'est une formule, un verbe qui revient souvent dans votre bouche, il vous faut aussi, dans votre expression, rattraper ou corriger les écarts, je ne sais pas comment on doit dire, du président MACRON le bordel d'Egletons, je parle à l'ancien Rocardien, c'est du parler-vrai ?

EDOUARD PHILIPPE
Je trouve, comment dire, un peu surprenant, pour dire, pour parler de façon assez neutre, je trouve un peu surprenant qu'on y consacre autant de temps et autant de commentaires, le président de la République, quand il s'exprime, s'exprime avec une grande clarté, et avec, du reste, souvent, un registre de vocabulaire qui a pu le placer sous le feu de la critique quand on considérait qu'il avait des formulations trop intellectuelles, bon. Il se trouve que par ailleurs, il lui arrive, comme il m'arrive, comme il vous arrive sans doute, Monsieur COHEN…

PATRICK COHEN
Oui, mais je ne suis pas aux responsabilités.

EDOUARD PHILIPPE
Mais vous avez des responsabilités, et parfois, j'imagine que sous le coup de, soit, l'impression que vous êtes entre… dans un petit groupe, eh bien, vous vous laissez aller, et vous dites quelque chose qui relève de l'ordre du gros mot, en général, quand ça m'arrive, ma fille, qui a 7 ans, me dit que je ne devrait pas le faire, voilà…

PATRICK COHEN
Et que vous devriez vous laver la bouche au savon, non, elle ne vous dit pas ça encore ?

EDOUARD PHILIPPE
Ah, non, ça, elle ne me dit pas ça, non.

PATRICK COHEN
Emmanuel MACRON donc dit toujours ce qu'il pense, et il pense ce qu'il dit ?

EDOUARD PHILIPPE
Je crois qu'il…

PATRICK COHEN
… Sur le fond, les chômeurs, certains chômeurs s'ils le voulaient, vraiment, pourraient retrouver du travail ?

EDOUARD PHILIPPE
Ecoutez, d'abord, je pense, effectivement, Emmanuel MACRON dit les choses, et que lui aussi assume ce qu'il pense et ce qu'il fait. Et ça change, et ça fait du bien, ça, c'est la première chose. La deuxième chose, l'exemple de l'entreprise qui est à l'origine de cette déclaration est intéressant, parce que l'Etat s'est beaucoup engagé dans cette affaire pour trouver des solutions, pour favoriser la reprise, pour faire en sorte qu'il y ait une augmentation du carnet de commandes qui donne des perspectives pour sauver l'entreprise. Et ce qui s'est passé, c'est une contestation très vive d'un plan de sauvetage qui, certes, ne garantissait pas la totalité des emplois, mais qui garantissait l'avenir de l'entreprise, avec une bonne partie des emplois, et on voit bien qu'il y a là quelque chose qui se joue comme une position presque idéologique, est-ce qu'il faut tout préserver au risque de ne rien préserver ou est-ce qu'on accepte l'idée quand on veut sauver une entreprise que, il y a des solutions, soit, de compromis, soit intermédiaires ; et c'est une vraie question, et je pense que, il faut faire attention à ne pas avoir, je le dis comme ça, des positions maximalistes qui finissent in fine par fragiliser la situation de tout le monde.

PATRICK COHEN
Vous allez, ce matin, recevoir les responsables des deux principaux syndicats étudiants, l'UNEF et la FAGE, vous aviez promis du pouvoir d'achat aux étudiants, est-ce que ça pourrait passer par le rattachement au régime général de la Sécurité sociale et la fin de la Sécurité sociale étudiante ?

EDOUARD PHILIPPE
Nous sommes en train de, et c'est sous le… Frédérique VIDAL, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation…

PATRICK COHEN
Oui, sauf que vous recevez, vous, personnellement, à Matignon…

EDOUARD PHILIPPE
… Et j'avais indiqué que je souhaitais pouvoir rencontrer les responsables des deux grandes organisations étudiantes, pourquoi ? Pour évoquer avec eux, à la fois, la façon dont on peut mettre en place les contrats de réussite qui ont été pensés et qui sont souhaités par madame VIDAL, et aussi pour voir concrètement comment est-ce qu'on peut avancer sur le deuxième volet de ce plan étudiant, qui consiste à améliorer les conditions de vie et les conditions de pouvoir d'achat des étudiants. Je ne vais pas préempter la fin de la discussion, mais il est clair qu'on peut mieux faire dans l'accompagnement aux études des étudiants, en matière de sécurité sociale et peut-être un peu plus encore qu'en matière de sécurité sociale parce que c'est très organisationnel, en matière de santé. Les étudiants, ils sont jeunes et souvent on pense que comme ils sont jeunes, ils sont en bonne santé. En vérité, on a des chiffres qui ne sont pas très bons sur la capacité des étudiants à accéder aux soins et à faire attention à leur santé. Et donc il y a des actions de prévention à mettre en oeuvre, il y a des actions de pouvoir d'achat à mettre en oeuvre sur le logement, on va en discuter et je suis heureux de pouvoir les rencontrer ce matin.

PATRICK COHEN
Et vous êtes attentif, j'imagine, au bon moral et à la bonne humeur des étudiants dans les universités, pour le climat social en général.

EDOUARD PHILIPPE
J'essaie, Monsieur COHEN d'être attentif à tout.

PATRICK COHEN
Demain ou après-demain demain, vous serez exclus du parti les Républicains, Edouard PHILIPPE, sans regret ?

EDOUARD PHILIPPE
Je trouve que vous laissez peu de suspense dans cette affaire. Vous avez l'impression de savoir comment ça va se passer.

PATRICK COHEN
Il y a un ultimatum qui vous a été donné d'une semaine et il expire demain.

EDOUARD PHILIPPE
Je n'ai jamais été très fan des ultimatums.

PATRICK COHEN
Vous avez répondu aux dirigeants Les Républicains ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, je n'ai pas de commentaire à faire sur le fonctionnement des organisations partisanes…

PATRICK COHEN
Donc pour répondre à ma question…

EDOUARD PHILIPPE
Non, mais j'ai été fondateur de ce parti, enfin de ce qu'il était quand il a été créé, j'étais premier directeur général avec Alain JUPPE à l'époque, l'idée était de faire un grand parti de la droite et des centres, avec une base politique très large. Je l'ai vu s'étioler au fur et à mesure des années, s'appauvrir autour d'une ligne idéologique de plus en plus à droite qui perdait d'abord le centre ensuite la droite modérée. Je l'ai vu être incapable de dire explicitement au soir du premier tour de l'élection présidentielle, qu'il fallait voter pour Emmanuel MACRON plutôt que pour Marine LE PEN et tourner autour du pot et tortiller dans tous les sens pour ne pas dire qu'il fallait voter pour Emmanuel MACRON. Je dois dire que ce jour-là, oui j'ai été un peu surpris par ce qu'était devenue cette formation politique et je la vois aujourd'hui critiquer des mesures qu'elle appelait de ses voeux parfois en des termes beaucoup plus durs, et il y a quelques mois, ça me laisse, je ne sais pas comment dire, rêveur.

PATRICK COHEN
Donc ça répond à ma question, c'est sans regret. Qu'est-ce que vous attendez pour adhérer à la République en Marche, Edouard PHILIPPE ?

EDOUARD PHILIPPE
Je vous dis, moi, je suis extrêmement consacré à ma tâche, tout le monde sait où je suis, j'ai pris…

PATRICK COHEN
Bruno LE MAIRE qui a annoncé son adhésion lui.

EDOUARD PHILIPPE
Non, ce n'est pas ce que je veux dire, mais enfin tout le monde a bien compris après l'élection présidentielle que le président de la République avait souhaité ouvrir quelque chose de neuf qui n'avait jamais été pratiqué, proposer à quelqu'un du camp d'en face d'être Premier ministre, lui demander de constituer un gouvernement avec des gens qui viendraient de la droite, d'autres qui viendraient de la gauche, d'autres qui viendraient du centre, d'autres qui viendrait d'ailleurs, constituer sur cette base et sur cette incarnation une majorité parlementaire extrêmement variée et extrêmement puissante, il y a là quelque chose qui n'a jamais été fait. Vous comprenez bien que les tergiversations internes des partis dans ces conditions m'intéressent assez peu.

PATRICK COHEN
Mais vous êtes le chef de la majorité, donc vous pourriez être…

EDOUARD PHILIPPE
Je vous le confirme et tout le monde sait où je suis, de ce point de vue là j'ai pris mes responsabilités, je l'ai fait dès, avant l'élection législative et les Français au moment de l'élection législative ont, me semble-t-il, par leur vote, indiqué qu'ils souhaitaient que cette recomposition de la vie politique puisse avancer et puisse produire des effets. Moi je suis totalement consacré à ça.

PATRICK COHEN
Vous n'aurez plus de parti demain. Vous n'aurez plus d'étiquette partisane.

EDOUARD PHILIPPE
J'aurai un engagement politique et l'engagement politique à mon avis vaut largement l'étiquette partisane.

PATRICK COHEN
Merci Edouard PHILIPPE, Premier ministre, d'être venu ce matin au micro d'Europe 1.

EDOUARD PHILIPPE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 octobre 2017

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