Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les archives diplomatiques, à Paris le 12 octobre 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les archives diplomatiques, à Paris le 12 octobre 2017.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Présentation de l'ouvrage «Dans les archives secrètes du Quai d'Orsay» , à Paris le 12 octobre 2017

ti :
Monsieur le Président, Cher Ami,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le directeur des archives diplomatiques,
Madame la directrice des éditions L'Iconoclaste,
Cher Maurice Vaïsse,
Mesdames et Messieurs, Chers Amis,


Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui au Quai d'Orsay pour vous présenter un ouvrage dont nous sommes particulièrement fiers.

Ce ministère est un concentré d'histoire, celle de l'État et de son action internationale, en particulier en faveur de la paix, de la justice, et du développement. C'est d'ailleurs la force de cette maison de pouvoir s'appuyer sur un patrimoine exceptionnel, matériel et immatériel, immobilier et bien sûr archivistique.

Dans ce patrimoine exceptionnel, les Archives diplomatiques occupent une place à part. Ce fonds, constitué à partir de 1680, même si le plus ancien document date du XIIIème siècle, documente l'histoire diplomatique moderne et contemporaine, du XVIème siècle à nos jours. Un chiffre donne la mesure de ce monument cyclopéen : ce sont aujourd'hui plus de 120 kilomètres linéaires d'archives qui sont conservées dans les deux centres de La Courneuve et de Nantes !

La diplomatie, c'est un certain usage du monde, en prise sur le présent et soucieux d'identifier les tendances, les dynamiques porteuses d'avenir. C'est ainsi que nos diplomates contribuent à la fonction d'analyse stratégique et de prospective de la France. Mais que serait la projection vers l'avenir sans la capacité de se souvenir, d'inscrire notre action dans une démarche de long terme ? Bien sûr, les crises et leur urgence sollicitent constamment notre vigilance et notre engagement. Mais, pour en comprendre la logique, la compagnie des historiens, de leur passion de l'archive, est nécessaire. Cher Maurice Vaïsse, je crois que vous ne me contredirez pas sur ce point.

Les archives donnent une profondeur historique à notre action diplomatique, et je tiens à rendre hommage ici au travail de la direction des archives diplomatiques, et notamment à son directeur Hervé Magro. Travailleurs de l'ombre, nos archivistes incarnent la mémoire et l'avenir de notre diplomatie, puisque nos fonds d'archives ne cessent de grandir, au fil de la correspondance de nos diplomates et de notre action dans le monde.

Les trésors des Archives diplomatiques ne se limitent pas aux documents déjà exceptionnels présentés ici. Je pense notamment aux 25.000 traités originaux, bilatéraux et multilatéraux, conclus par la France depuis le Moyen Âge. Cet ensemble remarquable, véritable mémoire de la puissance française, s'accroît d'ailleurs, au jour le jour, des nouveaux accords que nous signons et qui prennent place dans la Base des traités et accords de la France. Je pense aussi bien sûr à notre collection iconographique, qui est d'une valeur exceptionnelle avec près de 400.000 clichés. Sans oublier les papiers Richelieu, les manuscrits Saint-Simon, les papiers Bonaparte ou encore les archives Briand.

Je considère que mettre en valeur le patrimoine diplomatique, et notamment ces archives, revêt aujourd'hui une importance majeure, à laquelle je veux m'attacher. Notre diplomatie, qui s'adresse au monde, doit aussi s'adresser à nos concitoyens. C'est un exercice de transparence, mais aussi de conviction de ce que nous faisons. Le patrimoine a tout son rôle pour faire vivre ce lien qui rapproche les Français de leur diplomatie.

C'est le sens de notre participation aux Journée européennes du patrimoine, cette année encore. Et c'est le sens de cet ouvrage, publié par les éditions l'Iconoclaste.

Ce projet, lancé il y a un an et demi, répond à la demande sans cesse croissante du public de comprendre les relations internationales. Et il le fait avec une méthode originale : faire dialoguer les témoins de ces événements et une cinquantaine d'auteurs venus d'horizons différents, avec des personnalités comme Hélène Carrère d'Encausse ou Hubert Védrine, des diplomates, des historiens, des conservateurs du patrimoine, des journalistes.

Je tiens à saluer toute l'équipe du projet pour ce superbe résultat. Qu'ils en soient remerciés : les éditions L'Iconoclaste, bien entendu, les directeurs scientifiques, le professeur Vaïsse et Hervé Magro, ainsi que les équipes des archives diplomatiques, à La Courneuve et Nantes, et celles des «documents diplomatiques français» qui ont choisi ces archives parmi des milliers d'autres. Ce ne fut pas un travail facile, face à la masse vertigineuse des documents à consulter pour en extraire la «substantifique moelle», si vous me permettez cette reprise de Rabelais ! Je remercie également les auteurs des notices, qui ont bien voulu nous accompagner dans cette belle aventure et dont plusieurs sont parmi nous aujourd'hui.

Ce projet fait suite au très beau succès d'un premier ouvrage, Mémoires du monde, qui nous proposait un parcours du XVIème siècle à la fin de la Seconde guerre mondiale. Et je crois qu'il en appelle d'autres.

Désireux de faire rayonner notre diplomatie par toutes les voies qui s'offrent à elle, particulièrement attaché à la valorisation de notre patrimoine, je voudrais donc nous engager plus résolument dans cette voie.

Je suis très heureux, à cet égard, de vous annoncer le lancement, dans les prochaines semaines, de la «Bibliothèque diplomatie numérique». C'est un projet ambitieux, fruit d'un partenariat entre les Archives diplomatiques et la Bibliothèque nationale de France. À partir de la plateforme Gallica, l'objectif est de créer une plateforme de documents anciens numérisés (réunissant des livres, des manuscrits, des images, des cartes...) qui soit dédiée à la diplomatie et aux relations internationales. Nous présenterons, au moment de la mise en ligne, environ 500 documents issus de nos fonds, mais ils seront bientôt plusieurs milliers, provenant du Quai d'Orsay, de la BNF et d'autres institutions partenaires.

À ce propos, la politique éditoriale du Quai d'Orsay s'appuie de longue date sur la publication des Documents diplomatiques français, recueils de référence dont quatre nouveaux volumes sont parus en 2017. Je veux profiter de cette occasion pour saluer tous ceux qui y travaillent, sous la direction de Maurice Vaïsse. Ils favorisent ainsi, à destination des spécialistes, une meilleure connaissance de notre politique étrangère. D'autres publications sont également à venir, et je m'en réjouis.

Cette politique éditoriale a aussi vocation à s'adresser à un plus large public, désireux de comprendre les grands enjeux auxquels nous sommes confrontés, et de mieux percevoir le rôle de notre diplomatie. C'est tout le sens de la collaboration avec les éditions de l'Iconoclaste que nous célébrons aujourd'hui.

Au-delà de ces projets, je souhaite davantage valoriser, par le livre et notamment le beau-livre, le patrimoine exceptionnel du Quai d'Orsay. J'ai cité quelques exemples qui illustrent la valeur de nos fonds. Il y en a bien d'autres. Et je voudrais profiter de cette occasion pour inviter tous les éditeurs intéressés à se saisir de ce patrimoine ; nous serons heureux de les accompagner.

Je souhaite enfin initier une réflexion sur la manière dont le ministère peut, à travers sa direction des Archives, prendre une part peut-être plus active à ce travail éditorial, le cas échéant en entrant dans une logique de coéditions et en s'en donnant s'il le faut les moyens. En exprimant ma pleine confiance à Hervé Magro et son équipe, je les charge donc de cette réflexion, afin de me faire des propositions d'ici la fin de l'année.


Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Je suis heureux de partager ce moment de culture et d'histoire avec vous. Pour découvrir plus en détails ce bel ouvrage, je suis heureux de passer maintenant la parole à Sophie de Sivry.

Je vous remercie.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 octobre 2017

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