Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec LCI le 16 octobre 2017, sur la politique économique et sociale du gouvernement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, avec LCI le 16 octobre 2017, sur la politique économique et sociale du gouvernement.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, CRESPO-MARA Audrey.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances;

ti :


AUDREY CRESPO-MARA
Bonjour à tous, bonjour Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.

AUDREY CRESPO-MARA
Secrétaire d'Etat à l'Economie et proche d'Emmanuel MACRON, vous êtes ici pour nous dire qu'il a été formidable hier. Mais avant d'entrer dans le détail, vous êtes quand même prêt à reconnaître que le président n'a pas dit grand-chose de nouveau, si ce n'est croquignolesque ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il a redonné la perspective, il a redonné un horizon à l'action qui est conduite depuis maintenant plusieurs mois par le Premier ministre et par les membres du gouvernement, il a une parole rare – il n‘aime pas les présences bavardes, il voulait rompre avec cela...

AUDREY CRESPO-MARA
Il n'a pas dit grand-chose.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc il a hier redonné aussi le sens... Oui, mais vous savez quand on s'inscrit dans le temps long, il faut prendre le temps d'expliquer les choses, il faut prendre le temps de donner la perspective à l'action politique, ne pas être dans le commentaire quotidien, c'est ce qu'il a fait hier soir.

AUDREY CRESPO-MARA
Il y a une maîtrise des mots choisis : pas de bordel, pas de fainéant, pas d'illettré, pas de punchline à part : « je fais ce que je dis », en revanche : « je vous fiche mon billet » et du « c'est du croquinolesque », donc on aurait un retour à la présidence host school, all school un peu, la France Jean ROCHEFORT plutôt ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, vous le connaissez. Emmanuel MACRON n'a jamais caché son amour des lettres et de la littérature et, quand on aime la littérature, on emploie l'ensemble du registre que la littérature française offre - et c'était son cas hier - vous savez il ne faut pas s'attarder sur les mots qui peuvent être prononcés, je crois que ce que les Français ont aimé dans cette campagne française, ce qu'ils apprécient chez lui, c'est le caractère direct et franc des échanges qu'il peut avoir lorsqu'il est en déplacement, lorsqu'il rencontre des Français, je note d'ailleurs que quand il est en déplacement il voit des Français, qu'il n'y a pas de cordon sanitaire autour de lui et qu'il y a des échanges directs, c'est ça ce qui est à mon avis essentiel.

AUDREY CRESPO-MARA
Oui. Hier le président voulait corriger son image de président qui parle mal aux Français, de président des riches, de président qui appauvrit les étudiants et les retraités, vous pensez que ça a vraiment suffi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez-moi ce qui me frappe c'est ce qualitatif de président des riches, le mépris dont il serait porteur - le gouvernement d'ailleurs – ceux qui méprisent d'abord, ceux qui souffrent sont ceux qui pensent que c'est en faisant un chèque qu'on réglera la souffrance sociale dans ce pays, les questions du chômage ou autres.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous pensez à qui ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je pense à peu près à tous les partis de l'opposition qui ont toujours fait ça depuis 30 ans, à savoir qu'on fait un chèque aux gens, c'est ça le vrai mépris. Qu'est-ce que nous souhaitons faire ? Quel est le projet que nous portons ? Le projet de protection ça commence à l'école, c'est ce que fait Jean-Michel BLANQUER en divisant par deux le nombre d'élèves par classe dans les quartiers les plus compliqués, c'est la formation professionnelle en permettant aux salariés de se reformer pendant leur carrière professionnelle et non pas seulement à quelques cadres de grands groupes du CAC 40 de bénéficier de la formation professionnelle - c'est l'ensemble de ces protections-là – et c'est bien plus efficace et bien moins méprisant à l'égard des gens que de vouloir les former et de les protéger de cette manière-là, ça se fait sur le temps long mais c'est un temps indispensable.

AUDREY CRESPO-MARA
Il en a appelé à sa ville d'origine, Amiens, d'où vient une partie de sa famille, est-ce que c'est suffisant pour montrer qu'on est proche du peuple ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez Amiens moi j'ai été avec lui le 26 avril dernier dans l'entre-deux tours de l'élection présidentielle face à des salariés en colère...

AUDREY CRESPO-MARA
Sur le site de WHIRPOOL.

BENJAMIN GRIVEAUX
Sur le site de WHIRPOOL, et légitimement en colère, légitimement en colère, nous y sommes retournés il y a quelques jours et là – parce que l'Etat avait joué pleinement son rôle, parce qu'il y avait un repreneur localement qui investissait dans l'entreprise, parce que les salariés et l'intersyndicale ont été extrêmement responsables dans cette affaire – vous avez un site qui repart, comme quoi il n'y a pas de fatalisme, il n'y a pas de défaitisme. WHIRPOOL ça été la démonstration que quand la puissance publique joue son rôle, quand l'Etat joue son rôle et quand l'intersyndicale, quand les partenaires sociaux sont au rendez-vous, il n'y a pas de blocage et on arrive à trouver des solutions.

AUDREY CRESPO-MARA
Récemment quand Emmanuel MACRON s'est exprimé il a opposé un peu le système Whirlpool au système GM& S, Emmanuel MACRON se justifie, en met une couche à propos des fouteurs de bordel au sein de l'entreprise, il fustige à nouveau – je le cite : « ceux qui bloquent tout et se mêlent à des activistes violents » et les salariés de GM& S ils ont réagi à ses propos hier soir : « Emmanuel MACRON continue à nous stigmatiser », ils y voient un mépris de classe, que leur répondez-vous ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne suis pas certain qu'il s'adressait aux salariés de GM& S hier, ce dont je suis certain c'est que quand nous sommes arrivés aux affaires GM& S fermait avec 277 personnes sans emploi et plus d'usine - c'était terminé - il y avait zéro activité, pas de repreneur, pas de commande nouvelle, pas d'investissement, or en quelques mois, en quelques semaines avec Bruno LE MAIRE nous avons travaillé à trouver un repreneur, c'est le cas – monsieur MARTINEAU – à augmenter les carnets de commandes, c'est le cas – 22 millions de commandes – à investir 15 millions d'euros dans un site pour sauver 120 emplois, 120 sur 277 - ce n'est pas assez – mais, mais, mais...

AUDREY CRESPO-MARA
Et à ceux qui y voient un mépris de classe, vous répondez quoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, très franchement, ils sont dans la caricature, ils sont dans l'invective et ils sont dans la mousse médiatique, ça ne nous intéresse pas. Moi ce qui m'intéresse c'est d'avoir 120 emplois sécurisés aujourd'hui, peut-être quelques dizaines de plus quand l'activité aura repris son cours en intérim et puis de reconstruire un outil industriel pérenne sur le site de GM& S, c'est à La Souterraine, c'est dans la Creuse, si cette usine avait fermé c'est une ville entière qui tombait et donc – allez - laissons les propos de tribune à quelques syndicalistes, nous on travaille avec les salariés. Nous sommes allés...

AUDREY CRESPO-MARA
Pour vous, ce ne sont que des syndicalistes de GM& S qui...

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous sommes allés les rencontrer, nous sommes allés à la rencontre avec Bruno LE MAIRE - les syndicats étaient d'ailleurs absents du site - nous avons rencontré les salariés, lorsqu'Emmanuel MACRON s'est rendu à Egletons la semaine dernière j'ai proposé aux salariés de nous rencontrer, ils n'ont pas souhaité me rencontrer – pardon les représentants des salariés – je suis sûr que les salariés eux nous auraient rencontrés.

AUDREY CRESPO-MARA
Donc, vous avez des problèmes avec les syndicalistes et pas avec les salariés, ceux qui sont...

BENJAMIN GRIVEAUX
Pas de problèmes avec les syndicalistes, vous savez on parle avec les partenaires sociaux, j'ai rencontré ceux qui représentent NOKIA...

AUDREY CRESPO-MARA
Ceux-là en tout cas.

BENJAMIN GRIVEAUX
J'ai rencontré ceux de nombreuses entreprises, de l'entreprise TIM qui a été sauvée dans le nord dont on parle peu, Dunkerque, mais parce que nous avons affaire à des syndicalistes responsables, à des intersyndicales qui défendent les droits des salariés – et c'est leur rôle – et à l'Etat qui joue pleinement le sien.

AUDREY CRESPO-MARA
On le sait Emmanuel MACRON dit qu'il luttait contre l'ISF, est-ce que vous pensez qu'il a réussi à convaincre les Français les moins riches qui bénéficieront de ces mesures, est-ce que vous pensez que ça va suffire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, écoutez, dans ce pays est-ce qu'on pense sincèrement que c'est en taxant les plus riches qu'on aura moins de pauvres, quand vous avez moins de riches ça ne fait pas moins de pauvres à l'arrivée...

AUDREY CRESPO-MARA
Ça, c'était un tacle contre HOLLANDE hier soir.

BENJAMIN GRIVEAUX
En 10 ans on a perdu 10.000 de nos concitoyens qui sont partis à l'étranger, c'est 35 milliards d'euros d'actifs qui sont partis hors de France. Est-ce que c'est une bonne chose pour le pays ? Ma conviction c'est que c‘est mauvais pour notre pays ! Est-ce que la réforme engagée et donc la création d'un impôt sur la fortune immobilière permettra le retour des 10.000 ? Je ne sais pas ! Sans doute aurons-nous des personnes qui vont rentrer, en tout cas c'est le pari que nous faisons. Mais j'ai une certitude c'est que ça empêchera le départ de beaucoup, parce qu'il est anormal que les gens qui réussissent dans notre pays quand ils arrivent à avoir une activité florissante finissent toujours par franchir les frontières et par partir ailleurs. C'est un échec, ça ne fonctionne pas, ça fait 20 ou 30 ans que c'est un échec.

AUDREY CRESPO-MARA
Emmanuel MACRON souhaite qu'on juge la baisse du chômage dans un an et demi - deux ans, mais on n'a pas bien compris s'il maintenait l'objectif de passer de 9,5 % à 7 % d'ici à la fin du quinquennat, vous confirmez que cette promesse sera tenue ?

BENJAMIN GRIVEAUX
L'objectif de baisse sur le quinquennat du chômage est évidemment maintenu, tout ce qui est mis en place...

AUDREY CRESPO-MARA
A 7 % fin du quinquennat ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Tout ce qui est mis en place sur la formation professionnelle, sur l'investissement dans l'innovation, sur l'industrie de demain, l'industrie du futur, tous ces éléments-là n'ont qu'un objectif : faire baisser le chômage de masse, on est à 3,5 millions de chômeurs, ça fait 20 ans qu'il n'y a pas un taux de chômage de moins de 20 % chez les moins de 25 ans, il faut en finir avec ce mal français...

AUDREY CRESPO-MARA
Et quand il dit...

BENJAMIN GRIVEAUX
Et ce mal français nous en finirons dans le quinquennat, nous aurons une courbe qui s'inversera puisque c'est la formule consacrée par le prédécesseur...

AUDREY CRESPO-MARA
Ah ! Eh bien voilà.

BENJAMIN GRIVEAUX
Beaucoup de courbes ne se sont pas inversées, celle-là s'inversera c'est une certitude.

AUDREY CRESPO-MARA
Justement, quand il dit un an et demi – deux ans, on voit bien à qui il fait référence : « on ne juge pas un président sur un seul indicateur » a dit Emmanuel MACRON, c'est pour parer à l'effet Hollande qui avait promis l'inversion de la courbe du chômage sous un an, vous ne vous ferez pas avoir vous, c'est ça l'idée ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Pas question de se faire avoir ou pas, au fond nous faisons ça parce que nous considérons qu'il y a un mal absolu dans ce pays qui est que des gens ont une perte d'emploi et ils ne retrouvent pas d'emploi, vous avez un million de jeunes qui sont au chômage et un million de personnes qui sont en chômage de longue durée. On va investir 15 milliards d'euros pour rompre ce cercle terrible du chômage et de l'inactivité, c'est la mission qui nous est assignée à l'ensemble du gouvernement quel que soit le champ dans lequel on est, qu'on soit dans l'éducation, dans la formation professionnelle, l'enseignement supérieur, à l'économie notre objectif c'est de transformer l'économie de notre pays pour permettre la création d'emplois.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais le chômage il est sur une tendance à la baisse depuis deux ans, donc là on dit : « merci François HOLLANDE », c'est le résultat de la politique de François HOLLANDE, non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, écoutez, moi je ne suis pas là pour distribuer les bons points ou les mauvais points, ça ne m'intéresse pas, ce qui m'intéresse...

AUDREY CRESPO-MARA
Non, mais on a eu quelques tacles hier à François HOLLANDE hier soir ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui. Ce qui m'intéresse c'est de savoir et c'est de faire en sorte que le modèle économique français se transforme et de faire en sorte qu'on puisse à la fois libérer le marché du travail, mieux protéger les salariés et permettre aux entreprises d'embaucher - c'était la réforme du Code du travail – si ce Code du travail était efficace et de savoir : 1) protégeait les salariés ; 2) permettait aux entreprises de se développer, ça se saurait, il ne protégeait pas bien les salariés, il ne permettait pas aux entreprises de se développer, nous l'avons réformé, nous l'avons transformé, nous engageons demain les discussions au Parlement sur le budget, à nouveau un budget qui va permettre de libérer du capital pour le réinvestir dans l'économie française, les 3,5 milliards de baisse sur l'ISF ce n'est pas un cadeau aux riches, c'est de l'investissement dans nos PME, dans nos TPE dont je rappelle que ce sont elles qui font 90 % des embauches dans notre pays.

AUDREY CRESPO-MARA
Emmanuel MACRON a encore une fois critiqué la France sur sa jalousie envers les gens qui réussissent, sauf que cette fois si personne ne relève - comme si on commençait à s'habituer – donc, les français sont jaloux en plus d'être cyniques et fainéants c'est ça ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez-vous faites du raccourci, mais ça c'est...

AUDREY CRESPO-MARA
C'est un peu ça quand même ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez c'est le temps médiatique qui veut ça. Vous savez moi je crois que...

AUDREY CRESPO-MARA
Eh bien moi j'ai prononcé ce mot.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, mais on est dans un pays assez schizophrène où quand vous échouez vous n'avez pas de deuxième chance, c'est impossible. Vous montez une boite, la boite vit une période difficile pour une raison X ou Y, c'est très difficile d'aller - et vous déposez le bilan – c'est très difficile d'aller convaincre un banquier de se faire re-prêter de l'argent pour monter une boite - donc vous n'avez pas le droit d'échouer - et, quand vous réussissez, c'est suspect, c'est que vous avez du frauder à un moment ou à un autre, c'est que vous êtes quand même quelqu'un d'assez étrange. Donc, on n'a le droit ni d'échouer ni de réussir. Moi, dans mon pays, je veux qu'à la fin de ce quinquennat on ait le droit de pouvoir échouer et d'avoir une seconde chance, qu'on tende la main aux gens, qu'on les reforme, qu'on leur dise : « on se remet en selle », ceux qui ne prennent pas de risque ne se trompent jamais, ils n'échouent donc jamais, sans doute ne réussissent-ils pas non plus vraiment et, donc je veux qu'on puisse à la fin de ce quinquennat à la fois tendre la main vers ceux qui ont échoué et puis permettre à ceux qui ont réussi d'être les premiers de cordée qu'évoquait Emmanuel MACRON hier soir et d'emmener la cordée vers le haut.

AUDREY CRESPO-MARA
On sait qu'Emmanuel MACRON a demandé des fiches sur l'économie, la sécurité, le terrorisme, l'Europe, combien de fiches vous et Bruno LE MAIRE lui avez-vous livrées ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, ça c'est un secret de cuisine et donc on ne parle pas des secrets de cuisine.

AUDREY CRESPO-MARA
Ah ! Bon.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non.

AUDREY CRESPO-MARA
Beaucoup de fiches ?

BENJAMIN GRIVEAUX
On ne l'a jamais fait et donc nous ne commencerons pas à le faire.

AUDREY CRESPO-MARA
Le maître mot d'avant interview était le mot pédagogie, on avait bien compris qu'il s'agissait de savoir présenter des réformes de droite comme étant de gauche, vous pensez que ça a marché hier soir ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, j'entends ce procès qui est fait en permanence, mais parce qu'on essaie de nous remettre dans le jeu d'avant, en disant : « ça, ça doit être de gauche, ça c'est de droite » moi je ne sais pas si quand on va entamer les discussions sur l'assurance-chômage pour tous c'est de gauche ou c'est de droite. Ce dont je suis sûr c'est que le chômage est un mal collectif et qu'il faut une assurance universelle pour protéger les gens contre le chômage ; ce que je sais... est-ce que quand on va former et faire en sorte que la formation professionnelle s'adresse à ceux qui en ont vraiment besoin et pas à ceux qui ont déjà un capital formation, est-ce que c'est de gauche ou de droite ? Est-ce que quand le chômage baissera c'est de gauche ou de droite ? Tout ça ne m'intéresse pas ! Ce que je veux c'est une politique efficace qui transforme le pays et qui permette de régler des problèmes que la France n'a pas réglé depuis 30 ans, c'est ce à quoi nous nous attelons, nous laissons les commentateurs de gauche et de droite nous mettre dans les cases de gauche et de droite. Mais il y a une chose, Audrey CRESPO-MARA, c'est que...

AUDREY CRESPO-MARA
Il n'y a pas que les commentateurs, vous savez très bien que les gens les plus modestes ils pensent que vous faites une politique de droite, ce n'est pas les commentateurs ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, non, ça je vais vous dire ce n'est pas ce qu'on me dit dans la rue.

AUDREY CRESPO-MARA
Ah ! Bon.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais j'ai une conviction c'est que quand la gauche dit que vous êtes de droite et la droite dit que vous êtes de gauche c'est qu'on doit être dans le vrai.

AUDREY CRESPO-MARA
Emmanuel MACRON a engagé des démarches pour retirer sa légion d'honneur à André VENSTEIN, l'affaire a libéré la parole sur le harcèlement – on l'a vu il y a un hashtag sur Twitter qui est né – c'est balancetonporc, des milliers de femmes racontent ce qu'elles ont pu vivre. En tant qu'homme, est-ce que vous ne redoutez pas que ça aille trop loin dans la délation ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Manifestement il y avait une parole qui était empêchée, pour des raisons culturelles, pour des raisons sociales, qu'on puisse libérer la parole... je rappelle qu'il y a un numéro, le 39.19, pour les violences faites aux femmes où il y a une écoute, où il y a une attention. Est-ce que ce hashtag balancetonporc va permettre de libérer la parole et peut-être d'arriver à l'étape d'après qui est la délation ? Il faut toujours être dans un rapport équilibré à cela, mais il faut trouver les voies et moyens et il faut les mettre en valeur pour permettre aux femmes qui sont victimes de violences, qui sont victimes d'agressions que ce soit sur le lieu de travail, dans leur famille...

AUDREY CRESPO-MARA
Dans les transports.

BENJAMIN GRIVEAUX
Dans leur environnement amical, dans les transports – dont je rappelle que 90 % des femmes en Ile-de-France disent avoir déjà été victimes de violences ou d'agressions, en tout cas de comportements déplacés dans les transports – eh bien ça il faut que la parole puisse se libérer, qu'il y ait des lieux où les choses puissent se dire. Je ne suis pas certain que ça se fasse tout sur Twitter, en tout cas il y a seulement six millions de comptes Twitter en France dont 600.000 actifs, donc je ne suis pas certain que ce soit là que les femmes qui en ont vraiment besoin puissent faire part de leurs mésaventures.

AUDREY CRESPO-MARA
Tous les matins je pose une question récurrente, « la question off mais devant les caméras ». On dit qu'Emmanuel MACRON n'a pas aimé votre ambition assumée de vouloir conquérir la mairie de Paris en 2020, est-ce qu'il vous en veut toujours, est-ce que ça va mieux ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, je l'ai démenti six fois, donc je vais le démentir...

AUDREY CRESPO-MARA
Allez ! Sept.

BENJAMIN GRIVEAUX
Une septième fois, je ne sais pas quoi vous dire d'autre.

AUDREY CRESPO-MARA
Sept, c'est-à-dire votre ambition ou le fait qu'Emmanuel MACRON ait mal l'interpréter ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mon ambition, ça fait sept fois, six fois, qu'on me pose la question depuis un mois et donc je n'ai pas l'habitude de commenter les commentaires des commentateurs - vous savez ceux nourrissent leur ambition politique par les déjeuners off avec les journalistes – ça fait six fois que je l'ai démenti, c'est donc la septième fois Audrey CRESPO-MARA, merci beaucoup de me donner cette occasion, j'espère que ce sera la dernière, parce que je ne crois pas que ça intéresse une seconde les gens qui nous écoutent...

AUDREY CRESPO-MARA
Ca ce n'est pas sûr.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ca ne les intéresse sans doute pas une seconde, parlons des choses qui intéressent les Français.

AUDREY CRESPO-MARO
Vous qui êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, vous espérez mieux d'ici quand, d'ici combien de temps ?

BENJAMIN GRIVEAUX
J'espère que le pays ira mieux rapidement.

AUDREY CRESPO MARA
Merci beaucoup Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 octobre 2017

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