Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à Public Sénat le 24 octobre 2017, sur les travailleurs détachés, la politique fiscale et sociale et la présidence de LREM. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à Public Sénat le 24 octobre 2017, sur les travailleurs détachés, la politique fiscale et sociale et la présidence de LREM.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvvernement;

ti : CYRIL VIGUIER
Bonjour à ceux qui nous rejoignent, re-bonjour à ceux qui ont suivi cette matinale d'info depuis 07h30. L'invité politique ce matin, c'est Christophe CASTANER, bonjour.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
On est ravi de vous accueillir. Ministre, vous veniez dans cette matinale, vous ne l'étiez pas, vous êtes secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, et porte-parole du gouvernement. Pour vous interroger, à mes côtés ce matin, Michaël SZAMES, le rédacteur en chef de Public Sénat. Bonjour.

MICHAËL SZAMES
Bonjour à tous.

CYRIL VIGUIER
Et Hervé FAVRE, de La Voix du Nord.

HERVE FAVRE
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Christophe CASTANER, cette émission sera retransmis sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale ce matin, les télés locales de France, les Indés Radios, nos 130 partenaires sur tout le territoire, et TV5 Monde ce week-end. Voilà, l'Union européenne est parvenue cette nuit à un accord sur les travailleurs détachés. Ces contrats seront désormais étendus jusqu'à dix-huit mois. Est-ce que la France a réussi, là, un passage en force, selon vous ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, il ne s'agit pas d'un passage en force, ce n'est pas la victoire d'un pays, la France ou l'Allemagne, nous étions ensemble, contre les autres. Il s'agit, je crois, d'une victoire pour le droit des travailleurs, pour la lutte contre le dumping fiscal. Mais il s'agit aussi de la victoire d'une méthode ; il y a certains qui ont utilisé les travailleurs…

CYRIL VIGUIER
La méthode de MACRON, vous voulez dire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, eh bien, oui, certains ont utilisé les travailleurs détachés, y compris pendant toute la campagne pour dire : ah, l'Europe, l'Europe, l'Europe. La réalité, c'est quoi, c'est que, Emmanuel MACRON a dit : je ferai changer le statut des travailleurs détachés pour protéger les travailleurs, tous les travailleurs, mais aussi les travailleurs français. Et donc il y a eu plusieurs mois d'actives négociations, la tournée qu'il a faite à la fin de l'été dans les pays européens, des moments de tension, notamment avec la Pologne, mais aujourd'hui, un accord, mais un accord pour tous, un accord pour l'Europe.

HERVE FAVRE
Christophe CASTANER, bon, vous savez qu'en France, on a toujours un peu tendance à voir le verre à moitié vide, mais est-ce que ce n‘est pas un problème quand même que le transport routier, qui est un des gros secteur concernés, soit mis de côté dans cet accord, est-ce que ça peut encore changer ?

CHRISTOPHE CASTANER
Commençons effectivement par saluer le verre globalement bien rempli. Mais vous avez raison, le paquet transport fait l'objet d'une négociation en parallèle, elle n'est pas close, et nous l'abordons avec Elisabeth BORNE, avec Muriel PENICAUD, sur la même base que celle des travailleurs détachés, celle qui consiste à garantir les droits fondamentaux au salaire, et non pas au salaire minimum, mais au salaire égal, en fonction de la profession, les salaires peuvent être différents, avec des charges payées dans le pays d'origine et des garanties pour cela, mais aussi, un vrai système de lutte contre toutes les fraudes, parce que les fraudes peuvent exister. Et donc ça fait partie aussi de l'élément d'accord. Nous reproduirons la même démarche pour le paquet transport.

MICHAËL SZAMES
Je vous ramène à l'Assemblée nationale, donc en France et à Paris, l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale va être examiné à partir d'aujourd'hui donc à l'Assemblée. Plusieurs points, que répondez-vous d'abord à la droite, à la gauche, qui disent qu'avec la hausse de la CSG, ce sont les retraités qui sont les malmenés ?

CHRISTOPHE CASTANER
Or, ce n'est pas le cas, mais là encore, on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. D'abord, ce sont tous les salariés de France, tous, qui vont connaître à la fin du mois de janvier une forte augmentation de leur salaire, ce qui comptait pour nous, c'était effectivement que le travail paie dans ce pays. Et donc vous avez d'un côté une baisse de charges, de l'autre, parce qu'on est à euros constants, il ne s'agit pas d'une recette supplémentaire, une augmentation de CSG, et la CSG a une assiette beaucoup plus large, et il se trouve que les retraités ont un taux de CSG réduit par rapport aux travailleurs. Et pour 60 % d'entre eux – vous avez raison – il y aura une augmentation à la fin du mois de janvier, il nous faut l'assumer, de 1,7 %...

MICHAËL SZAMES
Ils devront faire un effort…

CHRISTOPHE CASTANER
Et pour beaucoup d'entre eux, cette augmentation sera compensée par la baisse de la taxe d'habitation, immédiatement, dès l'année prochaine, et dans trois ans, quand nous aurons supprimé la totalité de la taxe d'habitation, près de 80 % d'entre eux se retrouveront gagnants dans cette réforme.

HERVE FAVRE
Et alors, on voit réapparaître le débat sur les allocations familiales, l'universalité ou non. D'abord, quelle est votre position sur cette question, et est-ce que, elle se sera tranchée au cours de cette discussion budgétaire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non. L'objectif est que la discussion soit ouverte maintenant pour travailler l'année prochaine, mais il n'y aura pas – c'est la volonté du gouvernement – de modification sur les allocations dans ce PLFSS. Mais la question mérite d'être posée. Est-ce quand vous avez 7.500 euros de revenus mensuels, on pense que c'est essentiel de toucher un peu moins de 50 euros d'allocations ?

HERVE FAVRE
Mais François HOLLANDE a déjà touché à l'universalité, puisque, aujourd'hui, il y a des plafonds…

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, avec un double plafond…

HERVE FAVRE
Est-ce qu'il faut aller plus loin ?

CHRISTOPHE CASTANER
Et aujourd'hui, il faut évaluer cela, et la discussion doit être ouverte. Nous ne sommes pas fermés à cette discussion, mais il ne faut pas le faire dans la précipitation, avec un amendement dans un PLFSS. C'est le débat sur la famille qui doit être posé, et ce n'est pas une mesure d'économie budgétaire. Et donc il ne faut pas l'appréhender comme cela, nous souhaitons qu'il y ait un débat, un débat pour encourager aussi les familles, il ne faut pas que ce soit un mauvais signe. Depuis quatre ans, nous avons une baisse de la natalité en France, c'est une difficulté. Et donc ça fait partie des données que nous voulons intégrer dans notre réflexion globale.

MICHAËL SZAMES
Qu'est-ce que vous allez faire du tiers-payant généralisé, est-ce qu'il aura lieu comme c'était prévu, comme annoncé par le président de la République ou est-ce qu'il est… on va dire, allez, reporté sine die ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, la ministre l'a annoncé ce week-end, normalement, effectivement, une loi avait prévu qu'il soit applicable à tous au 1er novembre, sauf que nous ne sommes pas en mesure, les médecins de France ne sont pas en mesure, les 500 mutuelles qui aujourd'hui interviennent ne sont pas en mesure. C‘est toute la difficulté de faire une loi d'annonce et de ne pas forcément mettre en oeuvre l'ensemble des moyens derrière.

MICHAËL SZAMES
Vous pensez à qui, là, une loi d'annonce sans mettre les moyens derrière ? C'est le quinquennat précédent ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est une loi que j'ai votée. Et donc du coup, je ne cherche pas à trouver tel ou tel responsable. Mais le fait est que nous ne sommes pas en mesure, l'Inspection générale qui a été sollicitée sur le sujet le montre. Par contre, ce que nous voulons, c'est maintenir le principe et l'engagement du président de la République, c'est sur le tiers-payant généralisable, c'est intervenir le plus vite possible pour ceux qui l'ont déjà, le conforter, et élargir l'assiette pour les plus fragiles, pour celles et ceux pour qui le paiement du tiers-payant est un frein aux soins. Et donc nous devons trouver des solutions, nous allons le faire très vite ce sujet, et ensuite, nous gardons cet objectif du tiers-payant généralisable à tous, mais il ne faut pas non plus que ce soit une charge technique, insurmontable pour les médecins, et une contrainte supplémentaire. Nous ne sommes pas techniquement en mesure de le faire, c'est la réalité de la Sécurité sociale avec les mutuelles, il n'y a pas aujourd'hui d'accord de convergences, pour les pharmaciens où ça marche, il a fallu de longues années. Et donc nous allons utiliser les quelques mois qui viennent pour définir une méthode, l'objectif reste le même : le tiers-payant généralisable, mais il ne faut pas se contenter d'effet d'annonce, il faut que ce soit réalisable, facile et que ce ne soit pas demain une source d'ennuis et de fuites supplémentaires pour les médecins, fuites supplémentaires du territoire.

MICHAËL SZAMES
Oui, oui, bien entendu, mais sur le budget notamment, peut-être, avec Hervé, on se posait la question en préparant cette émission, vous allez – il y a cette fameuse taxe de dix milliards sur les dividendes qui va arriver, le budget va être voté aujourd'hui, est-ce que votre budget, finalement, il n'est pas déjà caduc ?

CHRISTOPHE CASTANER
On a cette difficulté d'une décision qui est tombée il y a peu du Conseil constitutionnel, qui a annulé cette taxe créée en 2012…

MICHAËL SZAMES
Le budget est plombé finalement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, il nous faudra de toute façon un PLFSR d'ici la fin de l'année, il nous faudra intégrer cela.

HERVE FAVRE
Un projet de loi de Finances rectificative ?

MICHAËL SZAMES
Un projet de loi financier ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

HERVE FAVRE
Rectificatif...

CYRIL VIGUIER
Pas trop technique…

MICHAËL SZAMES
Avant la fin de l'année ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'ici la fin de l'année pour appréhender cette difficulté-là, après, juste, rappelons pour nos auditeurs ce dont on parle, on parle d'une taxe créée en 2012, qui a été annulée, je dirais presque à plusieurs reprises, et qui, d'une part…

HERVE FAVRE
Bruno LE MAIRE parle de scandale d'Etat, c'est quand même des mots très forts, on se demande qu'est-ce qui se passe après, une fois qu'on a fait cette accusation ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais vous savez, dix milliards, ce n'est pas rien…

MICHAËL SZAMES
C'est pour ça qu'on vous pose la question !

CHRISTOPHE CASTANER
Une faute technique à 250 euros à la fin du mois, pour beaucoup, c'est déjà un souci. Là, c'est quand même dix milliards, avec une double faute, d'une part, la faute juridique à ce moment-là, mais surtout, de ne pas avoir depuis provisionné cette somme. Nous savions, la France savait qu'elle allait être condamnée, est-ce que dans le budget 2016, dans le budget 2017, on a prévu le remboursement de ces sommes ? Non. Rien. Donc effectivement, non seulement, la Cour des comptes avait parlé d'insincérité budgétaire pour 2017, avec un trou qui allait entre 4,5 et 7 milliards d'euros, mais vous rajoutez dix milliards. Donc oui, il est important, et Bruno LE MAIRE a demandé une inspection générale de ses services pour voir s'il y avait eu des notes, s'il y avait eu des informations…

MICHAËL SZAMES
Et c'est tout ?

MICHAËL SZAMES
Une demande d'inspection générale, et c'est tout ?

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, on ne va pas sanctionner avant de savoir. Je pense que, vous savez, une inspection, c'est un peu comme dans une enquête policière, vous faites d'abord l'enquête avant de décider s'il y a des sanctions sur le sujet, mais notre vraie priorité…

MICHAËL SZAMES
Les 3 %, vous maintenez l'objectif des 3 % ou pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
Notre vraie priorité, c'est effectivement de maintenir l'objectif des 3 %, et c'est surtout...

MICHAËL SZAMES
Il sera maintenu ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais, même, d'aller au-delà des 3 %, je rappelle que dans le PLF, on va au-delà des 3 %, mais en plus, c'est de toute façon de rembourser ce que nous devons, il y a une négociation, sous l'autorité de Bruno LE MAIRE, avec les entreprises, parce que vous savez, c'est quand même dingue ce qu'on vit, on est en train de nous expliquer que l'ISF, c'est un scandale d'avoir supprimé la part qui va demain s'investir dans les entreprises, alors même qu'au même moment, c'est 4 fois, 5 fois les mêmes montants qu'il nous faut trouver.

MICHAËL SZAMES
Donc qui va payer ? Les entreprises, les grandes entreprises ? Vous demandez, ce matin, au MEDEF, aux grandes entreprises, de mettre la main à la poche ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est la discussion qui est en cours avec Bruno LE MAIRE, et, effectivement, moi, j'en appelle à la responsabilité de chacun, il nous faut, et en particulier des grandes entreprises, il nous faut trouver un chemin d'accord, moi, je fais confiance à la fois aux grandes entreprises et à la fois Bruno LE MAIRE pour conduire cette discussion.

CYRIL VIGUIER
C'est Christophe CASTANER, le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, le porte-parole du gouvernement, qui est notre invité politique ce matin. Christophe CASTANER, le Premier ministre va être exclu sans doute de sa famille politique ce soir lors d'un bureau politique, avec deux ministres du gouvernement de LR. Vous êtes proche d'Edouard PHILIPPE, vous lui dites quoi : viens prendre ta carte de La République En Marche ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bon, d'abord, moi, je n'ai pas à commenter les décisions du parti Les Républicains, je trouve que la chasse à l'homme n'est jamais une bonne façon de faire de la politique…

CYRIL VIGUIER
Bon, le positionnement du Premier ministre alors ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ensuite, eh bien, le positionnement du Premier ministre, il est qu'il est le patron de la majorité gouvernementale, et dans la majorité gouvernementale, vous avez des gens qui viennent du MoDem, de gens qui viennent de La République en Marche, des gens qui viennent de la société civile. Le Premier ministre, il est cet assemblier-là. Donc peu importe la carte du parti qu'il a…

CYRIL VIGUIER
Il doit prendre la carte d'un parti, un Premier ministre sous la 5ème République doit s'engager dans un parti politique, être militant ?

CHRISTOPHE CASTANER
A mon sens, vous savez, le premier marqueur de ce gouvernement et le choix politique qu'a fait Emmanuel MACRON, c'est le dépassement politique, et donc, ce n'est pas forcément de renvoyer à tel ou tel parti et de ne pas chercher à enfermer des hommes de la qualité d'Edouard PHILIPPE dans une case, la case étant liée à son appartenance ou pas à un parti politique ; il a fait un choix, il a fait un choix politique courageux, il mène une politique ambitieuse, nous sommes à ses côtés pour cela, qui correspond aux contrats passés par Emmanuel MACRON avec les Français, et son parti et lui oppose de la petite politique politicienne…

MICHAËL SZAMES
Il est victime d'une chasse à l'homme ?

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, manifestement, il aurait trahi, il aurait trahi quoi ? Les idées ? Non, ce n'est pas le débat, il aurait trahi la carte…

HERVE FAVRE
D'ailleurs, Sébastien LECORNU dit : je ne vois pas pourquoi je serais plus puisqu'on fait une politique de droite.

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, oui, sur certains sujets, mais c'est tout l'enjeu du dépassement, sur certains sujets, nous menons une politique de droite, dans l'ancien système, on considérait que c'était de droite par exemple sur l'ISF, l'ISF, c'est l'exemple type du tabou, vous êtes de droite, vous le critiquez, mais vous ne le réformez pas, vous êtes de gauche, vous dites : c'est formidable, et plus je prends aux riches, et mieux la France va se porter. Dans les deux cas, ils se sont plantés. Donc, ce que nous menons aujourd'hui, ce n'est pas la suppression de l'ISF, mais c'est le fait de sortir tout ce qui est actif, qui peut s'investir dans l'entreprise pour renforcer notre économie, mais de maintenir un impôt sur la rente, celui des propriétaires immobiliers, donc vous voyez, finalement, on est un peu de droite, un peu de gauche, mais surtout, on fait ce sur quoi on nous a demandé de travailler, ce sur quoi Emmanuel MACRON a été élu.

MICHAËL SZAMES
Christophe CASTANER, on parlait de La République En Marche, votre nom est largement cité pour en prendre la présidence d'ici peu de temps, le 18 novembre prochain. Ce matin, vous pouvez nous dire : est-ce que ça vous intéresse ou pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est passionnant, vous imaginez il faut construire un nouveau mouvement politique qui va rassembler le plus grand nombre d'acteurs qui sont engagés dans le mouvement en France. Donc moi, je trouve ça absolument passionnant, par contre, c'est un mouvement qui…

MICHAËL SZAMES
Donc oui, ça vous intéresse ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr que ça m'intéresse, mais c'est un mouvement qui est un mouvement collectif, un mouvement collectif implique que les décisions se prennent à plusieurs, se prennent avec les fondateurs, avec celles et ceux qui aujourd'hui sont dans le mouvement, et donc, nous parlons actuellement, il y a diverses personnalités qui sont susceptibles d'en prendre la tête, j'en fais partie…

CYRIL VIGUIER
Le président de la République est impliqué dans ce choix ?

MICHAËL SZAMES
Il paraît qu'il doit prendre sa décision cette semaine…

CYRIL VIGUIER
Est-ce que le président de la République doit vous encourager ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, ce n'est pas le président de la République qui va prendre cette décision, je vous le dis, c'est un collectif, mais évidemment que nous sollicitons l'avis d'Emmanuel MACRON, nous discutons avec lui, et nous prendrons notre décision tous ensemble, savoir qui, dans les historiques de La République En Marche, sera candidat, dans…

MICHAËL SZAMES
Parce qu'on en parlait avec Benjamin GRIVEAUX…

HERVE FAVRE
Est-ce que les militants auront leur mot à dire dans ce choix ?

CHRISTOPHE CASTANER
En fait, les statuts prévoient un double vote, c'est d'abord un conseil national qui se réunira le 18 novembre à Lyon qui va désigner un bureau exécutif, et évidemment, nous assumerons le fait qu'il y ait un candidat pour le poste de délégué général…

HERVE FAVRE
C'est une démocratie indirecte ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais les statuts de La République En Marche prévoient effectivement cela, mais vous savez, la démocratie indirecte prévoit aussi que 25 % de ceux qui siègent au conseil national sont tirés au sort parmi les militants, ils ont postulé, ils ont été tirés au sort dans leur diversité, c'est aussi pour inventer une nouvelle façon, mais, ce qui compte pour nous, c'est de ne pas avoir ce mouvement politique comme une structure pyramidale, c'est d'avoir vraiment quelque chose comme transversal, quelque chose qui ne ressemble à aucun parti.

CYRIL VIGUIER
Ça serait incompatible avec une présence au gouvernement ou pas, selon vous ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il n'y a pas d'usage sur cette question, c'est une fonction bénévole, celle de délégué général, et donc, de toute façon, celui ou celle qui en prendra la responsabilité aura d'autres activités.

CYRIL VIGUIER
D'accord, vous pourriez rester au gouvernement dans ce cas-là.

CHRISTOPHE CASTANER
La question ne se pose pas à l'heure qu'il est pour ce qui me concerne, non seulement, parce qu'il faut être élu, et ensuite, s'il y en a un qui ne fait pas le gouvernement dans cette salle, c'est moi, le gouvernement est fait par le Premier ministre…

CYRIL VIGUIER
On l'avait bien compris…

CHRISTOPHE CASTANER
Et le président de la République.

MICHAËL SZAMES
Question au ministre en charge des Relations avec le Parlement. Demain, le Premier ministre doit annoncer un plan pour encadrer le fameux CETA, vous savez, c'est le traité de libre-échange économique entre l'Europe et le Canada. Quand aura lieu ce vote au Parlement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, ça n'est pas arrêté, mais demain, l'ensemble des ministres concernés répondront à toutes les questions à la presse, après le Conseil des ministres…

MICHAËL SZAMES
Vous êtes en charge des Relations avec le Parlement, vous devez le savoir ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais traditionnellement… oui, mais je ne veux pas non plus parler toujours au nom de…

MICHAËL SZAMES
Alors, un ordre d'idée, une fourchette…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, non, mais juste, je vous invite demain après le Conseil des ministres, là où traditionnellement, je fais le point presse, je serai accompagné de tous les ministres concernés, ils répondront à toutes vos questions.

MICHAËL SZAMES
Alors, je prends la question différemment, il y a de nombreux parlementaires…

CHRISTOPHE CASTANER
Mais je risque de répondre de la même façon…

MICHAËL SZAMES
On verra bien, je tente le coup. Il y a de nombreux parlementaires de La République En Marche qui vous demandent la réécriture du texte et d'incorporer dedans un certain nombre de choses, comme le veto climatique ou le moratoire sur les OGM, êtes-vous certain aujourd'hui d'avoir la majorité pour ce vote s'il devait avoir lieu au Parlement, dans votre majorité ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que nous aurons effectivement la majorité si nous sommes capables de répondre à toutes les inquiétudes que soulève ce texte, c'est tout l'enjeu de ce que les ministres présenteront demain en Conseil des ministres, que nous présenterons dans la foulée à la presse. Mais il faut garantir, il faut des garanties, et il faut sortir de ce système où effectivement la Commission européenne peut négocier des traités particulièrement importants dans une forme d'opacité, et encore, on est sur un sujet qui a fait l'objet de vote, de présentation, et qui est renvoyé aux Parlements nationaux, le vrai risque, ce serait demain d'imaginer qu'on ait des accords que commerciaux, mais avec des conséquences lourdes sur notre quotidien, sur notre économie, qui soient négociés sans forcément que les Parlements européens et le Parlement français soient consultés, nous y sommes hostiles. Et donc ce qui compte aujourd'hui pour nous, c'est plus de transparence, et chaque fois que c'est nécessaire, la ratification par le Parlement.

HERVE FAVRE
Christophe CASTANER, je voudrais revenir sur un débat qui a beaucoup agité le monde politique ces dernières semaines avec le harcèlement sexuel, une campagne sur Twitter de dénonciation, il se trouve qu'un député de La République En Marche est gravement mis en cause, est-ce qu'il doit aujourd'hui se mettre en retrait, en congé du Parlement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je veux d'abord vous faire une réponse de principe, un ministre n'a pas vocation à se prononcer sur le statut d'un parlementaire, ou sinon, ce serait un peu trop facile pour le gouvernement de choisir les parlementaires avec lesquels il travaille, ensuite, je crois qu'il est essentiel que la parole se libère, mais il est essentiel aussi de respecter les procédures dans ce pays, la parole ne vaut pas condamnation. Il y a deux plaintes, celle de la requérante, qui dit : j'ai un problème avec ce député, et je ne la mets surtout pas en cause, mais il y a aussi celle du député, qui dit : j'ai porté plainte pour diffamation, donc il faut faire attention. Il faut qu'une parole se libère, mais il faut aussi que la justice en France soit prononcée par ceux qui sont en charge de la justice, le plus vite possible, et dans le cas particulier, le plus vite possible.

MICHAEL SZAMES
C'est ça. Elle doit se saisir le plus possible sur ce cas notamment.

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr, vu qu'il y a une plainte. Il faut voir dans quelle mesure elle est instruite. Il y a une mise en examen, une mise en cause. Si vous n'avez pas de mise en cause, c'est quand même un vrai débat qu'on doit avoir entre nous. A un moment donné, on peut tous imaginer que le simple fait de dénoncer – et je ne parle pas… Je sors totalement de la situation des abus et du non-respect fait aux femmes – le simple fait de dénoncer vaut mise en cause et donc retrait de la vie politique, retrait de la vie journalistique, retrait d'un responsable chef d'entreprise au motif qu'ils ont été mis en cause. Il faut respecter quand même un certain nombre d'échéances et un principe : celui de la présomption d'innocence. Mais dans tous les cas, il ne faut pas que ça empêche la parole de se libérer. Ce qui se passe en ce moment est majeur. Les femmes subissent au quotidien des atteintes à leur dignité qui sont totalement inacceptables, et cette parole qui se libère est une très bonne chose.

CYRIL VIGUIER
Christophe CASTANER, vous venez du Parti socialiste. Un plan social est annoncé, la maison Solferino est quasi en ruine. Est-ce que ça vous attriste, vous, de voir votre ancienne famille politique dans cet état presque financier, je dirais, avant d'être dans un état politique ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, ça m'attriste parce que ça fait partie de mon ADN. Moi je reste un homme de gauche, je reste attaché au Parti socialiste. Ensuite, je crois que le Parti socialiste n'a pas su trancher les deux lignes qui le séparaient, qui le fracturaient depuis longtemps.

HERVE FAVRE
Est-ce qu'il a encore sa place dans le paysage politique ? Est-ce que Emmanuel MACRON ne l'a pas chassé du paysage finalement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non. Vous savez, le seul mouvement politique contre lequel Emmanuel MACRON s'est battu, c'est le Front national. Quand il a lancé son engagement politique, c'était le 12 juillet l'année dernière, il avait relevé un défi que personne ne croyait atteignable ; celui de dire : « Je refuse que le Front national soit le premier parti de France au soir du premier tour. » Il a fait en sorte qu'il ne soit pas le premier parti et, ensuite, il l'a défait, notamment dans le débat de l'entre-deux-tours et on voit la difficulté aujourd'hui du Front national. Ensuite, nous respectons tous nos adversaires politiques s'ils se posent comme des adversaires politiques, de la France Insoumise au Parti communiste, au Parti socialiste comme aux Républicains. Mais il ne nous appartient pas de juger ce qui est bien ou pas, ce qui fonctionne ou pas. Je crois que le Parti socialiste a besoin à la fois de trouver une ligne politique claire. Or aujourd'hui, la seule ligne, c'est celle de la critique d'Emmanuel MACRON.

CYRIL VIGUIER
Christophe CASTANER, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, était l'invité politique de Territoires d'info. Merci à vous.

CHRISTOPHE CASTANER
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 octobre 2017

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