Conférence de presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur la libération de Raqqa en Syrie et sur la situation en Catalogne, à Madrid le 20 octobre 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur la libération de Raqqa en Syrie et sur la situation en Catalogne, à Madrid le 20 octobre 2017.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Déplacement en Espagne, le 20 octobre 2017

ti :

* Espagne - Lutte contre le terrorisme - Syrie - Chute de Raqqa

(...)

Q - Monsieur le Ministre, une première question sur Raqqa, je voudrais savoir si la chute de Raqqa fait entrer la lutte contre Daech dans une nouvelle phase, dans une nouvelle dimension et quelle est-elle ? (...)

R - Sur la question de Raqqa, je voudrais d'abord vous dire que j'ai été très ému de cette victoire. C'est une victoire qui ne s'est pas encore affirmée définitivement mais qui est en cours. Parce que chacun sait que c'est de Raqqa que sont venus les ordres, les décisions, les acteurs des attentats qui ont eu lieu en France et que c'est à ce moment-là que la coalition, sur notre demande, c'était singulièrement le cas dans une réunion de janvier 2016 qui avait été organisée à Paris, en présence du ministre de la défense espagnol d'ailleurs, que la coalition avait décidé de faire aussi de Raqqa un objectif majeur, comme de Mossoul.

Donc la chute de Daech à Raqqa est un événement important, d'une certaine manière les crimes du Bataclan, pour résumer, ne sont donc pas impunis. Et je pense d'abord aux familles de ces victimes, comme j'ai pu penser aux familles des victimes de l'attentat de Barcelone. C'était plus tard mais je me suis aussi rendu à Barcelone au cours de l'été dernier.

Mais bon, ensuite, il faut considérer que l'après Daech a commencé et il faut donc identifier maintenant les forums, le forum de préparation de la transition politique, de la solution politique d'une Syrie que nous voulons unifiée et non pas disloquée. Nous sommes dans cette phase-là, elle commence maintenant, il faut que l'ensemble des acteurs concernés puissent agir pour que ce pays retrouve la paix, la sérénité et que l'aide humanitaire puisse être déjà rapidement diligentée. C'est ce que va faire la France à Raqqa. Le président Macron a décidé que nous allions mobiliser immédiatement 10 millions d'euros pour assurer le déminage et l'aide humanitaire immédiate aux populations qui restent à Raqqa mais il y a encore au moins 50 à 60.000 habitants qui n'ont pas quitté cette ville, et puis il y a ceux qui vont revenir. Donc, l'immédiateté, il faut poursuivre la sécurisation, engager la transition politique, faire en sorte qu'il y ait une stabilisation et ensuite, engager la reconstruction. Ce sont des grands chantiers qu'il faut maintenant engager, la guerre est en phase d'être gagnée, il faut surtout ne pas perdre la paix.


* Espagne - Catalogne

(...)

Q - Je ne peux pas m'empêcher de vous interroger sur la situation en Catalogne. On a l'impression d'un dialogue de sourds, d'un côté le gouvernement espagnol dit «si vous n'abandonnez pas le chemin vers l'indépendance, nous enclenchons l'article 155» qui permet de donner des instructions directement aux autorités catalanes. De l'autre, les indépendantistes catalans disent «si vous activez cet article 155, nous déclarons l'indépendance en bonne et due forme». On a l'impression d'une absence totale de dialogue, quels qu'en soient les responsables. Est-ce que au-delà du message de la France de soutien à la légalité à la constitution espagnole, la France est préoccupée par cette absence de dialogue ?

R - En ce qui concerne l'appréciation de la situation, le président de la République française a été très clair tout au long de ses déclarations sur ce sujet, y compris hier soir, nous sommes attachés à l'unité de l'Espagne, nous sommes amis de l'Espagne et nous sommes attachés à son unité et à ses fondamentaux constitutionnels. Nous pensons que ce sont les principes de base qui permettent d'avoir entre nous une relation saine, forte, vivante, et une amitié qui n'a jamais été aussi forte depuis de nombreuses années et nous entendons bien qu'elles se poursuivent. Le reste de votre question ne me concerne pas directement. Il y a un débat en Espagne, qui est un débat intérieur qu'il ne m'appartient pas de commenter sauf à redire que nous sommes attachés à l'unité de l'Espagne et à la garantie de ses fondamentaux constitutionnels. (...).


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 octobre 2017

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