Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur un renforcement de l'Europe de la défense et sur la situation politique au Liban, à Bruxelles le 13 novembre 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur un renforcement de l'Europe de la défense et sur la situation politique au Liban, à Bruxelles le 13 novembre 2017.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Conseil affaires étrangères, à Bruxelles (Belgique) le 13 novembre 2017

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Cette réunion des ministres des affaires étrangères, commune au moment du déjeuner avec les ministres de la défense, va être marquée par l'engagement de la Coopération structurée permanente. C'est un engagement fort pour un renforcement de l'Europe de la défense. Ce principe était inscrit dans le Traité de Lisbonne ; il n'avait jamais été activé et c'est l'initiative franco-allemande à l'automne 2016 qui a permis de mettre en chantier ce renforcement de l'Europe de la défense, qui va se traduire à la fois par un engagement des pays qui vont souscrire à faire davantage pour la défense, et qui va aussi se traduire par un engagement de ces mêmes pays à faire mieux ensemble. C'est une étape importante et, il faut le souligner, cette avancée est très significative. Voilà pour moi le moment essentiel de cette réunion qui intervient, comme vous le savez, dans un moment de tensions importantes, mais il ne faudrait pas que ces tensions fassent oublier cette avancée importante de l'Europe de la défense.


Q - Deux ans après les attentats du Bataclan, comment voyez-vous l'évolution de l'état d'esprit des Européens ? Y a-t-il une prise de conscience ou plus qu'une prise de conscience ?

R - Je viens presque de le dire. L'initiative de la Coopération structurée permanente est intervenue précisément en réponse au développement des attentats qui se sont produits à ce moment-là, aussi en réponse à la crise en Crimée, mais il y a eu cette volonté d'affirmation de l'autonomie des défenses de l'Europe qui s'est manifestée et qui se concrétise ainsi. Par ailleurs, en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, certes il faut rester très vigilant, mais il y a eu des avancées et des progrès très significatifs à la fois en coopération interne et puis aussi en action extérieure, puisque les reculs successifs de Daech, deux ans après le Bataclan sont quand même une source de réconfort d'une certaine manière.

Q - Pourquoi l'Union européenne a besoin de cette coopération de défense ?

R - Parce que l'Union européenne peut affirmer son autonomie et ce n'est pas du tout contradictoire avec l'OTAN, ce sont deux ensembles qui se confortent l'un l'autre. Les relations entre les deux partenaires sont tout à fait confiantes et régulières.

Q - Sur le Liban

R - Nous sommes préoccupés par la situation au Liban parce que le Liban a une longue histoire avec la France ; et nous sommes soucieux de sa stabilité, nous sommes soucieux de son intégrité, nous sommes soucieux de la non-ingérence et nous sommes soucieux du respect de la constitution libanaise. Nous souhaitons que le calendrier aboutisse à ce que le gouvernement libanais puisse se stabiliser le plus vite possible.

Q - Le fait que le Premier ministre soit réfugié en Arabie saoudite ?

R - Pour l'instant, il déclare être libre de ses mouvements. Nous n'avons pas de raison de ne pas le croire. Pour qu'il y ait une solution politique au Liban, il faut que chacun des responsables politiques ait évidemment sa totale liberté de mouvement et que la non-ingérence soit un principe de base.

Q - De tous les partenaires du Moyen-Orient ?

R - Principe de base.

Q - Je peux revenir sur la PESCO, le fait d'avoir une coopération structurée permanente à 25...Quasiment...

R - On ne sait pas si cela va être à 25 mais c'est une avancée de conscience collective.

Q - Mais nous sommes très loin du noyau dur espéré, voulu ?

R - Lorsque nous avions proposé cette initiative à Bratislava à l'automne 2016, c'était une initiative franco-allemande. La réaction première était une réaction peu enthousiaste. Maintenant, le fait qu'il y ait de nombreux signataires, je ne peux pas encore dire le nombre, montre que la prise de conscience a progressé. Il faudra sans doute aller plus loin et les étapes suivantes ce sont le Fonds européen de défense, c'est le renforcement de l'initiative Athena, c'est le renforcement du soutien à nos partenaires pour leurs équipements opérationnels. Donc nous sommes dans un cheminement très positif et cette avancée est quand même une étape très importante.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 novembre 2017

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