Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et l'Algérie, à Alger le 12 novembre 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et l'Algérie, à Alger le 12 novembre 2017.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Comité mixte franco-algérien (COMEFA), à Alger (Algérie) le 12 novembre 2017

ti :
Merci Abdelkader,

Messieurs les Ministres,
Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes très heureux, Bruno Le Maire et moi-même, de co-présider avec vous pour la 1ère fois le COMEFA qui est devenu depuis 2013 l'un des moments forts de notre calendrier bilatéral. Comme vous le savez, les cinq dernières années ont permis de construire un socle solide pour la relation entre nos deux pays. Beaucoup de chemin a été parcouru et aujourd'hui l'ambition du président Emmanuel Macron, partagée par la volonté du président Bouteflika, est aujourd'hui d'ouvrir un nouveau chapitre de notre relation bilatérale sous le signe d'une amitié ancrée dans la réalité et pragmatique.

La relation entre la France et l'Algérie est exceptionnelle. C'est le résultat du travail de toute une génération. Nos deux pays sont engagés dans la construction d'une communauté de destin à laquelle le président de la République française veut s'atteler à son tour. Notre relation a aujourd'hui pour objectif de contribuer à la paix et à la sécurité de notre environnement pour contrer les forces destructrices de l'extrémisme violent. Notre relation a également pour objectif d'apporter emploi et prospérité à nos deux pays et de développer un idéal de coopération dans le respect des identités française et algérienne et dans le respect de nos souverainetés.

Dans ce cadre, je vois trois piliers vers lesquels doivent s'orienter nos efforts dans la séquence bilatérale très riche qui débouchera sur une visite du président de la République française en Algérie :

- le premier pilier est la sécurité : je ne vais pas m'étendre sur cette dimension puisque nous aurons cet après-midi des conversations importantes dans le cadre de notre dialogue stratégique ; c'est cependant un sujet capital pour nous car il n'y a pas de prospérité sans paix et donc sans sécurité ;

- le deuxième pilier est notre relation bilatérale qui est centrale. Notre volonté est de développer nos liens humains encore davantage et nous pouvons avancer sur les questions de mémoire et sur l'organisation générale de notre coopération. Tous ces éléments doivent rendre la relation entre nos deux peuples encore plus fluide ;

- l'économie constitue le troisième pilier. Bruno Le Maire développera plus en détails notre vision et nos projets. Je voudrais faire trois remarques de fond. Tout d'abord, la France se réforme. La transformation qui a été engagée depuis les dernières élections est considérable, elle portera ses fruits. Notre volonté et celle du président Macron est de faire en sorte que la France soit une locomotive économique pour l'Europe. Ensuite, l'Algérie s'engage dans des réformes de grande ampleur. Votre pays veut réaliser dans un temps record des actions nécessaires pour diversifier son économie, la rendre encore plus solide, plus stable et nous voulons être le partenaire de cette évolution. Troisièmement, votre pays dispose d'énormément de richesses, la richesse de sa population d'abord, en particulier de sa jeunesse, celle de ses ambitions et enfin ses ressources naturelles, c'est sous ces trois signes que nous inscrivons aujourd'hui notre rencontre.

Le dernier point de mon propos liminaire concerne la jeunesse, c'est un point très important dans ce que nous entreprenons ensemble, à l'occasion de ce COMEFA. Nous voulons avancer en priorité dans la direction de la jeunesse. C'est pour nous l'enjeu de notre partenariat pour les cinq années à venir : offrir de meilleures conditions aux jeunes diplômés afin de bénéficier au mieux de leur dynamisme. Nous voulons faire en sorte que l'accord sur les jeunes actifs, que nos prédécesseurs ont signé lors du précédent COMEFA, qui a été ratifié du côté français et qui sera ratifié prochainement du côté algérien, puisse être mis en oeuvre. Ce sera un élément important pour accompagner la formation des jeunes et faciliter, au-delà, nos relations économiques. C'est aussi un accord gagnant-gagnant à la fois pour la France et l'Algérie. Le réseau algérien d'établissements de formation professionnelle d'excellence sur le modèle de Schneider ou des Instituts supérieurs de technologies avancées (ISTA) est une référence. C'est une première étape qu'il faut poursuivre et étendre. C'est dans cet esprit-là qu'il nous faut travailler, pour la jeunesse algérienne, pour la bonne relation entre la jeunesse française et algérienne et, au-delà, pour le renforcement de notre coopération.

Nous sommes aujourd'hui dans un cycle très positif puisque le 7 décembre prochain se tiendra le Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) à Paris. Il constituera une étape supplémentaire pour le renforcement de nos relations.


Http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 novembre 2017

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