Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 23 novembre 2017, sur les relations entre l'Etat et les collectivités locales, la fiscalité carbone, la question du nucléaire et sur Les Républicains. . | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 23 novembre 2017, sur les relations entre l'Etat et les collectivités locales, la fiscalité carbone, la question du nucléaire et sur Les Républicains. .

Personnalité, fonction : LECORNU Sébastien, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

ti :

CYRIL VIGUIER
C'est « Territoires d'infos », avec l'invité politique de 8h00 en direct sur ce plateau, c'est Sébastien LECORNU, bonjour.

SEBASTIEN LECORNU
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, merci d'être avec nous ce matin. Pour vous interroger, à mes côtés, Michaël SZAMES de Public Sénat, le spécialiste politique, et Hervé FAVRE de La Voix du Nord, qui représente la presse quotidienne régionale sur ce plateau, ce matin. Alors, vous y étiez, des petits fours, des selfies avec le président de la République pour les maires, reçus hier à l'Elysée, vous étiez dans la salle, est-ce suffisant pour éviter un accueil froid au président de la République à la porte de Versailles aujourd'hui, au Congrès des maires de France, c'est le 100e, je rappelle ?

SEBASTIEN LECORNU
C'est le 100e, oui. J'y étais hier soir, j'y étais en tant que membre du gouvernement, mais enfin j'y étais peut-être aussi un petit peu en tant qu'ancien maire et ancien président d'un conseil départemental, c'est un peu ma semaine aussi, et j'ai été touché, moi, de ce moment, qui était un vrai beau moment républicain. Au fond, quand même, dans l'histoire du pays, pardon de prendre un peu de profondeur pour démarrer, mais je pense que c'est important, on voit bien que dans le coeur des Français les deux personnages qui comptent dans leur vie quotidienne, politique et administrative, c'est le maire, Monsieur ou Madame le maire, et Monsieur le président de la République, et hier soit c'était un peu la réunion des deux. D'ailleurs, quand on regarde bien dans le code général des collectivités territoriales, le représentant de l'Etat dans la commune, on l'oublie trop souvent, c'est le maire.

CYRIL VIGUIER
Vous nous dites qu'ils étaient contents quoi !

SEBASTIEN LECORNU
On connaît les préfets, mais on oublie que les maires sont aussi les représentants de l'Etat dans leur commune, et que le chef de l'Etat, le président de la République…

MICHAËL SZAMES
Excusez-moi d'être taquin, mais donc c'était la première rencontre, pour Emmanuel MACRON, avec les maires ?

SEBASTIEN LECORNU
Non – ça, ce n'est pas bien d'aller sur ce terrain-là, parce que j'ai regardé ça il n'y a pas très longtemps, je me suis aperçu que pendant la campagne électorale d'Emmanuel MACRON le nombre de maires qui l'ont soutenu, au-delà des 500 parrainages classiques et traditionnels demandés par le Conseil constitutionnel, le nombre de maires, qui ont soutenu sa démarche, était extrêmement significatif, extrêmement important. Et puis j'ai pu le voir sur quelques déplacements, comme également en Guyane il n'y a pas très longtemps, la relation aux maires elle se fait très facilement pour le président de la République.

HERVE FAVRE
En même temps, si je puis dire, c'est vrai qu'il n'a jamais été élu local, et donc certains maires considèrent qu'il n'y a pas l'expérience, qu'il n'a jamais vécu les problèmes au quotidien d'un maire.

SEBASTIEN LECORNU
Il faut dire que le président de la République est un élu national, ça je crois qu'on est tous d'accord là-dessus…

HERVE FAVRE
Mais l'expérience d'élu local aurait pu lui servir. Alors, hier soir, j'imagine qu'il n'y avait pas que des selfies et des petits fours, il fait un discours d'1 heure 30 cet après-midi, est-ce qu'il a déjà lâché quand même quelques pistes sur ce qu'il allait annoncer, sur la taxe d'habitation, sur… ?

SEBASTIEN LECORNU
Plusieurs questions dans votre question. Pour revenir à l'esprit, puisque c'était là-dessus qu'on m'interrogeait. Il faut bien comprendre que, dans l'esprit d'Emmanuel MACRON, que je découvre depuis le mois de juin dernier, il aime profondément les gens qui font, les acteurs, que ce soit chefs d'entreprise, présidents d'association, et dans tout l'univers des mandats locaux, s'il y a bien des gens qui font, qui ont le pouvoir de faire des choses, qui quand même sont au centre de l'engagement politique quotidien, c'est bel et bien les maires. Et donc, entre lui et les maires, je l'ai dit d'ailleurs ce matin chez vos confrères de Paris Normandie, moi je n'exclue pas qu'à la fin du mandat on soit dans une véritable lune de miel justement, entre le président de la République et les élus.

HERVE FAVRE
Mais pour faire il faut avoir les moyens, et là ils ont quand même quelques récriminations.

SEBASTIEN LECORNU
Pour faire il faut avoir plus que des moyens, c'est vraiment plus peut-être l'élu municipal, que je suis toujours, de Vernon, qui vous parle, c'est-il faut surtout avoir de la visibilité, la visibilité, la prévisibilité, c'est le respect et c'est la confiance. Et passer de la logique – moi je fais partie un peu de la génération des convalescents quand même, maire en 2014, baisse des dotations de l'Etat, coups de rabot, difficultés, brutalités, manque de visibilité…

MICHAËL SZAMES
Convalescent de François HOLLANDE, c'est ce que vous nous dites…

SEBASTIEN LECORNU
Oui, où chaque année, vous avez, je suis devenu maire, on m'a dit « voilà, baisse de la DGF », je suis devenu président du Conseil départemental, baisse de la DGF, moi je suis bien heureux, au-delà de mes fonctions actuelles, qu'on change complètement de philosophie dans la relation aux territoires, dans la relation aux élus locaux. Et la vraie confiance c'est de dire prévisibilité, c'est la contractualisation, en se disant on va se mettre d'accord sur des efforts, c'est la Conférence nationale des territoires, tous les 6 mois, ça fait, je crois, plus de 10 ans que les associations d'élus demandent un organe dans lequel on peut justement négocier un certain nombre de politiques publiques, ou de trajectoires financières, ou même sur les questions écologiques, on pourra y revenir. Et là-dessus c'est un changement radical de philosophie qui, chez les 600.000 élus locaux, va créer, j'en suis certain, de la confiance.

MICHAËL SZAMES
Qu'est-ce qu'il leur a dit hier soir, quelles pistes ?

SEBASTIEN LECORNU
Mais les pistes, il aura l'occasion de les décliner cet après-midi. Le Premier ministre, je crois d'ailleurs, a largement ouvert le débat et… un certain nombre de choses mardi dernier, on est revenu évidemment sur la question de la fiscalité locale, qui intéresse les élus…

HERVE FAVRE
Si vous étiez encore maire, vous ne seriez pas inquiet de la suppression de la taxe d'habitation ?

SEBASTIEN LECORNU
Non, puisque ce n'est pas – puisque vous êtes journaliste on va d'ailleurs employer des mots avec beaucoup de précision – la suppression de la taxe d'habitation est en fait un dégrèvement. Qu'est-ce qu'un dégrèvement ? Ça veut dire que les 80 % de Français, eux, ne paieront plus cette taxe d'habitation à terme, mais que la collectivité territoriale, à savoir les communes, qui la perçoivent, eux se la verront compensée par l'Etat, donc c'est un jeu à somme nulle, pardonnez-moi l'expression, pour les collectivités territoriales…

MICHAËL SZAMES
Parce que 20 % des Français vont encore la payer.

SEBASTIEN LECORNU
Puisque c'est le budget de la Nation qui, lui, va compenser cela.

MICHAËL SZAMES
Parce que 20 % des foyers pourraient encore la payer, est-ce qu'il faut justement que 100 % des foyers ne payent plus cette taxe d'habitation, est-ce que vous appelez ça de vos voeux ?

SEBASTIEN LECORNU
C'est un débat qu'on peut avoir, je suis quand même, moi, attaché à ce qu'on ait des mesures qui permettent aux classes moyennes et aux classes les plus populaires, de leur redonner du pouvoir d'achat, c'était l'esprit de la mesure initialement.

MICHAËL SZAMES
Est-ce qu'il faudrait inventer une taxe pour compenser cette taxe d'habitation ?

SEBASTIEN LECORNU
Alors, réinventer une taxe, je suis ne pas ministre des Comptes publics, repenser la fiscalité locale à un moment donné, en prenant le temps de le faire, de manière calme, de manière douce, parce qu'on voit bien que tout cela a quand même évolué énormément ces dernières années, notamment les bases foncières, notamment l'ensemble des taxes de péréquation entre les intercommunalités et les communes, je crois que les élus locaux eux-mêmes veulent un certain nombre d'avancées…

HERVE FAVRE
Au passage, à l'Elysée, hier soir, il n'y a pas eu de confidences sur un remaniement, réaménagement, que tout le monde attend, comme soeur Anne, depuis le début de semaine ?

SEBASTIEN LECORNU
Ça appartient au président de la République…

HERVE FAVRE
… vous-même un rôle de porte-parole, on a cité votre nom ?

SEBASTIEN LECORNU
Je suis candidat à rien, et heureux d'être là où je suis, aussi jeune d'ailleurs, ça rend humble, vous savez.

CYRIL VIGUIER
Mais non contacté par le président, pour ça ?

SEBASTIEN LECORNU
Je suis utile, je pense, je l'espère, là où je suis, je ne suis candidat à rien, ça appartient au Premier ministre et au président de la République.

CYRIL VIGUIER
Sébastien LECORNU, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition et solidaire pour l'instant. Bruxelles a donné hier un avertissement à Emmanuel MACRON pour son budget, vous ne respecteriez pas les objectifs de réduction de la dette, comme la droite dit la même chose, est-ce qu'il revoir votre copie ?

SEBASTIEN LECORNU
Je pense que, déjà l'ensemble du débat budgétaire n'est pas complètement terminé, il reste le PLFSS, je crois qu'il faut…

CYRIL VIGUIER
Mais vous êtes sensible à ce que disent vos amis de droite ou pas ?

SEBASTIEN LECORNU
Quand c'est de bonne foi, oui, quand c'est de mauvaise foi, j'ai parfois plus de mal…

CYRIL VIGUIER
Et là c'est quoi, vous le qualifiez comment là ?

SEBASTIEN LECORNU
Regardez la fiscalité carbone, quand je vois qu'un certain nombre de parlementaires de droite critiquent la trajectoire carbone que nous définissons aujourd'hui dans le budget, alors que ceux-là-même la défendaient dans le projet de François FILLON, ceux-là-même étaient les soutiens de Nicolas SARKOZY pour le Grenelle de l'environnement, ceux-là-même parfois étaient des soutiens de Jacques CHIRAC au moment… Parfois j'ai quand même du mal à comprendre ce qui pique certains de mes amis, effectivement de droite…

MICHAËL SZAMES
On va être concret Sébastien LECORNU, c'est un rapport sénatorial, du sénateur MONTGOLFIER, sur la fiscalité écologique, la facture pourrait flamber notamment sur le carburant, sur le chauffage, il parle de 313 euros par an jusqu'en 2022. Est-ce que vous confirmez ces chiffres ?

SEBASTIEN LECORNU
Je ne sais pas très bien comment il arrive à établir ce calcul, parce que, par définition, le coût de l'énergie ce ne sont pas que des taxes, c'est également la loi du marché, or on voit bien que la loi du marché on ne peut pas la prévoir à 3 ou 4 ans à l'avance. D'ailleurs on voit bien que cette année…

MICHAËL SZAMES
Ce n'est pas une hausse d'impôt masquée, comme ils le disent ?

SEBASTIEN LECORNU
Ah non ! Une fois de plus… il y a deux choses, on va prendre le temps tranquillement de parler de ce sujet, qui est un sujet important. Le premier sujet c'est le rattrapage entre le diesel et l'essence, ça ce n'est pas que des questions budgétaires, c'est des questions de santé publique, 48.000 morts prématurées chaque année à cause des émissions de particules du diesel. On est sur quelque chose de sérieux, et nous assumons de tourner, petit à petit, la page et le dos au diesel, on le fait aussi en lien avec les constructeurs automobiles, au-delà même des nouvelles écomobilités électriques, etc., il y a un sujet important de santé publique sur le diesel. On assume. Deuxième sujet, c'est la trajectoire dite de la trajectoire carbone, faire payer le carbone pour ce qu'il vaut réellement et pour ce qu'il coûte à la planète, 30 euros la tonne aujourd'hui, 1er janvier 2018, 44 euros la tonne. Ça c'est une trajectoire qui existait déjà avant, mais nous avons assumé qu'elle s'accélère. Qu'elle s'accélère parce que les coûts de l'énergie en ce moment, étant particulièrement bas, sur les marchés, nous voyons bien que pour la première année – c'est important – que pour la première année, la quantité d'énergies fossiles augmente de nouveau dans sa consommation. D'un côté on ne peut pas m'interroger la semaine dernière sur est-ce que la COP23 va suffisamment loin, est-ce que ça va assez vite, est-ce qu'on va avoir des résultats le 12 décembre prochain, comment va-t-on arriver à avoir des résultats sur notre diplomatie climatique, et de l'autre côté ne pas montrer l'exemple et ne pas se définir de véritables moyens et outils pour y arriver.

HERVE FAVRE
Sur la fiscalité du diesel, est-ce qu'il n'y a pas un double problème, social, parce qu'effectivement ça va pénaliser quand même des automobilistes qui ont des vieux véhicules diesel, qui n'ont pas forcément les moyens de les remplacer, plus un problème industriel, puisqu'on a, nous, l'industrie automobile française, s'est vraiment spécialisée dans le diesel ?

SEBASTIEN LECORNU
Eh bien là aussi deux questions, donc on va y répondre tranquillement. La première des choses, il est évident qu'il ne faut pas abandonner les Français dans cette transition aussi importante, et c'est d'ailleurs aussi la véritable nouveauté voulue par le président de la République, le Premier ministre et Nicolas HULOT, c'est le paquet solidarité, prime de transition, plus connue, à mon avis, pour celles et ceux qui nous regardent et qui nous écoutent, sous la terminologie de prime à la casse, mais le mot n'est pas très élégant, prime de transition. 1000 euro de manière universelle, c'est nouveau, quelles que soient vos conditions de revenu, si vous avez un véhicule qui est plus ancien que 1999, que ce soit un véhicule pour le coup, là, en l'occurrence diesel, ou un véhicule essence, vous pouvez bénéficier de cette prime de transition à hauteur de 1000 euros. Si vous n'êtes pas imposable sur le revenu, cette prime est portée à 2000 euros. Et l'autre, troisième nouveauté, c'est que cette prime peut fonctionner pour les véhicules d'occasion, ce qui est un véritable outil, signal, pour les personnes les plus modestes. Ça c'est pour le volet solidarité. L'objet ce n'est pas de taxer le diesel pou taxer le diesel, l'objet, je vous l'ai dit, c'est pour en sortir du diesel.

SEBASTIEN LECORNU
Donc, si d'un côté vous ne venez pas aider justement les consommateurs français, les citoyens français à changer leur modèle de déplacement, fondamentalement ça ne peut pas fonctionner et sur ce modèle industriel je crois que Bruno LE MAIRE aura l'occasion de réunir l'ensemble des acteurs de la filière prochainement.

MICHAËL SZAMES
Vous parlez d'un projet de transport, est-ce que vous seriez d'accord pour une taxe poids lourds comme le demandent les élus du Grand Est ?

SEBASTIEN LECORNU
Je n'ai pas d'avis particulier sur la question, c'est un dossier qui est suivi par Elisabeth BORNE, je crois que...

MICHAËL SZAMES
Oui, ça concerne l'environnement je crois ?

SEBASTIEN LECORNU
Oui, mais il faut être respectueux du périmètre ministériel de chacun, dans un gouvernement qui fonctionne bien je crois que ce n'est pas inutile et c'est pour ça d'ailleurs que le gouvernement fonctionne bien parce que tout le monde se donne cette discipline-là. Je crois qu'Elisabeth BORNE a des conversations, un dialogue avec les acteurs de la filière poids lourds en ce moment même ou bientôt dans le cadre des Assises de la mobilité.

MICHAËL SZAMES
Juste une question comme ça d'environnement, mais qui est importante, il y a eu un nuage radioactif qui est passé à travers l'Europe – qui est peut-être aussi passé à travers la France - visiblement ça venait de Russie, est-ce que nous on a été impactés, oui ou non est-ce qu'il y a un danger ?

SEBASTIEN LECORNU
On a un institut vous savez qui s'appelle l'IRSN dans notre pays qui mène un certain nombre de tests et de relevés très régulièrement pour surveiller la situation de la radioactivité en général et qui a mené un certain nombre de tests récemment sur l'épisode que vous décrivez pour lequel nous souhaitons être rassurants ce matin, rassurants sur Public Sénat...

MICHAËL SZAMES
Rassurants, pas de danger ?

SEBASTIEN LECORNU
Puisque nous sommes sur des niveaux de seuil des milliers de fois inférieurs au déclenchement des seuils sanitaires.

CYRIL VIGUIER
Qui a la prévention des risques majeurs d'ailleurs, Nicolas HULOT, vous-même ?

SEBASTIEN LECORNU
C'est le ministre d'Etat qui est le ministre de toute la prévention des risques et c'est le ministre de tutelle, de l'ASN d'une part et de l'IRSN d'autre part et l'IRSN fait un peu la fierté quand même du modèle français en matière de sûreté nucléaire puisque ce sont des ingénieurs de très haut niveau pour lesquels...

HERVE FAVRE
Et ça vient bien de la Russie ?

SEBASTIEN LECORNU
Je crois que ça vient bien de la Russie ! Et pour lesquels la transparence va être faite puisque l'ensemble des relevés de l'IRSN est communiqué à l'ensemble de nos partenaires européens - puisque la circulation de l'information au sein de l'Union européenne est une question importante sur ces sujets-là – et néanmoins, à titre de précaution, l'IRSN fait des tests par carottage si vous voulez, des tests aléatoires pour bien s'assurer que tout va bien, notamment sur les denrées alimentaires.

HERVE FAVRE
Restons sur la question nucléaire, les centrales nucléaires. Vous nous confirmez donc que Fessenheim sera bien fermée en 2019 et la question qu'on se pose dans les territoires, c'est : à qui le tour ensuite ? Dans la région Hauts de France il y a la centrale de Gravelines, la plus grosse d'Europe, qui a des réacteurs des années 80, est-ce qu'on a des raisons de s'inquiéter justement d'une fermeture, d'un calendrier de fermetures prochain ?

SEBASTIEN LECORNU
Je confirme la fermeture de Fessenheim au même où l'EPR de Flamanville prendra fonction, se mettra en route...

HERVE FAVRE
Et donc quand ?

SEBASTIEN LECORNU
Donc fin 2018 – début 2019, en respectant en cela le plafond de production d'énergie en gigawatts qui avait été fixé par la Loi de transition énergétique, cela ça reste un intangible. Je tiens d'ailleurs à dire que j'ai vu l'ensemble des services de l'Etat bas-rhinois et alsacien, haut-rhinois - pardonnez-moi - et alsaciens il y a maintenant quelques jours, j'ai vu le président de Région hier Jean ROTTNER, j'aurais l'occasion de rencontrer tous les élus à la fin du mois, puisque là aussi le gouvernement veut que cela se fasse de la manière la plus respectueuse avec les territoires et j'aurai l'occasion de me rendre en Alsace et à Fessenheim prochainement pour aller visiter la centrale, rencontrer les représentants du personnel et le personnel. Sur les centrales à venir, c'est votre question...

HERVE FAVRE
La suite !

SEBASTIEN LECORNU
Oui, mais...

HERVE FAVRE
Il faudra bien une liste.

SEBASTIEN LECORNU
C'est facile de parler de la fermeture de Fessenheim, au quinquennat précédent ils en ont parlé pendant cinq ans, en seulement six mois le gouvernement a déjà défini une trajectoire et une feuille de route respectueuse du territoire alsacien pour le faire, je crois que c‘est bien de le dire. Sur les centrales à venir, tout va dépendre bien évidemment de ce qui va sortir de la programmation pluriannuelle pour l'énergie qui est la programmation pluriannuelle qui est le document cadre qui va fixer justement notre mix énergétique, la manière dont on veut mener cet objectif important de 50 % d'énergies issues de l'atome et en même temps en face la libération des énergies renouvelables et, de cela, derrière un certain nombre de décisions politiques et industrielles, politiques et industrielles, devront être prises, ça sera pour l'année 2018.

MICHAËL SZAMES
Vous avez fait une sorte de tour de France depuis quelques mois, vous avez visité les préfectures, ça vous choque si on dit que vous êtes le missi dominici d'Emmanuel MACRON ?

SEBASTIEN LECORNU
Je crois qu'un certain nombre de vos confrères ont déjà écrit ça, donc... Non, mais moi je suis légitime pour mon histoire et pour ce que je suis, et je n'ai pas la prétention d'être autre chose que cela : j'ai été maire à l'âge de 27 ans, j'ai été président du Conseil départemental de l'Eure à 28 ans, ma légitimité électorale elle vient de mes mandats locaux, elle vient de cette histoire très territoriale et donc ce que j'aime dans mon job que le président de la République et le Premier ministre m'ont confiée c'est toujours cette relation aux territoires, ce qui me permets de voir autre chose que ma bonne Normandie.

HERVE FAVRE
Et votre relation avec le grand public...

CYRIL VIGUIER
Sébastien, pardon, pardon, Sébastien LECORNU « Déflagration » c'est un livre sur la campagne de François FILLON réalisé par son ancien directeur de campagne Patrick STEFANINI, il a écrit ça, il balance dans ce livre - mes confrères le disent ce matin - il parait que François FILLON passait devant vous sans savoir qui vous étiez, est-ce que c'est vrai d'abord et est-ce qu'il vous connait maintenant ?

SEBASTIEN LECORNU
Je pense que maintenant il me connait, oui c'est vrai. De toute façon je vais vous dire une chose je n'ai pas lu le livre de Patrick STEFANINI, mais je vais le lire, Patrick est pour moi quelqu'un qui compte beaucoup, c'est un ami, et c'est toujours quelqu'un de profondément honnête...

CYRIL VIGUIER
Mais est-ce que c'est bien de faire ça ?

SEBASTIEN LECORNU
Donc tout ce qui est écrit dans ce livre sans l'avoir lu est par définition exact.

CYRIL VIGUIER
Mais est-ce que ça ne participe au fond de la défiance que peuvent avoir les Français à l'égard de la politique, de tout raconter comme ça, les dessous d'une campagne, avec son point de vue d'ailleurs qui n'est pas forcément celui des autres membres de l'équipe de campagne ?

SEBASTIEN LECORNU
Plusieurs choses ! Je pense que les Français ils veulent aussi un peu de transparence, que des acteurs politiques a un moment donné écrivent des choses ça appartient à chacun de ces acteurs ; Gérald DARMANIN aussi sort un ouvrage ; et puis il faut aussi être honnête, ce qui s'est passé quand même à cette période-là – et je crois que les journalistes le disent autant que les acteurs politiques de droite – c‘est quand même une période un peu folle, c'est quand même une période dans laquelle on n'a pas tout compris, c'est quand même une période dans laquelle on a vu la droite prendre des virages un peu étonnants...

CYRIL VIGUIER
Donc vous approuvez le geste, le fait de faire un livre comme ça ?

SEBASTIEN LECORNU
Je pense que Patrick en avait besoin pour des raisons personnelles et, ça, ça compte - dans l'écriture il y a toujours des choses qui sont intimes, je veux dire on a un rapport à l'écriture qui est toujours assez individuel – et je pense que ça peut aider beaucoup de Français de droite à comprendre aussi ce qui s'est passé ces derniers mois.

HERVE FAVRE
Et ce qui s'est passé ne vous a pas incité justement à quitter pour de bon Les Républicains et à passer à La République En Marche, ça se serait finalement assez cohérent...

SEBASTIEN LECORNU
Les Républicains m'ont mis dehors...

HERVE FAVRE
Comme l'a fait Bruno LE MAIRE ?

SEBASTIEN LECORNU
Donc je n'ai pas quitté Les Républicains, c'est eux qui m'ont quitté, et puis d'ailleurs si on est honnêtes au-delà des aspects juridiques ils m'ont quitté déjà avant en prenant des postures et des positions un peu étonnantes en ne sachant pas choisir entre Marine LE PEN et Emmanuel MACRON entre les deux tours de l'élection présidentielle, en n'étant pas capables de souhaiter la réussite du quinquennat d'Emmanuel MACRON pour le pays, ce qui est quand même absolument invraisemblable. Pour le reste, aujourd'hui je suis membre d'aucun parti politique national...

CYRIL VIGUIER
Mais vous allez où ?

MICHAËL SZAMES
Vous continuerez ?

CYRIL VIGUIER
Vous allez où ?

SEBASTIEN LECORNU
Et ma réflexion est ouverte sur le sujet, en tout cas je suis membre de la majorité présidentielle et...

CYRIL VIGUIER
Vous êtes comme le Premier ministre, vous n'allez pas aller dans un parti ?

SEBASTIEN LECORNU
Lui il est membre de la majorité présidentielle, il est même chef, donc c'est encore plus clair...

HERVE FAVRE
Il en est le chef, mais sans être d'un parti, donc on peut...

SEBASTIEN LECORNU
Vous avez un raisonnement un peu daté peut-être aussi là-dessus....

CYRIL VIGUIER
Pourquoi ?

SEBASTIEN LECORNU
L'appartenance à un parti politique pour un membre du gouvernement n'est pas la chose la plus...

CYRIL VIGUIER
Mais enfin c'était la base de la Vème République.

SEBASTIEN LECORNU
Non ! Non, non, non, ce n'est pas vrai ça, ah ce n'est pas vrai du tout, alors 1.000 exemples à l'appui – mais on n'a plus le temps – mais 1.000 exemples à l'appui, non ce qui fait partie de la base de la Vème République c'est d'être dans la majorité présidentielle confirmée par le Parlement. Mais pour répondre à la question pour ne pas me défiler, sur la question de l'adhésion à La République En Marche, la réflexion est ouverte, nous verrons bien.

CYRIL VIGUIER
Ah ! Très bien. Merci Sébastien LECORNU, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, d'avoir été notre invité politique ce matin...

SEBASTIEN LECORNU
Merci beaucoup.

CYRIL VIGUIER
Vous revenez quand vous voulez bien sûr, on passe au débriefe de vos propos et de l'actualité avec nos éditorialistes dans un instant, merci Sébastien LECORNU.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 novembre 2017

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