Interview de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé à LCI le 24 novembre 2017, sur la lutte contre le tabagisme et l'éventuelle nocivité des vaccins. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé à LCI le 24 novembre 2017, sur la lutte contre le tabagisme et l'éventuelle nocivité des vaccins.

Personnalité, fonction : BUZYN Agnès, CRESPO-MARA Audrey.

FRANCE. Ministre des solidarités et de la santé;

ti :


AUDREY CRESPO-MARA
Bonjour à tous, bonjour Agnès BUZYN.

AGNES BUZYN
Bonjour.

AUDREY CRESPO-MARA
Ministre des Solidarités et de la Santé. Vous êtes médecin, spécialiste d'hématologie, d'immunologie des tumeurs et de transplantations, vous avez été présidente de l'Institut national du cancer, première femme présidente de la Haute autorité de la santé. Bref, vous est une référence, mais le grand public vous connait peu. C'est compliqué de devoir faire ses preuves ?

AGNES BUZYN
C'est surtout compliqué de changer d'image, de passer d'une image d'experte à une image politique, et donc voilà, je fais mes premiers pas.

AUDREY CRESPO-MARA
Et médiatique, ce qui n'est pas dans votre nature.

AGNES BUZYN
Oui, mais c'est aussi un moment d'explications, où l'on peut parler aux Français de l'action, donc c'est intéressant.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, je parlais de refaire ses preuves, parce que vous êtes en effet au coeur de deux polémiques depuis quelques jours. La première fait suite à votre déclaration : « On n'est pas là pour offrir des montures Chanel à tout le monde ». Alors, ça a fait beaucoup parler, ça a choqué. Est-ce que vous pensez avoir été mal comprise ou est-ce que vous reconnaissez que vous vous êtes mal exprimée sur un sujet qui est sensible ?

AGNES BUZYN
Très clairement, c'était une phrase totalement sortie du contexte, où j'expliquais à des journalistes ce qu'était un panier de soins remboursables. Et donc j'expliquais...

AUDREY CRESPO-MARA
C'est-à-dire un panier minimum de...

AGNES BUZYN
Voilà. En fait, ce que nous souhaitons faire, c'est que les Français accèdent tous à des soins de qualité, et aux soins nécessaires, et notamment ans l'optique, dans le dentaire, et pour les prothèses auditives. Et donc je disais...

AUDREY CRESPO-MARA
100 % remboursés.

AGNES BUZYN
100 %. Et que mon objectif c'était de bien définir les soins nécessaires, indispensables aux Français, et éventuellement les produits de santé de qualité qui allaient avec ces soins. Et j'ai donné cet exemple, en disant « ce qui compte, c'est la qualité », et c'est effectivement que tout le monde accède à des bonnes lunettes, dans forcément aller vers du luxe. Et donc, cette phrase totalement sortie du contexte, a été...

AUDREY CRESPO-MARA
Oui, c'est-à-dire que les Français ne vous demandent pas de leur offrir des montures Chanel, mais d'avoir, parce qu'ils cotisent à la Sécurité sociale, d'avoir, de pouvoir acheter des montures à prix raisonnables.

AGNES BUZYN
A prix raisonnables, qui n'étaient pas des montures non plus bas de gamme. Je pense qu'il faut que les gens accèdent simplement à des soins de qualité, sans que le superflu ne soit remboursé par la Sécurité sociale, mais sans non plus que ce soit le premier prix. Et donc j'ai essayé d'expliquer ça à des journalistes, en donnant un exemple qui visiblement a été très très mal interprété.

AUDREY CRESPO-MARA
Donc vous ne revenez pas sur la promesse de campagne d'Emmanuel MACRON, une prise en charge de 100 % en optique, dentaire et prothèses auditives, à l'horizon 2022.

AGNES BUZYN
Ah oui, même avant, c'est une urgence. C'est une urgence, parce que nous avons vraiment un problème de reste à charge sur ces produits nécessaires, et notamment dans l'optique, on s'aperçoit que des enfants, des jeunes aujourd'hui, ne sont pas équipés de lunettes, parce que pour les familles c'est trop de financements venant de leur poche, et donc ce sont des enfants qui ont en échec scolaire, ou des jeunes qui ne peuvent pas accéder à des formations, parce qu'ils ne voient pas. Donc, c'est une urgence pour moi, de rendre ça, remboursé, prix en charge à 100 %.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, vous avez du voir passer ce tweet, vous l'avez reconnue, vous allez la reconnaitre, il s'agit de Valérie TRIERWEILER. « Mes nouvelles lunettes Chanel, ma clope, mon cinéma... », Valérie TRIERWEILER qui se moque un peu de vous en chaussant de drôles de lunettes et en fumant une cigarette. Elle vous fait sourire ou vous agace ?

AGNES BUZYN
Je préfère dire que je suis moi dans l'action pour les Français, je ne pense pas qu'elle ait été très utile à la France, mais bon, voilà.

AUDREY CRESPO-MARA
Ça vous agace ce genre de réaction ?

AGNES BUZYN
Non, il se trouve que je l'ai rencontrée plusieurs fois et qu'elle connaissait mon engagement dans la santé publique, elle connaît mon engagement pour la santé des Français, donc je ne comprends pas bien... Oui, ça lui permet d'être à l'écran.

AUDREY CRESPO-MARA
Elle fait allusion aussi à la deuxième polémique, vous auriez voulu faire disparaître la cigarette des scènes du cinéma français. Volonté que vous avez démentie, mais vous auriez quand même dit : « Je ne comprends pas l'importance de la cigarette dans le cinéma français », et là on se dit : « Oui, est-ce que ça aurait un sens qu'on continue à tuer des gens sur l'écran et qu'on interdise aux acteurs de fumer des cigarettes » ?

AGNES BUZYN
En fait, j'ai simplement voulu nommer un état de fait. Un état de faits c'est que dans le cinéma français, 80 % des films représentent des fumeurs. Aux États-Unis c'est 48 %, dont acte. Et donc pourquoi cette différence ? Il se trouve que toutes les études montrent que lorsque la cigarette est montrée à l'écran, elle incite les jeunes à rentrer dans le tabagisme. Il n'était pas du tout question d'interdire la cigarette à l'écran, je ne vais pas empêcher les auteurs de faire des films évidemment, et 'idée n'était pas de supprimer la cigarette chez Humphrey BOGART ou chez un autre acteur, c'est, bon, après c'est de la dérision, j'entends et c'est très drôle...

AUDREY CRESPO-MARA
Mais l'acteur est prescripteur, c'est ce que vous nous dites.

AGNES BUZYN
Mais c'est le seul endroit...

AUDREY CRESPO-MARA
Vous pensez que c'est pour ça qu'il y a un problème de tabagisme en France ?

AGNES BUZYN
Mais c'est le seul endroit où l'industrie du tabac peut encore quelque part pousser à la consommation, et donc je dis simplement aux auteurs, ne normalisez pas quand ça n'est pas nécessaire. Quand c'est nécessaire à un film à cause de la période, à cause de l'ambiance, à cause du personnage, évidemment ça peut tout à fait être montré. Quand c'est totalement anodin dans un film, que ça n'a pas de valeur ajoutée pour rendre compte d'une ambiance, alors la, essayons de normaliser. Donc mon idée, c'était plutôt de sensibiliser les auteurs et les réalisateurs. Donc, 48 % de films qui montrent du tabac aux Etats-Unis, 80% France, posons-nous la question : est-ce nécessaire ?

AUDREY CRESPO-MARA
Une étude montre, de l'OCDE, une étude européenne, compare l'efficacité des 28 Etats membres dans la prise en charge des soins. Alors il y a deux points noirs en France, c'est ... le fléau c'est le tabagisme et l'alcool, qui est encore très fort en France, en particulier chez les jeunes. Vous avez promis une action ferme dans le prochain plan national de réduction du tabagisme. Ça consiste en quoi ? Pas seulement à augmenter le prix du paquet, ce qu'ont fait tous les ministres de la Santé avant vous.

AGNES BUZYN
Voilà, la politique de lutte contre le tabac c'est un tout, c'est global, ça passe toujours par une augmentation du prix...

AUDREY CRESPO-MARA
C'est forcément dissuasif, vous croyez ?

AGNES BUZYN
Ah c'est très dissuasif. 10 % d'augmentation du prix, c'est 4 % de fumeurs en moins, donc ça s'est montré à l'échelon international, donc c'est nécessaire. C'est insuffisant, il faut évidemment aider les personnes à s'arrêter de fumer, donc il y aura évidemment des mesures d'incitation à l'arrêt du tabac, d'aide surtout à l'arrêt du tabac, et ce sont des mesures vis-à-vis des jeunes puisque les jeunes Français, et vous l'avez vu dans l'étude de l'OCDE, ont cette spécificité d'être parmi les jeunes qui fument le plus au monde, et donc...

AUDREY CRESPO-MARA
Donc plus de prévention dans les écoles, notamment.

AGNES BUZYN
Plus de prévention dans les écoles, plus de dénormalisation du tabagisme chez les jeunes, du marketing social, c'est-à-dire des messages adressés aux jeunes sur les réseaux sociaux, notamment, parce qu'il est impératif qu'on sorte de cette spécificité française, parce qu'un jeune qui fume aujourd'hui à 17 ans c'est un jeune qui fumera longtemps. C'est une addiction, c'est une maladie, le tabac, et donc il faut impérativement commencer à agir le plus tôt possible.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, vous n'êtes pas menacée par le fameux remaniement ministériel, mais on a annoncé qu'un secrétaire d'Etat viendrait sans doute vous épauler pour prendre en charge les volets techniques de l'assurance maladie et de la Sécurité sociale. Est-ce que vous avez besoin d'aide sur ces volets-là ?

AGNES BUZYN
Non, je n'ai pas entendu parler d'un secrétaire d'Etat qui viendrait m'épauler là-dessus, j'ai déjà auprès de moi, un haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul DELEVOYE. Je viens de nommer un délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, puisque c'est une des actions phares de ce ministère et du gouvernement. Voilà, je n'ai pas plus d'informations.

AUDREY CRESPO-MARA
Donc vous n'avez pas demandé un secrétariat d'Etat, et le président ne vous en a pas parlé, ou le Premier ministre.

AGNES BUZYN
Non.

AUDREY CRESPO-MARA
Non. Rumeur simplement.

AGNES BUZYN
Voilà. On enverra tout à l'heure, on verra.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous savez quand ça a lieu ? Parce que nous on attend depuis une semaine !

AGNES BUZYN
Non, non, ne n'ai pas ni d'horaire, ni de date, mais je pense que c'est dans les heures ou dans les jours qui viennent.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous vous sentez à l'abri d'un éventuel...

AGNES BUZYN
Mais ce n'est pas à l'abri, si j'ai besoin d'un secrétaire d'Etat, à mes côtés, j'en ferais pas au président et au Premier ministre.

AUDREY CRESPO-MARA
La réforme des retraites va-t-elle être reportée en 2019 ? Une rencontre est programmée tout à l'heure en présence du président MACRON, du ministre des Comptes publics, Gérald DARMANIN, de vous ministre de la Santé et du Haut-commissaire à la réforme des retraites. Certains syndicats affirment que la réforme des retraites, que l'Elysée espère pouvoir lancer dès 2018, serait reportée en 2019. Est-ce que c'est vrai ?

AGNES BUZYN
Moi je ne veux pas me faire enfermer dans les calendriers, parce que c'est une réforme structurelle, c'est une réforme en profondeur, qui nécessite la confiance des Français, qui nécessite aussi beaucoup de temps de concertation donc si nous commençons à dire « c'est à telle date ou à telle date », nous nous mettons dans l'obligation de réussir et nous mettons la pression sur les partenaires, sur les Français, et je pense que cette réforme qui doit aboutir, nécessitera du temps, donc je ne...

AUDREY CRESPO-MARA
Plus de temps, c'est-à-dire quitte à passer en 2019.

AGNES BUZYN
Pourquoi pas, mais il n'y a pas aujourd'hui de calendrier fixé.

AUDREY CRESPO-MARA
Parmi vos combats, le glyphosate, et il y a du nouveau sur cet herbicide classé probablement cancérigène par l'OMS et dont vous voulez arrêter le plus possible d'utilisation, il a fait l'objet d'une étude épidémiologique américaine parue, on la voit, dans le Journal of the National Cancer Institut, une étude sur les incidences des pesticides sur les travailleurs agricoles, qui ne parvient à montrer aucune association entre l'herbicide et certains cancers, et les cancers, vous allez nous nous le dire en tant qu'ancienne présidente de l'Institut national du cancer, est-ce que ce genre d'étude peut vous amener à revoir votre position ?

AGNES BUZYN
Alors, cette étude, elle va s'ajouter aux nombreuses études dont certaines évoquaient un bien. Les agences d'expertise internationale, je pense notamment au Centre de recherche sur le cancer, le Centre international, qui a classé le glyphosate cancérogène probable, va certainement prendre en compte cette nouvelle étude pour évaluer le risque, et nous attendons des expertises qui vont venir dans les années qui viennent. Pour l'instant, tant que le niveau de risques n'est pas rétrogradé, pour l'instant il est de niveau cancérogène probable, nous restons dans la même ligne, qui est par principe de précaution d'aller plutôt vers une non-utilisation dans un délai proche.

AUDREY CRESPO-MARA
Et vous aimeriez que le glyphosate soit interdit plus vite, on sait que c'est toujours en discussions, qu'il devrait y avoir une décision de prise assez vite.

AGNES BUZYN
Il faut le temps de trouver les substitutions, il ne faut pas mettre les agriculteurs dans des situations impossibles, donc il faut le temps de la substitution...

AUDREY CRESPO-MARA
Trois à cinq ans ?

AGNES BUZYN
Les négociations sont en cours, vous le savez, je veux aussi qu'on soit raisonnable. Il y a aujourd'hui beaucoup de cancérogènes avérés, prouvés, de ce qu'on appelle de niveau un, et ils ne sont pas interdits, je pense au tabac et à l'alcool par exemple, ils ne sont pas interdits. Donc là nous sommes dans un cancérogène probable, il faut le temps de la substitution.

AUDREY CRESPO-MARA
C'est à partir du 1er janvier que 11 vaccins seront obligatoires. Je vous cite : « Il y a dans certains vaccins un tout petit peu d'aluminium, nous en mangeons tous les jours, pour l'instant il n'y a aucun risque, tous les rapports le prouvent ». Comprenez-vous que le mot « pour l'instant », ne soit pas totalement rassurant ?

AGNES BUZYN
Alors, je ne suis probablement pas assez précise dans mon élocution mais en fait cela fait 100 ans aujourd'hui que l'aluminium est utilisé dans les vaccins, et cela fait 100 ans que, évidemment, on suit la toxicité éventuelle des vaccins, qu'il est la pharmacovigilance, il y a de très nombreux rapports de l'Organisation mondiale de la santé, des agences d'évaluation des médicaments aux Etats-Unis, en Europe, et aucune agence, aucun rapport, ne montrerait, ne montre une toxicité de l'aluminium qui est utilisé depuis 100 ans.

AUDREY CRESPO-MARA
Il n'y a pas de victimes de vaccins, scientifiquement reconnues comme telles, en tout cas ?

AGNES BUZYN
Il y a des effets secondaires des vaccins, on connaît quelques pathologies, elles sont excessivement rares, et donc quand il y a un accident ou un événement indésirable lié à un vaccin, les personnes sont indemnisées par l'Oniam, ça fait partie des aléas, que l'on appelle des aléas thérapeutiques, c'est-à-dire des risques inhérents à un produit. Mais il se trouve que le bénéfice et le risque c'est ça qui compte en médecine, par rapport à un effet secondaire qui arrive une fois sur un million et le fait d'être protégé contre des maladies mortelles, évidemment, la balance est en faveur des vaccins et ça c'est unanimement reconnue.

AUDREY CRESPO-MARA
Les Français consomment trop d'antibiotiques, on le sait déjà, mais les chiffres, vous allez le voir, sont étonnants. La surprescription est un point noir, en France l'utilisation des antibiotiques est supérieure de près de 50 %, 50 % à la moyenne des pays de l'OCDE et on estime que la résistance antibiotique cause en France 12 500 décès par an, selon un rapport qui vous a été remis en septembre, que comptez-vous faire contre ça ?

AGNES BUZYN
Alors, d'abord la résistance aux antibiotiques c'est un fléau mondial, c'est un sujet de ce dont se préoccupent tous les gouvernements du monde, car nous n'avons pas de nouveaux antibiotiques qui arrivent et donc de plus en plus de germes sont résistants du fait d'un usage inapproprié des antibiotiques, donc il y a déjà un certain nombre de décrets, de circulaires qui ont été prises pour inciter les médecins à prescrire des durées moins longues d'antibiotiques et puis il faut rappeler aux Français et aux médecins qu'un grand nombre de pathologies hivernales par exemple, de maladies hivernales, sont virales et que les antibiotiques ne servent à rien, et il faut rassurer les gens sur le fait qu'on a le droit de sortir de chez un médecin sans une ordonnance d'antibiotiques, ce n'est pas pour ça qu'on ne va pas guérir spontanément d'une maladie virale.

AUDREY CRESPO-MARA
Et puis nous sommes aussi parmi les plus gros consommateurs d'anxiolytiques, l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel MACRON a fait diminuer cette consommation, non, il n'y a pas d'effet scientifique ?

AGNES BUZYN
Elle était en train de diminuer, il y a eu beaucoup de sensibilisation des médecins sur le fait que prescrire des anxiolytiques entraînait beaucoup d'événements indésirables, des chutes chez les personnes âgées, des addictions et donc aujourd'hui déjà c'est en baisse et beaucoup de mesures sont faites pour désinciter les médecins à prescrire des anxiolytiques.

AUDREY CRESPO-MARA
Tous les matins, je pose une question récurrente, la question off, mais devant les caméras.

- Jingle -

AUDREY CRESPO-MARA
C'est off, entre nous. Votre mari, Yves LEVY, est aussi un médecin très reconnu, immunologiste, PDG de l'INSERM, donc l'institut National de la Santé et Recherche Médicale, un organisme public. Est-ce que vous avez envisagé, ou pas, de refuser ce ministère ou lui de démissionner, au cas où un jour, un jour, on puisse vous suspecter de conflit d'intérêts dans les arbitrages que vous seriez amenés à prendre ?

AGNES BUZYN
Alors, c'est un sujet qu'on a immédiatement évoqué avec le président et le Premier ministre, lors de ma nomination, et il existe un texte de loi qui permet un déport, donc 48 heures après mon arrivée au gouvernement, nous avons publié un décret de déport, c'est-à-dire que je ne prends aucune décision qui concerne l'INSERM, l'ensemble des décisions qui concernent l'INSERM sont prises par Matignon et par le Premier ministre, donc l'Institut que dirige mon mari, est en fait maintenant sous la tutelle du Premier ministre, mais je n'étais pas la tutelle principale, c'est le ministère de la Recherche, de toute façon, qui est la tutelle principale de l'INSERM, donc il dépend de Frédérique VIDAL et du Premier ministre.

AUDREY CRESPO-MARA
Merci beaucoup Agnès BUZYN.

AGNES BUZYN
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 novembre 2017

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