Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Public Sénat le 24 novembre 2017, sur la politique du logement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Public Sénat le 24 novembre 2017, sur la politique du logement.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat;

ti : CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de cette matinale d'infos avec Territoires d'Infos. Et l'invité politique en direct ce matin sur ce plateau, c'est Julien DENORMANDIE. Bonjour, vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, merci d'être sur ce plateau. Vous vous êtes couché tard et levé tôt, merci d'être là.

JULIEN DENORMANDIE
Exactement, merci à vous.

CYRIL VIGUIER
Pour vous interroger à mes côtés ce matin Michaël SZAMES de Public Sénat, spécialiste politique, bonjour Michaël.

MICHAËL SZAMES
Bonjour à tous.

CYRIL VIGUIER
Et Pascal JALABERT du groupe EBRA et ce matin, il représente Le Dauphiné Libéré sur ce plateau.

PASCAL JALABERT
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
De la presse quotidienne régionale, bonjour Pascal JALABERT. Vous savez Julien DENORMANDIE que notre émission est retransmise sur les sites Internet de toute la presse quotidienne régionale en fin de matinée. Les radios sont nos partenaires, 130 radios indépendantes sur tout le territoire français et TV5 Monde aussi qui vous relaiera ce week-end. Donc une grosse exposition pour vous aujourd'hui avec des questions évidemment qui auraient trait à ce qu'a fait Emmanuel MACRON hier devant le Congrès des maires de France, un discours. Le président est arrivé sous quelques sifflets, il est resté ferme sur ses positions, tous les observateurs de la presse quotidienne régionale le décrivent ce matin, on l'a vu dans la revue de presse tout à l'heure. Si vous deviez décrire Emmanuel MACRON dont vous êtes un proche, un ami personnel même, c'est quoi, c'est maire de fer dans gant de velours ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, je pense qu'Emmanuel MACRON… vous savez effectivement moi je le connais depuis longtemps, j'ai travaillé avec lui lorsqu'il était ministre de l'Economie, il m'a demandé ensuite d'aller créer ce mouvement politique qui est le mouvement En Marche ; et je l'ai accompagné tout au long de ce combat de rénovation de la vie politique. Emmanuel MACRON est quelqu'un qui a plusieurs caractéristiques. La première c'est qu'il dit les choses, il dit la vérité et quand aujourd'hui – on le sait – il faut rétablir un contrat de confiance, un partenariat de confiance avec les maires, son discours de vérité moi profondément, je pense qu'il fait du bien. C'est important de pouvoir dire les choses, de pouvoir les dire franchement ; et en même temps Emmanuel MACRON a témoigné dans son discours hier beaucoup de respect, énormément de respect vis-à-vis de l'ensemble des maires, parce que le pacte républicain c'est un tout. C'est un combat en commun entre les…

MICHAËL SZAMES
Mais Julien DENORMANDIE, est-ce qu'il a lâché un tout petit ou pas quand même sur certaines choses, parce qu'on va prendre un exemple très précis, prenons la taxe d'habitation. On a compris dans le discours qu'à l'horizon 2020, la taxe d'habitation serait supprimée pour 100 % des ménages, c'est à peu près ce qu'on comprend. Le gouvernement a prévu 10 milliards d'euros pour 2018 pour 80 % des ménages, où est-ce que vous allez trouver l'argent nécessaire pour couvrir les 100 % des ménages en 2020 ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors il y a plusieurs points dans votre question. Le premier point c'est que la taxe d'habitation – et aujourd'hui tout le monde en convient – la taxe d'habitation est un impôt qui est totalement injuste. Lorsque vous habitez Paris par exemple, vous payez 3 fois moins d'impôt quand vous êtes au centre de Paris que si vous habitez à Aubervilliers. Et donc c'est un impôt qui est injuste et qui est-ce qui en pâtit ? Ce sont les classes moyennes. Ca fait des années, mais vraiment des années, voire des dizaines d'années qu'on dit que cet impôt-là il faut le changer, il faut le rénover. Pendant la campagne présidentielle, le président de la République alors candidat prend un engagement très ferme : on supprimera pour 80 % des Français la taxe d'habitation

MICHAËL SZAMES
Et maintenant ce serait 100 %.

JULIEN DENORMANDIE
Et alors qu'est-ce que dit hier le président de la République ? Il dit que pendant les 3 prochaines années – 2018, 2019, 2020 – 80 % de ces Français verront leur taxe d'habitation s'annuler, avec une compensation à l'euro près pour toutes les collectivités. Et en parallèle, le président de la République ouvre un chantier qui est le chantier de la fiscalité locale, comment on rénove cette fiscalité locale, à partir de 2020 avec des textes votés en 2019. Et cette fiscalité locale, effectivement il faut qu'elle ne soit plus fondée sur la taxe d'habitation telle qu'elle est faite aujourd'hui…

PASCAL JALABERT
Alors justement, vous dites « il y aura la compensation à l'euro près », les maires (eux) ils attendent cette compensation et ils veulent garder leur autonomie fiscale. Donc qu'allez-vous inventer pour leur garantir et ces ressources et cette autonomie ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi je pense que le problème de fond – et il faut se parler franchement – le problème de fond c'est qu'il y a une confiance qui s'est altérée entre les maires et entre les pouvoirs publics. Pendant des années on a dit aux maires « ne vous inquiétez pas, on maintiendra vos dotations et en même temps, on vous donnait de plus en plus de missions à réaliser, alors que ces dotations n'ont cessé de diminuer ». On a une caractéristique au sein de ce gouvernement, le président de la République a une caractéristique fondamentale, c'est qu'il fait ce qu'il dit qu'il allait faire. Et donc typiquement, les dotations globales de fonctionnement, les maires en moyenne depuis 10 ans ont vu chaque année leur dotation diminuer significativement. Pour la première fois, ces dotations ne vont pas diminuer. De la même manière, les maires lorsqu'on leur dit « on vous compensera par un système de dégrèvement », ça veut dire qu'on compense non seulement…

MICHAËL SZAMES
C'est l'Etat qui paie ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est l'Etat qui paie et l'Etat qui paie en plus avec la dynamique, c'est-à-dire au fur et à mesure où vous avez de nouveaux habitants dans votre commune. Mais en fait les maires qu'est-ce qu'ils craignent, qu'on leur refasse le coup qu'ils ont tellement vu pendant les années passées, c'est-à-dire qu'on leur dit « ne vous inquiétez pas, on paiera » et qu'à la fin l'Etat ne paie pas. Nous, on a une caractéristique c'est qu'on fait réellement ce qu'on dit qu'on allait faire.

MICHEL SZAMES
Donc vous garantissez aujourd'hui que l'Etat paiera ?

JULIEN DENORMANDIE
Je garantie fortement, fermement qu'effectivement l'Etat paiera la compensation de cette taxe d'habitation.

PASCAL JALABERT
Cela dit, vous leur demandez des économies en parallèle, donc ils ne pourront peut-être pas tout faire !

JULIEN DENORMANDIE
Mais vous savez les économies… et ça répond également à la question que vous me posiez, parce qu'effectivement qu'est-ce que ça représente la taxe d'habitation ? C'est 10 milliards d'euros de pouvoir d'achat, de pouvoir d'achat redonnés aux Françaises et Français dans les 3 prochaines années. En moyenne une taxe d'habitation, c'est 600 € par personne…

PASCAL JALABERT
Oui, c'est l'impôt le plus payé par les Français, il faut le dire ici !

JULIEN DENORMANDIE
Exactement. Et donc comment on finance cela ? On finance par l'ambitieux projet de finances que nous sommes en train de voter, que le Sénat est en train de discuter ; et qui prévoit ces milliards d'euros d'économies…

MICHAËL SZAMES
Et donc il faut en prévoir plus pour 2020, vous êtes d'accord, 18 milliards, donc où est-ce que vous allez trouver cet argent ?

JULIEN DENORMANDIE
En 2018 c'est 3 milliards d'euros qui est prévu pour la taxe d'habitation, 3 milliards d'euros d'économies prévues pour justement financer l'arrêt progressif de cette taxe d'habitation. Donc ces économies, elles auront lieu en 2018 et évidemment elles continueront les années prochaines.

CYRIL VIGUIER
L'invité politique de Territoires d'Infos ce matin en direct, c'est Julien DENORMANDIE sur notre plateau, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Julien DENORMANDIE sur le logement dont vous avez directement la charge, le président a annoncé une grande conférence du consensus. Pouvez-vous d'abord nous en donner le calendrier premièrement ; et on a envie de vous dire « encore une grande messe, pour quoi faire ».

JULIEN DENORMANDIE
Alors le calendrier de cette conférence de consensus c'est très rapide, l'objectif c'est qu'elle puisse débuter dès début décembre, plus précisément à la mi-décembre. Nous sommes en train d'en discuter, notamment avec le président du Sénat parce que vous savez, cette idée de la conférence du consensus vient du président LARCHER qui nous l'a proposée. Qu'est-ce que c'est ? Quand vous parlez du logement, le logement c'est le quotidien des Français par excellence, c'est 40 milliards d'euros d'argent qui est mis chaque année pour financer le logement. Et pour autant, vous avez aujourd'hui 1 français sur 6 qui se considère comme mal logé. Le logement est trop petit, le logement est trop cher ou il fait trop froid. On a proposé depuis plusieurs mois déjà une stratégie logement avec plusieurs axes. Un premier axe qui est très simple, il faut construire plus et construire moins cher, avec un choc fiscal pour libérer du terrain, avec un choc sur les normes pour réduire les coûts de construction. Et puis ensuite, vous avez des sujets notamment relatifs aux bailleurs sociaux sur lesquels nous sommes en train de discuter.

CYRIL VIGUIER
Pourquoi il y a besoin d'une grande messe ?

JULIEN DENORMANDIE
Parce que les parlementaires – et moi je l'entends totalement – les parlementaires nous disent : écoutez ! Le logement, on a nous beaucoup d'idées alors mme que vous êtes en train de présenter un projet de loi logement qui devrait être discuté au premier semestre 2018. Et donc nous disons aux parlementaires : il faut que nous puissions concerter au maximum avec vous, c'est l'objet de la conférence des consensus, notamment en amont de ce projet de loi logement qui sera discuté dans les chambres au premier semestre 2018.

MICHAËL SZAMES
Alors un point peut-être assez intéressant qui a été dit hier par le président de la République, notamment sur… il parlait de simplifier la loi Alur. Vous allez la simplifier ou tout simplement la retoquer ?

JULIEN DENORMANDIE
Non ! La loi Alur, il y a des choses qui sont bien dans la loi Alur, il ne s'agit pas de retoquer la loi Alur…

INTERVENANT
Vous ne la supprimez pas ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, non, il ne s'agit pas de retoquer la loi Alur dans sa globalité. En revanche vous savez, notre approche elle est assez simple : quels sont les blocages qu'on constate sur le terrain, pas depuis les bureaux parisiens, mais quels sont les blocages que nous constatons sur le terrain. Et les parlementaires, les élus locaux, les citoyens eux-mêmes nous ont fait remonter un certain nombre de blocages, que ce soit sur la loi Alur ou dans d'autres domaines et c'est ça que nous allons chercher à lever.

PASCAL JALABERT
Alors Nicolas HULOT annonce ce matin un bonus-malus par rapport à l'empreinte écologique des logements. Donc sur quel impôt va-t-il s'appliquer et puis est-ce que vous ne craignez pas de pénaliser les petits propriétaires et les ménages les plus modestes ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors il faut remettre là les choses dans son contexte. On a une politique ambitieuse avec Nicolas HULOT, avec Jacques MEZARD et moi-même une politique ambitieuse pour la rénovation énergétique des bâtiments. Vous savez aujourd'hui, on ne le dit pas suffisamment, il y a 7 millions et demi de logements qui sont dans de très mauvaises conditions énergétiques. Et quels sont ceux qui en pâtissent ? Ce sont bien entendu les occupants, non seulement en termes de confort, c'est quand même 1 français sur 5 qui ont froid l'hiver, 1 sur 5, mais c'est également une question de pouvoir d'achat. Et donc le gouvernement a mis en place un point, un programme très ambitieux de rénovation énergétique. C'est par exemple 3 milliards d'euros qu'on donne aux bailleurs sociaux pour rénover les logements sociaux, c'est 3 milliards d'euros de prêts et de fonds propres qu'on propose aux collectivités locales, c'est 1,8 milliard d'euros qu'on met sur la table également pour rénover les bâtiments de l'Etat ; et c'est également le crédit d'impôt transition énergétique qui, à partir de 2019, ne sera plus un crédit d'impôt mais directement une subvention. C'est également des moyens très forts donnés… vous savez à cette agence qui fait un très bon boulot qui s'appelle l'ANAH, qui réhabilite souvent dans les centres-villes des villes moyennes et en milieu rural les habitats. Tout ça, c'est un énorme programme qui…

PASCAL JALABERT
Mais quel est le bonus-malus…

MICHAËL SZAMES
Oui, vous confirmez, donc si on est écolo moins de taxe foncière ; si on n'est pas écolo plus de taxe foncière, c'est très simple !

JULIEN DENORMANDIE
Qu'est-ce que dit Nicolas HULOT ? Nicolas HULOT ouvre la piste en disant : il faut également réfléchir si la fiscalité elle-même, notamment la fiscalité locale ou ce qu'on appelle les droits de mutation, vous savez les droits que vous payez…

PASCAL JALABERT
Les frais de notaires.

JULIEN DENORMANDIE
Est-ce que cette fiscalité-là doit elle aussi inclure un volet énergétique, dit autrement : quand vous êtes un propriétaire et que vous n'avez jamais rénové votre logement et que, donc, votre logement est dit « passoire énergétique », est-ce que vous devez payer plus ou pas de fiscalité ?

INTERVENANT
Ça sera le cas ?

JULIEN DENORMANDIE
On ne sait pas aujourd'hui, ce que dit Nicolas HULOT et…

MICHAËL SZAMES
Donc vous ne confirmez pas le bonus-malus alors ?

JULIEN DENORMANDIE
Non, je confirme qu'on travaille à toutes les hypothèses, toutes les hypothèses. Donc aujourd'hui, il y a un chantier qui est ouvert en se disant : est-ce qu'il pourrait faire sens, est-ce que c'est intelligent et de quelle manière cela pourrait être intelligent de se dire qu'un certain nombre de fiscalités, notamment la fiscalité locale comme je l'indiquais, pourraient tenir compte également de l'efficacité énergétique des bâtiments. Donc on dit juste : il faut ouvrir toutes les pistes de travail, en fonction des études qu'on fera on décidera si oui ou non il faut aller dans cette voie.

MICHAËL SZAMES
Alors il y a le Sénat en ce moment qui examine le projet de budget notamment pour 2018. Est-ce que vous soutiendrez l'amendement venu de la droite de Philippe DALLIER, qui vise à augmenter la TVA sur les travaux de rénovation, ils sont à 5,5 aujourd'hui, pour les monter à 10 %, est-ce que vous allez soutenir cet amendement ?

JULIEN DENORMANDIE
Oui, c'est un travail…

MICHAËL SZAMES
Vous allez soutenir l'amendement venu de la droite ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors je vais être très précis, déjà je voudrais saluer le travail fait par les parlementaires, en l'occurrence le sénateur DALLIER que vous avez mentionné, qui a fait un travail de concert avec l'ensemble des bailleurs sociaux et les services de l'Etat, pour essayer de déterminer quelles pourraient être les voies et moyens de mettre en oeuvre cette réforme de logements sociaux que nous portons de nos voeux. Et effectivement dans le cadre de ces travaux avec les bailleurs sociaux, ces derniers nous disent : nous, on est prêt pour pouvoir mener la réforme d'augmenter la TVA. Alors c'est des sujets extrêmement techniques, mais je vous confirme que tous les travaux faits par monsieur DALLIER sont des travaux qui vont dans le bon sens.

MICHAËL SZAMES
Donc la TVA augmentera à 10 % !

JULIEN DENORMANDIE
Mais alors il faut vraiment être très précis parce que si vous ne le dites que comme ça, on a l'impression que c'est une nouvelle taxe imposée, alors que ce n'est pas du tout ça…

MICHAËL SZAMES
Ça ne sera pas une nouvelle taxe !

JULIEN DENORMANDIE
Non, ce n'est pas ça le sujet. De quoi parle-t-on ? On sait aujourd'hui que les logements sociaux nécessitent une réforme en profondeur, encore une fois au bénéfice des Français. Qu'est-ce qu'il faut faire ? D'abord il faut regrouper les bailleurs sociaux, nous en avons trop aujourd'hui, près de 800, il faut les regrouper pour qu'ils soient plus forts, pour qu'ils soient en capacité d'accueillir plus de public fragile et en capacité de plus investir, premier point. Deuxième point, il faut que les bailleurs sociaux puissent faire plus de ce qu'on appelle de l'accession sociale. Si moi j'habite dans un logement social et que je désire acquérir mon logement, il faut que le bailleur social soit plus enclin à me le proposer. Et enfin troisièmement, aujourd'hui – et c'est vrai depuis 40 ans – on voit une dérive du niveau des APL, ces Aides personnalisées au logement…

MICHAËL SZAMES
On a bien entendu parler de ça !

PASCAL JALABERT
Oui ! Ca…

JULIEN DENORMANDIE
Je vous le confirme, c'est 18 milliards d'euros aujourd'hui. Si on ne fait rien, on sait tous qu'on va dans le mur. Et donc qu'est-ce qu'on fait, quelle est notre philosophie ? Il faut plus aider à la construction et moins aider à la personne. Et donc pour ce faire, on donne beaucoup d'argent aux bailleurs sociaux, énormément d'argent, à travers notamment la Caisse des Dépôts, c'est plusieurs dizaines de milliards qu'on leur propose pour faciliter la construction ; et en contrepartie on leur demande de répercuter ce gain supplémentaire qu'on leur fait gagner en une diminution des loyers et, donc, des APL.

PASCAL JALABERT
Je reviens sur le Congrès des maires, il y a eu aussi une demande qui s'est exprimée sur le numérique et sur l'accès au haut débit, enfin aux moyens modernes. Et beaucoup de maires disent : encore une fois, les métropoles la fibre arrive très vite et nous, on rame pour avoir la 4G, pour avoir des moyens pour nos entreprises et aussi pour nos usagers. Alors que leur répondez-vous parce que ça fait 15 ans que ça traine, ce dossier ?

JULIEN DENORMANDIE
Ils ont raison, la situation aujourd'hui elle est tout simplement inacceptable. J'ai animé la table ronde sur le numérique avec les maires, c'était incroyable le nombre de maires qui ont participé à cette table ronde. Moi, ma position elle est très claire, elle a été rappelée par le président de la République, il faut qu'en 2020 du bon débit soit donné à tous les Français ; et en 2022 du très bon débit…

MICHAËL SZAMES
Et donc ça passe par la contrainte, ça pourrait passer par la contrainte…

(…) Brouhaha

MICHAËL SZAMES
La contrainte des opérateurs ?

JULIEN DENORMANDIE
Alors il y a… exactement, il y a 3 choses très simples qu'il faut faire. Il faut dire aux opérateurs « vous devez investir plus », donc on est dans des négociations financières avec eux qui sont sur le point de se terminer, parce qu'on a des moyens pour leur imposer d'investir…

MICHAËL SZAMES
Avec un accord en vue ?

JULIEN DENORMANDIE
Avec un accord en vue, avec un accord en vue.

MICHAËL SZAMES
Ça, vous pouvez le garantir aujourd'hui ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est comme tout dans la vie, vous savez vous faites des négociations, ça fait 4 mois qu'on négocie avec eux et on voit les chemins…

MICHAËL SZAMES
Bon espoir !

JULIEN DENORMANDIE
Exactement, on voit les chemins pour arriver à l'accord. Il y a un deuxième sujet, c'est qu'il faut effectivement de la contrainte. Ca suffit les engagements la main sur le coeur en disant « vous savez moi, je vais fibrer partout, moi je vais déployer partout », il faut des objectifs contraignants. Il s'avère que la loi aujourd'hui nous le permet, c'est la loi Montagne qui a produit un amendement qui, aujourd'hui, permet à l'Etat de contractualiser de manière contraignante avec les opérateurs pour se faire. Et enfin troisième point, il faut de la transparence, ça suffit également… vous savez aujourd'hui 98,8 % des Français sont officiellement connectés à un bon téléphone mobile. Je pense que la grande majorité vous disent « moi je n'ai pas les barres sur mon téléphone ». Donc il faut de la transparence.

MICHAËL SZAMES
Est-ce que vous négociez en ce moment avec les opérateurs, est-ce que vous êtes inquiet pour le groupe SFR, notamment qui est géré par le groupe ALTICE de Patrick DRAHI, on voit son cours en bourse qui chute et encore hier, une agence de notation a mis le groupe sous surveillance négative !

JULIEN DENORMANDIE
Je pense qu'il faut être attentif, on regarde de près. Vous savez la dette du groupe ALTICE, il n'y a pas de remboursement à très court terme, ce qu'on appelait un refinancement. Et donc les sujets… il n'y a pas de couperet à très court terme. Après c'est comme tout, moi je préfère un groupe ALTICE qui investisse massivement dans les déploiements plutôt qu'un groupe…

MICHAËL SZAMES
… Inaudible.

JULIEN DENORMANDIE
Encore une fois, il faut regarder de près, nous sommes attentifs, mais les prochains jalons de remboursement de dette ne sont pas à court terme pour le groupe, ils sont dans plusieurs années. Donc ça laisse le temps au groupe ALTICE de faire les transformations nécessaires pour retrouver…

CYRIL VIGUIER
Ça vous rassure que Patrick DRAHI ait pris la tête du groupe à nouveau lui-même ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez ça pour le coup, ce n'est pas à moi de faire de commentaires dessus. Moi je ne juge pas sur les personnes qui sont en poste, je juge juste sur les actes et encore une fois, plus les opérateurs sont forts, plus les opérateurs sont en capacité…

PASCAL JALABERT
Il y en a beaucoup en France, on est le plus qui en a le plus…

CYRIL VIGUIER
Pardon ! On ne peut pas continuer Julien DENORMANDIE. Un petit mot parce qu'on vous avait imaginé en porte-parole possible du gouvernement…

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.

CYRIL VIGUIER
Dans la presse ces derniers jours, qu'en est-il d'abord ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi, j'ai toujours été très clair dessus et depuis le premier jour, je n'ai qu'une seule envie, qu'une seule ambition…

CYRIL VIGUIER
Ça vous aurait plu quand même ou pas ?

JULIEN DENORMANDIE
Vraiment aujourd'hui moi, je n'ai qu'une seule envie, c'est de mener à bien les chantiers. Vous avez vu, on a évoqué le logement, on a évoqué le numérique…

CYRIL VIGUIER
En tout cas, vous restez à votre place, vous êtes garanti d'être resté à votre place.

JULIEN DENORMANDIE
On peut évoquer aussi les quartiers prioritaires dans la ville. Après, c'est le président de la République et le Premier ministre qui décident. En tout cas si vous me le demandez personnellement, je souhaite rester à ma place.

CYRIL VIGUIER
Vous aviez imaginé un jour que vous seriez si jeune au gouvernement en vous rasant le matin ?

JULIEN DENORMANDIE
Très franchement non. Vous savez moi, j'ai un parcours très particulier, je suis ingénieur, ingénieur spécialisé en agronomie…

CYRIL VIGUIER
Donc vous ne le devez qu'à Emmanuel MACRON, c'est ça ?

JULIEN DENORMANDIE
Je ne sais pas… enfin bien entendu, c'est lui le président de la République, c'est lui qui m'a proposé. Mais je le dois je crois aussi à beaucoup de combats en commun que nous avons menés maintenant depuis de nombreuses années ; et une volonté et une conviction forte qu'il faut rénover la politique, transformer notre pays, tout ça au bénéfice des Français.

CYRIL VIGUIER
Ça vous avait plu cette vie d'ingénieur ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais en fait l'ingénieur, moi je crois que vous l'êtes au jour le jour, c'est-à-dire vous gérez des projets. Vous savez, quand il s'agit de gérer du numérique, le déployer, vous avez un projet et moi je n'ai qu'une seule boussole, c'est est-ce qu'à la fin ça marche, est-ce qu'on a des résultats. Et c'est ça qui me guide et c'est ça qui me plaît.

CYRIL VIGUIER
Merci Julien DENORMANDIE, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, d'avoir été l'invité politique de Territoires d'Infos ce matin.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 novembre 2017

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