Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à BFMTV RMC le 29 novembre 2017, notamment sur la portée du voyage d'Emmanuel Macron en Afrique, le glyphosate, le redoublement à l'école et le logement à Paris. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à BFMTV RMC le 29 novembre 2017, notamment sur la portée du voyage d'Emmanuel Macron en Afrique, le glyphosate, le redoublement à l'école et le logement à Paris.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité ce matin, il y a 08h36, Benjamin GRIVEAUX, porte-parole du gouvernement. Bonjour.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci de nous avoir réservé votre première prise de parole, sur une longue émission de radio ou de télévision. Vous êtes porte-parole du gouvernement depuis quelques jours. Emmanuel MACRON est en Afrique, il est parti en Afrique, entre autres, pour rétablir la confiance entre la France, l'Europe et le Continent africain. Mais comme le disait une étudiante hier, qui était face à lui : « La confiance c'est comme un timbre, il ne colle pas deux fois ». Il ne colle pas deux fois, la confiance ne colle pas deux fois, c'est-à-dire qu'on a fait confiance à la France et aujourd'hui on ne fait plus confiance à la France en Afrique ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A l'ère du numérique, on va oublier le timbre et on va pouvoir reconstruire cette confiance. Vous dire que, hier, il a donné le discours d'un jeune président, à un jeune Continent. Il l'a dit lui-même, il est d'une génération qui n'a pas connu le passé colonial, qui n'a pas connu cette histoire, on l'a connue à travers les livres, à travers les enseignements...

JEAN-JACQUES BOURDIN
« Un passé qui doit passer », a-t-il dit.

BENJAMIN GRIVEAUX
Un passé qui doit passer, il y a eu l'occasion d'ailleurs de s'exprimer sur ces questions dans le cadre de l'élection présidentielle, et en disant que ce passé doit passer pour réconcilier les mémoires et pour permettre à l'Afrique, de se projeter pleinement, eh bien dans le XXIème siècle. Ce sera un continent central, global dans les questions du XXIème siècle. C'est un continent jeune, il y a 450 millions de jeunes Africains qui d'ici 2020, rentreront sur le marché de l'emploi. Il y a une société civile qui est en train d'émerger, et moi je suis frappé, j'ai eu l'occasion dans les fonctions que j'occupais à Bercy, de me rendre à plusieurs reprises en Afrique, de voir cette société civile, des entrepreneurs africains, eh bien, faire le pari d'investir, d'innover, d'expérimenter, de créer, parfois associés d'ailleurs avec la diaspora africaine, présente en France, et qui investit aussi beaucoup là-bas. Il faut, je crois, pour que, et c'était le sens du message qu'a adressé hier le président de la République à cette jeunesse africaine, qu'elle prenne en main son destin, elle a commencé à le faire, et c'est sans doute le rôle de la France d'aider à l'émerge de cette société civile.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La France et l'Europe...

BENJAMIN GRIVEAUX
La France et l'Europe, il aura l'occasion de le dire aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, l'aide publique française a du retard, a pris du retard, vous le savez bien.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il a pris un engagement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, il a pris un engagement.

BENJAMIN GRIVEAUX
0,55 %.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça veut dire 10 milliards en 5 ans.

BENJAMIN GRIVEAUX
0,55 % du PIB, c'est l'engagement qu'il a pris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
6 milliards en 5 ans.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça veut dire 6 milliards en 5 ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
1,2 milliard par an.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est l'engagement qui a été pris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
1,2 milliard par an.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est l'engagement qui a été pris par le président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui sera tenu.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et qui sera tenu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. A qui ira cette aide, d'ailleurs ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, il l'a dit hier. L'aide publique au développement, il y a eu par le passé, sans doute un usage pas toujours optimal de cette aide publique au développement, parce que, quand elle allait parfois au gouvernement, elle n'allait pas sans doute au bon endroit, ou une partie de l'aide n'était pas totalement orientée et tournée vers finalement la destination qui aurait dû être la sienne. Donc c'est une aide au développement envers les populations, c'est une aide au développement aussi, avec un sujet central pour l'Afrique, quand on a un Continent aussi jeune, c'est la question de l'éducation, c'est la question de l'éducation des jeunes femmes, pour permettre à cette jeunesse de prendre son destin en main.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En évitant la corruption. Ça ne sera pas facile.

BENJAMIN GRIVEAUX
En évitant la corruption, en évitant les phénomènes de détournements, c'est pour ça que s'appuyer sur la société civile, c'est-ce qu'on a fait en France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Le glyphosate, deuxième sujet important de ces derniers jours. Renouvellement pour 5 ans, on est bien d'accord, décision européenne, au plus tard interdiction en France dans 3 ans. C'est bien cela ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, le glyphosate...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est bien ce que j'ai compris, parce que, en écoutant les uns et les autres je n'ai pas toujours bien compris. Heureusement que le président de la République est intervenu.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le glyphosate c'est le produit d'une époque, on l'a utilisé pendant 40 ans parce qu'on avait une agriculture intensive, productive. Bon. Quelle était la situation ? Si la France n'avait rien fait, l'Europe aurait reconduit pour 10 ans. Nous avons mené le combat, nous avons posé le problème, nous avons mis les mains dans le cambouis, nous avons dit à nos partenaires européens : il y a une difficulté que ce produit, nous sommes passés de 10 ans à 5 ans, 18 États membres, lundi soir à Bruxelles, se sont prononcés pour que cette reconduction se fasse sur 5 ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous félicitez donc.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça n'était pas le souhait français, ni la position française, on souhaitait pouvoir aller plus vite, plus loin. Nous prenons acte du vote qui a été obtenu...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous félicitez.

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous prenons acte du vote qui...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qu'a dit votre ministre de l'Agriculture.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il a dit « prenez acte », Stéphane TRAVERT.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, il a dit : « Je me félicite ».

BENJAMIN GRIVEAUX
... a dit qu'il prenait acte...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est faux.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il l'a redit, il a eu l'occasion de le dire hier encore, sur la chaine de l'un de vos confrères, et donc...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans un premier temps, il a dit : « Je me félicite ».

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc, on prend acte de ce vote, ça sera 5 ans, très bien, mais que fait-on ? On mobilise la recherche, on mobilise nos instituts de recherche, on mobilise l'INRIA et on mobilise surtout le monde agricole et les agriculteurs, pour permettre de trouver des produits de substitution. Il n'y aura pas d'interdiction s'il n'y a pas de substitution possible, que les choses soient très claires. Et il faut qu'on puisse aussi accompagner nos agriculteurs dans la transition de notre modèle agricole, c'est tout l'enjeu et c'est tout l'objectif aussi des états généraux de l'alimentation, de la deuxième partie des états généraux de l'alimentation, la première partie portait sur la création et la répartition de la valeur des grands distributeurs, aux transformateurs jusqu'aux producteurs, il faut demain que nous ayons une agriculture plus respectueuse de l'environnement, mais qui permette à nos agriculteurs, à nos paysans, parce que j'aime ce mot, à nos paysans, de vivre décemment de leur travail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dites-moi, n'est-ce pas un échec pour l'Europe, cette histoire de glyphosate ? Voilà la Grande-Bretagne qui vote le prolongement, le renouvellement de l'autorisation alors que dans 18 mois, la Grande-Bretagne ne sera plus en Europe, peut-être.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, en tout cas il y a des négociations qui sont engagées dans le cadre du Brexit, et la date est de mars 2019, donc nous sommes même à un peu moins de 18 mois sur la sortie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous sommes en France, nous ne pouvons pas fermer nos frontières, il y aura du glyphosate dans des produits importés.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il n'y ra pas de sur transposition, on l'a rappelé, mais la France est volontaire et la France c'est aussi l'Europe, à aussi fonctionner avec des pays, eh bien qui mettent les sujets sur la table, qui sont volontaires, qui vont convaincre les autres, c'est aussi comme cela qu'on fait avancer l'Europe, par des projets très concrets, c'est ce qu'a fait la France, ça devait être 10 ans, ça a été ramené à 5 ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En l'occurrence, elle a reculé, l'Europe.

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous mettrons tous les moyens possibles pour permettre de trouver des éléments permettant de substituer l'usage du glyphosate. L'objectif c'est d'avoir une agriculture qui utilise moins d'herbicides et moins de pesticides.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, trois ans, plus de glyphosate. L'Europe, les Européennes 2019, retour à des listes nationales ou pas ? Oui ou non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, le président de la République a reçu, vous le savez, l'ensemble des responsables des grands partis politiques. Le Premier ministre, Edouard PHILIPPE, fait les dernières consultations ce matin. Il y a une volonté de pouvoir s'orienter en tout cas à des discussions vers des listes nationales.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Retour des listes nationales ?

BENJAMIN GRIVEAUX
La question qui est discutée avec les grands partis politiques, c'est justement la question de la circonscription, comment est-ce qu'on va déterminer, est-ce qu'on passe par des circonscriptions régionales ou par des listes nationales ? Moi je considère que l'Europe c'est un sujet qui est au coeur de la Nation française.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc listes nationales.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le président de la République, dans le cadre de l'élection présidentielle, a assumé le positionnement européen qui est le sien et il a sans doute été le seul, vous vous souvenez de nos meetings, il y avait sans doute au moins autant de drapeaux européens que de drapeaux français qui flottaient dans les meetings d'Emmanuel MACRON, candidat, et donc la question de savoir si nous devons avoir des listes nationales, est une question qui assez centrale...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, donc, est-ce que vous êtes favorable, est-ce que le gouvernement est favorable à un retour des listes nationales ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, c'est les discussions, je laisse le Premier ministre faire les annonces suite aux consultations qui sont en faites ce matin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'allez pas me faire le coup de tous les porte-paroles qui me disent, qui nous disent... mais la décision est déjà prise, Benjamin GRIVEAUX ! Vous ne pouvez pas me raconter des histoires !

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous faire, Jean-Jacques BOURDIN, la courtoisie...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ou non ?

BENJAMIN GRIVEAUX
... la courtoisie républicaine, les grands partis sont consultés ce matin à Matignon, en présence du Premier ministre...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils sont consultés par le président de la République, les grands partis.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, et par le Premier ministre...

JEAN-JACQUES BOURDIN
La décision est déjà prise, vous le savez bien.

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous savez qu'il y a deux têtes de l'exécutif dans notre pays, le président de la République et le Premier ministre, les partis sont reçus ce matin par le Premier ministre, il aura une expression à l'issue de ces rencontres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi j'ai reçu beaucoup de porte-paroles de gouvernement, et vous savez, l'art du porte-parolat, c'est quoi ? C'est de ne jamais répondre aux questions franches et directes.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas vrai, je vous ai répondu sur de questions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, je vous demande la question : est-ce que vous allez revenir, est-ce que nous allons revenir à des listes nationales ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Le Premier ministre s'exprimera à l'issue des rencontres qu'il a ce matin, il ne serait pas courtois, de manière républicaine, de donner la réponse avant même que les partis aient été consultés jusqu'à son terme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, non-réponse. J'ai d'autres questions. Le redoublement autorisé à nouveau, volonté du gouvernement ou pas ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, Jean-Michel BLANQUER s'est exprimé sur le sujet, il n'y est pas défavorable, pour une raison simple, c'est que...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous y êtes favorable.

BENJAMIN GRIVEAUX
Pour une raison simple : un enfant qui échoue, et qui commence à échouer tôt dans son parcours scolaire, c'est un enfant ensuite qui n'arrive pas à rattraper. Tout ce qu'on est en train de mettre en place, par exemple quand on divise le nombre d'élèves par deux, dans des quartiers difficiles, c'est pour faire en sorte que quand vous entriez au collège, vous puissiez disposer de la maîtrise des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter. Si vous ne savez pas maîtriser ces savoirs fondamentaux à l'entrée au collège, ensuite vous avez une scolarité chaotique et avec des phénomènes de décrochage, on a 150 000 décrocheurs scolaires par an. C'est 150 000 gamins qu'on n'arrivera pas demain, eh bien à intégrer sur le marché du travail, à leur permettre finalement de mener leur vie. Et donc si le redoublement est une réponse pour des élèves qui connaissent des difficultés, dès le plus jeune âge, il faut pouvoir y procéder, c'est aussi le rôle de l'école que de se dire...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc oui, retour du redoublement.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, pour cette raison-là, à savoir qu'il faut pouvoir que les enfants qui sortent de l'école primaire, maîtrisent des savoirs fondamentaux, c'est essentiel pour la suite. On ne peut pas construire, l'économie de la connaissance, l'économie de la compétence et de l'innovation, si on ne maîtrise pas les savoirs fondamentaux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les soins dentaires, les prothèses auditives, vous savez, ce sont des questions du quotidien, importantes pour toutes celles et ceux qui nous regardent ou qui nous écoutent, reste à charge zéro...

BENJAMIN GRIVEAUX
Les lunettes aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, les lunettes, prothèses auditives, soins dentaires, lunettes, reste à charge zéro, a dit Emmanuel MACRON, alors comment faire, comment assurer un remboursement à 100 %, à tous, sans que les complémentaires santé augmentent leurs tarifs. Comment faire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord par une discussion avec l'ensemble des acteurs, c'est la première chose à faire, donc avec les complémentaires, avec l'assurance maladie, et puis aussi avec ceux qui produisent les prothèses. Je me souviens très bien de ce que le candidat Emmanuel MACRON avait dit pendant la campagne. Vous avez par exemple en Allemagne des prothèses auditives qui coûtent 2 à 3 fois moins chères que les prothèses auditives qu'on trouve en France. Je ne suis pas certain que les prothèses auditives qu'on trouve en Allemagne, soient de moins bonne qualité que les prothèses auditives qu'on trouve en France. De la même manière, sur les questions par exemple des lunettes, vous avez un phénomène qui a fait un peu d'inflation et vous avez aujourd'hui, eh bien des opérateurs qui rentrent sur ce marché de la lunette avec des prix très compétitifs, avec des lunettes de qualité. Donc c'est l'ensemble de la chaîne, qu'il faut mettre autour de la table, à la fois les assureurs, les complémentaires et aussi ceux qui produisent...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce que vous allez faire.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est par la discussion, c'est par le dialogue. Vous savez, vous ne prenez pas de décisions unilatérales. Si vous mettez les gens autour de la table, j'ai la faiblesse de penser qu'on est collectivement plus intelligent que quand on fait ça seul, donc on part du réel, on part à la fois des questions d'assurance et de complémentaires, mais aussi des producteurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'emploi à domicile, on n'en parle plus c'est dommage. Est-ce que le particulier employeur va bénéficier de l'avantage fiscal l'année où la dépense est engagée ? C'est important, important.

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, je n'ai pas de réponse à votre question.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourtant vous étiez à Bercy.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais ça relève aussi du projet de loi de financement de la sécurité sociale, donc j'aimerais éviter de vous donner un élément qui serait factuelle ment faux mais je vous assure …

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'était un engagement, pardonnez-moi.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui c'était un engagement. Mais je rappelle qu'il y aura aussi une revalorisation pour ça, pour les emplois à domicile.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il sera tenu cet engagement ? Oui ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez les engagements que nous avons pris jusqu'à présent nous les avons tenus. C'est sans doute ce qui fait aussi la différence avec ce que nous avons pu observer ces quinze ou vingt dernières années, c'est que l'ensemble des engagements qui ont été pris, que ce soit sur la modification du marché du travail, sur les modifications qui sont déterminées dans le cas du projet de loi de Finances sur la fiscalité du capital ou sur d'autres éléments qui ont été mis en place depuis le début de ce quinquennat, ces six premiers mois ont été très actifs, il y a eu beaucoup de projets qui ont été votés à l'Assemblée, beaucoup de textes qui ont été pris, beaucoup de mesures qui ont été mises place ; pas de raison que nous nous arrêtions en si bon chemin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai deux questions, des questions concrètes. L'encadrement des loyers. Vous avez vu…

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous ferons appel de la décision du Tribunal si c'est la question que vous posez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Pourquoi n'avez-vous pas fait appel à Lille ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous allons faire appel à Paris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça fait un mois et demi qu'à Lille…

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous savez qu'on peut encore faire appel, donc je ne sais pas ce que nous déciderons à Lille mais nous ferons appel à Paris…

JEAN-JACQUES BOURDIN
A Lille pas sur mais à Paris certain.

BENJAMIN GRIVEAUX
A Paris certainement nous ferons appel.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas à Lille ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, je n'ai pas la réponse à votre question, mais je vous réponds pour Paris, nous ferons appel à Paris, pour une raison simple, c'est que vous avez connu une inflation des loyers très importantes à Paris depuis quinze à vingt ans, que ça devient difficile pour les classes moyennes de pouvoir se loger à Paris y compris avec des salaires, même pour les classes moyennes, supérieurs, avec des salaires qui sont importants ; quand vous avez par exemple un couple avec deux jeunes enfants pour se loger à Paris ça devient extrêmement compliqué. Paris ne peut pas être une ville qui se gentrifie et réservée à quelques-uns. Donc pour cette raison nous ferons appel de la décision du tribunal.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre-Dame-des-Landes, décision du gouvernement après le 12 décembre, si j'ai bien compris.

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors, non, après le 13 décembre puisque le rapport sera remis le 13 décembre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Au lendemain de …

BENJAMIN GRIVEAUX
Soyons précis. Vous avez le sommet climat le 12 décembre, le rapport sera remis des trois experts puisque des médiateurs avaient été nommés sur ce dossier. Ils remettront leur rapport le 13 décembre au gouvernement et nous prendrons la décision rapidement suite à la remise de ce rapport ; il nous faudra l'analyser…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant la fin de l'année.

BENJAMIN GRIVEAUX
L'analyser, l'expertiser, rapidement, vraisemblablement avant la fin de l'année.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant fin décembre. Un petit mot sur le réaménagement du gouvernement parce que a a choqué beaucoup de nos auditeurs, je peux vous le dire, Olivier DUSSOPT qui a été député socialiste de l'Ardèche, qui a été nommé secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique. En six jours, il vote d'abord contre le budget du gouvernement ; et six jours après il est au Sénat, il défend le budget du gouvernement. Franchement, mettez-vous à la place de l'électeur, du citoyen, est-ce qu'il peut comprendre cela ?

BENJAMIN GRIVEAUX
1/ Olivier DUSSOPT était, quand il était à l'Assemblée nationale, membre du groupe Nouvelle gauche, anciennement le Parti socialiste – je résume pour les auditeurs qui n'auraient pas suivi les changements de noms un peu parfois compliqués qui interviennent dans les groupes politiques au Parlement - Il était membre de ce groupe, il a fait preuve de loyauté vis-à-vis du groupe et il a suivi la discipline du groupe, c'est aussi simple que cela. Olivier DUSSOPT je le connais depuis longtemps, c'est un élu local, c'est un élu d'une petite ville, il a été l'un des plus jeunes maires de France, Annonay, dans l'Ardèche ; il a été en responsabilité à l'Association des maires des petites villes de France et c'est quelqu'un qui a toujours, moi dans les échanges que j'ai eus puisque j'étais à l'Assemblée nationale et j'ai défendu le projet de loi de Finances du gouvernement, il a toujours été dans un ton très mesuré, il a toujours été dans un ton très …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a voté contre.

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors je ne sais plus si on peut utiliser le terme, c'est constructif à l'égard du gouvernement. Il n'a jamais été dans l'invective, il n'a jamais été …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a voté contre.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, mais vous savez …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a voté contre les ordonnances de la loi Travail…

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous pouvez aussi avoir des propos mesurés. Moi je me réjouis qu'il fasse partie du gouvernement et j'observe quelque chose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Votez contre le lundi et approuver la semaine d'après…

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous suivez la discipline du groupe parlementaire auquel vous appartenez e qui est plutôt bon signe sur la loyauté qu'il aura à l'égard du gouvernement dont aujourd'hui il portera la politique sur l'ensemble des sujets. Mais ce que j'aimerai dire, au-delà de ce cas individuel, que se passe-t-il ? Au fond depuis trente ans un gouvernement immanquablement après une élection réduit son socle politique, il se recroqueville sur lui-même, il ferme les écoutilles, il a ses frondeurs, etc. Et là que se passe-t-il ? Pour la première fois depuis trente ans, un gouvernement en place et aux affaires depuis six mois élargit son socle politique. La recomposition politique n'est pas terminée dans notre pays ; ce qui a été engagé au moment de l'élection présidentielle n'est pas terminé, et nous on veut prendre les gens de bonne volonté, qui ont des bonnes idées, qui ont fait leur preuve, et c'est le cas d'Olivier DUSSOPT sur les sujets dont il a été en responsabilité, notamment auprès des maires des petites villes de France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je termine avec la télévision publique, est-ce que vous regardez Envoyé spécial ou Complément d'enquête.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous aimez ces deux émissions.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui. Alors je vais vous dire, pour ne rien vous cacher, je regarde quand je peux, un peu moins depuis six mois, si je suis totalement honnête et transparent avec vous.

JEAN-JACQUES BOURDIN
« Motion de défiance contre Delphine ERNOTTE ». Pourquoi s'attaquer à l'investigation ! Moi je ne comprends pas très bien.

BENJAMIN GRIVEAUX
Alors 1 / je n'ai pas moi à commenter les décisions, j'ai compris suite à la journée d'hier que ces émissions allaient être maintenues. Moi je suis pour que …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Même si les équipes vont être un peu réduites.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je suis pour et je l'ai toujours été que l'investigation puisse se faire dans la presse écrite comme sur les médias radiophoniques ou télévisuels. Je trouve que par exemple les Panama Papers c'est un travail utile qui est fait de transparence pour notre démocratie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Indispensable.

BENJAMIN GRIVEAUX
Absolument indispensable. Donc vous ne me trouverez jamais derrière les censeurs, jamais derrière la police de la pensée, il est heureux et il est souhaitable que des émissions d'investigation puissent eh bien faire leur travail et présenter …

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un message envoyé à la présidente de France télévisions.

BENJAMIN GRIVEAUX
On est aujourd'hui dans une hyper démocratie, moi je suis content qu'on ait des médias qui permettent de débattre démocratiquement dans notre pays.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Regroupement des sociétés au sein d'une holding, j'ai vu ça, parce qu'Emmanuel MACRON, candidat, a promis de réorganiser l'audiovisuel public, il le fera ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Les discussions là-dessus à nouveau doivent s'engager c'est le rôle de la ministre de la Culture Françoise NYSSEN de mener ces discussions. Mais à nouveau rien ne doit être interdit, il ne fait rien s'interdire intellectuellement sur tous les sujets. Si on se dit qu'il ne faut rien changer de ce qu'on a fait depuis vingt ou trente ans, écoutez on n'a qu'a laisser l'administration procéder ; ça n'est pas le cas, vous l'aurez compris, nous avons des ministres y compris ceux dont on disait issus de la société civile seront –ils de bons politiques, eh bien moi quand je regarde les résultats obtenus par Jean-Michel BANQUER, par Agnès BUZYN, par Frédérique VIDAL, par François NSYSSEN dans leur domaine respectif, je suis heureux qu'on ait des ministres issus de la société civile, par Marlène SCHIAPPA également que vous avez eu l'occasion de recevoir.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui François NYSSEN qui dépose plainte contre x, tout cela parce qu'un journal a sorti des informations sur l'audiovisuel public, assez inquiétant non !

BENJAMIN GRIVEAUX
Non. Je vais vous dire une chose, ce qui est inquiétant c'est que quand vous êtes dans votre équipe et quand vous faites votre conf de rédac le matin ici, si les documents que vous avez … Vous voyez les papiers là que vous avez, si vous …

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça c'est moi ça, c'est mon travail …

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça c'est vous, c'est votre travail, si ça se retrouve demain matin dans la presse, dans le journal ou sur internet avec vos notes personnelles, c'est assez désagréable. Donc il faut qu'on puisse travailler en confiance les ministres avec leur administration et leur cabinet ; c'était un document de travail qui est sorti et il n'est pas souhaitable pour le coup que les documents de travail circulent parce qu'à nouveau il faut que le débat se fasse quand les termes ont été adoptés par le gouvernement et c'est ça qu'on met sur la place publique par des documents de travail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi j'ai une information à vous donner pour terminer, pour boucler la boucle, l'exécutif va proposer un retour aux listes nationales en 2019. Qui annonce cela ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne sais pas puisque vous avez ça sous les yeux et je n'ai pas encore la capacité à lire dans vos yeux qui annonce cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous confirmez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Dites-moi qui annonce cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Jean-Christophe LAGARDE qui vient d'être reçu par Edouard PHILIPPE.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez si Jean-Christophe LAGARDE a compris cela de l'échange qu'il a eu avec Edouard PHILIPPE je n'ai pas à répondre ou contredire Jean-Christophe LAGARDE.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est que c'est la vérité ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous voyez il est important de laisser les grands partis rencontrer les …

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est que c'est la vérité.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il est important de laisser les grands partis rencontrer l'exécutif pour avoir la décision…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qui vous gêne ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça ne me gêne pas, je trouve que Jean-Christophe LAGARDE …

JEAN-JACQUES BOURDIN
A dit la vérité.

BENJAMIN GRIVEAUX
A rencontré le Premier ministre, les autres grands partis le feront ce matin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vous remercie.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er décembre 2017

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