Interview de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec BFMTV et RMC le 30 novembre 2017, sur l'arme nucléaire en Corée du Nord, l'industrie d'armement, l'intervention militaire au Mali, la lutte contre le terrorisme et sur la mise place d'un service national. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec BFMTV et RMC le 30 novembre 2017, sur l'arme nucléaire en Corée du Nord, l'industrie d'armement, l'intervention militaire au Mali, la lutte contre le terrorisme et sur la mise place d'un service national.

Personnalité, fonction : PARLY Florence , BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre des armées;

ti :
JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invitée ce matin, Florence PARLY, ministre des Armées. Bonjour.

FLORENCE PARLY
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous. C'est une première depuis que vous êtes ministre des Armées, j'en suis très heureux, d'autant plus que l'actualité mérite d'être commentée, plus que commentée. Le missile nord-coréen, qui a été tiré, le dernier missile, est-ce que c'est une menace, est-il une menace réelle ou un outil de dissuasion ?

FLORENCE PARLY
Ce tir est une expression de plus, voire une provocation de plus du régime nord-coréen, après des tirs balistiques qui avaient déjà survolé l'île du Japon, l'île d'Hokkaido, après des tirs qui avaient testé les têtes nucléaires, donc on voit bien que ces opérations sont à la fois des opérations de démonstration, et en même temps, de démonstration d'une capacité à monter en puissance, puisque, au fond à chaque fois, nous sommes surpris par les capacités dont font preuve les nouveaux tirs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, la Corée du Nord progresse.

FLORENCE PARLY
La Corée du Nord progresse, et progresse vite. Cet été, on pensait encore être à l'abri, de ne pas être à la portée en ce qui concerne l'Europe ou les Etats-Unis, ce tir, manifestement, montre que peu de villes occidentales échapperaient…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La France serait à la portée de ces missiles nord-coréens ?

FLORENCE PARLY
Personne ne peut dire que nous ne serions pas à la portée. L'Europe, comme les Etats-Unis sont certainement à la portée de ces tirs. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est si ce tir disposait d'une tête chargée ou pas. Donc ce qui est important maintenant, c'est de poursuivre dans la voie qui a été initiée il y a déjà plusieurs semaines de cela, c'est-à-dire la voie des sanctions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et je vais y revenir…

FLORENCE PARLY
Parce que ces sanctions sont indispensables…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y revenir, je vais revenir sur ce qu'a décidé, sur ce qui a été dit au Conseil de sécurité de l'ONU. Florence PARLY, je vous pose une question directe, est-ce que vous êtes inquiète ?

FLORENCE PARLY
Comment ne pas être inquiète dans le monde dans lequel nous vivons, Monsieur BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La menace est mondiale, là ?

FLORENCE PARLY
La revue stratégique que nous avons menée, il y a quelques semaines, sous l'autorité d'Arnaud DANJEAN, dresse une analyse assez lucide, et sans tabou, du contexte stratégique dans lequel nous sommes, qui est caractérisé par des menaces qui se sont exprimées beaucoup plus vite et beaucoup plus forts que ce à quoi on pouvait s'attendre il y a encore cinq ans, qu'il s'agisse du terrorisme djihadiste, qu'il s'agisse de l'affirmation de stratégie de puissance de la part d'un certain nombre d'Etats, nous venons de parler de la Corée du Nord, de l'Asie, qu'il s'agisse également de la montée en puissance d'un certain nombre de technologies, qui vont probablement changer la donne également dans la manière de mener un certain nombre de combats, il n'y a qu'à voir ce que les attaques informatiques sont capables de faire sur des systèmes civils, puisqu'ils peuvent neutraliser des gares, des réseaux de chemins de fer, des aéroports. Et bien évidemment, la question, c'est de savoir ce que de telles attaques pourraient produire si elles se ciblaient sur des systèmes de défense, de protection et de sécurité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, Florence PARLY, revenons à ce que disait le Conseil de sécurité des Nations-Unies, à ce que disaient les Nations-Unis, des sanctions, que faire, des sanctions pour l'instant, ça n'a pas l'air de très bien marcher avec la Corée du Nord, franchement. Les Etats-Unis veulent aller plus loin, et appellent tous les pays à couper leurs relations diplomatiques et commerciales avec la Corée du Nord. Est-ce que la France va suivre ?

FLORENCE PARLY
Nous n'avons pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et commerciales ?

FLORENCE PARLY
Je ne crois pas que nous ayons des relations commerciales. Donc pour ce qui nous concerne…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça s'adresse à la Chine et à la Russie, entre autres ?

FLORENCE PARLY
Pour ce qui nous concerne, je crois que, non seulement, nous avons toujours appelé à la plus grande fermeté, mais que nous appliquons les sanctions qui ont été décidées, et nous avons même plaidé auprès des Européens pour que des sanctions plus lourdes soient décrétées par l'Union européenne, après celles qui avaient été précédemment décidées par l'ONU. Donc je crois qu'il n'y a pas d'ambigüité, aucune, de la part de la position française. Et en revanche, ce qui est tout à fait décisif, c'est qu'en effet, tout le monde applique ces sanctions, sans faille.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dont la Chine ?

FLORENCE PARLY
Dont la Chine, bien sûr…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la Russie.

FLORENCE PARLY
Et dont la Russie, naturellement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Frontières communes avec la Corée du Nord. On le rappelle.

FLORENCE PARLY
Tout à fait. Et au-delà, pourquoi est-ce que, au fond, on cherche à prendre des sanctions, c'est parce que nous sommes persuadés que l'issue de cette situation de tensions extrêmes ne peut être que diplomatique, et donc avant de parvenir à nouer un dialogue avec la Corée du Nord, il faut créer un rapport de force.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais la Chine souhaite le gel des exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul, et en contrepartie, le gel des programmes militaires nord-coréens, voilà ce que demande la Chine, un équilibre pour ouvrir des négociations.

FLORENCE PARLY
C'est ce qu'on appelle une position de départ dans une négociation, cette position…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La France n'est pas sur cette position ?

FLORENCE PARLY
La France n'est pas sur cette position, la France est favorable à l'exécution et la mise en oeuvre sans faille des sanctions qui ont été décidées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre monde est dangereux, dites-vous, la France est devenue le troisième exportateur d'armement au monde, en 2017, derrière les Etats-Unis et la Russie. Faut-il s'en réjouir ?

FLORENCE PARLY
Je pense que ceci est le reflet du fait que le monde est dangereux, comme vous l'avez dit, mais aussi le reflet de l'excellence technologique française dans ses industries de défense…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous en réjouissez ?

FLORENCE PARLY
Je me réjouis du fait que nous avons exporté 14 milliards d'euros de matériels de ce type. Ceci contribue fortement à rééquilibrer une balance commerciale qui n'est pas équilibrée en France. Et ceci contribue aussi à un tissu industriel, à des emplois en nombre en France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et à nourrir des foyers de guerres.

FLORENCE PARLY
A permettre à un certain nombre d'Etats de se protéger et de se défendre dans un contexte dangereux. Mais je voudrais tout de même insister sur un élément, parce que, évidemment, c'est un sujet qui peut être présenté de façon très polémique, mais la réalité, c'est que nous avons 4.000 PME en France qui travaillent dans ce secteur, et que c'est un secteur qui représente 200.000 emplois. Et c'est aussi une des dimensions sur laquelle je voudrais insister, si vous m'y autorisez, Jean-Jacques BOURDIN, de ce ministère des Armées…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y, allez-y, allez-y…

FLORENCE PARLY
Ce ministère des Armées, il a évidemment une dimension profondément régalienne, il est là pour assurer la protection et la sécurité des Français, et c'est ce qu'il fait en menant des opérations à l'extérieur, comme au Mali ou au Levant ou bien encore sur le territoire national, avec Sentinelle. Mais ce ministère, c'est aussi un ministère qui est en lien profond avec la vie et le quotidien des Français. Nous recrutons chaque année 27.000 jeunes, dans un contexte où la réduction du chômage est un objectif, c'est important. Nous contribuons par l'innovation, nous contribuons à faire croître, émerger des start-up, des PME. Donc nous contribuons au tissu économique français. Et nous sommes aussi dans la formation, puisque nous avons des écoles, bref, nous sommes un ministère qui est au coeur des préoccupations des Français, et c'est aussi cela que je voudrais partager avec vos auditeurs, parce que, parfois, et j'ai pu le constater moi-même, lorsque j'ai pris mes fonctions, c'est un ministère assez intimidant, intimidant parce que les militaires sont des gens qui sont engagés, engagés au service de la France…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes intimidée, ils vous intimident ?

FLORENCE PARLY
Ils ne m'intimident plus, mais j'ai…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous les admirez ?

FLORENCE PARLY
Mais j'ai été très, très impressionnée au départ lorsque j'ai pris mes fonctions, parce que ce sont des gens pour qui le terme « engagement » veut dire beaucoup. Puisque c'est un engagement qui comprend y compris le prix de sa propre vie. Et je voudrais que les Français aient une vision ouverte, et pas intimidante, précisément, et qu'ils sachent que c'est un ministère qui est au plus près de leurs préoccupations, et que par exemple, pour des jeunes, c'est aussi une opportunité de carrière…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je sais que vous êtes en campagne de recrutement, je vais y revenir, Florence PARLY…

FLORENCE PARLY
Absolument…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais j'ai deux questions encore sur les ventes d'armes, la France va vendre des armes au Qatar, prochainement, 12 Rafale supplémentaires, vous confirmez, c'est en négociation, je sais ?

FLORENCE PARLY
Oh, c'est un sujet qui est en négociation depuis de longs mois. Le président de la République…

JEAN-JACQUES BOURDIN
300 véhicules blindés aussi…

FLORENCE PARLY
Des véhicules blindés, en grand nombre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est vrai ou faux ?

FLORENCE PARLY
C'est aussi une négociation qui a lieu depuis de longs mois, et dont on espère qu'elle pourra se concrétiser lorsque le président de la République ira au Qatar début décembre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez bon espoir ?

FLORENCE PARLY
Je suis toujours confiante, et je ne lâche rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord, bon. Un mot quand même sur Donald TRUMP, est-il vrai qu'il est sous surveillance ? Vous avez entendu parler de ça ? Est-il vrai que les hauts gradés, les militaires américains, ont placé Donald TRUMP sous surveillance ?

FLORENCE PARLY
Je crois qu'il faut arrêter les fantasmes. Donc je pense qu'il faut surtout avoir à coeur de travailler en confiance avec l'administration américaine. Et moi, c'est ce que je m'emploie à faire avec mon homologue Jim MATTIS.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il ne vous inquiète pas, Donald TRUMP dans ses réactions, dans son comportement ?

FLORENCE PARLY
Je suis en très grande confiance avec mon homologue, Jim MATTIS.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec lui ?

FLORENCE PARLY
Avec lui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Plus qu'avec Donald TRUMP ?

FLORENCE PARLY
Ah, mais je n'ai pas de relation directe avec Donald TRUMP…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, non, mais vous faites confiance aux militaires américains.

FLORENCE PARLY
Je fais très confiance au Pentagone, et nous avons, je crois, des relations de confiance réciproque. Et lorsque je suis allée à Washington récemment, j'ai pu aussi constater combien la présence des militaires français sur un certain nombre de théâtres, qu'il s'agisse du Levant, comme du Mali, combien cette intervention était appréciée, y compris par les armées américaines…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le Mali, 4.000 soldats déployés, jusqu'à quand, Florence PARLY ?

FLORENCE PARLY
Autant que nécessaire, et donc la question que nous nous posons et sur laquelle nous travaillons en ce moment, est de faire monter en puissance la capacité des Africains eux-mêmes à gérer les questions qui touchent à leur propre sécurité. Je suis allée au Forum de Dakar, il y a quelques semaines, et ce que j'ai entendu, c'est que les Africains souhaitaient prendre en charge de plus en plus ces questions ; ce sont eux qui le disent. Et donc que faisons-nous, nous agissons pour que, dans cette région du monde, le Sahel, eh bien, les cinq pays qui sont principalement concernés par le terrorisme ambiant, puissent constituer une force conjointe qu'on appelle la force conjointe du G5 Sahel, qui a besoin non seulement d'être soutenue, formée, ce que Barkhane fait, mais qui a aussi besoin d'être équipée, qui a besoin de contributions financières, et donc il y a eu une première réunion où on appelle les bailleurs de fonds, pour obtenir des contributions de tous les Etats qui sont volontaires pour cela, et nous allons recommencer très prochainement, parce que pour l'instant, le compte n'y est pas tout à fait. Donc c'est très important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le compte n'y est pas.

FLORENCE PARLY
C'est très important de poursuivre dans cette voie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, il va falloir aussi trouver de l'argent pour la fameuse Task Force évoquée hier, annoncée hier par le président de la République en Côte d'Ivoire. L'Union européenne, l'Union africaine, l'ONU vont participer à cette Task Force, pour démanteler les réseaux, en Libye. Avec, qui, comment, des militaires, des policiers, comment ?

FLORENCE PARLY
Alors, ça fait partie des choses qui devront être réglées dans les tous prochains jours, bien sûr…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des interventions militaires ? Une intervention militaire, non des actions de police sur place ?

FLORENCE PARLY
Naturellement, ce sont Les forces de sécurité qui devront intervenir. Mais il y a aussi la mobilisation de l'ensemble des services de renseignements, pour faciliter ces opérations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les soldats français iront intervenir ou des policiers français iront intervenir en Libye, pour justement démanteler ces réseaux ?

FLORENCE PARLY
A ce stade, je ne pense pas que les choses soient conçues comme cela. Mais nous allons y travailler avec l'ensemble de nos partenaires, parce que, ce qui est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
A terme, c'est ce qui se passera ?

FLORENCE PARLY
Ce qui est important, encore une fois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Une force européenne par exemple, d'intervention ?

FLORENCE PARLY
Mais vous allez très vite, très vite en besogne…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais je veux savoir, parce qu'on veut savoir ! Les Français veulent savoir, Florence PARLY !

FLORENCE PARLY
Ce que le président MACRON souhaite, c'est que, en Libye, il soit mis un terme à cette situation qui est humanitairement inacceptable, et que l'on puisse aussi permettre aux Africains de vivre dans leur pays, dans des conditions décentes. Donc c'est à la fois une action permettant de sauver, en quelque sorte, des personnes qui se trouvent dans une situation inacceptable au regard du droit humanitaire, et puis, d'autre part, créer les conditions d'un développement économique en Afrique, qui est un continent qui est plein d'atouts, plein de ressources, avec une jeunesse extraordinaire, mais dont il faut parvenir à tirer le meilleur, afin que les Africains puissent vivre, se développer sur leur propre continent. Et je crois que c'est le sens des discussions qui ont eu lieu à Abidjan hier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les Djihadistes français en Irak et en Syrie, je me souviens de ce que vous aviez dit : si des djihadistes périssent en Syrie, tant mieux. Avez-vous tout fait jusqu'à l'élimination physique pour empêcher des djihadistes de revenir en France ?

FLORENCE PARLY
Notre pays est engagé dans une lutte sans merci contre Daesh. Nous y sommes engagés en coalition, aux côtés des Américains et de bien d'autres nations en Irak et en Syrie. Nous y sommes engagés également au Sahel, et cette lutte, elle avance, elle progresse, puisque vous avez vu qu'au Levant, Daesh recule sur tous les fronts, 95 % des territoires qui étaient occupés par Daesh ont été libérés au cours des dernières semaines. Donc c'est une lutte qui, je crois, est efficace. Maintenant, c'est une lutte qui doit être poursuivie, pourquoi, parce que, il reste évidemment des djihadistes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et pourquoi pas des éliminations sur place, de Français ou d'autres d'ailleurs !

FLORENCE PARLY
Ce combat doit être poursuivi jusqu'à son terme. Pourquoi ? Parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sans état d'âme.

FLORENCE PARLY
Sans état d'âme, ces djihadistes n'ont pas eu d'état d'âme lorsqu'il s'est agi de frapper la France, de frapper des spectateurs qui étaient à un concert au Bataclan, donc c'est une lutte, oui, qui est sans pitié.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sans pitié ?

FLORENCE PARLY
Sans pitié.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Florence PARLY, Raqqa libérée, des convois ont ou quitter la ville, après la libération de Raqqa, des convois où se trouvaient des djihadistes, dans lesquels se trouvaient des djihadistes, des djihadistes français, où sont-ils ?

FLORENCE PARLY
D'abord, je voudrais rappeler que c'est un accord qui a été passé par les forces locales, la coalition n'était absolument pas impliquée dans cet accord. Ce sont des choses qui arrivent, il faut le dire aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La coalition savait que ces convois allaient quitter la ville de Raqqa.

FLORENCE PARLY
Cet accord a été négocié sans la coalition.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous saviez, vos services d'information sont suffisamment efficaces quand même, non ?

FLORENCE PARLY
La raison de cet accord, nous la connaissons, il s'agissait de protéger des populations civiles, qui avaient été utilisées comme des boucliers humains, et donc entre le risque de voir plus de 3000 civils anéantis, et celui de laisser partir un certain nombre de djihadistes, ces forces locales qui ont négocié l'accord ont préféré la deuxième solution. Ce qui ne signifie pas que la lutte est terminée, ces djihadistes continuent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y avait des djihadistes dans ces convois, tout le monde le sait.

FLORENCE PARLY
Ces djihadistes continuent d'être poursuivis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et donc des Français, ils sont passés où, vous savez ?

FLORENCE PARLY
Ces djihadistes continuent d'être poursuivis partout où ils se sont enfuis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous les avez identifiés ?

FLORENCE PARLY
Et ceci quelle que soit leur nationalité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelle que soit leur nationalité, Français ou pas, on est bien d'accord, Florence PARLY ?

FLORENCE PARLY
On est bien d'accord.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai une dernière question, dernier sujet. Le service national d'1 mois obligatoire, c'était la promesse d'Emmanuel MACRON, où est-ce qu'on en est ?

FLORENCE PARLY
Alors, c'est un magnifique projet, c'est un projet républicain, c'est un projet dont l'objectif est de permettre de créer ce lien, dont je vous parlais tout à l'heure, entre les armées et la Nation, c'est une autre façon de créer du lien. Nous allons y travailler parce que, pendant ces six premiers mois, passés au ministère des Armées, j'ai beaucoup travaillé sur un certain nombre de sujets, le budget 2018, qui est un budget de remontée en puissance, nous avons évoqué la revue stratégique, pour éclairer quoi ? La préparation de la prochaine Loi de Programmation Militaire. Nous avons aussi révisé le dispositif Sentinelle, et au moment où les fêtes de Noël approchent, c'est important que ce dispositif ait été encore renforcé en termes d'efficacité. Donc, maintenant, nous allons nous consacrer à ce projet de service national, qui est un projet qui, au fond, cherche à créer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez lancer ce projet. Vous le lancez d'ailleurs ce matin, allez ! Quand ?

FLORENCE PARLY
Je ne suis pas seule sur ce projet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, vous n'êtes pas seule, mais quand, quand va-t-il être lancé ?

FLORENCE PARLY
C'est un projet sur lequel nous allons travailler dans les prochains mois et dans les prochains mois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc dès 2018 vous lancez le processus ?

FLORENCE PARLY
C'est un projet qui sera travaillé avec de nombreux collègues du gouvernement, parce qu'il implique beaucoup de monde. Prenons un exemple. Moi ce que j'aimerais, si je peux m'exprimer à titre libre, parce qu'aucune décision n'a encore été prise….

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sais, mais à titre libre, allez-y.

FLORENCE PARLY
Moi, j'aimerais que ce service national, par exemple, il permette d'apprendre tous les gestes qui sauvent, parce que réfléchissons une seconde. Savons-nous combien de personnes, de victimes du Bataclan, ont pu être sauvées simplement par ces premiers gestes qui ont été dispensés par des personnes qui se trouvaient là et qui savaient les administrer ? Eh bien cela je pense que ce serait une très bonne façon de permettre, non seulement aux Français de se protéger eux-mêmes, mais aussi d'être au service des autres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Six cent mille jeunes par an, on est bien d'accord, c'est le projet du président de la République…

FLORENCE PARLY
C'est une génération.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Une génération, hommes et femmes. Combien de temps, 1 mois ?

FLORENCE PARLY
C'est la durée qui a été envisagée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un mois, dans les 3 ans suivant le 18e anniversaire.

FLORENCE PARLY
Tout ceci, Jean-Jacques BOURDIN, nous allons y travailler, donc vous êtes, comme on dit, un peu en avance de phase.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, et vous assumerez le coût, c'est ce qu'a dit le président de la République.

FLORENCE PARLY
La collectivité assumera le coût.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, mise en place, vous commencez à en discuter, mise en place quand ? Après les discussions, quand, 2018, 2019 ?

FLORENCE PARLY
La mise en place dépendra des modalités de ce service national, pour l'instant les contours n'en sont pas encore totalement définis, comme vous l'avez compris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça j'ai compris, mais il sera effectif quand, franchement ?

FLORENCE PARLY
Le plus rapidement possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire quoi ? Vous n'allez pas me faire le fût du canon, quand même, Florence PARLY ?

FLORENCE PARLY
C'est un projet pour le quinquennat. C'est un projet pour le quinquennat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc on peut penser qu'en 2019 ce sera en place ?

FLORENCE PARLY
On peut penser qu'il y aura peut-être, en effet, des premières expérimentations, ça je ne peux pas encore vous le dire. Laissez-moi travailler Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Florence PARLY d'être venue nous voir ce matin.

FLORENCE PARLY
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 décembre 2017

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