Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 11 décembre 2017, sur le sommet climat, le glyphosate et sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Public Sénat le 11 décembre 2017, sur le sommet climat, le glyphosate et sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.

Personnalité, fonction : POIRSON Brune, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

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CYRIL VIGUIER
Bonjour à ceux qui nous rejoignent pour la deuxième partie de cette matinale d'infos sur Public Sénat avec la presse quotidienne régionale, les Indéradios – 130 radios qui sont nos partenaires sur tout le territoire français – avec les télés locales de France et avec TV5 Monde. Voilà ! Aujourd'hui notre invitée politique c'est une secrétaire d'Etat, bonjour Brune POIRSON, vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas...

BRUNE POIRSON
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Merci d'être avec nous présente sur ce plateau, pur vous interroger à mes côtés ce matin Mickaël SZAMES rédacteur en chef, spécialiste politique de Public Sénat, bonjour Michaël...

MICHAËL SZAMES
Bonjour à tous.

CYRIL VIGUIER
Et Pascal JALABERT du groupe Ebra...

PASCAL JALABERT
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Qui représente Vaucluse Matin sur ce plateau aujourd'hui. Cette interview sera diffusée sur les sites Internet de la presse quotidienne régionale dès la fin de cette matinée - je sais Brune POIRSON que ceux de La Provence, Nice-Matin et Var-Matin vous tienne particulièrement à coeur...

BRUNE POIRSON
C'est vrai.

CYRIL VIGUIER
Merci d'être avec nous. Laurent WAUQUIEZ a été élu président des Républicains cette nuit, ses premiers mots c'est : « la droite est de retour », est-ce que cette droite-là vous inquiète ?

BRUNE POIRSON
Ecoutez-moi d'abord je le félicite pour sa victoire, après je pense qu'il faut peut-être étant donné le taux de participation l'appeler à un peu de nuances, voire d'humilité. Moi ce que j'entends surtout c'est un peu des idées qui tournent en vase clos, un petit peu toujours les mêmes idées qu'on entend et qu'il nous ressert, moi ça me...

MICHAËL SZAMES
Une vieille politique pour vous ?

BRUNE POIRSON
Un peu la vieille politique avec une volonté de rester arc-que-bouter sur des clivages un peu dépassés et de faire revenir sans cesse sur le devant la scène cette opposition entre la gauche et la droite. Vous savez moi au sein du gouvernement, comme vous le savez, je travaille avec des gens qui sont... avec des ministres qui sont issus de la droite, aussi bien de la droite que de la gauche, et on travaille en bon entendement, ce qu'on veut c'est vraiment avancer concrètement et l'idée c'est vraiment de sortir du sectarisme – et d'ailleurs les Français ont montré que c'est aussi quelque chose auxquels ils aspiraient et c'est pour ça que le président MACRON a été élu...

MICHAËL SZAMES
Excusez-moi, vous parlez de sectarisme, vous avez battu le Front national dans votre circonscription en juin dernier, c'était dans le Vaucluse...

BRUNE POIRSON
Oui, absolument.

MICHAËL SZAMES
Dans le discours que tient Laurent WAUQUIEZ aujourd'hui est-ce que vous reconnaissez un discours que vous connaissez, celui du Front national ?

BRUNE POIRSON
Je reconnais certains accents du Front national, oui effectivement, je dirais même un même cynisme et une volonté aussi, je crois que c'est ce cynisme-là, ces discours qui sont faits finalement pour plaire sur le coup peut-être dans des salles pour être applaudi, je crois que c'est ça qui mène peu à peu au repli, à l'isolement et finalement qui n'apporte pas de solution concrète ; et d'ailleurs moi je le vois dans mon département et notamment dans ma circonscription qui a eu un député de droite, puis une députée d'extrême droite, on voit que la pauvreté n'a pas changé, le taux de pauvreté est toujours aussi élevé et, finalement, c'était une circonscription qui a été un peu coupée du monde pendant des années.

PASCAL JALABERT
Oui. Il y avait hier soir une autre élection, une vraie celle-là, en Corse au suffrage universel et la liste nationaliste l'a très largement remportée avec comme principal slogan « l'Autonomie ». L'autonomie c'est jusqu'où, c'est quoi, c'est la langue, c'est le droit, les prisonniers ? Comment vous voyez cette autonomie ?

BRUNE POIRSON
Je crois que les élus Corses n'ont pas fait campagne sur le thème de l'autonomie en tant que telle, ils ont une aspiration à l'émancipation économique, à l'émancipation sociale, mais aussi environnementale et, ça, le gouvernement français l'entend et nous allons travailler avec ces élus de façon étroite dans le dialogue et dans la mesure où leurs demandes sont raisonnables et responsables et nous allons travailler avec eux et notamment à la création de cette nouvelle collectivité territoriale corse. Mais vous savez ce qui compte je crois c'est d'abord que ces élus s'attachent à appliquer le programme sur lequel ils ont fait campagne – et c'est un programme encore une fois de développement économique, environnemental et social – il ne s'agit en aucun cas d'autonomie, donc déjà, il faudrait qu'ils se concentrent sur mettre en oeuvre le programme et ensuite... nous verrons la suite, mais déjà avançons.

CYRIL VIGUIER
C'est Brune POIRSON, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui est notre invitée ce matin en direct dans cette matinale d'infos et ça tombe bien puisque deux ans après la COOP21 à Paris un nouveau sommet pour le climat va s'ouvrir demain dans la Capitale, alors est-ce que c'est encore un sommet... pourquoi faire, Brune POIRSON, quel est l'objectif pour vous ?

BRUNE POIRSON
Je crois qu'il faut se replacer dans le contexte dans lequel le sommet a été décidé, le président MACRON a annoncé la tenue de ce sommet le jour où le président TRUMP est sorti de l'Accord de Paris. Pourquoi ? Parce qu'il y avait un risque que d'autres états le suivent mais aussi le but et l'objectif c'était de montrer que finalement l'Accord de Paris s'imposait et qu'il était irréversible parce qu'il avait déjà commencé à être mis en oeuvre concrètement sur le terrain, sur les territoires, et c'est l'objet de ce sommet-là, c'est pour célébrer ce qui a déjà été mis en oeuvre au cours des deux derniers...

CYRIL VIGUIER
Ce n'est pas le sommet de la dernière chance ? Il apparait un peu...

BRUNE POIRSON
Non, absolument pas. Vous savez il y a... mais simplement...

MICHAËL SZAMES
Pourtant on a entendu Nicolas HULOT extrêmement alarmiste en disant que c'était notre dernière chance ?

BRUNE POIRSON
Non, il ne m'a pas semblé qu'il ait dit ça précisément, mais là il ne s'agit absolument pas de ça - au contraire - il s'agit d'accélérer l'action. Vous savez je crois qu'il y a eu un éveil des consciences, on sait maintenant que le changement climatique est malheureusement une réalité et qu'il s'accélère et, maintenant, ce qu'il faut faire c'est véritablement agir - et c'est tout l'objet de ce sommet – c'est de montrer ce qui s'est passé au cours des deux dernières années mais surtout faire en sorte, parce que maintenant il s'agit d'accélérer la vitesse de la transition écologique puisque cet éveil des consciences a eu lieu, donc c'est l'objet de ce sommet-là, et pour ça une des façons de le faire c'est de verdir – si vous me permettez l'expression – c'est de verdir le système financier, c'est-à-dire...

MICHAËL SZAMES
Donc, on va chercher de l'argent ?

BRUNE POIRSON
On ne va pas nécessairement chercher de l'argent, on va l'utiliser différemment. Vous savez regardez quand on parle de transition écologique les sommes sont absolument faramineuses si nous voulons réaliser cette transition énergétique écologique et solidaire, on parle - il y a plusieurs chiffres qui circulent – mais on parle d'environ 90.000 milliards de dollars dans les années qui viennent, c'est ça les montants qui sont en jeu. Regardez par comparaison par exemple le PIB de la France, c'est-à-dire la totalité des richesses qui sont produites par la France en une année, c'est un peu moins de 3.000 milliards d'euros, c'est-à-dire que la somme qu'il faut pour réaliser cette transition écologique c'est plus de 30 fois le PIB de la France en une année et donc ces sommes-là sont colossales, donc...

MICHAËL SZAMES
Une taxe sur les produits financiers comme c'est visiblement envisagé aujourd'hui au niveau européen ce serait donc l'un des remèdes à ce problème ?

BRUNE POIRSON
Ça pourrait être l'une des options, il n'y aura pas de solution miracle, il faut au contraire change l'ensemble du système financier, c'est vraiment un changement de paradigme qui doit être fait et qui doit se réaliser concrètement. Une taxe sur les transactions financières est une option, est une part de la solution, mais il y a aussi d'autres solutions à développer, comme par exemple celle des obligations vertes, vous savez peut-être que la France est pionnière sur ces questions-là et que ça permet... c'est une solution concrète qui permet de financer des projets de transition...

MICHAËL SZAMES
Bravo les banques françaises, c'est ce que vous dites aujourd'hui ?

BRUNE POIRSON
Pas que les banques françaises, vous savez l'ensemble des acteurs français et même pas uniquement français, ailleurs dans le monde, il y a des entreprises comme par exemple ENGIE, EDF, SNCF Réseau qui ont...

MICHAËL SZAMES
Cocorico, vous dites cocorico ?

BRUNE POIRSON
Je ne dis pas cocorico, je dis simplement que la France...

MICHAËL SZAMES
D'accord, alors vous dites ?

BRUNE POIRSON
La France a été pionnière sur un certain nombre de sujets et c'est d'ailleurs aussi pour ça que la voix du président MACRON a été entendue au-delà de l'Europe.

PASCAL JALABERT
A propos de taxes vertes des régions sont prêtes à expérimenter la fameuse taxe poids lourds carbone qui a été supprimée, est-ce que vous leur dites banco ?

BRUNE POIRSON
Pour l'instant le gouvernement n'envisage pas de remettre en mettre une écotaxe, l'objectif ce n'est pas ça, mais encore une fois il faut que nous trouvions des solutions concrètes pour lutter contre le changement climatique, pour réduire les émissions de CO2 qui non seulement terribles pour la planète parce qu'elles participent au réchauffement de la planète mais en plus très mauvaises pour la santé humaine et donc nous allons explorer - et je crois que Elisabeth BORNE a commencé déjà à réfléchir peut-être à certaines solutions pour justement réduire la pollution des poids lourds - mais concrètement encore maintenant nous sommes toujours en phase de réflexion, mais nous n'excluons rien.

MICHAËL SZAMES
A propos toujours de sommet, Donald TRUMP va envoyer le chargé d'affaires de l'ambassade, si les Etats-Unis ne sont plus là qu'est-ce qui se passe, est-ce qu'on va vraiment réussir à....

BRUNE POIRSON
Les Etats-Unis seront présents puisqu'ils sont représentés par leur ambassade.

MICHAËL SZAMES
Représenter, d'accord, mais représenter par un chargé d'affaires.

CYRIL VIGUIER
Vous croyez aux initiatives des maires américains qui vont prendre part...

BRUNE POIRSON
Absolument j‘y crois et d'ailleurs les Etats-Unis on a bien vu que cette volonté du président TRUMP de sortir de l'Accord de Paris elle n'a pas vraiment été suivie des faits, au contraire ça un peu catalysé les énergies...

MICHAËL SZAMES
C'est vrai que Michaël BLOOMBERG c'est celui qui va financer ce sommet ?

BRUNE POIRSON
Ce n'est pas celui qui va financer ce sommet, en partie...

MICHAËL SZAMES
En partie, l''ancien maire de New-York.

BRUNE POIRSON
En partie, mais c'est vrai que vous savez maintenant que nous sommes dans la mise en oeuvre les villes et les collectivités territoriales ont une responsabilité particulière vraiment sur cette question-là, non seulement parce que les maires sont en contact quotidien avec leurs populations - donc elles participent encore de ce travail de sensibilisation - mais aussi parce que c'est le bon échelon pour mettre en oeuvre des politiques de lutte contre le changement climatique.

CYRIL VIGUIER
Anne HIDALGO a eu raison de les réunir à Paris tous et de tenter avec eux de contrer tout ça ?

BRUNE POIRSON
Anne HIDALGO a eu le mérite de proposer et de mettre en oeuvre, en tout cas d'essayer d'avancer pour accélérer justement la transition écologique dans la ville de Paris. Après je crois que la méthode est fondamentale et il ne faut pas se montrer de méthode, surtout dans ce domaine-là de la lutte contre le changement climatique parce que c'est toujours compliqué, on parle de changement de comportements, on parle de choses qui sont souvent difficiles à mettre en oeuvre ou en tout cas parfois qui suppose de nouvelles solutions, de nouvelles façons de travailler et donc la méthode est fondamentale, je ne suis pas sûre que la méthode adoptée par celle d'Anne HIDALGO ait été la meilleure mais en tout cas elle a le mérite véritablement d'avancer.

CYRIL VIGUIER
Une petite réserve quand même dans vos propos.

PASCAL JALABERT
Juste une question sur les énergies renouvelables, vous en avez parlées, en France il faut 12 ans pour construire des éoliennes, on est un pays de paysages de patrimoine, on n'aime pas bien voir ça, est-ce bien raisonnable de miser là-dessus ?

BRUNE POIRSON
Oui c'est raisonnable de miser sur les énergies renouvelables, ça c'est certain, vous savez on n'a rien sans rien et les énergies renouvelables – et notamment les éoliennes – font partie des solutions et des options, donc oui plus jamais ça fait partie des solutions. Simplement, et vous l'avez pointé vous-même, quand on met 12 ans pour qu'une éolienne sorte de terre et voit le jour oui ça ce n'est pas tolérable et en tout cas nous faisons déjà, nous nous attachons à réduire et à faciliter, à simplifier les mesures qui permettent de voir des éoliennes de voir le jour.

PASCAL JALABERT
Il y a un autre sujet écologique qui vous tient à coeur, c'est le glyphosate, l'Europe n'arrivait pas à se mettre d'accord, que préconisez-vous pour qu'on arrive tous à avoir la même année, trois ans la France, cinq ans en Europe, ça ne peut pas tenir ?

BRUNE POIRSON
Ecoutez déjà l'Europe je ne suis pas tout à fait d'accord avec votre analyse, je crois qu'il faut se rappeler quand même que nous étions partis au départ pour potentiellement 15 ans de glyphosate, puis 10 ans, moi j'ai pris mon bâton de pèlerin, je suis allée voir beaucoup de mes homologues européens pour en discuter avec eux et nous les avons convaincus nous la France de ré-autoriser le glyphosate pour une durée qui soit bien inférieure à 10 ans – puisque c'est même moi qui est moitié moins – c'était cinq ans. Après nous en France nous pensons et nous voulons prendre nos responsabilités face à notre opinion publique et contre un produit qui est potentiellement risqué, nous avons – et le président de la République l'a dit très franchement – nous sommes sur une ligne à trois ans, mais on est bien conscients aussi que ce sera difficile, nous avons besoin de toutes les énergies de nos scientifiques, de nos agriculteurs, de nos ingénieurs pour trouver des alternatives.

MICHAËL SZAMES
Autre thème très important, le Premier ministre aura sur son bureau mercredi le rapport sur Notre-Dame-des-Landes, êtes-vous favorable à la construction de cet aéroport ?

BRUNE POIRSON
Je ne me prononcerai pas avant d'avoir vu les résultats de la mission de médiation. C'est bien pour ça... vous savez le débat sur Notre-Dame-des-Landes il est extrêmement... il est presque hystérisé, on est parfois dans la passion, dans l‘irrationnel, et je crois que ce qui est important c'est de remettre de la rationalité, de la distance de façon à prendre la bonne décision et de façon la plus...

PASCAL JALABER
Oui, mais il y a eu un vote.

MICHAËL SZAMES
Il y a eu un vote ! Il y a eu un vote, et Jean-Marc AYRAULT – ancien Premier ministre – vous met en garde ce gouvernement, il dit : « si vous passés outre le référendum, ça sera un déni de démocratie », ancien Premier ministre.

BRUNE POIRSON
Sincèrement j'ai beaucoup de respect pour Jean-Marc AYRAULT, mais il était Premier ministre encore il n'y a pas si longtemps que ça, il aurait pu agir et se saisir du dossier, il ne l'a pas fait à l'époque, donc je crois que maintenant venir nous donner des leçons c'est un tout petit peu facile et nous – comme je vous le répète – nous il y a une mission de médiation qui a fait son travail, nous allons étudier les conclusions de cette mission de médiation et, ensuite, prendre une décision en connaissance de cause.

MICHAËL SZAMES
Est-ce que ça sera la décision la plus difficile, parce qu'il va falloir peut-être évacuer cette ZAD aujourd'hui où il y a ce qu'on appelle « les zadistes » qui sont sur place, est-ce que ça peut être dangereux pour ce gouvernement ?

BRUNE POIRSON
Quoi qu'il en soit, je crois que c'est vraiment important de se poser et de regarder clairement quelles sont les conditions sanitaires et sociales dans cette ZAD. Il faut que tous les Français puissent vivre dans les meilleures conditions sanitaires.

MICHAËL SZAMES
Evacuer, c'est encore possible, même par la force ?

BRUNE POIRSON
Nous verrons ce qu'il en est. Encore une fois, depuis le début nous ne nous prononçons pas sur ce rapport, tout simplement parce que nous n'en avons pas encore pris connaissance. Et vous me demandez…

MICHAËL SZAMES
On connait les positions de Nicolas HULOT très clairement sur cet aéroport, il était contre. Si l'aéroport devait se faire, est-ce qu'il aurait encore sa place au gouvernement ?

BRUNE POIRSON
Vous savez, Nicolas HULOT…

CYRIL VIGUIER
Qu'est-ce que ça veut dire : je prendrai mes responsabilités, comme il a dit ?

BRUNE POIRSON
Nicolas HULOT l'a dit lui-même, il avait une position sur la question avant d'être au gouvernement. Vous savez, c'était un activiste de l'environnement, il avait donc une position. Mais il l'a dit encore récemment, il ne fera pas de chantage au gouvernement, pour lui ce n'est pas…

CYRIL VIGUIER
Mais ça veut dire quoi « il prendra ses responsabilités » ?

BRUNE POIRSON
Ça veut dire qu'il fait partie d'un gouvernement, qu'il a des convictions mais qu'il travaille de façon collégiale avec et sous l'autorité du Premier ministre et du président ; et qu'ensemble ils décideront et qu'en aucun cas, Notre-Dame-des-Landes ne sera un objet…

CYRIL VIGUIER
Ne le fera partir !

BRUNE POIRSON
En tout… non, vraiment sincèrement, ce n'est pas du tout dans ce sens-là qu'il s'exprimait…

PASCAL JALABERT
Parmi les décisions difficiles à prendre, il aura peut-être des fermetures de réacteurs d'ici la fin du mandat. Etes-vous prêts à les prendre ou alors est-ce que comme les autres, vous allez encore surseoir ?

BRUNE POIRSON
Alors nous, la façon… nous, nous tenons à bien tenir nos objectifs qui sont une réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique français de 75 % à 50 %. Quand précisément, je ne peux pas vous le dire puisque nous sommes en train de lancer une programmation pluriannuelle de l'énergie, qui vise justement à étudier et à programmer vraiment l'énergie en France pour les 5 à 10 prochaines années. Et donc à terme ce que nous voulons voir, mais tout en respectant la question fondamentale de la sécurité d'approvisionnement en électricité des Français, nous étudierons avec d'autres acteurs s'il y a des réacteurs à fermer, quand et surtout aussi le développement des énergies renouvelables. C'est ça que nous allons regarder en détail dans les semaines et les mois qui arrivent.

CYRIL VIGUIER
Brune POIRSON, la semaine dernière on vous a vue très agacée sur des images qui ont fait le tour du net à l'Assemblée nationale, quand vous avez répondu à une question d'actualité à micro ouvert d'ailleurs, je ne sais pas si vous saviez qu'il était ouvert, vous avez dit « il m'a gonflée ». Alors je voulais savoir à qui ça s'adressait réellement parce qu'après on n'a pas vu à la caméra…

MICHAËL SZAMES
On a cherché.

CYRIL VIGUIER
On a cherché, on a regardé, on a même fait de la capture d'écran, on n'a pas trouvé.

BRUNE POIRSON
Déjà effectivement… vous avez peut-être vu la vidéo, vous connaissez bien ici l'Assemblée nationale…

CYRIL VIGUIER
Bien sûr.

BRUNE POIRSON
Sur cette vidéo, on n'entend pas le quart du bruit qu'il y avait dans la salle. Et donc moi, je pensais me le dire à moi-même si vous voulez. Et c'est vrai que les micros sont particulièrement sensibles, donc malheureusement ça a été entendu. Mais moi, c'était… vous savez c'était l'opposition qui m'agaçait fortement…

CYRIL VIGUIER
C'était Christian JACOB qu'on voyait là-haut ?

(…) Brouhaha

BRUNE POIRSON
Mais c'est l'opposition. Vous savez… non mais…

CYRIL VIGUIER
L'opposition, vous n'aviez ciblé personne ?

BRUNE POIRSON
Non mais moi j'aime pouvoir finir mes phrases et il se trouve que là, on ne m'a pas laissé à aucun moment les finir. L'opposition a posé une question qui était importante sur un événement qui a eu… qui était particulièrement pénible pour les Français…

MICHAËL SZAMES
La gare Montparnasse.

BRUNE POIRSON
La gare Montparnasse, et l'opposition n'écoutait même pas les réponses. Je suis désolée, moi je trouve ça…

MICHAËL SZAMES
Donc ce n'était pas le chef de file de l'opposition Christian JACOB qui était visé !

BRUNE POIRSON
Particulièrement intolérable. Moi je ne vise personne en particulier…

CYRIL VIGUIER
Vous n'avez pas eu de réflexion de la part des services de l'Assemblée nationale, personne ne vous en a parlé ?

BRUNE POIRSON
Non.

CYRIL VIGUIER
Ni le président de la République ?

BRUNE POIRSON
Non.

PASCAL JALABERT
Vous n'avez pas l'impression que parfois, c'est un grand théâtre tout ça, franchement est-ce que c'est bien intéressant ces discussions…

BRUNE POIRSON
Oui, oui je pense que c'est important, c'est un des lieux de vie de la démocratie française, c'est là où l'exécutif rend compte devant les députés de son travail, c'est donc fondamental. Mais il faut quand même s'écouter un minimum et je suis désolée mais je n'arrivais pas à finir mes phrases. Et ça pour moi, ce n'est pas supportable.

CYRIL VIGUIER
Très bien. Brune POIRSON, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, était notre invitée ce matin. On va passer au débrief de vos propos, merci d'être venue sur notre plateau.

BRUNE POIRSON
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 décembre 2017

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