Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le projet de transformation de l'ancien Musée des arts et traditions populaires en un centre culturel autour des métiers d’artisanat d’art, à Paris le 8 mars 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le projet de transformation de l'ancien Musée des arts et traditions populaires en un centre culturel autour des métiers d’artisanat d’art, à Paris le 8 mars 2017.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Dévoilement d'un projet culturel pour Paris d'ampleur internationale, à Paris le 8 mars 2017

ti :

Monsieur le Président, cher Bernard ARNAULT,
Mesdames les ministres,
Madame la maire,
Cher Frank GEHRY,


Vous savez, il ne faut jamais refuser les compliments, les critiques arrivent très vite. Donc, quand il y a des réussites, il convient de les saluer. Et la Fondation Vuitton est une grande réussite. Avec, d'abord, une architecture qui maintenant est intégrée pleinement à la Ville de Paris et, donc, à la France. Et nous le devons, ce succès, à Frank GEHRY. Ce monument est un monument qui deviendra, rapidement, historique, même s'il a des aspects futuristes. Mais, c'est ainsi qu'on fait l'Histoire.

C'est un succès aussi quant à la fréquentation. Vous aviez, parce que vous êtes un dirigeant d'entreprise, des plans, des prévisions, fixé des objectifs, 6000 visiteurs par jour et vous avez quasiment doublé. Sans que cela ne vous fasse payer plus d'impôt, ce qui quand même est appréciable dans la période où nous sommes !

La réussite, c'est aussi d'avoir été capable d'organiser, sans doute, ce qui restera la plus grande exposition qu'il ait été possible de réaliser dans l'année 2016 ; ce millésime restera marqué par l'exposition Chtchoukine, parce qu'il y a eu, là, un engouement du public, du public français mais, aussi, du public venant du monde entier, sans compter la fierté légitime que les Russes ont pu avoir en faisant en sorte de nous mettre à disposition les œuvres qui ont été ainsi exposées.

Alors, nous pourrions arrêter là, mais vous avez voulu poursuivre l'aventure et Anne HIDALGO rappelait qu'effectivement, un jour, nous étions tous les trois et avec beaucoup d'autres ici présents et nous regardions la réussite du projet accompli, cette architecture admirable. Vous nous avez fait monter tout en haut de l'immeuble – il y avait sans doute une intention de votre part – car, arrivé sur ce promontoire, nous avons vu un immeuble que je connaissais bien, le Musée des arts et traditions populaires, parce que j'avais fréquenté ce lieu dans mon adolescence.

Cet immeuble qui a correspondu à une période très importante dans l'Histoire de notre pays, c'est pourquoi le Général de GAULLE avait voulu qu'il y ait, ici, l'érection d'un immeuble avec ce qu'il pouvait produire comme unité nationale, le Musée des arts et des traditions populaires, par un grand architecte, Monsieur DUBUISSON, qui s'inscrivait dans une volonté d'expansion de la France et qui devait, aussi, retrouver ses identités - on en parlait déjà - son Histoire, ses traditions.

Jusqu'en 2005, le bâtiment était occupé par ce projet muséographique puis, quand le MuCEM à Marseille a été créé, une partie de ses œuvres y ont été transférées. Ce qui fait que depuis 2005, il n'y avait rien dans l'immeuble. D'où le projet qui était, à ce moment-là, le vôtre et devenu le nôtre, répondant à l'interrogation « qu'allons-nous faire de cet immeuble ? ». Il fallait trouver une solution pour cet immeuble. Et cela ne pouvait être que le prolongement de la Fondation Louis-Vuitton.

Alors, pour arriver à ce résultat, et nous n'en sommes qu'à une première étape, il fallait que nous puissions nous entendre entre la Ville de Paris et l'Etat, parce qu'il fallait réhabiliter l'immeuble, même si c'est vous qui ferez l'essentiel de l'effort. Mais il fallait trouver une solution puisque l'Etat avait dégradé l'immeuble, propriété de la Ville de Paris, et donc la ministre de la Culture a bien voulu mettre une dizaine de millions d'euros pour ce travail de réhabilitation pour qu'ensuite il puisse y avoir une mise à disposition par la Ville de Paris de l'immeuble à des fins justement de production d'œuvres, d'ateliers pour les artisans, pour les métiers d'art et aussi de spectacles, on le voit bien, qui pourront être donnés dans ce lieu.

Il nous fallait un architecte et vous avez pensé à Frank GEHRY, sans doute parce que vous vouliez – je pense que nous en avons, ici, la confirmation – qu'il y ait une continuité, un style qui puisse se retrouver. Nous avons, là, à travers le projet que vous venez de présenter, la confirmation que nous aurons un lieu qui, sans ressembler au précédent, sera en harmonie et avec cette volonté de transparence et ce souci de trouver une pleine insertion dans le paysage. Je voulais vous en féliciter.

Il y a donc un pôle culturel qui va se créer ici, à Paris, et la maire de Paris peut en être très heureuse, la France aussi, parce que c'est une attractivité considérable pour notre pays, pour le secteur culturel, avec le Jardin d'acclimatation, la Fondation Louis-Vuitton et, maintenant, l'immeuble qui va dans quelques années être réhabilité – moins de cinq ans ! – il faut toujours faire les choses en moins de cinq ans si l'on veut bien les faire et, si l'on attend dix ans, le pari est perdu.

Je pense aussi que vous avez voulu que ce soit Frank GEHRY qui réalise ce projet parce que c'est un Américain qui aime la France et qui aime Paris. Non pas parce qu'il a vécu à Paris, cela devait suffire, non pas parce qu'il a déjà créé à Paris, mais parce qu'il aime Paris et qu'il montre que son amour va jusqu'à changer l'architecture de Paris. Nous voulons ici saluer tous les Américains qui aiment la France et Frank GEHRY vous êtes, aujourd'hui, notre américain préféré. Merci.

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