Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'aide aux victimes du terrorisme au sein de l'Union européenne, à Paris le 10 mars 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'aide aux victimes du terrorisme au sein de l'Union européenne, à Paris le 10 mars 2017.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Journée européenne des victimes du terrorisme, le 10 mars 2017

ti : Monsieur le Commissaire européen,
Madame la ministre,
Mesdames, messieurs,


Je souhaitais avant que le Conseil européen ne reprenne ses travaux venir ici pour saluer cette initiative qui est prise. En effet, il y a cette cérémonie pour la journée des victimes, mais c'est plus que cela. Le 7 mars, une directive a été prise par la Commission européenne et par les institutions européennes pour que nous puissions ouvrir enfin non seulement une lutte coordonnée contre le terrorisme, mais aussi cette dimension indispensable qui est l'aide aux victimes.

Vous avez voulu aujourd'hui - et j'en félicite aussi celles et ceux qui ont eu cette initiative - établir une feuille de route. Il y a quelques pays que je veux citer parce qu'ils ont tous été touchés d'une façon ou d'une autre par le terrorisme : la Belgique, l'Espagne, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Roumanie, la République tchèque, la France. D'autres pays vont vous rejoindre, et nous rejoindre pour cette feuille de route qui doit permettre une véritable politique à l'égard des victimes à l'échelle de l'Europe . Les victimes ne se disent pas simplement frappées dans leur citoyenneté, celle de leur pays ; ils se disent frappés parce qu'ils sont eux-mêmes la cible d'une volonté d'éradiquer ce que nous représentons tous, c'est-à-dire des valeurs. Il était donc légitime que l'Europe efface pour un temps les frontières et que nous puissions avoir une politique coordonnée à l'égard des victimes.

Nous voulions aussi qu'il y ait pour l'aide aux victimes les mêmes formules, les mêmes procédures, les mêmes soutiens, les mêmes indemnisations, en tout cas les mêmes critères ; de façon à ce que, si on est victime ici ou là, on ait les mêmes droits et les mêmes capacités à faire connaître les possibilités d'agir, et aussi pour venir en soutien à d'autres victimes.

Ce qui m'a toujours saisi lorsque j'ai reçu les associations de victimes qui sont ici présentes, c'est non seulement leur volonté de donner un cadre commun à celles et ceux qui sont frappés mais c'est d'être solidaires à l'égard de toutes les victimes au monde. Comme si le malheur pouvait donner lieu aussi à une volonté commune d'agir pour le bien de tous, comme si nous voulions éviter le repli et au contraire affirmer la nécessité de l'ouverture.

Face aux menaces du terrorisme qui a frappé à l'évidence beaucoup d'entre vous ou vos familles, il y a d'autres défis que nous avons à relever : c'est celui de la lutte contre l'extrémisme, la lutte contre la peur, contre le repli. Là aussi la parole des victimes est une parole tellement forte qu'elle peut écraser tous ceux qui veulent justement diviser, séparer, opposer.

Alors je voulais aussi insister sur la dimension que vous voulez donner à la feuille de route pour tout ce qui peut favoriser une meilleure indemnisation, une meilleure information, un meilleur soutien, mais aussi une prise en charge psychologique. Ce que j'ai ressenti aussi à travers tous les contacts que j'ai eu après les drames que la France connu, c'est que les victimes ne demandaient pas simplement à être soignées dans leur chair, elles demandaient aussi à être soignées par rapport à toutes les difficultés à vivre ou à survivre. Je pense notamment aux enfants. C'est une volonté qui est aussi la vôtre à travers la feuille de route, d'avoir une action spécifique à l'égard des enfants victimes du terrorisme, ou pour les parents qui ont été la cible des terroristes.

Je voulais donc saluer cette initiative et vous donner tous les encouragements au nom de la France mais - pardonnez-moi de le dire - au nom de l'Europe puisque j'aurais aussi à dire ce que j'ai fait au Conseil européen : pour vous témoigner à la fois notre soutien mais surtout vous dire combien l'Europe doit avoir dans sa volonté de lutter contre le terrorisme, toujours une volonté d'assurer aux victimes les droits qui sont les leurs.


Merci pour ce que vous avez fait ; merci pour surtout pour ce que vous êtes.

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