Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur une usine du groupe pharmaceutique pakistanais Martin Dow installée en Corrèze, à Meymac le 16 mars 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur une usine du groupe pharmaceutique pakistanais Martin Dow installée en Corrèze, à Meymac le 16 mars 2017.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement en Corrèze, le 16 mars 2017

ti :


Monsieur le Maire,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Madame la Vice-Présidente du Conseil régional,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires, les Elus,
Monsieur l'Ambassadeur, Monsieur AKHAI, et votre famille,


Vous nous faites non seulement le plaisir d'être ici comme investisseur, mais vous nous faites l'honneur de faire visiter la France, la Corrèze et Meymac à toute votre famille au grand complet. Pour nous, c'est une grande fierté de vous montrer ce lieu, cette usine venue comme une soucoupe volante se poser sur Meymac il y a déjà plusieurs décennies à l'initiative de Jacques CHIRAC et de Georges PEROL parce qu'il y avait déjà à cette époque cette volonté de donner au territoire corrézien et notamment ici, en Haute Corrèze, la possibilité et la capacité de répondre à une technologie, à un investissement de grande qualité, fabriquer, commercialiser, distribuer et conditionner des médicaments.

Cette entreprise, ce site a connu à la fois des réussites exceptionnelles - le personnel s'en souvient avec Bristol-Myers - et puis des épreuves. D'abord, la fermeture par Bristol-Myers en 2010. J'étais aux côtés des salariés avec les élus ici concernés pour les accompagner, pour les conforter et pour chercher un repreneur. Ce fut l'entreprise SALEM. Cela n'a pas abouti à des résultats suffisamment probants et il y avait un risque à ce moment-là de disparition de l'entreprise. Il a fallu que vous puissiez venir ici, Monsieur AKHAI, avec votre famille, avec vos actionnaires pour créer cette unité MARTIN DOW.

Il y a eu un effort de l'Etat. Je vous remercie d'avoir rappelé le rôle du préfet, du sous-préfet, des services de l'Etat parce que nous avons besoin d'un Etat et il nous faut avoir des fonctionnaires qui puissent mener à bien les projets des entrepreneurs privés ou des agriculteurs pour que nos territoires puissent vivre. Il y a eu aussi les efforts de l'Etat en tant que garant pouvant donner des autorisations, j'y reviendrai, et puis aussi des collectivités locales : la mairie de Meymac, le département, la région. En France, on a beaucoup d'échelons, j'ai essayé d'en supprimer quelques-uns, c'est très difficile. Mais il y a aussi cette même passion de l'intérêt commun et grâce à cette architecture, nous avons été capables de vous accompagner autant qu'il a été possible.

Le personnel a fait aussi sa part, son effort parce que pendant des mois, il a fallu suspendre l'activité, attendre et aussi entretenir le lieu, le remettre en état. C'est un lieu formidable avec des machines de haute qualité et des investissements qui avaient été faits dans le passé, qui ont été heureusement sauvegardés, préservés et même améliorés.

Enfin il y a la part de chance, d'opportunité qui a consisté à faire savoir au monde entier ou en tout cas à la France qu'il y avait une usine disponible ici, à Meymac. C'était l'idée de Monsieur AUDY et cela a permis à un lecteur du Figaro de pouvoir vous informer. Comme quoi Le Figaro aura été très loin dans le soutien qu'il m'a apporté durant ce quinquennat et si je m'inquiétais de la sensibilité des lecteurs du Figaro, je remarque qu'il y en a au moins un qui a pour la Haute Corrèze et pour la France aussi un intérêt bien particulier, c'est-à-dire l'intérêt général, parce que c'est grâce à lui qu'avec cette annonce, vous avez pu être intéressé par le site de Meymac et qu'il y a eu ce rassemblement des énergies dont nous parlions.

Alors, aujourd'hui, il s'agit non seulement d'une inauguration, mais il s'agit du lancement de la première étape qui va conduire à la remise en fabrication des médicaments et à leur conditionnement ici, à Meymac. Néanmoins, il fallait répondre à deux conditions. La première, c'était d'avoir l'assurance que les autorités de santé de notre pays pouvaient vous délivrer les certificats qui vous permettraient de produire et de conditionner. Ce sera le cas dans un délai très court, je vous l'assure.

La seconde condition, c'était que le pays de Meymac devait être classé comme zone des aides à finalité régionale. Tout ça est bien compliqué parce que c'est l'administration. Il faut retenir que dans ces zones-là, on a des subventions et on a des intérêts fiscaux particuliers. Alors, il fallait obtenir ce classement et là aussi, grâce à l'intervention de tous et au travail qui a été mené, cette zone sera classée comme une zone prioritaire et donc soumise à des avantages qui iront à l'emploi, dans votre entreprise.

Ces conditions étant réunies, vous voilà maintenant lancés, avec votre directeur, les salariés et votre groupe, dans cette aventure. Vous avez fait le choix de l'investissement parce qu'un site comme celui-là, s'il veut être performant malgré la qualité de l'outil, il faut à chaque fois le renouveler, le moderniser. Vous avez décidé d'investir plusieurs millions d'euros à Meymac, et je voulais vous en remercier. Vous avez également annoncé à l'instant que vous alliez créer davantage d'emplois et que la perspective qui est la vôtre, ce sont une centaine d'emplois d'ici 2020. Si vous pouvez aller plus vite, personne ne vous blâmera ni à Meymac, ni dans le département ni en France.

Vous avez aussi voulu investir dans des médicaments qui ont une possibilité de grande commercialisation, c'est ce que l'on appelle les médicaments génériques, qui ont cet avantage d'avoir la même propriété qu'un médicament qui a été mis sur le marché mais avec un prix élevé et qui a un second avantage, c'est qu'il fait faire des économies au système de Sécurité sociale et qu'il peut être diffusé largement en France et surtout à l'étranger parce que dans beaucoup de pays et notamment les pays les plus pauvres, il y a un besoin de médicaments génériques. C'est aussi la force de votre projet qui est de servir le marché français, mais également les marchés à l'international et notamment les pays africains ou les pays asiatiques qui ont besoin de ces médicaments.

Vous avez fait un choix qui est d'investir dans un territoire rural mais c'est une très bonne vision que vous avez eue car il y a beaucoup plus d'avantages à être dans un territoire rural que dans une grande métropole. D'abord, il y a de l'espace, vous pouvez mettre d'autres soucoupes volantes sur le pays de Meymac sans aucune difficulté, vous n'avez pas de contraintes physiques, vous avez un personnel et ici, un bassin d'emploi où les gens sont formés, qualifiés, capables de servir immédiatement. Vous avez aussi le soutien d'élus disponibles, proches, une administration et vous avez un environnement particulièrement préservé. Donc toutes ces raisons font que vous avez fait le choix judicieux d'investir.

Je veux dire à ces Haut-Corréziens qui, bien sûr, s'interrogent toujours, s'inquiètent : qu'est-ce que l'on va devenir ? Ce n'est pas une question propre à la Haute Corrèze et partout, on se pose la même question : quel est notre avenir ? Est-ce que ça sera possible dans la mondialisation ? Est-ce que l'on ne va pas être obligés de disparaitre ? Et quand on voit des entreprises françaises qui investissent à l'étranger, est-ce que l'on ne va pas perdre notre emploi ? Vous venez de donner une très bonne démonstration. Qu'une entreprise pakistanaise vienne investir ici, en Haute Corrèze, prouve que le monde n'est pas une menace, à condition qu'on soit capable de l'appréhender, de le maîtriser, de poser des règles et que le monde, si on l'accueille, peut être aussi une opportunité et une condition de développement. Il ne faut pas avoir peur parce que rien ne nous protégera, aucun mur, aucune barrière, aucun droit de douane ne viendra empêcher les concurrents, s'ils sont les plus performants, de venir ici produire ou distribuer leurs produits.

Donc nous avons l'obligation d'être les meilleurs. Pour être les meilleurs, il ne s'agit pas de payer les salariés avec des salaires de misère, il s'agit au contraire d'être capable de manier la plus haute technologie, d'avoir le meilleur investissement et d'être capable aussi de vendre au monde entier et donc d'être en avance. C'est ce que vous avez compris et c'est ce que la population ici sait intuitivement parce que même si c'est une population de résistance, cela a toujours été une population d'ouverture. Elle n'a jamais eu peur et lorsqu'il s'est agi de lutter contre l'occupant, c'est arrivé il y a maintenant plus de 70 ans, cette population n'a jamais voulu mettre en cause des valeurs, des principes. Elle s'est défendue pour qu'il y ait de la liberté. La liberté, c'est être capable d'accueillir et d'être ouvert et c'est ce que nous démontrons ici.

Alors il y a aussi un très beau symbole à travers votre investissement, votre présence, celle de votre famille et puis les capitaux que vous allez engager ici. Très beau symbole de l'amitié entre deux pays, la France et le Pakistan, deux pays qui n'ont pas la même population – la France, chacun le sait, est moins peuplée que le Pakistan –, pas le même niveau de vie, pas la même situation géopolitique – vous êtes à côté de zones particulièrement dangereuses –, mais nous avons la même volonté d'assurer la paix, la sécurité et la prospérité.

Alors, si on m'avait dit qu'un jour à Meymac, il y aurait ici une manifestation qui unirait, Monsieur l'Ambassadeur, la France et le Pakistan à travers un investissement, j'aurais eu peine à le croire mais vous avez donné cette belle manifestation qu'entre deux pays aussi lointains, aussi différents, il était possible de s'unir. Je ne sais pas si un jour, l'ambassade du Pakistan en France s'installera à Meymac plutôt qu'à Paris mais, Monsieur l'Ambassadeur, travaillez à ce qu'il y ait d'autres investissements qui puissent se faire ici, en France. Ce que je sais, c'est qu'il y a aussi beaucoup d'investissements français au Pakistan et c'est ça qui permet cet échange. C'est donc une très belle manifestation industrielle, économique, mais aussi d'amitié. De ce point de vue, sur le plan politique, votre présence ici rapproche encore la France et le Pakistan. Alors, comme vous l'avez dit, Monsieur AKHAI, vive le Pakistan, vive la France et vive Meymac !

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