Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les efforts en faveur du sport de compétition, à Paris le 3 avril 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les efforts en faveur du sport de compétition, à Paris le 3 avril 2017.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Cérémonie de remise de décoration à l'équipe de France féminine de handball, à Paris le 3 avril 2017

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Messieurs les ministres,
Monsieur le président du Comité olympique, cher Denis MASSEGLIA,
Monsieur le président de la Fédération française de handball, qui est très souvent reçu ici compte tenu des performances des équipes masculines et féminines,

Il y a quatre mois, c'était le 1er décembre, je recevais tous les médaillés olympiques et paralympiques sauf vous. Il y avait une raison et une bonne excuse puisque vous étiez en compétition en Suède. Vous étiez donc en Suède et vous vous battiez les Norvégiennes et vous avez terminé troisièmes, ce qui est une très belle performance.

Mais surtout, c'est votre niveau atteint aux Jeux olympiques qui nous a tous émerveillés, notamment un match contre l'Espagne, -que nous avons regardé- et vous avez gagné cette partie si difficile. Ensuite, vous n'avez pas gagné la finale mais d'une certaine façon, vous aviez le sentiment d'avoir déjà gagné une finale. Votre déception devait être grande mais votre fierté l'était tout autant, avec votre entraîneur qui était aussi très heureux de partager ces moments avec vous.

Toute la France a regardé l'équipe de handball comme étant capable de rivaliser avec l'équipe masculine. L'équipe masculine qui, d'ailleurs, n'a pas voulu non plus faire l'exploit final pour ne pas vous mettre dans la difficulté. C'est ce qu'ils m'ont dit. Mais cela a été pour nous, à l'occasion de ces Jeux olympiques, une très grande satisfaction de voir le handball ainsi consacré.

Nous sommes très attachés – les ministres, les présidents de fédérations le diront – à la promotion du handball sous toutes ses formes, aussi bien sur le plan scolaire, que sur le plan universitaire, que sur le plan des équipes, et aussi du handball féminin. D'ailleurs, parmi les nombreux licenciés, il y a de nombreuses licenciées. 40 % je crois maintenant des licenciés sont des jeunes filles. C'est une très belle réussite qui vous doit beaucoup, parce qu'il y a toujours un phénomène d'exemple d'identification et beaucoup de jeunes filles veulent faire du hand parce que vous avez réussi à aller au plus haut dans la compétition.

Il y a aussi une volonté de la Fédération, mais je ne vais pas parler en son nom, de développer plein de stages et de promotions pour le hand, ce qui sera d'ailleurs l'ambition de la Maison du hand à Créteil, qui va être un très bel équipement. Nous avons aussi voulu, d'un point de vue général, promouvoir le sport féminin à travers le Centre national de développement du sport, c'est le CNDS, qui finance un certain nombre d'actions pour la défense du sport féminin. Puis aussi, on a voté une loi pour la parité dans les fédérations pour qu'il y ait autant de femmes que d'hommes. Ce n'est pas toujours facile la parité, mais finalement cela se fait et cela permet aussi à ce que les jeunes femmes puissent s'engager encore plus activement dans le sport, sachant que les fédérations sont dirigées aussi par des femmes.

Nous avons aussi voulu développer une politique qui fasse que l'élite, comme l'on dit, puisse être encouragée et en même temps, qu'il puisse y avoir une démocratisation du sport. C'est souvent deux objectifs qui peuvent paraître contradictoire. Qu'est-ce qu'on fait ? On favorise le sport de haut niveau ou est-ce qu'on essaye que tout le monde fasse du sport ? En réalité, nous sommes capables de faire les deux. Le sport de haut niveau, cela a été notamment favorisé à travers le pacte de performance. Les ministres y tenaient beaucoup.

Il y a eu 180 championnes et champions qui ont signé des contrats d'image ou des contrats de travail avec des entreprises françaises de manière à pouvoir être dégagés d'un certain nombre de contraintes matérielles et préparer pleinement les Jeux olympiques et paralympiques, puisque cette formule du pacte de performance a été ouverte aux Paralympiques comme aux Olympiques.

Cent entreprises se sont engagées, je voulais les remercier parce qu'elles ont fait beaucoup pour que nous puissions avoir les résultats aux Jeux olympiques à Rio. Nous avons aussi voulu développer le sport pour tous et multiplier les postes d'éducateurs dans les quartiers populaires, dans l'hexagone comme dans les Outre-mer pour aller repérer, rechercher bien sûr les talents, mais aussi pour diffuser le sport et former aux métiers du sport.

Je voulais aussi vous recevoir parce que vous allez être, d'une certaine façon, des ambassadrices pour la candidature de Paris aux Jeux olympiques. On ne vous avait pas prévenues de cela, mais c'est une responsabilité qui va vous échoir parce que toutes les championnes, tous les champions doivent être maintenant des porte-parole. Tony ESTANGUET et Bernard LAPASSET font beaucoup. Les élus se sont également beaucoup engagés, mais ce sont les sportifs qui vont être les plus déterminants.

Il faut à la fois convaincre les Français en leur disant : « C'est quand même un beau défi de relever le pari des Jeux olympiques à Paris », et puis en même temps il faut convaincre le Comité international olympique pour le choix. Beaucoup d'impressions viennent des sportifs eux-mêmes. C'est quand les sportifs s'engagent que les dirigeants du sport ont l'impression qu'on est une nation qui peut organiser des événements de très grande importance.

On en a déjà organisé beaucoup. Il y a eu l'Euro 2016 pour le football, il y a eu l'Euro 2015 pour le basket et il y a quelques semaines, le championnat du monde de hand gagné par l'équipe de France. J'y étais. Cela n'a pas de lien de cause à effet, mais j'y étais avec le président de la Fédération, avec les ministres. On aura aussi la Coupe du monde de football féminin 2019. On va peut-être avoir – j'ai reçu ici les dirigeants – la Coupe du monde de rugby 2023. Donc il faut qu'on ait les Jeux olympiques en 2024. Vous savez que la décision se prend en septembre prochain, alors vous avez trois mois pour parcourir le monde, pour nous ramener les Jeux olympiques de Paris en 2024.

Mais d'ici-là, je voulais une nouvelle fois vous féliciter pour ce que vous avez été capables de faire. Vous n'étiez pas parmi les équipes que l'on disait favorites. Je me souviens quand je suis arrivé à Rio, on s'était rencontrés, on avait fait des photos. Là aussi, il n'y a pas eu de relation de cause à effet. Mais on savait que vous alliez faire un beau parcours, mais vous auriez sans doute signé des deux mains si on vous avait dit que vous seriez en finale et que vous feriez tout ce que vous avez fait durant cette compétition.

Donc je veux saluer votre courage, votre engagement, votre esprit collectif. Et puis, ce que vous avez montré aux Français c'est qu'on peut gagner, et on peut même gagner même avec six buts d'écart, d'autres l'ont montré après, mais on peut gagner même quand on a un handicap. On peut gagner quand on a la volonté et quand on a la fierté de porter le maillot de l'équipe de France, ce qui a été votre cas.


Merci.

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