Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'entreprise de métallurgie R. Bourgeois, à Besançon le 14 avril 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'entreprise de métallurgie R. Bourgeois, à Besançon le 14 avril 2017.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement à Besançon et Sochaux ; discours à l'entreprise R. Bourgeois, à Besançon le 14 avril 2017

ti :

Monsieur le maire, cher Jean-Louis,
Madame la présidente de la Région,
Madame la présidente du Département,
Mesdames-messieurs les parlementaires,


Messieurs BOURGEOIS –parce que ce sont vous les responsables de l'entreprise héritiers depuis plusieurs générations- ce sont ces talents-là qui permettent de faire qu'ici, je puisse visiter une entreprise leader mondial. Car si je suis venu à Besançon, c'est non seulement pour revoir des visages amis et retrouver une grande région, aujourd'hui Bourgogne-Franche-Comté, mais c'est aussi pour visiter et donc vous rencontrer vous qui êtes capables d'être leader mondial ici.

Vous êtes des héritiers au sens où ce sont vos grands-parents qui ont fondé cette entreprise il y a maintenant près de 100 ans - c'était en 1929 - en pleine crise, à l'époque c'était l'industrie horlogère qui était la marque, l'identité de Besançon et de la région. Aujourd'hui vous êtes dans une autre aventure - toujours de précision - mais pour l'électricité et vous fabriquez donc des stators et des rotors. Voilà les deux formes que prennent ce qui va donner de l'électricité et permettre de faire marcher un certain nombre de véhicules. J'ai pu donc voir comment on fabriquait les stators et les rotors, je ne livrerai rien du secret, mais il est clair qu'ici à Besançon vous produisez 1/5ème de tous ces produits dans le monde - et beaucoup de véhicules dans le monde ne pourraient pas rouler sans vous – c'est dire votre responsabilité. Tout à l'heure l'un des opérateurs fermait la caisse qui contenait des produits, des stators et des rotors qui allaient partir aux Etats-Unis pour GENERAL MOTORS, car tous les grands constructeurs font appel à vous.

Vous êtes des spécialistes de la découpe - et rien ne m'a échappé – et ce qui était autrefois fait pour découper des valises, est maintenant utilisé pour découper des tôleries de très grande dimension. Là encore, vous êtes le deuxième découpeur de tôlerie en Europe et le troisième au monde. Il était assez logique que ARCELOR-MITTAL, compte tenu de ses activités, groupe sidérurgique de pointe que nous avons accompagné dans sa mutation il y a quatre ans – et cela a été un long débat – aujourd'hui ARCELOR-MITTAL est l'un de vos partenaires pour aller plus loin dans l'aventure qui est la vôtre et qui est aussi la sienne. Vous vous êtes développés dans le marché de l'électro-mobilité, c'est-à-dire du véhicule électrique et hybride. C'est un pari stratégique que l'Etat a accompagné, a voulu accompagné, parce que nous considérons que dans l'avenir, il y aura de plus en plus de véhicules électriques et vous devez être les meilleurs pour le fabriquer dans toutes ses composantes et R. BOURGEOIS aujourd'hui a concrétisé avec des équipementiers, des grands constructeurs automobiles, une importante gamme de motorisations électriques pour arriver à ce résultat.

Je veux aussi insister sur une autre dimension qui est qu'ici, vous fabriquez essentiellement à l'exportation, vous êtes une entreprise familiale - et c'est très important d'être une entreprise familiale parce qu'on a l'indépendance des capitaux, on n'est pas soumis à des fonds de pension extérieur, on n'est pas obligé de produire des résultats qui, s'ils ne sont pas au rendez-vous se traduiraient par des ajustements d'effectifs - vous êtes une entreprise familiale que l'Etat - et cela a été ma volonté - a pu soutenir à travers, ce que vous avez rappelé, le Crédit Impôt Compétitivité Emploi, le Pacte de responsabilité, vous l'avez d'ailleurs traduit à travers des accords d'entreprise, vous avez pleinement joué le jeu qui était proposé et l'Etat était là pour vous accompagner parce que c'était l'enjeu de l'emploi et de l'avenir de cette entreprise.

Vous êtes un groupe familial, mais vous êtes mondial, vous exportez 60 à 70 % de votre production. Imaginons, si on n'était plus dans le monde, si on se fermait par rapport au monde, si on voulait qu'il y ait moins d'échanges avec le monde - comme certains nous y encouragent ici ou ailleurs - si on ne fabriquait que pour nous et même si on fabriquait beaucoup de véhicules électriques - et on n'en fabriquera - pour les Français, nous ne pourrions pas assurer ici le débouché des productions que vous mettez en œuvre. Voilà pourquoi nous sommes fiers d'être ici dans une entreprise familiale à taille mondiale. Vous êtes présents sur plusieurs marchés : Chine, Mexique et vous vendez sur tous les continents : Asie, Amérique latine, Moyen-Orient, vous vendez au Liban, vous vendez en Israël, en Syrie je ne suis plus sûr que vous soyez extrêmement présents hélas, mais vous l'avez fait dans le passé. Parce que c'est cela être une entreprise mondiale, on n'est jamais coupés du monde, on croit que ce qui se passe dans telle ou telle région lointaine est sans conséquence sur nous, on s'en est aperçus, rien n'est plus faux. On peut fermer les yeux sur un certain nombre de réalités, elles vous rattrapent. C'est ainsi, nous sommes dans le monde et nous devons maîtriser le monde, nous devons faire en sortie qu'il puisse porter davantage de valeurs positives que de troubles ou de drames et de trahisons par rapport à ce que nous nous avons comme idéaux, vous avez fait ce choix d'être dans le monde.

C'est la raison pour laquelle je veux ici vous rendre hommage, parce que vous avez voulu rester à Besançon, ici -votre siège social est à Besançon- vous vous êtes agrandis à Besançon, vous avez racheté du foncier à Besançon. J'imagine –je suis sûr- que les élus ont été les premiers à vous mettre ces terrains à votre disposition. On me dit que vous allez bientôt racheter la Poste, enfin un terrain de la Poste - n'allons pas trop loin quand même - et c'est bien qu'il en soit ainsi pour que vous puissiez vous développer. Grâce à ces choix que vous avez faits, cette stratégie qui a été la vôtre, la politique que nous avons produite ensemble, vous avez investi parce qu'il n'y a pas d'autres conditions pour réussir que d'investir. Investir dans des machines - ici elles sont considérables, elles sont même volumineuses, elles sont impressionnantes, certaines sont bruyantes, d'autres sont plus silencieuses - mais cela frappe à chaque fois avec des rythmes. Investissement de 12 millions d'euros pour vous élargir, 30 emplois supplémentaires vont être créés et il y aura donc une nouvelle gamme de stators et de rotors, vous voyez ma joie. Puis vous allez sur le marché de l'électro-mobilité investir encore 10 millions d'euros dans les trois ans à venir, vous êtes 450 d'ici à Besançon, vous serez davantage demain, grâce aux choix qui ont été faits.

Il y avait une autre raison qui justifiait ma présence ici comme chef de l'Etat. Vous êtes une industrie qui a une histoire et qui est un avenir et qui correspond à une industrie qu'on appelle du futur, je sais que vous vous êtes beaucoup engagés pour faire partie de l'alliance industrielle du futur en Bourgogne-Franche-Comté -Madame la présidente peut en témoigner- et vous mettez un grand programme d'automatisation des lignes de production, de renforcement des moyens de contrôle et de formation du personnel. Ce qui me permet de faire deux remarques : des robots, l'industrie du futur, des machines, nous en avons besoin. Si on restait avec les mêmes équipements qu'il y a quelques années, il n'y aurait plus d'emploi. En même temps, il faut que ces machines, ces robots, cette industrie du futur puissent être accompagnés par des femmes et des hommes de très grande qualité et formés durablement. Tout l'enjeu, c'est investir et former. Investir dans des machines et former dans des femmes et des hommes pour qu'ils puissent être les meilleurs et les plus compétitifs dans la concurrence internationale. Tout à l'heure j'ai interrogé l'un d'entre vous, qui avait déjà un an de formation, et il m'a dit : « Oh ! La, la, pour faire ce que je dois faire, il faudra peut-être 10 ans » c'est vrai que c'est une formation continue et c'est la raison pour laquelle nous avons créé le Compte personnel d'activité. Chacune et chacun d'entre vous ne le sait pas, mais il a un Compte personnel d'activité sur lequel il a des heures de formation, des jours de formation. Vous allez me dire : « c'est une bonne nouvelle, le président de la République est venu à Besançon, il nous a ouvert un compte, on va regarder ce qu'il y a dessus », vous pouvez le faire dès maintenant puisque c'est ouvert par les réseaux sociaux, le numérique. On peut consulter son Compte personnel d'activité et vous tous - grâce d'ailleurs aux partenaires sociaux, grâce à la loi - il y a donc un compte qui permet d'utiliser sa formation tout au long de sa vie.

Je voulais terminer sur l'enjeu du marché de la voiture électrique, c'est un marché qui commence à connaître sa dynamique et nous, -l'Etat français,- nous avons voulu depuis 2012 stimuler ce marché avec un système qu'on connaît bien pour le consommateur bonus malus, c'est-à-dire qu' on a un avantage quand on achète un véhicule électrique et on a un malus quand on achète un véhicule polluant. Mais on doit faire mieux que cela, c'est-à-dire qu'on doit demander à l'Etat, aux collectivités publiques – et je crois qu'elles le font ici - d'acheter des véhicules électriques et hybrides. Nous pensons que nous allons être le premier marché européen en France de la voiture électrique. Notre objectif en 2020, -c'est tout près- est de construire deux millions de voitures électriques et hybrides dans le parc français, ce qui veut dire que vous aurez là un développement considérable de vos activités et que vous allez en plus préserver la planète et permettre à la France de respecter ses engagements en matière d'accord sur le climat. C'est finalement le sens que nous devons donner à la politique, être capable de produire ce qu'il y a de mieux et en même temps, de faire que ce soit au bénéfice des salariés, des consommateurs et de la planète.

Vous vous êtes engagés sur ce marché essentiel de la voiture électrique, vous allez le réussir, il y a déjà un véhicule électrique qui est là - comme je vais visiter PEUGEOT tout à l'heure je ne dirais pas la marque du véhicule électrique - mais il est vrai que tous les constructeurs sont maintenant engagés dans cette voie, c'est aussi un grand enjeu pour les villes, pour le développement durable, pour les transports. Je voulais vous féliciter pour cela. Je voulais dire aussi que finalement vous étiez aux couleurs de la France, parce que je vois du rouge, du blanc, du bleu, du bleu blanc rouge, je vois des verts aussi, ce qui est logique compte tenu de la transition écologique que l'on veut également faire passer.

Enfin, permettez-moi une forme de référence par rapport à ce que vous fabriquez ici et qui est l'essentiel dans la vie et dans la démocratie, je veux parler de ce couple essentiel du stator et du rotor, de ce qui tourne et de ce qui reste fixe et pour qu'il y ait ce miracle, il faut qu'il y ait du mouvement et aussi de la constance. Dans une démocratie c'est pareil il faut qu'il y ait du mouvement, toujours du mouvement, du changement et il faut aussi qu'il y ait des éléments fixes. C'est à partir du fixe que l'on fait le mouvement et si on comprend cela, alors comme vous avez réussi avec le stator et le rotor la France réussira avec la démocratie. Merci ! Vive BOURGEOIS, vive Besançon et vive la France.

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