Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec LCI le 4 janvier 2018, sur la hausse du prix du diesel, le changement climatique, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et sur le glyphosate. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec LCI le 4 janvier 2018, sur la hausse du prix du diesel, le changement climatique, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et sur le glyphosate.

Personnalité, fonction : POIRSON Brune.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire

ti :


PASCALE DE LA TOUR DU PIN
Brune POIRSON est l'invitée de Christophe JAKUBYSZYN ce matin.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, Pascale. Brune POIRSON, secrétaire d'Etat auprès de Nicolas HULOT. Bonjour.

BRUNE POIRSON
Bonjour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc nous avons une ministre ce matin, nous allons pouvoir lui demander comment s'est passée la rentrée des classes du gouvernement hier, séminaire, Conseil des ministres, ambiance de rentrée ?

BRUNE POIRSON
Ambiance de rentrée, très sympa, très surtout sérieuse, concentrée, vraiment, sous l'autorité du président de la République et du Premier ministre. Il y avait vraiment un esprit de dialogue, vous savez. Moi, j'ai fait beaucoup de séminaires en entreprises, et donc j'ai un peu l'expérience, je peux comparer, et je crois que celui-là était particulièrement réussi, on a vraiment travaillé dans un esprit…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est amusant que vous disiez ça parce que, souvent, vos détracteurs disent que, finalement, Emmanuel MACRON se comporte un peu comme le président, comme le PDG de l'entreprise France, vous venez de l'entreprise, est-ce que, justement, est-ce qu'il y a beaucoup de codes au sein de ce gouvernement qui ressemblent aux codes de l'entreprise ?

BRUNE POIRSON
Je ne crois pas qu'il y ait énormément de codes, qu'on puisse vraiment comparer…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On parle de séminaires, on parle…

BRUNE POIRSON
Après, il y a des méthodes de travail, c'est justement permettre d'être plus efficace et d'avoir un impact plus rapide, c'est une question d'organisation aussi du travail. Et donc, il y a certaines choses qui sont peut-être prises au secteur privé et utilisées dans le secteur public, je ne sais pas, mais en tout cas, ce système de séminaire, il est effectivement efficace, on en avait déjà eu un l'an dernier, et celui-là, je crois qu'il a été très utile.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et on va parler de votre feuille de route, c'est qui le patron d'ailleurs, c'est Edouard PHILIPPE ou c'est Emmanuel MACRON ?

BRUNE POIRSON
Mais ce sont les deux. Emmanuel MACRON, le président de la République, fixe vraiment sa vision, il assure la cohérence d'ensemble, et Edouard PHILIPPE, met en oeuvre avec nous, et surtout, il orchestre tout ça, d'ailleurs, il l'a utilisée lui-même, cette métaphore du chef d'orchestre, et je crois qu'elle lui va extrêmement bien. Parce que vous le voyez, il y a eu… il n'y a quasiment pas de couacs, enfin, on en parlait tout à l'heure, on a un gouvernement quand même qui travaille particulièrement bien ensemble.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on va en parler, on verra s'il y a des couacs au cours de notre entretien, rassurez-vous quand même, mais simplement, une feuille de route a été donnée à tout le gouvernement, à tous les ministres, une feuille de route dense, avec plusieurs projets de loi cette année. Votre feuille de route à vous, Brune POIRSON, c'est quoi pour les six mois qui viennent ?

BRUNE POIRSON
Alors, il y en a plusieurs, à titre… vous savez, pour ce ministère-là, notre feuille de route, elle continue, on est celui… on est le ministère à la Transition écologique et solidaire, c'est-à-dire que pour nous, on travaille sur un projet de société, il s'agit d'emmener la France sur la voie de la transition écologique le plus rapidement possible…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc vous transformez les comportements des gens en fait…

BRUNE POIRSON
Et de transformer les comportements des gens, mais aussi surtout de veiller à ce que cette transition-là, elle soit écologique, mais aussi solidaire, parce que si on laisse sur le côté certains d'entre nous, eh bien, cette transition écologique-là, ça ne pourra jamais être une réalité.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on va prendre un exemple juste très concret, parce que ça concerne tout le monde, c'est la hausse du prix du diesel en ce début d'année, 10 %, alors, je ne sais pas si c'est solidaire ou pas, vous allez nous dire en quoi c'est solidaire, moi, je voudrais vous poser une question, 10 % d'augmentation, c'est beaucoup pour des gens qui ont des véhicules souvent diesel parce qu'on les a incités à en avoir, ça fait une hausse de prix presque de 7 à 8 euros sur un plein pour une berline, 240 à 350 euros de plus par an. Quand on parle de pouvoir d'achat, là, pour le coup, vous, vous êtes la ministre, enfin, une des ministres, qui entaillez le pouvoir d'achat des Français.

BRUNE POIRSON
Mais, vous savez, de l'autre côté, on prend aussi des mesures pour… il ne s'agit pas de punir, nous, on n'est pas du tout dans cette logique-là, et comme je le disais, il s'agit de promouvoir un changement, et c'est pour ça, notamment, qu'on met aussi en place des mesures en face, si je puis dire, pour essayer de compenser ça, et par exemple, on a récemment annoncé la prime à la conversion, la prime à la conversion, qu'est-ce que c'est ? On sait qu'il y a des Français qui n'ont pas nécessairement les moyens de s'acheter un véhicule plus récent et donc moins polluant. Et donc, nous, le gouvernement, en tout cas, notre ministère, on offre jusqu'à 2.000 euros à ceux qui n'en ont pas les moyens, pour les aider à changer de voiture, et d'ailleurs…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Voiture neuve ou occasion… ?

BRUNE POIRSON
Et d'ailleurs, on a lancé un site Internet WWW.PRIMEALACONVERSION.GOUV.FR, qui permet de faire des simulations pour savoir quelle voiture vous pourriez éventuellement vous acheter…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
… Je peux acheter une voiture d'occasion et j'aurai la prime ou pas ou ce n'est que sur les voitures neuves ?

BRUNE POIRSON
C'est surtout sur les voitures neuves.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que, aujourd'hui, en tant que ministre, vous diriez aux Français : n'achetez plus de véhicule diésel à partir de 2018 ?

BRUNE POIRSON
Moi, je pense que ça fait partie des changements de comportement qu'il faut essayer d'avoir, après, bien sûr, tout ça, chacun ne peut pas le faire à la même vitesse ou en tout cas, parfois, ça peut être difficile, et c'est aussi pour ça, comme je vous le disais, qu'on met en place un ensemble de mesures, je vous parlais de la prime à la conversion, mais on a aussi lancé récemment un chèque énergie, ce n'est pas directement lié à l'automobile, mais c'est quand même… ça vise à aider 4 millions de Français à régler leurs factures d'électricité, de chauffage.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et juste sur la voiture, qu'est-ce que vous disent les constructeurs français quand vous augmentez comme ça aussi rapidement les prix du diesel ? D'ailleurs, il y aura d'autres augmentations dans l'année ? Et quand est-ce qu'on aura le prix du diesel égal le prix de l'essence ?

BRUNE POIRSON
A terme, c'est ce qu'on vise, je ne peux pas vous dire exactement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
A terme, c'est quoi ?

BRUNE POIRSON
Je ne peux pas vous dire exactement quand, mais, vous savez, je crois que les constructeurs automobiles, ils sont prêts à ça, ils s'y sont déjà préparés, ils savent, déjà, vous savez que dans le plan climat, on a dit que nous, ce qu'on voulait, c'était qu'à terme, il n'y ait plus de véhicules thermiques d'ici 2040. Et d'ici-là, pour s'y préparer, nous mettons en place une série de mesures pour aller dans cette direction-là, et on le fait aussi, et j'en discute parfois avec des constructeurs automobiles, ils sont prêts, l'industrie automobile sait que la façon…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous êtes sûre qu'ils s'y sont suffisamment préparés, parce que, on voit bien aujourd'hui…

BRUNE POIRSON
Eh bien, de toute façon, il faudra qu'ils s'y préparent…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce que, on voit, on a un plan de départs collectif, sans doute en préparation chez PSA, c'est lié aussi au basculement diesel, essence ou électrique, est-ce qu'on ne va pas trop vite ?

BRUNE POIRSON
Je ne connais pas le détail, mais vous savez, la question, elle n'est pas : est-ce qu'on va trop vite ? Le changement climatique, la planète, elle se réchauffe, elle se réchauffe très rapidement, extrêmement rapidement, ce n'est pas nous qui devons… qui dictons le rythme, malheureusement, c'est le réchauffement climatique, c'est la réalité de ce qui arrive qui rythme ce qu'on doit faire et les mesures qu'on va prendre. On peut vouloir freiner, mais enfin, on sait qu'on est très loin d'être sur la trajectoire de l'accord de Paris de limitation du réchauffement climatique à deux degrés. Et ça, ça a des conséquences dans la vie quotidienne de chacun d'entre nous. Et donc il faut que ça change.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors justement, on parlait de réchauffement climatique, avec cette tempête qui a traversé encore la France, cette nouvelle tempête Eleanor hier, et qui a fait notamment un mort, un skieur, est-ce que c'est lié, cette tempête, au réchauffement climatique, oui ou non ?

BRUNE POIRSON
Il n'y a pas de réponse comme ça, je ne peux pas vous dire oui ou non, et d'ailleurs, les scientifiques ne le savent pas non plus…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce que quatre tempêtes en quelques jours, c'est beaucoup !

BRUNE POIRSON
C'est beaucoup, effectivement, on sait aussi qu'on est dans une période de l'année durant laquelle il est quand même fréquent d'avoir des tempêtes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On est en hiver, on est d'accord…

BRUNE POIRSON
En tout cas, une chose qui semble être certaine, enfin, pas certaine, mais il y a de plus en plus scientifiques qui sont d'accord là-dessus, qui s'accordent sur ce point, c'est que les événements climatiques extrêmes violents tendent à se multiplier, on a vu par exemple avec Irma, on sait que c'est probablement dû au réchauffement des océans, et aussi au fait que le niveau des océans et des mers monte…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Avec la fonte…

BRUNE POIRSON
On en est à 3, à 5 millimètres par an depuis vingt ans. Donc ça aussi, ça devient une réalité, ça met aussi la pression sur ceux qui habitent en bord de mer. Donc tout ça, ce sont les multiplications de facteurs ; et on parlait justement de la rapidité, est-ce que, on ne va pas trop vite ou pas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Rapprochement…

BRUNE POIRSON
Mais je crois que, pour le coup, on est rentré dans la période de l'urgence climatique malheureusement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais alors, parfois, les Français s'interrogent, d'abord, parce qu'il y a les climato-sceptiques, et puis, il y a des hommes politiques de premier plan, je pense à Donald TRUMP, souvenez-vous de ce tweet il y a quelques jours, où avec cet hiver glacial aux Etats-Unis, il s'était moqué de ceux qui – alors, on a la version anglaise, on va voir aussi la version française – de ceux qui prétendaient que c'était lié… enfin qu'il y avait un réchauffement climatique, il dit maintenant : regardez, la preuve, sur la Côte Est, nous avons la veille du jour de l'an la plus froide jamais enregistrée. Alors, il faut croire Brune POIRSON ou Donald TRUMP ?

BRUNE POIRSON
Je ne sais pas, mais en tout cas, vous savez, il faut croire, je crois, il faut croire les évidences, c'est-à-dire que, pendant longtemps, on a cru que la Terre était plate, ça a été prouvé que la Terre est ronde, et ça, on ne revient pas dessus. Ça…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est moins facile à prouver le lien entre réchauffement et émission de…

BRUNE POIRSON
Non, mais, enfin, écoutez…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Enfin, c'est ce que dit TRUMP…

BRUNE POIRSON
Là, c'est ce que le président américain dit, mais, c‘est pareil, pendant longtemps, on ne faisait pas le lien entre les maladies et puis le niveau d'hygiène corporel, or, c'est évident…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais si je vous demande s'il faut croire TRUMP ou POIRSON, vous me répondez POIRSON quand même ?

BRUNE POIRSON
Or, c'est évident, moi, je ne vous dirais pas POIRSON, je vous dirais : les scientifiques. Ça fait quand même des années, mais des années que les scientifiques travaillent sur ces questions-là, que c'est répertorié, que c'est prouvé, vous connaissez probablement le GIEC, on le sait, c'est prouvé. Et nier ces évidences-là, eh bien, moi, je pense que c'est mortifère, et un tweet comme celui-là, eh bien, je crois que c'est un profondément… c'est regrettable, c'est regrettable parce que l'éveil des consciences a eu lieu. On est tous finalement dans une voiture qui file à fond la caisse tout droit vers un précipice, c'est la situation dans laquelle on est, et on est tous en train d'essayer d'appuyer sur la pédale de frein et on se retrouve là, dans cette situation précise concernant ce tweet, avec un président américain qui décide, lui, au contraire, de donner presque un coup d'accélérateur dans le mur…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Dans le mur ou le précipice…

BRUNE POIRSON
Ou en tout cas le précipice. Et ça, vous savez, moi, j'ai vécu aux Etats-Unis, et une des…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Bien sûr, vous êtes née là-bas même…

BRUNE POIRSON
Je suis née là-bas, mais en fait, j'y ai passé quelques mois, moins d'un an, mais ensuite, je suis retournée travailler et étudier aux Etats-Unis, et une des raisons pour lesquelles je me suis engagée pour Emmanuel MACRON, c'est parce que j'étais en désaccord fondamental avec certaines des positions du président TRUMP, et notamment sur la question du climat.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors, on va parler évidemment de Notre-Dame-des-Landes, parce que c'est le dossier – on parle de réchauffement – chaud du gouvernement, puisque le président a promis de prendre une décision à la fin du mois de janvier, en ce moment, pendant qu'on se parle, il y a Nicolas HULOT qui est dans le bureau d'Edouard PHILIPPE, c'est pour se faire recadrer par le dirlo, c'est pour faire de la câlinothérapie par rapport à la décision qui va être prise ?

BRUNE POIRSON
Alors, ce n'est pas comme ça, ce n'est franchement pas comme ça qu'on travaille, et surtout, ce que vous venez de dire, c'est vraiment, on veut travailler en rupture avec ce type d'approches qui justement ont prévalu pendant presque un demi-siècle…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est-à-dire ?

BRUNE POIRSON
Eh bien, c'est-à-dire, on hystérise le débat, on le…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ah, je n'ai rien hystérisé du tout…

BRUNE POIRSON
Non, mais pas forcément vous, mais vous savez, regardez par exemple, pendant le mandat précédent, François HOLLANDE avait tout pour prendre une décision, tout, et pour des arrangements politico-politiciens dont les Français en ont vraiment marre, ils en ont ras-le-bol, c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles ils ont voté pour le président de la République actuel, mais pendant trop longtemps, on a hystérisé ce débat-là, eh bien, nous, la démarche qu'on a eue, c'est : calmons les choses, regardons les choses froidement, objectivement, et c'est pour ça que le président de la République a demandé à trois experts de faire un rapport….

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, alors, vous avez lu le rapport ?

BRUNE POIRSON
J'ai lu le rapport…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et vous en concluez quoi, vous, personnellement ?

BRUNE POIRSON
Alors, moi, surtout, regardons quelles sont les conclusions du rapport, trois conclusions principales, la première, c'est qu'effectivement, il faut une plate-forme aéroportuaire dans cette région-là, il faut la désenclaver…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Il faut augmenter les capacités de transport aérien…

BRUNE POIRSON
Absolument, aujourd'hui, il y a cinq millions de passagers, et il va presque doubler d'ici 2040, ce chiffre, ils vont être à 9 millions de passagers.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Deuxième conclusion.

BRUNE POIRSON
Deuxième conclusion. Les médiateurs ont regardé toutes les options possibles, deux, ils ont retenu deux options, soit l'aéroport ex-nihilo de Notre-Dame-des-Landes, soit le réaménagement de Nantes Atlantique. Et troisième conclusion importante…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est quoi d'ailleurs la solution la plus écolo entre les deux ?

BRUNE POIRSON
Les deux ont des…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Des avantages, des inconvénients, on n'est pas beaucoup avancé si vous me répondez ça…

BRUNE POIRSON
Non, mais dans les deux cas, il y a des inconvénients. On sait que le réaménagement de Nantes-Atlantique présente des inconvénients au niveau des nuisances sonores, qui sont du même niveau qu'actuellement, mais ça présente des inconvénients. Et Notre-Dame-des-Landes, ça a des impacts négatifs sur la biodiversité, sur les terres agricoles, ça aussi…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et la troisième conclusion du rapport alors ?

BRUNE POIRSON
La troisième conclusion du rapport, c'est que, il va falloir évacuer la ZAD, quoi qu'il arrive, enfin, peu importe la décision du gouvernement dans tous les cas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui aux Zadistes par exemple ?

BRUNE POIRSON
Moi, je ne leur parle pas directement, en tout cas, mais…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous pouvez leur faire passer des messages…

BRUNE POIRSON
Mais vous savez, l'approche du gouvernement, c'est une approche de dialogue, on n'est pas belliqueux, nous, on croit à la force de dialogue, et c'est d'ailleurs cette approche…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous allez quand même les expulser manu militari ?

BRUNE POIRSON
Non, mais vous savez, on est dans le dialogue, encore une fois, je crois que si on explique les décisions…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Au bout d'un moment, si en face de vous, il n'y a pas de volonté de dialogue, il faudra quand même que l'Etat de droit…

BRUNE POIRSON
Mais on verra, moi, je ne préjuge pas de l'attitude des Zadistes, nous verrons. En revanche, s'ils ne respectent pas la décision qui est prise par l'Etat et par un gouvernement démocratiquement élu, à ce moment-là, nous serons fermes et intraitables.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et votre conviction à vous, il faut le faire ou pas, ce nouvel aéroport ?

BRUNE POIRSON
Vous savez, je crois que pendant trop longtemps, chacun a mis son grain de sel, a donné sa petite opinion, moi, j'en ai une, je la garde pour les discussions à huis clos.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Le rapport a changé votre opinion ou pas ?

BRUNE POIRSON
Le rapport, en tout cas, il m'a aidée à voir les choses de façon beaucoup plus objective, et, oui, j'ai probablement une opinion différente, en tout cas de celle que j'avais avant, mais en tout cas, je crois que ce n'est vraiment pas ça qui importe, ce qui importe, c'est que le plus rapidement possible, on prenne une décision qui permette à cette région-là de se désenclaver, et surtout, à ce problème de se régler, vous avez vu l'énergie qu'on passe sur ce dossier-là, depuis trop longtemps…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Votre ministre, Nicolas HULOT, il est prêt à toutes les éventualités, il restera quoi qu'il arrive ?

BRUNE POIRSON
Nicolas HULOT, il fait partie d'un gouvernement, il le sait, il est dans une position différente de celle d'avant, avant, c'était un activiste de l'environnement, il l'a dit lui-même…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc il sera responsable…

BRUNE POIRSON
Maintenant, je ne sais pas si on peut parler de…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Sera solidaire en tout cas…

BRUNE POIRSON
Non, en tout cas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Quoi qu'il arrive, il restera…

BRUNE POIRSON
Mais bien sûr, il n'utilisera pas Notre-Dame-des-Landes pour faire chantage, il fait partie d'un gouvernement, et il le sait.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Allez, dernière question, le glyphosate, parce que ça concerne aussi la santé des Français, est-ce que vous êtes déçue finalement, même si on a obtenu de réduire un peu la durée de ce que voulaient nos partenaires européens pour son utilisation, est-ce que, personnellement, en tant que ministre chargée du Développement durable, est-ce que vous regrettez quand même qu'on continue à utiliser le glyphosate ?

BRUNE POIRSON
Déjà, plusieurs choses, juste revenir, vous savez, au départ, avec la Commission européenne, on était parti pour 15 ans, puis, pour 10…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Non, mais, on n'a plus que trente secondes, donc c'est juste, vous, est-ce que vous vous êtes dit quand même, l'Europe…

BRUNE POIRSON
Moi, je crois que, il ne faut pas faire les choses dans la brutalité, et le glyphosate, beaucoup d'agriculteurs l'utilisent, c'est à nous maintenant de travailler pour trouver une alternative crédible à ces agrès, au glyphosate, notamment pour garantir, encore une fois, protéger la viabilité économique des exploitations agricoles et le niveau de vie de nos agriculteurs…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous êtes satisfaite du compromis, même si ça comporte encore des risques pour la santé peut-être ?

BRUNE POIRSON
Ecoutez, le président de la République s'est exprimé, on y travaille pour que dans trois ans, nous puissions sortir du glyphosate.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci beaucoup Brune POIRSON. Et donc on attend maintenant la décision sur Notre-Dame-des-Landes dans les jours prochains, avant la fin janvier.

BRUNE POIRSON
Fin janvier, oui.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci beaucoup.

BRUNE POIRSON
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 janvier 2018

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