Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 9 janvier 2018, sur la politique gouvernementale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 9 janvier 2018, sur la politique gouvernementale.

Personnalité, fonction : DUSSOPT Olivier, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'action et aux comptes publics;

ti :


CYRIL VIGUIER
Bonjour à ceux qui nous rejoignent pour « Territoires d'Infos », deuxième partie de cette matinale d'infos de Public Sénat avec la presse quotidienne régionale, les Indéradios – 130 radios qui sont nos partenaires sur tout le territoire français – avec les télés locales de France et avec TV5 Monde. L'invité politique en direct sur ce plateau ce matin c'est Olivier DUSSOPT, bonjour...

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes le nouveau secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Action et des comptes publics, on va revenir tout à l'heure pendant cette interview sur votre parcours politique. Pour vous interroger : Michaël SZAMES, rédacteur en chef de Public Sénat chargé de la politique...

MICHAËL SZAMES
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Bonjour et Christelle BERTRAND de La Dépêche du Midi qui représente la presse quotidienne régionale sur ce plateau ce matin, bonjour Christelle...

CHRISTELLE BERTRAND
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Merci de vous être levée tôt et d'être avec nous en cette nouvelle année.

CHRISTELLE BERTRAND
Merci à vous.

CYRIL VIGUIER
Olivier DUSSOPT, vous avez été exclu du Parti Socialiste lors de votre entrée au gouvernement, première question est-ce que vous êtes toujours socialiste ?

OLIVIER DUSSOPT
Je le suis toujours et je suis toujours un homme de gauche progressif et social-démocrate, le Parti Socialiste a indiqué que j'étais exclu, je n'ai pas reçu ce jour d'exclusion, mais peu importe...

CYRIL VIGUIER
Ah ! Vous n'avez pas formellement été exclu ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, mais peu importe, cela relève...

MICHAËL SZAMES
Vous êtes toujours à jour de cotisation ?

OLIVIER DUSSOPT
Je suis toujours à jour de cotisation, mais tout ça...

CYRIL VIGUIER
Mais vous avez toujours le cap.

OLIVIER DUSSOPT
Tout ça relève du détail, cela relève du détail et ce qui compte ce n'est pas l'adhésion à tel ou tel mouvement, ce sont les valeurs qu'on porte, l'attachement progressiste, l'attachement à la sociale démocratie et puis dans la période qui s'ouvre avec cette participation - mon entrée au gouvernement - sur des sujets qui me sont chers comme la fonction publique et la volonté d'être utile.

CYRIL VIGUIER
Oui, oui.

OLIVIER DUSSOPT
Et avant tout uniquement...

CYRIL VIGUIER
Mais vous avez été triste, enfin c'est quelque chose qui vous a touchée ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
Cela fait 20 ans que je suis engagé au Parti Socialiste, j'ai gagné cinq élections – trois élections législatives, deux élections municipales – en étant à chaque fois clair sur mon engagement, en revendiquant mon adhésion au Parti Socialiste et en affichant la couleur si je puis dire, ce qui n'est pas toujours le cas de celles et ceux qui me font parfois des procès aujourd'hui ou qui font assaut d'amabilités à mon égard.

MICHAËL SZAMES
Olivier DUSSOPT, évidemment on va revenir, surtout le thème qui vous intéresse et qui vous occupe actuellement, mais c'est vrai que la fibre socialiste on a besoin de la comprendre par rapport à l'action de gouvernement, encore une question sur le socialiste, Stéphane LE FOLL annonce ce matin sa candidature au poste de Premier secrétaire, il a été ministre, porte-parole du gouvernement, est-ce qu'il peut aujourd'hui, est-ce qu'il est le mieux placé pour réinventer ce Parti Socialiste ?

OLIVIER DUSSOPT
Je crois qu'il n'est pas seul candidat, il y a d'autres candidats qui se sont déclarés...

MICHAËL SZAMES
Donc, ce n'est pas votre candidat ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense à Luc CARVOUNAS, je pense à Emmanuel MOREL, et je pense qu'il y aura d'autres candidats qui se sont déclarés. Moi la seule chose que je souhaite pour le Parti Socialiste, parce que je le dis c'est 20 ans d'engagement, c'est ma famille politique et il y a de l'affection, de l'attachement, c'est la volonté que le Parti Socialiste puisse se reconstruire, puisse participer, trouver sa place dans la recomposition politique, s'affirmer comme une force sociale-démocrate, européenne, progressiste et je le dis participe aussi à la réussite du quinquennat. Aujourd'hui e Parti Socialiste traverse une crise et ses adhérents du Parti Socialiste, celles et ceux qui l'animent...

MICHAËL SZAMES
Mais le Parti Socialiste aujourd'hui tel qu'il se construit il ne veut pas forcément de...

OLIVIER DUSSOPT
Celles et ceux qui l'animent et celles et ceux qui participent à sa reconstruction, je leur souhaite bon vent et je leur souhaite de réussir...

MICHAËL SZAMES
Vous les avez déjà vus ?

OLIVIER DUSSOPT
Parce que je pense qu'il y a un espace, qu'il y a une voix à porter et que le Parti Socialiste peut retrouver sa place sur l‘échiquier politique à condition de s'affirmer comme une vraie force sociale-démocrate.

CHRISTELLE BERTRAND
Vous allez voter dans les prochains congrès si vous n'êtes pas exclu d'ici là ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous savez je ne sais pas, ce n'est pas dans mon tempérament de jouer des coups de com. ou de jouer à celui qui va faire le plus malin que les autres.

CHRISTELLE BERTRAND
Non, mais comme vous êtes attaché vous dites à votre famille politique, on peut se poser légitimement la question ?

OLIVIER DUSSOPT
Je regarde tout ça avec attention.

CHRISTELLE BERTRAND
Et vous dites aussi donc à l'instant que vous êtes attaché au progressisme, à la sociale démocratie, hier PIMKIE, aujourd'hui PEUGEOT, l'actualité est marquée par ces entreprises qui suppriment des postes à la faveur de la loi Travail voulue par Emmanuel MACRON, observe-t-on les premiers effets pervers de ces ordonnances contre lesquelles – je le rappelle – vous avez voté ?

OLIVIER DUSSOPT
Les deux entreprises que vous citez ont annoncé leur volonté de mettre en place des plans de départ volontaire, en tout cas de formes de rupture conventionnelle collective tel que c'est prévu par les ordonnances, ce sont des annonces qui ont été faites, ce qu'il faut souligner et ce qui n'est jamais souligné depuis que ces deux entreprises sont dans l'actualité pour ces questions-là c'est que les ruptures conventionnelles collectives ne peuvent être mises en place que s'il y a un accord majoritaire des organisations syndicales qui siègent et qui représentent les salariés des entreprises concernées et qu'après que la Direction départementale du travail, les autorités de l'Etat aient validé le plan tel qu'il est proposé pour s'assurer qu'ils respectent le droit - donc nous sommes aujourd'hui face à des annonces - mais il faut aussi rappeler, souligner que ces annonces ne pourront être effectives que s'il y a accord majoritaire des syndicats représentatifs de chacune des entreprises.

CHRISTELLE BERTRAND
Mais cette facilitation des licenciements est-ce que ça va dans le sens du progressisme que vous...

OLIVIER DUSSOPT
Vous dites que c'est une facilitation et je souligne que c'est une facilitation aux nouvelles formules en tout cas pour procéder à des départs et à des restructurations qui s'accompagne uniquement et qui ne s'inscrit que dans le dialogue social au niveau de l'entreprise, mais il faut le rappeler ça ne sera possible pour ces deux entreprises et pour d'autres que s'il y a un accord majoritaire des syndicats, ce qui généralement n'est pas forcément le cas lorsqu'on est sur des plans de...

CHRISTELLE BERTRAND
Mais ça vous parait aller dans le bon sens ?

OLIVIER DUSSOPT
On ne peut pas dire que supprimer des emplois va dans le bon sens, il y a des salariés, des hommes et des femmes derrière, mais c'est une formule qui est proposée, c'est une option qui est proposée pour la réorganisation des entreprises dans le cadre du dialogue social ; et ce que je souhaite, si je puis dire, c'est que dans les jours et les heures qui viennent à chaque fois que ces deux entreprises ou d'autres seront citées pour avoir recours ou vouloir avoir recours aux ruptures conventionnelles collectives que l'on rappelle que ça se fait, que ça ne pourra se faire que dans le cadre de ce dialogue social et avec un accord majoritaire.

MICHAËL SZAMES
Quand François BAYROU demande une inflexion sociale, un tournant social de ce gouvernement, est-ce que vous êtes d'accord avec lui, parce que vous le réclamez aussi ?

OLIVIER DUSSOPT
Je crois qu'il est là le tournant social...

MICHAËL SZAMES
Il est là vraiment ?

OLIVIER DUSSOPT
Et qu'il y a une volonté... enfin le projet, pardon, le programme du président de la République s'applique dans son intégralité, y compris avec une augmentation du pouvoir d'achat pour les actifs, y compris avec la revalorisation des minima sociaux et d'un certain nombre de prestations qui sont...

MICHAËL SZAMES
Même avec l'augmentation de la CSG ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a l'augmentation de la CSG, mais il y a aussi l'augmentation du minimum vieillesse au mois d'avril prochain, il y a l'augmentation de l'allocation adulte handicapé, il y a la diminution des charges pour les actifs et, donc, tout ça doit être pris en compte dans sa globalité.

MICHAËL SZAMES
Et quand il y a par exemple... on nous annonce peut-être une cagnotte, je ne sais pas si ça sera le cas ou pas ou si ce terme vous va ou pas qui pourra arriver, que le gouvernement nous prête 4 à 5 milliards d'euros, quand les résultats de la croissance vont aller en priorité notamment pour la baisse des déficits, est-ce que c'est...

OLIVIER DUSSOPT
La baisse de la dette !

MICHAËL SZAMES
La baisse de la dette bien sûr, est-ce que c'est quelque chose, vous socialiste, qui vous froisse ?

OLIVIER DUSSOPT
D'abord je pense qu'il ne faut pas parler de cagnotte, il y a un retour de la croissance – et c'est heureux – et le retour de la croissance se caractérise ou en tout cas se traduit par un dynamisme des recettes fiscales pour l'Etat comme à chaque fois qu'il y a retour de la croissance, il y a aussi la volonté de diminuer la dette publique. Vous dites : est-ce que comme socialiste ça me froisse ? J'ai été maire pendant 10 ans et une des premières choses que j'ai faites, que j'ai mise en oeuvre lorsque j'ai été élu d'Annonay en 2008 c'est de dire qu'il y avait une dette de 22 millions d'euros pour un peu moins de 17.0000 habitants, j'ai quitté mes fonctions le 10 juillet dans le cadre de l'application de la loi sur le non cumul des mandats la dette avait été ramenée à un tout petit peu plus de 11 millions d'euros, donc on peut avoir des valeurs progressistes et sociales démocrates et, en même temps, être attaché au désendettement parce que le désendettement c'est aussi se donner des marges de manoeuvre pour l'avenir.

CHRISTELLE BERTRAND
L'un des texte qui fait déjà polémique au sein même de la majorité c'est la loi Asile et immigration portée par Gérard COLLOMB, elle prévoit le doublement de la peine - de la durée pardon - de rétention, l'augmentation des expulsions, que les mineurs soient traités comme des étrangers et non plus comme des enfants, est-ce que ce projet de loi vous convient ou est-ce qu'il doit être amendé et rediscuté ?

OLIVIER DUSSOPT
D'abord le projet de loi est en cours de discussion et le ministre de l‘Intérieur a reçu les associations le 11 janvier, il a des rencontres avec les maires, avec les présidents d'intercommunalités, avec les parlementaires pour faire en sorte que le débat puisse progresser, un certain nombre de choses ont été avancées, notamment le fait que la notion de pays de... n'apparaitra pas dans le texte. Est-ce que vous savez la durée maximale de rétention, en centre de rétention en France aujourd'hui ? C'est 45 jours ! C'est 45 jours et le projet de loi ne prévoit pas... Non ! Le projet de loi ne prévoit pas la prolongation de cette durée maximale de rétention...

CHRISTELLE BERTRAND
Et la désanctuarisation par exemple des lieux d'hébergement...

OLIVIER DUSSOPT
Ça n'est pas le cas ! Est-ce que vous connaissez la durée maximale de rétention en Belgique, qui n'est pas vue comme un régime particulièrement antidémocratique ? C'est 18 mois ! La France a la durée maximale de rétention, en centre de rétention administrative, la plus courte de l'Union européenne, l'objectif n'est pas d'augmenter la durée de rétention pour l'utiliser au maximum, l'objectif est de faire en sorte de mieux accueillir celles et ceux qui doivent être accueillis, qui doivent être protégés et que celles et ceux qui n'ont pas vocation à être sur le territoire...

MICHAËL SZAMES
Donc, le projet de loi tel qu'il est en cours il vous va ?

OLIVIER DUSSOPT
Il est en cours, il est en train de se construire, il est en cours de discussion...

MICHAËL SZAMES
Oui, mais il vous va ?

OLIVIER DUSSOPT
Il est en cours de modification et d'amendement et je le disais tout à l'heure j'ai été maire...

CHRISTELLE BERTRAND
Mais est-ce que vous demandez une inflexion de ce projet de loi ?

OLIVIER DUSSOPT
J'ai été maire pendant 10 ans, j'ai été maire pendant 10 ans d'une commune qui sur son territoire accueille depuis encore plus longtemps un centre d'accueil des demandeurs d'asile, les personnes qui sont accueillies dans ce centre font le droit... en tout cas déposent une demande d'asile, certaines demandes sont acceptées, les personnes sont régularisées, tout se passe très bien ; d‘autres demandes ne sont pas acceptées, ça se traduit par des placements en centre de rétention, ça se traduit par des sorties de Cada, ça se traduit par la prise en charge des personnes sorties de Cada par des associations caritatives qui avec un grand humanisme accompagnent ces familles-là, mais elles ne peuvent pas toutes les accompagner. Donc il faut qu'on soit clair, qu'on puisse mieux accueillir celles et ceux qui ont vocation à être protégés mais qu'en même temps celles et ceux qui ont vocation à être reconduits à la frontière le soient aussi.

CYRIL VIGUIER
C'est Olivier DUSSOPT, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, qui est notre invité ce matin dans « Territoires d'Infos » en direct. Vous serez au coeur Olivier DUSSOPT du dispositif gouvernemental pour le chantier Action publique 2022 qui vise à réformer les services publics, est-ce qu'on peut dire ce matin que certains services publics seront privatisés et lesquels ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, il n'y a pas d'affirmation possible en la matière, on ne peut pas entrer dans le débat sur Action publique 2022 en disant : « il faut privatiser », donc il faut un plan.

CHRISTELLE BERTRAND
La lettre de cadrage, excusez-moi, du Premier ministre dit quand même que certains services publics vont sortir....

OLIVIER DUSSOPT
L'externalisation, la délégation de service public ça existe depuis un siècle, ça fait un siècle que des communes et l'Etat parfois pratiquent la délégation de service public et c'est une...

MICHAËL SZAMES
Donc il faut l'accentuer, c'est ce que vous nous dites ?

OLIVIER DUSSOPT
Ça peut-être... il n'y a pas de religion, ni de tabou, lorsque c'est plus efficace pourquoi ne pas le faire ? Action publique 2022 il ne faut pas le réduire à la seule dimension est ce que l'on externalise ou est-ce qu'on délègue une partie du service public ? Pour la première fois dans un processus de réforme de l'Etat il y a le temps de la réflexion, nous avons connu la RGPP qui s'est traduite par des coupes brutales...

MICHAËL SZAMES
Sous Nicolas SARKOZY.

OLIVIER DUSSOPT
Sous Nicolas SARKOZY, avec des réductions d'effectifs...

CYRIL VIGUIER
Il y a eu la modernisation de l'action publique.

OLIVIER DUSSOPT
Il y a eu la modernisation de l'action publique sous le quinquennat précédent, là nous ouvrons un processus qui s'appelle Action publique 2022 avec d'abord une phase de concertation, un comité d'experts qui va faire des propositions, des chantiers transversaux sur la gestion des ressources humaines, l'organisation des ministères, des forums de l'action publique partout sur le territoire, 13, ainsi que 6 ateliers de co-construction – vous me pardonnez les termes un peu barbares - une plateforme numérique qui permet aux agents publics comme à nos concitoyens de s'exprimer et de participer, des contributions qui sont demandées aux ministères, aux ministres et aux opérateurs de l'action publique, avec un objectif, une question : quel est l'Etat que nous voulons 2022 et, au-delà de l'Etat, quelle est la puissance publique que nous voulons 2022 ? Quels sont les services qui sont rendus par la puissance publique aujourd'hui et qui ont perdu du sens, qui ont perdu peut-être même de l'intérêt et quelles sont les champs, les domaines dans lesquels la puissance publique n'intervient pas et au contraire où elle devrait intervenir, où elle devrait s'impliquer parce que ça relève d'une question d'égalité et d'une question d'égalité d'accès à un certain nombre de droits ? Donc, nous prenons ce temps-là de révision, d'examen, pour pouvoir ensuite - et ça sera fait au printemps par le président de la République et le Premier ministre - arbitrer sur les principaux chantiers et, ensuite, mettre en oeuvre la transformation de l'action publique ; et je pense que c'est une méthode utile que de prendre le temps de la réflexion et de se demander les décideurs, mais aussi les concitoyens, nos concitoyens et les usagers, quel est le service public que l'on veut...

CHRISTELLE BERTRAND
Aujourd'hui Gérald DARMANIN, lui, dit : « certains services publics vont sortir du périmètre », le service public ça veut dire qu'il y a une divergence entre vous ?

OLIVIER DUSSOPT
Aucune, aucune divergence, je le répète il n'y a ni religion ni tabou, si pour tel ou tel service l'externalisation ou la délégation de service public est plus efficace il faut y avoir recours, si pour d'autres services le maintien dans un giron public ou dans un aspect régalien - mais pas seulement - en termes de solidarité, en termes d'égalité, nécessite que ce soit l'Etat ou les collectivités qui interviennent en direct, il faut le maintenir et parfois même il faut le développer. Il ne faut pas voir l'idée d'Action publique 2022 et le programme d'Action publique 2022 comme la seule volonté de réduire le périmètre de l'action publique, au contraire, c'est réinterroger ce qui relève de l'intérêt général et des politiques publiques.

MICHAËL SZAMES
Est-ce que vous promettez un rendez-vous salarial pour les fonctionnaires du public ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a un rendez-vous salarial qui est fixé et qui sera annuel.

MICHAËL SZAMES
Qui est prévu ?

OLIVIER DUSSOPT
Il a eu lieu, le dernier a eu lieu au mois d'octobre 2017, le prochain est prévu en octobre 2018 et huit des neuf organisations syndicales représentatives nous ont demandé à Gérald DARMANIN et moi-même d'avancer ce rendez-vous salarial dans l'année, nous sommes en train de regarder dans quelles conditions on peut vous le satisfaire.

MICHAËL SZAMES
Donc, vous le ferez.

OLIVIER DUSSOPT
Il y aura un rendez-vous salarial, aujourd'hui la date n'est pas fixée, il faut qu'on trouve la bonne date qui permette aux organisations syndicales d'être entendues et à l'Etat comme employeur mais aussi parce que la fonction publique c'est l'Etat et c'est aussi le monde hospitalier, et ce sont aussi les collectivités territoriales, donc il faut faire en sorte que ce collège d'employeurs qui est un collège divers puisse aussi être en situation de discuter et d'avancer sereinement, donc si nous pouvons l'avancer nous l'avancerons.

MICHAËL SZAMES
A titre personnel, êtes-vous favorable au dégel du point d'indice pour les fonctionnaires ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a eu un dégel de deux fois 0,6 point au cours des 18 derniers mois...

MICHAËL SZAMES
Est-ce que vous pouvez l'accentuer ?

OLIVIER DUSSOPT
Il y a des questions sur l'évolution de la rémunération, le maintien du pouvoir d'achat - et d'ailleurs dans le budget de 2018 il est prévu que la garantie individuelle de pouvoir d'achat soit sanctuarisée de manière à ce que les fonctionnaires ne perdent pas de pouvoir d'achat - tout ce qui pourra améliorer la rémunération des fonctionnaires, d'améliorer la reconnaissance pour leur travail est bien. Est-ce que ça passe par le point d'indice ? Est-ce que ça passe par des mesures catégorielles ? Est-ce que ça passe par des modifications du déroulement de carrière ? Ça fait l'objet des discussions ! Et, dans la mesure où nous avons ouvert l'année 2018 avec un agenda social fournit, je ne préjuge pas des discussions que nous aurons et vous me permettez de compléter qu'il y la question du point d'indice qui est gelée pour 2018, il y a la question des mesures catégorielles, il y a aussi des discussions qui sont autour de la protection sociale complémentaire, tout ça doit être pris dans son ensemble.

MICHAËL SZAMES
On n'oublie pas non plus que vous êtes le président de l'Association des petites villes de France, aujourd'hui doit être annoncées des mesures assez fortes, notamment sur la sécurité routière - 80 kilomètres heure dans les routes secondaire – vous y êtes favorable ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Premier ministre a indiqué…

MICHAËL SZAMES
Est-ce que vous, vous y êtes favorable ?

OLIVIER DUSSOPT
Laissez-moi répondre en deux temps si vous voulez bien…

MICHAËL SZAMES
Non, parce que vous parlez du Premier ministre, moi, je vous pose la question directement…

OLIVIER DUSSOPT
Le Premier ministre a indiqué qu'il allait prendre un certain nombre d'arbitrages cet après-midi. Le comité interministériel a lieu cet après-midi, une des pistes avancées est effectivement la réduction de limitation de vitesse de 90 à 80 km/h uniquement sur les routes bidirectionnelles, sans ilot central où généralement, c'est limité à 90. A titre personnel, comme tous les conducteurs, je me dis : ça peut être compliqué, mais quand on regarde les études et qu'on voit que ça permet de sauver des vies et que ça permet – d'après les études qui ont été menées sur des tronçons expérimentaux, il y en a dans la Drôme, notamment à côté de chez moi – que ça permet de sauver des vies, il faut se poser la question de l'utilité et de l'intérêt général, oui, l'intérêt général, c'est de sauver des vies.

CHRISTELLE BERTRAND
Vous avez soutenu en partie la fronde des élus locaux qui ont trouvé que les moyens qui leur étaient alloués étaient en diminution, que le nombre d'emplois aidés n'allait pas faciliter leur tâche, est-ce que, aujourd'hui, la tension s'apaise entre gouvernement et élus locaux ? Est-ce que vous continuez à être inquiet pour eux ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous sommes en 2018 dans une année assez particulière de ce point de vue, d'abord, parce que la Conférence nationale des territoires du 14 décembre s'est bien déroulée, et que les associations, qui représentent les 340 collectivités avec qui l'Etat va signer des contrats, des contrats s'engageant à la fois au maintien des dotations, et en même temps, à une maîtrise des dépenses par les collectivités, les trois associations, c'est l'association des intercommunalités, la AdCF, l'association des villes de France, qui regroupe les villes de 25.000 à à peu près 80.000 habitants, et France urbaine, qui regroupe les métropoles, et les grandes villes. Ces trois associations ont dit : nous sommes prêts, nous sommes prêts à discuter, nous sommes prêts à nous engager dans le processus, il nous faut des garanties bien évidemment, mais nous apprécions la méthode et nous apprécions la confiance que signifie la contractualisation. Et par ailleurs, il y a une deuxième particularité, c'est que beaucoup d'efforts ont été demandés aux collectivités depuis longtemps, avec une baisse des dotations pendant quatre années consécutives, cette année, globalement, les dotations ne vont pas baisser et c'est à nouveau le pari de la confiance de dire : nous faisons confiance, nous maintenons les dotations, par contre, faites attention, maîtrisez vos dépenses.

CYRIL VIGUIER
Olivier DUSSOPT, égalité salariale, on y revient, un collectif de femmes hauts fonctionnaires, qui dénonce dans une lettre envoyée au président de la République la légèreté de ce gouvernement en la matière par rapport à ce que faisait François HOLLANDE. Quelle est votre réaction ?

OLIVIER DUSSOPT
J'ai un peu de mal à entendre cette accusation de légèreté, nous avons un certain nombre de chiffres qui montrent que, en matière de nominations, notamment sur les postes d'encadrement les plus importants, les choses progressent, la loi sur l'Egalité salariale homme/femme, l'Egalité homme/femme – pardon – a fixé, en matière de rémunération comme en matière de recrutement, des objectifs, aujourd'hui, ces objectifs sont tenus par l'Etat, ça signifie qu'il reste beaucoup de travail, mais en tout cas, les objectifs sont tenus pour l'heure.

CYRIL VIGUIER
D'ailleurs, une autre information, une journaliste de la BBC démissionne pour protester contre les inégalités salariales au sein de la chaîne. Est-ce que vous voudriez la même chose pour France Télévisions ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas à moi de le dire, d'abord…

CYRIL VIGUIER
Vous savez qu'il existe des inégalités salariales là-bas aussi ?

OLIVIER DUSSOPT
Je sais qu'il existe des inégalités salariales partout, dans tous les domaines, que ce soit dans les médias comme dans toutes les autres entreprises, sur la BBC, vous pouvez aussi rajouter – et c'est peut-être une particularité de du système britannique – que les confrères masculins de cette journaliste, qui ont pris fait et cause pour elle, se sont privés d'antenne, puisque leur direction les accusés de manquer de neutralité s'ils s'exprimaient ainsi sur l'antenne. J'espère que nous n'arriverons jamais à ce type d'expérience et à ce type de situation en France.

CYRIL VIGUIER
Merci Olivier DUSSOPT. Vous êtes le nouveau secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics. Vous êtes rentré dans le dernier remaniement ministériel. Merci d'avoir été notre invité.

OLIVIER DUSSOPT
Merci à vous.

CYRIL VIGUIER
Nous avions accueilli député, nous vous accueillons ministre ce matin. Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 janvier 2018

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