Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec Public Sénat le 10 janvier 2018, sur les relations économiques avec la Chine, le commerce extérieur, le conflit syrien, la question migratoire et sur l'élection présidentielle au Liberia. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, avec Public Sénat le 10 janvier 2018, sur les relations économiques avec la Chine, le commerce extérieur, le conflit syrien, la question migratoire et sur l'élection présidentielle au Liberia.

Personnalité, fonction : LEMOYNE Jean-Baptiste, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des affaires étrangères;

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CYRIL VIGUIER
J'accueille le secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste LEMOYNE, il rentre sur ce plateau et il va saluer Camille LACOURT, et j'ai tout de suite une question pour Jean-Baptiste LEMOYNE. Camille LACOURT, restez une seconde, c'est l'excellence française, c'est ça, c'est ce qui représente la France, vous pouvez vous approcher de Jean-Baptiste LEMOYNE ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Bien sûr, c'est un nom qui a fait vibrer les Français et qui, au-delà, fait flotter bien haut nos trois couleurs, c'est le cas de le dire, parce que dès qu'il monte sur le podium c'est « La Marseillaise », donc c'est la France Camille LACOURT.

CYRIL VIGUIER
Les J.O de Paris 2024 vont être évidemment extrêmement importants dans le coeur des Français, pour les hommes politiques aussi, on a bien vu qu'ils avaient tous soutenu, même il y a une forme d'unanimité autour de ça. Des gens comme Camille LACOURT c'est ce que la France peut produire de mieux comme image à l'extérieur, vous qui êtes chargé de ces questions-là ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, il y a naturellement l'image extérieure, mais je crois que ce qui est très important, alors que la France longtemps a été dans une forme de déprime, ou de dépression nationale, c'est aussi les valeurs qui sont véhiculées par les sportifs, cette ténacité, cette endurance, et donc on en a bien besoin pour surmonter un certain nombre d'obstacles, donc je crois que, voilà, on a besoin d'eux pour avoir des modèles, des exemples, et nous-mêmes nous surpasser en tant que collectif.

CYRIL VIGUIER
Merci Camille LACOURT d'avoir été notre invité dans cette première partie, à très vite. Bonjour et Bonne année Monsieur le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste LEMOYNE, un habitué de cette matinale d'Info grâce, d'ailleurs, à Michaël SZAMES qui l'a souvent invité, rédacteur en chef de Public Sénat, bonjour Michel.

MICHAËL SZAMES
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Denis CARREAUX, qui va vous co-interviewer aujourd'hui, qui dirige les rédactions du groupe Nice Matin, c'est-à-dire Nice Matin, Var Matin et Monaco Matin.

DENIS CARREAUX
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
On démarre tout de suite avec l'actualité évidemment, internationale, avec la fin de la visite d'Emmanuel MACRON en Chine, à la clé des gros contrats pour la France, on a parlé ce matin d'ailleurs, sur les radios, d'un contrat important pour AREVA, renfloué, dit-on, grâce à cette visite d'Etat, 10 milliards, on parle. Donc, c'était très important d'aller en Chine et d'y aller comme ça ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Oui, c'est important d'y aller, de prendre le temps d'y aller, puisqu'il ne vous a pas échappé que le président de la République a tenu à ne pas faire une visite express mais a, pendant 3 jours, véritablement, à s'imprégner des problématiques, à tisser une relation véritablement personnelle avec Xi JINPING, le président chinois. Et l'idée c'est naturellement à la fois de parler avec un des grands de ce monde, puisque nous sommes tous les deux au Conseil de sécurité de l'ONU, mais au-delà, aussi, en matière économique, de rééquilibrer nos échanges, parce qu'il ne vous a pas échappé qu'en termes de déficit commercial, c'est la premier déficit commercial français, 30 milliards d'euros de déficit, et donc on voit bien qu'on a besoin d'avoir un meilleur accès au marché chinois, et en même temps…

MICHAËL SZAMES
Vous parlez de rééquilibrer, c'est important, parce que Bruno LE MAIRE, hier, il a eu une phrase qui est passée, ou pas très bien passée justement, parce qu'il a dit qu'il refusait beaucoup de projets d'investissements chinois qui pourraient arriver en France, il a peur du pillage. Est-ce qu'il faut, aujourd'hui, un arsenal législatif pour bloquer, simplement, les financements chinois qui arrivent aujourd'hui ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, vous savez, on a des entreprises, des fleurons, je dirais, français, qui effectivement ont des capitaux chinois. Le CLUB MED, c'est une très belle marque, en matière de tourisme, qui rayonne à l'international, et c'est à capital chinois avec FOSUN, donc je dirais qu'il n'y a pas de barrière à l'entrée de la France…

MICHAËL SZAMES
…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais, il n'y a pas de barrière à l'entrée de la France, mais dans un certain nombre de secteurs, qui sont des secteurs stratégiques, d'intérêt national, des domaines sensibles, il faut en tous les cas avoir effectivement des outils qui permettent, en tous les cas, de veiller à nos intérêts. Et de ce point de vue-là, ce n'est pas d'ailleurs uniquement la France…

MICHAËL SZAMES
Des outils ça veut dire une loi ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, non, des outils ça veut dire, et j'y travaille au niveau européen. nous sommes avec mes collègues ministres du Commerce européens en train de travailler à une méthodologie qui permet de regarder, à chaque fois qu'il y a des velléités de prise de contrôle ou de capital, d'avoir une méthodologie pour regarder quelles sont les intentions, pour éventuellement tirer la sonnette d'alarme et avoir des procédures, mais au niveau européen.

DENIS CARREAUX
C'est une forme de protectionnisme dans le fond.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais, vous savez, on est en 2018, le monde économique est un vaste théâtre des opérations, pour reprendre un terme militaire, et il ne faut pas être naïf, nous devons ouvrir les yeux, et nous avons des intérêts à défendre. Et donc, naturellement, nous avons des intérêts qui peuvent être convergents, avec nos amis Chinois, le président de la République a dit que nous pouvions nous inscrire, enfin en tous les cas peut-être participer à certains projets dans le cadre des Routes de la Soie, mais nous avons aussi nos propres intérêts.

MICHAËL SZAMES
Il y a toujours un mai.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Il y a toujours un en même temps plutôt.

MICHAËL SZAMES
D'accord. Mais si on prend un exemple, par exemple il y a la privatisation future de AEROPORTS DE PARIS, on sait que l'aéroport de Toulouse, lui, a été acheté avec des fonds d'investissements chinois, est-ce que vous verriez d'un bon oeil des fonds d'investissements chinois à AEROPORTS DE PARIS ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ecoutez, on n'en n'est pas là.

MICHAËL SZAMES
On en est où alors ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, mais le Premier ministre l'a très bien dit chez vos collègues du JDD, il y a une réflexion sur des actifs qui sont encore détenus, pour partie, par l'Etat, que tout cela viendra en temps utile, mais aujourd'hui je n'ai pas d'information particulière à vous donner. Ce qui est sûr c'est qu'on est dans une économie monde et que, dans ce cadre-là il y a des entreprises françaises qui, oui, ont le soutien, l'accompagnement, de capitaux qui ne sont pas français, et parfois chinois. Et encore une fois, prenez le groupe LOUVRE HOTELS, qui en matière d'hôtellerie est un groupe très important, français, oui, son développement est assuré aussi par des capitaux chinois, donc tout ça… Et, inversement, nous avons également plus de 1000 entreprises françaises qui sont présentes en Chine, qui ont un certain nombre d'implantations, industrielles, et donc tout cela doit être, pour reprendre une terminologie qui a été employée par les présidents, gagnant-gagnant. Et, gagnant-gagnant, comme l'a dit Jean-Yves LE DRIAN, ce n'est pas que l'un des deux soit gagnant 2 fois, c'est que tout le monde y trouve son compte.

MICHAËL SZAMES
Les chiffres du commerce extérieur sont tombés hier, 65 milliards de déficit pour la France…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
En tendanciel sur 1 an.

MICHAËL SZAMES
L'Allemagne est à près de 200 milliards, mais en plus. C'est le talon d'Achille de la France ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors…

MICHAËL SZAMES
Dans le « ça va mieux » du moment… ça ne va pas mieux.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
On ne peut pas se satisfaire de ces chiffres-là. Alors, d'une part, nous sommes en train de travailler, avec Jean-Yves LE DRIAN, à la refonte de notre accompagnement des entreprises à l'export, il y a besoin de plus de lisibilité, de mettre, je dirais l'équipe de France à l'export en ordre de marche. Des annonces seront faites par le Premier ministre le 9 février prochain…

MICHAËL SZAMES
Elles concerneront quoi ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Qui concerneront l'export, le soutien à l'export, le fait que les régions, les Chambres de commerce et d'industrie, Business France, nous tirions tous dans le même sens, c'est donc un certain nombre d'annonces que nous sommes en train de préparer, et je pense que…

MICHAËL SZAMES
Donc le 9 février.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Le 9 février. Ça pourra, je pense, vraiment nous aider à l'export. Et par ailleurs, il faut avoir en tête aussi que ces chiffres s'aggravent parce que la conjoncture économique française est plutôt dynamique, vous l'avez vu, une croissance qui est plutôt supérieure à ce qui était attendu, et donc ça veut dire aussi que les importations ont augmenté. Et c'est le signe de quoi, malheureusement ? C'est la conséquence de 20 années de désindustrialisation, où les gouvernements qui nous ont précédé, malheureusement, n'ont pas pu endiguer la perte de compétitivité de la France, et c'est ce à quoi nous nous attelons aujourd'hui avec nos réformes fiscales, nos réformes sociales, faire en sorte que la France redevienne attractive, qu'on y relocalise des chaînes de production, pour justement répondre aussi à notre demande nationale.

DENIS CARREAUX
Alors, vous avez évoqué l'Allemagne, l'économie allemande est en pleine forme, mais la situation politique reste instable. Est-ce que c'est inquiétant pour l'Europe et pour la France ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, naturellement, ce que l'on souhaite, vous savez, c'est que le moteur franco-allemand puisse marcher à point, et de ce point de vue là on a besoin d'une Allemagne qui soit forte, qui ait un gouvernement stable, et les Allemands ont des procédures qui sont un peu différentes des nôtres. C'est-à-dire que, ils ont ce processus, je dirais de négociation, de concertation, pour construire une coalition qui prend du temps, qui prend quelques semaines, quelques mois, pour bâtir ce pacte, mais une fois que ce pacte est atteint, et des négociations ont lieu cette semaine entre le SPD et la CDU/CSU, eh bien, en revanche, on sait qu'ils ont vraiment une boussole et que ce cap ils le tiennent pendant plusieurs années. Donc, je dirais que le temps qui est pris aujourd'hui, qui peut paraître un peu long, sera du temps gagné après, je pense, dans la solidité des politiques qu'ils mettront en oeuvre.

DENIS CARREAUX
Emmanuel MACRON, le 17 décembre, a promis que la guerre contre Daesh serait gagnée d'ici mi-février, donc dans 1 mois, est-ce que ce sera le cas ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
De fait, en Syrie, il y a eu d'énormes progrès pour réduire les dernières poches de résistance de Daesh, vous avez vu, depuis plusieurs mois, la reprise en Irak de Mossoul, il y a eu Raqa en Syrie, donc, vraiment, nous sommes en train de gagner la guerre, et maintenant il faut gagner la paix. Et, effectivement, cela signifie qu'on doit…

MICHAËL SZAMES
… la guerre mi-février, comme il l'avait promis ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
On est effectivement dans les ultimes semaines. Maintenant, encore une fois, j'insiste, il faut gagner la paix, ça veut dire rentrer aussi dans un processus qui permette une transition politique, parce qu'on ne peut pas se satisfaire de la situation actuelle.

CYRIL VIGUIER
C'est Jean-Baptiste LEMOYNE, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères qui est l'invité politique en direct de « Territoires d'infos » ce matin. Jean-Baptiste LEMOYNE, une centaine de migrants sont portés disparus en Méditerranée depuis hier soir, une embarcation aurait fait naufrage au large de la Libye, est-ce que les accords européens ne peuvent rien changer, le flot des migrants va-t-il continuer ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Là aussi c'est un dossier que le chef de l'Etat a pris à bras-le-corps. On se souvient tous du sommet du 28 août, qui a réuni à Paris un certain nombre d'Etats riverains de la Méditerranée, également la France, l'Allemagne, l'Union européenne, et l'idée c'est de pouvoir, en amont, dans des pays de transit comme le Niger, le Tchad, détecter celles et ceux qui sont éligibles au droit d'asile, et qui donc ont le droit à la protection de nos institutions, pour pouvoir leur éviter cette traversée de la mort. A l'inverse, les migrations économiques doivent être strictement encadrées, parce qu'il y a là un équilibre à trouver. Et c'est donc tout le discours qu'a porté le président de la République à Ouagadougou, ce discours d'un appui à un développement de l'Afrique à travers ses entreprises, à travers sa jeunesse, pouvoir donner un espoir à ces jeunes qui sont de plus en plus qualifiés, qui sortent du système supérieur, mais qui malheureusement ne trouvent pas en face des emplois correspondant à leur qualification.

DENIS CARREAUX
Sur le droit d'asile justement, le nombre de demandeurs d'asile, on l'a appris lundi, a fortement augmenté en 2017, plus de 100.000. Comment peut-on faire face efficacement à cet afflux de demandes ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, d'une part, il faut mettre plus d'efficacité dans les processus, vous savez qu'aujourd'hui les durées d'instruction des dossiers de demandeurs d'asile sont très longs, il y a sûrement des sujets d'effectifs, et c'est d'ailleurs un des enjeux de la loi que prépare Gérard COLLOMB, d'arriver à compresser ces délais…

DENIS CARREAUX
Loi qui a du mal à passer…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Mais, vous savez, il faut faire beaucoup de pédagogie, toujours, parce que ce sont des sujets…

DENIS CARREAUX
On est au-delà de la pédagogie quand même !

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non, mais si, parce que ce sont des sujets qui effectivement s'invitent au quotidien dans l'actualité et sur lesquels il faut toujours trouver un chemin de crête. Mais, vous savez, c'est aussi ça le macronisme, c'est faire en sorte que, sur des sujets complexes, ne pas aller vers des simplifications, expliquer la complexité des choses, du réel, et trouver des solutions surtout efficaces et opérantes. Et donc, en matière de droit d'asile, il y a naturellement un certain nombre de procédures, je dirais qui doivent gagner en efficacité, mais il ne faut pas se leurrer, on ne résoudra pas le problème juste… enfin, il faudra résoudre le problème également avec tout simplement un développement en matière de bonne gouvernance, d'économie prospère…

MICHAËL SZAMES
Je m'excuse, je reviens sur la future loi…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Dans ces… notamment sur le continent africain.

MICHAËL SZAMES
D'un mot, sur la future loi. Quand Manuel VALLS dit, on l'a appris dans Le Journal du Dimanche, « la majorité a son coeur au centre gauche, l'exécutif au centre droit », vous en êtes la preuve aujourd'hui, il dit « c'est là le problème. » Est-ce que là on va être confronté à ce problème avec cette loi, une majorité de centre gauche et un exécutif de centre droit ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Non… vous savez, en fait, pardon, mais le raisonnement tenu par Manuel VALLS, peut-être, est un peu ancien monde, parce qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? On oublie un peu les étiquettes politiques justement. Le chef de l'Etat il a composé un gouvernement, vous savez, comme on compose les conseils municipaux dans les communes rurales, comme chez moi dans l'Yonne, c'est-à-dire qu'il y a autour de la table des gens qui ont différentes sensibilités, mais qui ont décidé que leur trajectoire personnelle c'était une chose, mais ce n'était pas l'essentiel, ce qui compte c'est être efficace, agir. Et il ne vous a pas échappé que ce gouvernement il est composé à 50 % de membres de la société civile, et donc, voilà. On n'est pas trop dans les clivages, on est vraiment dans le résultat.

MICHAËL SZAMES
Est-ce que vous êtes inquiet de la ligne aux accents eurosceptiques que prend Laurent WAUQUIEZ pour les futures élections européennes ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
En tous les cas je constate que, moi qui était en 2002, dès la création au sein de l'UMP, j'ai pu voir que les libéraux, les centristes, et les gaullistes, avaient pu s'unir, et donc avoir véritablement, je dirais un socle large, aujourd'hui, eh bien la droite s'est repliée sur un noyau très restreint finalement, un corpus idéologique qui, à mon avis, n'est pas de nature à permettre de répondre aux défis du temps.

DENIS CARREAUX
Emmanuel MACRON vous a demandé de représenter la France le 22 janvier lors de l'investiture du nouveau président du Liberia, George WEAH, qu'avez-vous envie de dire à l'ancienne star du PSG et de Monaco ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
J'ai envie de lui dire qu'on a envie de l'aider à réussir. C'est vrai qu'il a marqué des buts, des dizaines, des centaines, que ce soit au PSG, à l'OM ou à Milan, de mémoire, et aujourd'hui son peuple, naturellement, a de fortes attentes sur la lutte contre la corruption, sur le développement de l'autonomie alimentaire, et ce sont des chantiers qu'il prend à bras-le-corps, et donc si la France peut l'aider, eh bien nous serons là.

CYRIL VIGUIER
Il viendra en France ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Ecoutez, en tous les cas ça aurait du sens. Je vais à son investiture, nous aurons l'occasion d'en parler ensemble.

MICHAËL SZAMES
Vous l'inviterez à ce moment-là…

CYRIL VIGUIER
Alors, une nouvelle qui est tombée tout à l'heure, c'est les 184 AIRBUS A320 vendus à la Chine, ça vient d'être annoncé, votre réaction là-dessus. C'est encore un contrat mirifique ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
En tous les cas AIRBUS, voilà, s'est implanté depuis de nombreuses années, aujourd'hui c'est l'occasion justement de toucher les dividendes de cette implantation, et puis, tout simplement montrer que ce rééquilibrage dans le commerce entre la France et la Chine il est là, il est à l'oeuvre. Et on a un président de la République, d'ailleurs, c'est la première fois qu'un président français prend cet engagement, c'est celui de revenir une fois par an en Chine, c'est ce que fait Angela MERKEL, avec ce nombreuses entreprises, et effectivement on voit que le commerce extérieur allemand en Chine va beaucoup mieux, et le fait d'avoir cette récurrence et cet engagement important sur la Chine, je pense, permettra aux entreprises françaises d'enregistrer des succès, et donc on s'en félicite.

CYRIL VIGUIER
Vous allez y aller. Quelle est la circonférence de votre département ministériel ?

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Alors, vous savez que les secrétaires d'Etat sont vraiment là pour aider les ministres, auprès desquels ils sont placés, sur l'ensemble du périmètre, donc je m'attache naturellement à faire de l'action diplomatique, mais également du commerce extérieur. Le tourisme, vous savez, depuis la réforme Fabius, est désormais géré au quai d'Orsay. Nous allons avoir dans les prochains jours, le 19 janvier, un comité interministériel du tourisme, présidé par le Premier ministre, ça sera là aussi l'occasion d'annoncer des mesures très concrètes pour, je dirais relancer notre promotion.

MICHAËL SZAMES
Une mesure que vous allez annoncer.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien écoutez, ce sera au Premier ministre de les annoncer, on est là, nous, pour travailler, préparer les décisions, mais en tous les cas…

CYRIL VIGUIER
Vous n'avez pas parlé de francophonie, on est partenaire avec TV5 Monde, troisième réseau de télévision du monde…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Eh bien aujourd'hui…

CYRIL VIGUIER
… cette matinale, vous sera diffusé dans le monde grâce à TV5 Monde…

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
La francophonie, là aussi, le président de la République, en mars, veut annoncer un grand plan pour promouvoir la langue française, une langue française qui n'est pas l'apanage de la France, mais qui se nourrit aussi des apports de nombreuses cultures de par le monde. Et je serai d'ailleurs tout à l'heure au Conseil Economique et Social, qui rend un avis sur le sujet, et donc nous travaillons avec toutes les instances pour un plan ambitieux.

CYRIL VIGUIER
Merci Jean-Baptiste LEMOYNE.

JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
Merci à vous.

CYRIL VIGUIER
Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, d'avoir été l'invité politique.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 janvier 2018

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