Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à BFM TV le 22 février 2018, sur l'évacuation des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires radioactifs de Bure et la poursuite des réformes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à BFM TV le 22 février 2018, sur l'évacuation des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires radioactifs de Bure et la poursuite des réformes.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec nous, Christophe CASTANER. Bonjour.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, vous êtes le patron, délégué général de la République En Marche !, Christophe CASTANER. Vous êtes au courant de toutes les réformes qui sont engagées, de l'actualité. Alors, l'actualité ce matin, c'est Bure, le site d'enfouissement des déchets radioactifs, en cours d'évacuation, avec je crois une conférence de Presse du ministre de l'Intérieur tout à l'heure, avec Sébastien LECORNU qui va être sur place et rencontrer les associations. C'est bien cela ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez tout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sais tout ? Donc vous irez au bout.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, vous savez tout, mais...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut absolument, je sais que le tribunal de Grande instance de Bar-le-Duc avait donné raison à l'Etat dans cette affaire, donc l'évacuation était indispensable.

CHRISTOPHE CASTANER
Ecoutez, aujourd'hui il y a une occupation illicite de l'espace, en l'espèce une forêt, il ne s'agit pas d'un projet...

JEAN-JACQUES BOURDIN
221 hectares.

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, et donc aujourd'hui occupé de façon illicite, tous les éléments caractérisent cela, ce ne sont pas de gentils écologistes qui sont dans la forêt, ce sont des gens qui quand ils vont manifester, ils manifestent très souvent, y vont de façon violente, en se cachant, qui aujourd'hui ne se comportent pas dans le respect de nos règles de droit, et donc il faut que le droit soit respecté partout, sur un projet d'importance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Partout ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr partout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire à Roybon aussi, à Gonesse, partout. Il y aura des évacuations comme ça partout, le gouvernement ne laissera pas s'installer des zones de non-droit.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est exactement notre objectif, le président de la République d'ailleurs met la pression sur ce sujet, parce qu'il n'est pas question que nulle part il y ait des zones de non droit. C'est vrai dans les quartiers, et la police du quotidien mise en place par Gérard COLLOMB, c'est un élément de réponse, mais c'est vrai aussi sur des projets industriels, où nous devons prendre nos responsabilités. Parce que CIGEO, ce dont on parle, c'est simplement le fait que depuis de longues années, 50 ans...

JEAN-JACQUES BOURDIN
CIGEO c'est Bure.

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, c'est Bure, 50 ans on produit des déchets nucléaires, et depuis 50 ans nos déchets nucléaires on les stocke dans des conditions dangereuses. Alors on a inventé plein de systèmes, on les a mis dans le goudron, on les a mis dans le verre, et aujourd'hui on les stocke dans des hangars. Il faut prendre nos responsabilités. Ce projet CIGEO permet d'avoir une solution d'attente, mais vous savez, les déchets nucléaires, c'est quelquefois...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Enfouissement à 500 m sous terre.

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà. Et ça nous permettra, s'il y a des évolutions technologiques, dans 50 ans, dans 100 ans, dans deux siècles, parce que les déchets nucléaires ont une durée extrêmement longue, de pouvoir réintervenir. C'est scientifiquement la meilleure des solutions, et c'est enfin prendre nos responsabilités. Les conditions de stockage, aujourd'hui, des déchets nucléaires, des différents déchets nucléaires, certains sont très peu radioactifs, d'autres le sont beaucoup plus, ne sont pas acceptables en France, et donc oui, nous prenons nos responsabilités, nous agissons, et en même temps il n'est pas question que l'on puisse laisser s'enkyster des gens qui décident ce qui est bon pour la Nation, pour eux, contre la loi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire que ce qui se passe à Bure, va se passer sur d'autres sites, on est bien d'accord.

CHRISTOPHE CASTANER
Le moment venu, pour que l'action publique puisse se dérouler, il est normal que l'Etat prenne ses responsabilités.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc d'autres sites seront évacués.

CHRISTOPHE CASTANER
Le moment venu, partout où ce sera nécessaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Roybon par exemple.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais si c'est nécessaire et si la discussion ne permet pas de régler un projet qui est validé par la justice, qui est porté par les collectivités locales...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Toute occupation illégale sera évacuée.

CHRISTOPHE CASTANER
Nous traiterons tous les dossiers, qui permettront de faire en sorte que l'Etat de droit s'applique partout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Les agriculteurs sont en colère, ils vont le faire savoir au président de la République aujourd'hui et peut-être lors du Salon de l'Agriculture, qui ouvre samedi. Emmanuel MACRON, d'ailleurs, sera samedi au Salon de l'Agriculture. Question toute simple : le traité avec le Mercosur, les quatre pays d'Amérique du Sud, est-ce que la France signera ce traité ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il faut que nous trouvions toutes les garanties pour protéger nos agriculteurs, et en même temps, notre exportation, la force de notre agriculture, c'est aussi qu'elle s'exporte, mais il faut encadrer ces exportations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais...

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais vous savez comme moi qu'aujourd'hui, l'essentiel...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le danger, c'est qu'on va importer de la viande bovine, venue du Brésil, dont on ne connaît pas la qualité sanitaire...

CHRISTOPHE CASTANER
Mais ça, ça fait partie...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Contre des voitures qu'on va aller vendre par exemple en Amérique du Sud.

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais d'abord, je rappelle qu'on a une production agricole de qualité en France, qui s'exporte, et donc il ne faut pas, on n'est pas dans une société où on peut dire : il n'y a pas de souci, nous on a le droit d'exporter, personne n'a le droit d'importer. Par contre, à l'inverse, je pense qu'il faut des accords internationaux qui permettent de garantir les questions que vous posez et il n'est pas question effectivement d'avoir du boeuf aux hormones qui débarque dans nos assiettes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais alors, en ce moment, est-ce qu'on signe le Mercosur ?

CHRISTOPHE CASTANER
Nous ne le signons pas, parce qu'il y a des discussions pour avoir toutes les garanties qui permettront justement d'avoir des rapports économiques équilibrés. Et ça c'est un vrai enjeu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On ne sait rien de la viande bovine brésilienne, rien, avec tous les scandales sanitaires qui se sont multipliés, on ne sait rien.

CHRISTOPHE CASTANER
Et c'est pour ça qu'il nous faut toutes les garanties, nous ne les avons pas aujourd'hui...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour l'instant on ne signe pas.

CHRISTOPHE CASTANER
Nous poursuivons les discussions sur ce sujet. Vous savez qu'on plus ce n'est pas la France qui négocie en direct sur ce sujet-là...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est l'Union européenne, mais...

CHRISTOPHE CASTANER
... mais donc la France et Stéphane TRAVERT, ont posé des conditions, même des exigences, parce que les inquiétudes que vous soulevez, elles sont légitimes, il faut qu'on puisse rassurer les consommateurs. Mais vous savez, on a vu que cette question de rassurer les consommateurs n'était pas liée à l'origine de tel ou tel pays, quelquefois même en France, on a des dysfonctionnements, donc de toute façon, on a une responsabilité globale sur l'information, sur la traçabilité, et on a un système français qui doit maintenir ce haut niveau de protection.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le vin est-il un alcool comme les autres ?

CHRISTOPHE CASTANER
Le vin a de l'alcool, je suis d'une région viticole où on produit avec...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui c'est pour ça que je vous pose la question.

CHRISTOPHE CASTANER
... une toute petite appellation, le Pierrevert, j'y suis évidemment attaché, mais évidemment qu'il y a de l'alcool dans le vin, mais c'est un alcool qui n'est pas fort et qui du coup fait partie de notre tradition, de notre culture, de notre identité nationale, il n'est pas notre ennemi, mais l'alcoolisme est toujours notre ennemi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais alors, pas de bandeau sur les bouteilles, je ne sais pas moi, le vin est dangereux pour la santé ou...

CHRISTOPHE CASTANER
Pas d'emballement, ne nous emballons pas sur ce sujet. Le Premier ministre a eu l'occasion de répondre à différentes questions d'actualité sur ces questions-là. Il ne faut pas négliger l'alcoolisme et il ne faut pas penser que parce que nous produisons plus de vins, que nous fabriquons de whiskys, il faut considérer qu'il y en ai un qui serait bon et l'autre qui serait mauvais, l'alcoolisme est dangereux c'est une question de niveau de consommation et donc il ne faut pas négliger cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Les réformes maintenant. J'ai lu : 90 % des réformes devront être votées avant la fin 2018. J'ai lu ça, 90 % des réformes.

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je ne suis pas en train de prendre une comptabilité, par contre j'en ai pris une comme délégué général du mouvement la République En Marche !, on a créé un site qui permet de prendre tous les engagements d'Emmanuel MACRON pendant la campagne, et de voir ceux qui sont engagés, ceux qui sont réalisés, ceux qui ne sont pas lancés et ceux sur lesquels nous avons fait évoluer notre position...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc tous les engagements seront tenus.

CHRISTOPHE CASTANER
Je joue la transparence et notre objectif c'est que tous soit tenus, oui. Mais en plus il faut garantir la transparence et aller sur ce site, vous allez directement sur le site de En Marche ! et vous verrez un petit cliquet, transformons, la transformation est en marche et vous pourrez juger vous-même ce qui est engagé, ce qui est avancé, ce qui n'est pas encore engagé nous sommes élus pour 5 ans. Il reste encore 4 ans et demi, ça ne fait que quelques mois que nous sommes en responsabilités, et rien ne doit être laissé de côté.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, il y a un engagement du président de la République quand il était candidat, Emmanuel MACRON, c'est le bonus-malus, réforme de l'assurance chômage. Est-ce que vous mettrez en place le bonus-malus ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, à l'heure qu'il est, on laisse les partenaires sociaux travailler sur ce sujet, vous avez vu que le MEDEF hier a fait des propositions, la ministre du Travail...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, petite évolution.

CHRISTOPHE CASTANER
Petite, moi j'ai le sentiment qu'elle ne va pas assez loin, pour répondre à votre question, et donc la ministre du Travail, le Premier ministre, évalueront l'accord, s'il y a un acteur qui est trouvé, et le gouvernement prendra toutes ses responsabilités. S'il va assez loin, nous dirons Banco, s'il ne va pas assez loin, nous dirons non, et la loi se substituera à un accord qui ne va pas assez loin, sur les enjeux de formation professionnelle.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous tenez au bonus-malus ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi j'y crois parce que ça permet de dissuader.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc le gouvernement, quelle que soit l'issue des négociations entre les partenaires sociaux, le gouvernement, si les partenaires sociaux ne l'engagent pas, le gouvernement imposera le bonus-malus.

CHRISTOPHE CASTANER
Je vous ai dit que si l'accord n'allait pas assez loin dans sa globalité, parce qu'il est en cours de discussion et donc je ne veux pas vous annoncer quelque chose sur un produit que je n'ai pas...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais d'accord, mais...

CHRISTOPHE CASTANER
Mais le gouvernement pose ses exigences là, cette ambition qu'il nous faut sur la formation...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc bonus-malus, c'est une exigence.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est un sujet sur lequel le président de la Réplique s'est engagé et sur lequel nous voulons des engagements, pas seulement des promesses de discussions, branche par branche...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous tiendrez bon sur ce point.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais comme sur tous les autres sujets, nous tiendrons bon.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous tiendrez bon.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur le bonus... non c'est important, parce que c'est important parce que les négociations sont en cours, c'est vrai qu'il y a eu une évolution du patronat hier soir, mais encore trop timides, disent les syndicats de salariés, nous allons voir.

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je vous le dis, je pense qu'elle mérite d'aller plus loin et je ne doute pas que les différents partenaires sociaux entendent non pas mon propos, mais entendent cette attente des Français, cette exigence pour sortir d'une précarité trop forte qui est liée à la multiplication de contrats courts.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Autre réforme, la réforme ferroviaire, est-ce qu'il y aura un recours aux ordonnances ?

CHRISTOPHE CASTANER
La discussion aujourd'hui n'est pas arrêtée sur cela, mais il faut aller vite aujourd'hui le constat sur la qualité du service, et un beau service public, celui de la SNCF, est de largement insuffisant. Vous savez que quand vous prenez des trains, il y a des endroits où on est obligé de diminuer la vitesse à 20 kilomètres/heure ça fait des années qu'on a abandonné l'entretien des petites lignes, celles du transport du quotidien, celle des femmes et des hommes qui ce matin ont pris en train pour aller travailler et ont toujours l'angoisse d'avoir un quart d'heure, 20 minutes de retard. Donc où il faut changer de regard et pourtant nous mettons 14 milliards d'euros dans ce grand service public qu'est la SNCF. 14 milliards d'euros c'est deux fois le budget du ministère de la Justice. C'est pour vous dire quand même les sommes. Mais ça ne marche pas, donc oui il faut réagir vite, il faut empêcher de poursuivre cette fuite en avant où on a presque bientôt 50 milliards d'euros de dettes, donc oui il faut aller vite et il faut être efficace, les ordonnances sont un une des façons de légiférer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes favorable au recours aux ordonnances sur ce sujet pour aller vite, sincèrement.

CHRISTOPHE CASTANER
Moi, sincèrement, je suis favorable à aller vite, parce que dans le gouvernement, on a un constat...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc recours aux ordonnances pour aller vite.

CHRISTOPHE CASTANER
On a un constat, c'est le rapport Spinetta.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous l'avez prouvé sur la réforme du travail, donc pourquoi ne pas faire la même chose ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais moi je vous dis, je n'exclue rien, ensuite il y a un Premier ministre dans ce pays, qui prend les décisions, donc je vais...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous le savez, vous connaissez la décision, mais si !

CHRISTOPHE CASTANER
Non parce que toute la semaine est en discussion avec les partenaires sociaux, mais rassurez-vous, très vite, très vite, le Premier ministre s'exprimera sur ce sujet...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sais, le 26.

CHRISTOPHE CASTANER
Donnera une méthode de travail et présentera le cadre avec lequel nous pourrons avancer. Mais n'ayons pas peur des ordonnances. Toutes les semaines, je suis ministre en charge des relations avec le Parlement, toutes les semaines le Parlement travaille sur des ordonnances. On a quelque part diabolisé les ordonnances, mais c'est aussi une façon de travailler vite et bien sur un sujet aussi majeur que sauver le service public de la SNCF.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Si j'ai bien compris, c'est une possibilité, le recours aux ordonnances.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais bien sûr que c'est une possibilité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, et il ne faut pas en avoir peur, notamment les ordonnances, tiens sur la fin du statut des cheminots, les nouveaux embauchés bien sûr.

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord effectivement c'est la question de savoir si pour rentrer à la SNCF aujourd'hui, la condition sine qua non c'est celle d'avoir un statut particulier. D'abord sur les retraites, le président de la République a pris, vous m'interrogiez tout à l'heure sur les engagements, a pris un engagement de faire en sorte que tous les Français aient les mêmes droits et les mêmes modes de calcul pour les retraites. Bien sûr, il y a de la pénibilité et à la SNCF, il y a des métiers extrêmement pénibles qui méritent d'être pris en compte, mais du coup il faut tout poser sur la table. Si l'Etat assume seul de prendre en charge les 50 milliards d'euros de dettes, il faut que tout le monde contribue à l'effort, y compris celles et ceux qui font vivre de façon la plus forte possible dans leur engagement la SNCF. Moi je les respecte et je sais que, aujourd'hui, ils ne travaillent pas un statut, ils travaillent pour bien faire leur boulot.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réforme des retraites, fin mars. Le président de la République présentera les grandes lignes de la réforme vers la fin du mois de mars, à ce que je crois comprendre aussi.

CHRISTOPHE CASTANER
Moi j'ai lu ça comme vous dans la Presse, mais de mes échanges avec le...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah, vous voyez, donc vous le savez.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, parce que de mes échanges avec le président de la République et le Premier ministre, aucune date n'a été arrêtée sur ce sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais enfin, vous savez quelles sont les grandes réformes, quel est le calendrier, vous le connaissez, avant l'été, avant l'été.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais ça c'est la feuille de route du haut-commissaire en charge de ce danger qui, effectivement, de présenter quelque chose avant l'été, mais ne spéculons pas sur le moment où le Président de la République s'exprimera et même sur le fait qu'il doive s'exprimer. On connaît la feuille de route, c'est le contrat qu'il a passé avec les Français, sur le fait qu'on doit sauver notre régime de retraite et qu'il nous faut un système de retraite plus juste. Il y a 37 régimes spéciaux en France, c'est pas tout à fait logique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, les retraités qui se plaignent, vous les entendez en ce moment, ça gronde.

CHRISTOPHE CASTANER
On les entend et j'entends aussi les injustices chez les retraités, et j'entends aussi les inquiétudes de ceux qui aujourd'hui rentrant sur le marché travail, sont intimement convaincus qu'ils n'auront pas le droit à la retraite. Si on ne fait rien, effectivement ils n'auront pas le droit à la retraite, donc oui il faut aussi sauver le système de retraite. Vous savez, ce gouvernement part de constats, sur la SNCF, sur le monde agricole, et essaye de réparer notre pays, essaye de réparer les situations. La retraite des agriculteurs à quelques jours de l'ouverture du salon de l'Agriculture, nous savons qu'elle est fondamentalement injuste et en particulier pour les femmes d'agriculteurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, qu'annoncez-vous pour les femmes d'agriculteurs et la retraite des agriculteurs ?

CHRISTOPHE CASTANER
Le principe que la cotisation, c'est ce principe général ou que un euro de cotisation doit ouvrir le même droit dans quelque activité que ce soit, et qu'aujourd'hui les indépendants, les agriculteurs, les commerçants n'ont pas les mêmes droits que les salariés et donc faire en sorte que chacun...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils auront les mêmes droits ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est l'objectif que nous avons de donner à chacun les mêmes droits à la retraite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Le projet de loi asile immigration qui sera adoptée avant l'été, j'imagine, vous êtes président du groupe la République En Marche !...

CHRISTOPHE CASTANER
Non pas président.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Délégué, oh c'est pareil.

CHRISTOPHE CASTANER
Délégué. Non, je ne voudrais pas prendre la place de Richard FERRAND.

Bouhaha.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je sais bien qu'il y a des présidents partout.

CHRISTOPHE CASTANER
Notre objectif c'est effectivement que ce texte puisse être débattu très vite, à l'Assemblée au Sénat, et qu'il puisse entrer en vigueur pour être efficace, efficace à la fois dans le renforcement de notre capacité à l'accueil...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, humanité et efficacité, ça j'entends ça depuis 3 mois. Elément de langage.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais je rajouterai, vous savez, vérité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Equilibre et vérité.

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais c'est que la vérité c'est que depuis 20 ans, on accueille mal les personnes qu'on accueille en France. Si on dit qu'il faut être plus généreux et nous le disons, pour les réfugiés pour ceux qui sont demandeurs d'asile, qui fuient leur pays parce qu'ils meurent eh bien il faut leur donner les moyens d'être intégrés en France, il faut les aider à apprendre le Français, il faut le aider à apprendre un métier, et il faut les aider à ce qu'ils accèdent aussi au marché du travail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors je vais prendre quelques mesures : réduction des délais pour les demandes d'asile, pas plus de 6 mois le délai pour déposer sa demande d'asile passe de 120 à 90 jours, on est bien d'accord, on est bien d'accord. Le délai pour exercer son droit de recours passe d'un mois à 15 jours. Mais dites-moi, j'ai une question toute simple...

CHRISTOPHE CASTANER
Allez-y, je vous écoute.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour raccourcir les délais, il faut du personnel, on est bien d'accord, vous allez embaucher ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, sur celles et ceux qui travaillent sur ces sujets, il y a de fortes augmentations d'emplois qui ont été prévues dans la loi de finances 2018.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais combien là, parce que je n'ai pas entendu le ministre de l'Intérieur.

CHRISTOPHE CASTANER
Le budget est en hausse de 14 %. Mais le budget de la justice, alors ce n'est pas seulement une question de création d'emplois, par exemple nous prévoyons pour les appels, pour la justice, pour les décisions de justice, la possibilité d'avoir des audiences vidéo, la possibilité que du coup il y ait pas besoin de déplacement...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça fait hurler les associations d'ailleurs.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais vous savez ce qui se passe, aujourd'hui, la durée moyenne d'instruction d'un dossier c'est 14 mois, au bout de 14 mois, on constate que la personne n'est pas justifiable du droit d'asile. Qu'est-ce qui se passe ? Ça fait déjà 14 mois qu'elle en France, elle a même peut-être créé une famille et à ce moment-là, on constate que dans 96 % des cas nous ne sommes pas capables de reconduire à la frontière, donc oui il faut assumer d'être plus généreux dans des délais plus courts, mais c'est aussi de la générosité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Au niveau du personnel, tout le monde le dit, à l'OFPRA on le dit, dans les CNDA on le dit...

CHRISTOPHE CASTANER
Mais vous avez raison, et on crée des emplois au CNDA...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les préfectures.

CHRISTOPHE CASTANER
On crée des emplois au CNDA, on crée des emplois à l'OFPRA.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien ? Ça n'a pas été chiffré ça. Les efforts, mais c'est bien beau d'annoncer, quand même...

CHRISTOPHE CASTANER
Ça a été chiffré dans la loi de finances et j'ai un doute sur le chiffre c'est pour ça je ne vous le sors pas, mais e je préfère être honnête mais sur le CNDA, c'est plusieurs dizaines d'emplois qui sont créés et il faut aussi faciliter les procédures.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a aussi, mais on en a peu parlé, la création d'un délit de franchissement non autorisé des frontières, vous avez vu ça ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Punissable d'un an de prison ou 3 750 € d'amende. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Ça veut dire qu'un étranger qui rentre en France s'il n'entre pas par un poste-frontière contrôlé peut se retrouver en prison ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais ça veut dire surtout qu'aujourd'hui il y a des filières, qui organisent ça et qu'il faut sanctionner ces filières. En 2017 nous avons démantelé 303 filières organisées, des gens qui font du racket, qui font presque de l'esclavagisme et donc il faut se donner les moyens effectivement de sanctionner ça et quand quelqu'un veut rentrer en France, eh bien il doit respecter le droit, le droit pour entrer en France c'est effectivement de se présenter un poste frontière si on n'a pas de papiers.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est le contrôle aux frontières intérieures qui est rétabli, est en place avec l'Etat d'urgence jusqu'en avril.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais non, c'est tout simplement le fait qu'on a un dispositif...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est une manière de le prolonger non ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non ce n'est pas une manière de prolonger, c'est une manière de rappeler le droit. On n'a pas le droit, si on est sans papiers de venir en France : en particulier de traverser la France et ensuite parce qu'on va elle en Angleterre par exemple, et vous savez les tensions qui existent sur Calais, et donc on rappelle des principes de droit. Tout franchissement d'une infraction en France génère une sanction. Eh bien c'est la même chose aussi sur les demandeurs d'asile ou chez le demandeur de papiers. Mais à l'inverse, si vous vous présentez et que vous dites : voilà, je viens d'un pays à risque, je viens de Syrie, j'ai traversé l'Europe dans des conditions épouvantables, j'ai risqué ma vie en venant, je veux me présenter et je veux avoir un traitement et une reconnaissance de mon statut des îles, on doit mieux vous accueillir, ça c'est notre objectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai une question sur le service, le fameux service national, on ne sait pas parce que c'est un peu vague encore...

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, parce que les discussions se poursuivent sur son caractère...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est 3 mois, c'est 6 mois, c'est …

CHRISTOPHE CASTANER
Le président de la République a évoqué 3 à 6 mois il y a une dizaine de jours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, donc vous confirmez. Obligatoire ou pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, l'objectif c'est qu'il soit obligatoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il sera obligatoire.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, c'est notre objectif. Ensuite il y a des discussions qui se poursuivent sur ses modalités, sur sa temporalité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc obligatoire pour une tranche d'âge, garçons et filles.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, ça se fera, avant la fin du quinquennat.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon.

CHRISTOPHE CASTANER
Vous voyez, je suis clair.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Vous êtes clair. Et obligatoire, militaire, civique, je ne sais pas. Quelle forme ?

CHRISTOPHE CASTANER
On parle d'un service national, alors je sais que certains sont nostalgiques, nous sommes de la génération du service national obligatoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez fait votre service, vous ?

CHRISTOPHE CASTANER
J'ai été exempté.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, voilà, bravo !

CHRISTOPHE CASTANER
Pour des raisons médicales.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon, pour des raisons médicales, bon ça va alors.

CHRISTOPHE CASTANER
J'étais étudiant, et vous vous souvenez que pendant les trois jours...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est vrai, mais bon, je suis plus âgé que vous.

CHRISTOPHE CASTANER
A l'époque ça correspondait à un besoin militaire. On a supprimé, Jacques CHIRAC et Lionel JOSPIN, le service national parce qu'on n'avait plus besoin militaire. Aujourd'hui on parle d'un besoin citoyen. Il s'agit plutôt d'interroger la jeune génération qu'on a accompagnée à l'école, qu'on va accompagner dans les études, dans la formation, sur son engagement citoyen c'est cela le service national et donc il n'a pas forcément vocation à être encadré par des militaires tout le temps, mais en même temps moi je peux observer c'est une proposition que je fais que pour les jeunes les plus éloignés des valeurs de la République, l'encadrement militaire peut avoir du bon.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire pour les jeunes de...

CHRISTOPHE CASTANER
Pour les jeunes dont on voit...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui ont connu un peu délinquance ou qui...

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais dont on voit qu'ils sont totalement perdus, perdus dans leurs repères, dans leur rapport, la société, au collectif, à la Nation, je sais que l'encadrement militaire peut aussi avoir du bon, je ne le dis pas pour tous, je le jeudi pour certains, leur proposer effectivement de passer quelques semaines avec un encadrement militaire, vous verrez que beaucoup de jeunes seront candidats.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Christophe CASTANER, d'être venu nous voir ce matin.

CHRISTOPHE CASTANER
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 février 2018

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