Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 23 février 2018, sur l'évacuation du site de Bure, la réforme de la SNCF, le plan de déradicalisation, la diminution du nombre de fonctionnaires et sur le Parti socialiste. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Public Sénat le 23 février 2018, sur l'évacuation du site de Bure, la réforme de la SNCF, le plan de déradicalisation, la diminution du nombre de fonctionnaires et sur le Parti socialiste.

Personnalité, fonction : DUSSOPT Olivier, VIGUIER Cyril .

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'action et aux comptes publics;

ti :

CYRIL VIGUIER
Aujourd'hui notre invité politique c'est un ministre, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, c'est Olivier DUSSOPT, bonjour et merci d'être avec nous.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Ce matin sur ce plateau en direct pour vous interroger à mes côtés. Marcelo WESFREID du Figaro pour Public Sénat, bonjour Marcelo.

MARCELO WESFREID
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Jérôme CORDELIER, rédacteur en chef des éditions locales du Point, merci d'être là Jérôme.

JEROME CORDELIER
Bonjour Cyril.

CYRIL VIGUIER
Alors l'invité politique aujourd'hui, il a des secteurs d'activité importants, c'est la fonction publique, les finances locales aussi, très important, point visible, on en parlera, on parlera de tous ces secteurs d'activité avec vous. Mais tout d'abord une question d'actualité, sur l'évacuation du site de Bure dans la Meuse, 500 gendarmes pour une quinzaine de militants qui ont été évacués, tout est terminé. N'est-ce pas un peu disproportionné ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, c'est efficace, c'est efficace et la force doit rester à la loi. Le terrain était occupé illégalement, il fallait mettre fin à cette occupation…

CYRIL VIGUIER
Vous avez vu les images de la gendarmerie, ça me paraît un déploiement de force énorme pour une quinzaine de militants !

OLIVIER DUSSOPT
Oui mais avec la garantie que les choses se passent bien, sans violence, sans heurts et de manière la plus efficace possible. Donc le gouvernement avait dit sa volonté…

CYRIL VIGUIER
Ce n'est pas un coup de com. !

OLIVIER DUSSOPT
Le gouvernement avait dit sa volonté de ne pas tolérer les occupations illégales. Et donc je le répète, force doit rester à la loi.

MARCELO WESFREID
Alors un tout autre secteur, le gouvernement n'exclut pas de passer par les ordonnances lundi… enfin d'annoncer lundi un recours aux ordonnances pour réformer la SNCF. Est-ce que là aussi, on n'est pas dans un passage en force, les syndicats trouvent que c'est un peu une provocation d'évoquer cette possibilités !

OLIVIER DUSSOPT
Il reste quelques jours pour que la méthode soit arrêtée et pour que les lignes de la réforme soient posées. Le rapport Spinetta a été rendu, c'est un rapport qui peut être considéré comme sévère parce qu'il pose un constat assez implacable, assez rude même par rapport à la SNCF, par rapport à la qualité de l'offre faite aux usagers et aux contribuables derrière les usagers, il faut pouvoir avancer.

MARCELO WESFREID
Mais est-ce que ça ne mérite pas un long débat parlementaire plutôt qu'un recours aux ordonnances sur un sujet aussi important ?

OLIVIER DUSSOPT
Ça mérite du débat et ça mérite de la concertation au Parlement bien sûr, mais ça mérite aussi du débat avec les organisations syndicales, avec les usagers, avec la SNCF. Et le recours aux ordonnances n'interdit pas le débat, on l'a vu sur la question du Code du travail…

MARCELO WESFREID
Ça ne le renie !

OLIVIER DUSSOPT
Ça ne le renie pas forcément, il faut avoir en tête qu'avant que l'ordonnance soit prise, il y a un débat sur le fait d'autoriser le gouvernement à prendre une ordonnance. Et ensuite, il y a un débat sur la ratification de l'ordonnance.

JEROME CORDELIER
Oui. Alors l'Ardéchois que vous êtes, l'ancien élu de l'Ardèche que vous êtes doit être un petit peu désappointé par ce rapport Spinetta, parce que c'est un peu… on va rayer de la carte… enfin s'il est suivi d'effet certaines lignes qui sont considérées comme déficitaires. Qu'est-ce que vous en pensez, est-ce qu'il faut assumer un service public toujours ou…

OLIVIER DUSSOPT
Deux choses, d'abord il ne faut pas confondre le rapport et la loi. Et donc le gouvernement et le Premier ministre, la ministre des Transports auront à dire quelles sont les préconisations qui sont prises, comment elles sont mises en oeuvre et à quel rythme. Et vous m'interrogez sur ce point en rappelant que je suis Ardéchois. L'Ardèche, c'est le seul département de métropole  ne pas disposer de service ferroviaire voyageurs, nous avons pourtant un service public des transports, assuré tant par la région dans le cadre de ses compétences que par les opérateurs…

JEROME CORDELIER
Des bus.

OLIVIER DUSSOPT
Ce sont des bus, des bus de qualité puisqu'en plus la plupart d'entre eux sont fabriqués à Annonay. Et je dis parfois que lorsqu'on est à Annonay…

CYRIL VIGUIER
C'est le plus gros employeur d'ailleurs…

OLIVIER DUSSOPT
C'est le plus gros employeur de l'Ardèche, le plus gros employeur privé. Lorsqu'on est à Annonay avec 17.000 habitants sur la commune et 50.000 sur le bassin, et qu'on a entre 10 et 15 allers-retours par jour vers Lyon, soit vers un cadencement TER ferroviaire soit directement vers Lyon avec des bus, c'est certainement une offre de services plus importante que celle que nous aurions si nous avions conservé des lignes ferroviaires. Et donc la capacité à assurer un transport public, à assurer une offre, ça passe par le train, ça passe aussi par des modèles comme les autobus, les autocars et (je répète) de qualité, confortables et souvent avec non pas une rentabilité mais un coût au kilomètre bien moindre que par rapport au ferroviaire.

JEROME CORDELIER
Enfin ! Quand on regarde le site de la SNCF, il y a beaucoup de contestations de la part de vos compatriotes ardéchois justement, qui voudraient que le train puisse revenir jusque… puisse aller jusqu'en Ardèche !

OLIVIER DUSSOPT
Oui, les Ardéchois sont nombreux à souhaiter le retour du train, certains l'imaginent uniquement dans la vallée du Rhône, la partie la plus accessible ; d'autres souhaiteraient que le train puisse venir jusqu'à Annonay, en tenant compte du fait que depuis la fermeture de la gare et des lignes il y a un peu plus de 30 ans maintenant, les voies ont été vendues, ont été démantelées et le retour ne serait pas aussi simple. Et je le répète, je préfère avoir une bonne liaison avec plusieurs bus par jours plutôt qu'avoir une liaison ferroviaire, mais avec un train le matin et un train le soir.

MARCELO WESFREID
Alors ça vaut cette réforme des attaques, voire des caricatures, vous nous direz, sur le côté MACRON, le président des villes. Il va demain faire le Salon de l'agriculture, essayer de battre un record. Est-ce que c'est justifié cette critique ?

OLIVIER DUSSOPT
Non, ça n'est pas justifié. Il y a un certain nombre d'aspects de la politique menée par le gouvernement qui répondent aux besoins de tout le territoire. Opposer les villes aux campagnes, les villes aux champs, d'abord c'est toujours extrêmement compliqué, il n'y a pas une ville, des villes il y en a plusieurs, il n'y a pas une ruralité, des ruralités il y en a plusieurs. Et celles et ceux qui se prêtent à ce jeu-là veulent en réalité nourrir ou entretenir un clivage qui n'existe pas et relève avant tout du positionnement…

JEROME CORDELIER
Au-delà des villes, pardonnez-moi, on a dit surtout qu'Emmanuel MACRON était le président des métropoles, ce n'est même pas les villes moyennes chères à votre coeur mais…

OLIVIER DUSSOPT
Vous me pardonnez mais c'est peut-être encore plus caricatural. C'est ce président de la République, c'est Emmanuel MACRON qui accélère le déploiement du très haut débit sur tout le territoire, en ramenant les objectifs de 2022 à 2020, et il le fait en cohérence avec ce qu'il avait fait comme ministre de l'Economie. Parce que j'ai en tête l'accord qu'il avait passé avec les opérateurs de téléphonie et d'Internet, en 2015 alors que j'étais rapporteur de la loi NOTRe et que nous travaillions aussi sur ces sujets-là, pour faire en sorte que la couverture soit mieux assurée. Et donc il y a une attention qui est portée à tout le territoire : le développement des maisons de santé, le développement des maisons de services au public, le déploiement du très haut débit et de la fibre, tout ça n'est pas une action en direction des villes ou, en tout cas, pas que, c'est une action pour tout le territoire.

MARCELO WESFREID
Oui. Tout autre sujet, aujourd'hui le gouvernement présente un plan de déradicalisation, ce sera d'ailleurs le 3ème en 4 ans, ce qui montre que c'est difficile. Et un rapport a été rendu hier commandé par le ministre de l'Intérieur, ça vous concerne, qui préconise une formation laïcité pour tous les agents de l'Etat. Est-ce que vous y êtes favorable, est-ce que c'est un bon moyen ?

OLIVIER DUSSOPT
Je pense que c'est une piste à explorer, nous avons un chemin national de formation pour les agents publics qui va être publié dans les mois qui viennent et même dans les semaines qui viennent, puisque ce sera avant la fin du printemps. Il y a déjà un certain nombre d'enseignements, de formations qui sont dispensés dans des Instituts régionaux d'administration, des formations qui aujourd'hui visent à former les formateurs, c'est-à-dire à former des agents qui peuvent aller dans les collectivités, qui peuvent aller dans les services pour rappeler quelles sont les règles propres à la laïcité, rappeler quelles sont les règles propres tout simplement à la République. Et cette bataille – puisque c'est une bataille, une bataille culturelle, une bataille politique – qui consiste à rappeler que les fonctionnaires doivent respecter ce principe de laïcité, que les services publics doivent aussi s'en inspirer quotidiennement sans jamais faillir, c'est une bataille qu'il faut mener par la formation, par la sensibilisation, par la prévention aussi et parfois par une forme d'attention très particulière. Et nous avons fait adopter il y a peu de temps un texte de prévention du terrorisme pour la sécurité des Français, qui va se décliner en décrets et qui permettra notamment au ministère de la Défense, au ministère de l'Intérieur de pouvoir muter, de pouvoir écarter des agents qui sont très peu nombreux, mais ça peut arriver et il faut y faire attention, des agents qui seraient convaincus de radicalisation.

CYRIL VIGUIER
C'est Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics qui est notre invité politique ce matin dans Territoires d'Infos. Débat sur le fond maintenant, 120.000 postes à supprimer dans la fonction publique, alors ni chez les professeurs, ni chez les juges, ni dans l'armée, ni chez les policiers, ni à l'hôpital, dans quoi allez-vous tailler ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous me pardonnez mais la politique du gouvernement en matière de fonction publique et de service public ne se résume pas à un chiffre. Nous avons…

CYRIL VIGUIER
C'était dans le programme !

OLIVIER DUSSOPT
C'est dans le programme, ça reste un objectif.

CYRIL VIGUIER
Mais dans quoi allez-vous tailler ?

OLIVIER DUSSOPT
Nous avons dans les années qui viennent, dans les 5, 6, 10 ans qui viennent, nous avons un rythme de départs à la retraite dans les 3 versants de la fonction publique de 120.000 départs par an, 120.000 par an, ça signifie que l'effort qui est demandé est la volonté de réduire les coûts, de réduire le coût du service public, non pas sa qualité mais les conditions dans lesquelles on le rend peuvent être aussi envisagées à l'aune de ce chiffre-là. Nous allons faire en sorte de réorganiser les services publics pour garantir la qualité et la présence, de moderniser aussi la fonction publique par un certain nombre de chantiers, dont les discussions… pardon ! Pour lesquelles les discussions ont commencé il y a peu. L'objectif n'est pas de dire, pour reprendre votre terme : nous allons tailler dans tel ou tel effectif, c'est de faire du cas par cas, c'est de regarder là où on peut… parce que nous allons rapprocher les établissements…

CYRIL VIGUIER
Il va falloir beaucoup de pédagogie parce que…

OLIVIER DUSSOPT
Nous allons réformer tel ou tel secteur, parce que nous allons nous appuyer sur certaines évolutions technologiques, voir où on peut rendre le même service avec des effectifs effectivement qui soient diminués. Il y a 5.500.000 agents publics à l'échelle du pays et nous avons 120.000 départs à la retraite par an, travaillons ensemble, discutons, nous avons commencé à discuter. J'ai 4 chantiers en cours avec les organisations syndicales.

JEROME CORDELIER
Alors il y a un point important, c'est la fonction publique territoriale, puisqu'on fustige beaucoup les collectivités pour leurs dépenses de personnel. Vous, vous ne pouvez pas tellement… il y a la libre administration des collectivités qui est un principe…

OLIVIER DUSSOPT
Constitutionnel.

JEROME CORDELIER
Reconnu par la Constitution, donc comment allez-vous faire, est-ce que vous avez des moyens d'intervenir sur ce champ-là pour essayer de remplir votre objectif ?

OLIVIER DUSSOPT
Vous avez raison de rappeler le principe de libre administration, puisque le gouvernement y est attaché et ne le remettra pas en cause. Je l'ai dit à l'instant, nous avons ouvert des chantiers avec les organisations syndicales des 3 versants de la fonction publique : l'hospitalière, la fonction publique d'Etat et la territoriale. Dans la territoriale nous discutons aussi avec le collège des employeurs, il y a 55.000 employeurs territoriaux, nous discutons avec eux de l'ensemble des sujets…

CYRIL VIGUIER
Oui mais enfin c'est normal de discuter, d'ouvrir des négociations, mais concrètement…

OLIVIER DUSSOPT
Oui, il y a des sujets, nous travaillons aussi avec les mêmes, les employeurs territoriaux pour leur garantir le maintien des dotations d'Etat en échange d'efforts en matière budgétaire et de limitation de la progression des dépenses à 1,2 % par an. Nous sommes convaincus que dans ce dialogue-là et dans ce débat-là, nous pouvons aboutir sur ces sujets-là. La fonction publique territoriale a finalement parfois et par certains aspects pris un peu d'avance sur ce que nous voulons faire à l'échelle des 3 versants. Nous avons 4 chantiers, un chantier sur le dialogue social, un chantier sur l'individualisation de la rémunération, un chantier sur l'accompagnement des parcours professionnels et ça va de la formation jusqu'à la question des mobilités, mobilités entre les versants ou vers le privé ; et nous avons un chantier sur les conditions dans lesquelles nous pourrions permettre aux employeurs publics de confondre, tous confondus, d'avoir recours plus facilement aux contrats et à des missions plus ponctuelles. La fonction publique le fait déjà assez largement, travaillons là-dessus.

CYRIL VIGUIER
Est-ce que vous considérez que la fonction publique territoriale est trop importante, il y a trop d'effectifs ou…

OLIVIER DUSSOPT
Je ne rentrerai jamais dans un débat sur la fonction publique en commençant par une hypothèse, une affirmation consistant à dire qu'il y a trop d'effectifs, parce que derrière les effectifs il y a des hommes et des femmes qui tous les jours sont au travail et rendent des services à nos concitoyens, aux usagers, aux contribuables. Donc regardons comment nous travaillons avec eux, avec les organisations syndicales comme avec les employeurs. Mais ne rentrons pas dans un débat uniquement par les chiffres ou les mathématiques.

MARCELO WESFREID
Les plans de départs volontaires, ils ont été annoncés par Gérald DARMANIN, est-ce qu'ils peuvent affecter, toucher, concerner la fonction publique territoriale ?

OLIVIER DUSSOPT
Bien sûr, l'objectif avec les plans de départ volontaire, c'est aujourd'hui un outil qui n'existe pas. L'objectif que nous avons est de dire que dans une administration qui se restructure, j'ai évoqué tout à l'heure la possibilité que des établissements publics soient fusionnés, dans une collectivité qui mènerait sa propre structuration librement dans le cadre de la restructuration et dans le cadre de la libre administration des collectivités, nous avons une obligation qui est propre au statut de la fonction publique, c'est de garantir un droit au reclassement. Il est encadré, il y a des conditions mais les employeurs publics doivent garantir le droit au reclassement pour les titulaires de la fonction publique. Ce que nous voulons avec les plans de départs volontaires, c'est proposer une offre de mobilité en plus. Ce n'est pas un droit en moins mais c'est une possibilité en plus qui consiste à dire à des agents publics : votre service est en restructuration, vous êtes en sureffectif pour une raison ou pour une autre, il faut l'évaluer, nous vous proposons d'aller vers le privé et de vous accompagner. Et ce que nous voulons discuter avec les organisations syndicales, ce sont des conditions, quelles formations, quelle indemnité, quel accompagnement pour faire en sorte que cette mobilité vers le privé soit possible.

JEROME CORDELIER
Donc ce sont les syndicats qui vont décider…

OLIVIER DUSSOPT
Ce ne sont pas les syndicats qui vont décider, nous allons discuter ensemble…

MARCELO WESFREID
Ils sont sortis déçus des réunions bilatérales…

OLIVIER DUSSOPT
Il y a parfois un paradoxe mais ce n'est pas propre aux organisations syndicales. Nous partons pour presque un an de discussions, de négociations, de dialogue sur les quatre sujets que j'ai évoqués. Et certains commentateurs souhaiteraient que dès la première semaine, nous ayons déjà tout tranché, nous ayons déjà tout posé. Nous avons une première série de réunions bilatérales avec chacune des 9 organisations syndicales pour discuter du calendrier du rythme des discussions, discuter des objets du débat. Qu'est-ce que l'on met derrière le dialogue social ? Nous allons réfléchir à la composition en fonction des conseils supérieurs de chacun des versants de la fonction publique, des comités techniques, des CHSCT, des commissions administratives paritaires. Tout ça il faut le définir, il faut savoir de quoi nous allons parler et à quel rythme.

MARCELO WESFREID
Les syndicats eux appellent déjà à manifester dès le 22 mars…

OLIVIER DUSSOPT
Pas tous !

MARCELO WESFREID
Ils seront… 7 organisations syndicales, est-ce qu'elles seront… à votre avis est-ce qu'il y aura du monde dans la rue ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est normal qu'ils soient inquiets et ce n'est pas à moi de faire des prévisions sur la mobilisation de tel ou tel. Mais c'est normal qu'ils soient inquiets pour une raison en particulier. Depuis 20 ans, 30 ans, à chaque fois qu'on envisageait une réforme de la fonction publique ou des services publics, ça a toujours été avec un angle budgétaire sans jamais prendre le temps de discuter des missions, de discuter de la gestion des carrières, de discuter aussi de la gestion des âges, parce que dans une carrière de fonctionnaire, d'agent public il y a aussi des âges différents, il y a des formations que l'on doit acquérir, suivre en cours de carrière. Et nous allons prendre ce temps-là et c'est à moi…

MARCELO WESFREID
Alors rassurez-les, est-ce que…

OLIVIER DUSSOPT
C'est à moi de répondre à ces inquiétudes et de travailler avec eux.

MARCELO WESFREID
Le statut des cheminots, vous allez y toucher mais le statut des fonctionnaires, est-ce qu'il va évoluer, est-ce que vous excluez de le toucher ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Premier ministre a dit que nous maintenons le statut de la fonction publique et il a dit aussi qu'il fallait le moderniser et l'assouplir. Et donc il y a des lois, il y a un cadre législatif, les lois de 83, de 84 et de 86 qui posent les axes et l'architecture du statut de la fonction publique. On peut maintenir ce statut tout en modernisant, en assouplissant les conditions de recours en contrat, en assouplissant des questions de mobilité.

JEROME CORDELIER
Sur les contractuels justement, comment vous pouvez – parce que c'est une polémique aussi à l'intérieur de la polémique si je puis dire – comment vous pouvez faire pour limiter le nombre, pour éviter les abus justement du recours à des contractuels par rapport au statut ?

OLIVIER DUSSOPT
Est-ce que vous savez aujourd'hui combien d'agents publics sont contractuels ?

JEROME CORDELIER
Je l'ignore pour ma part.

OLIVIER DUSSOPT
Un sur cinq, 19,3 %, 17,3 %...

JEROME CORDELIER
Justement, la tentation serait grande d'augmenter le nombre…

OLIVIER DUSSOPT
17,3 % des agents publics sont contractuels et c'est à peu près 20 % dans la fonction publique territoriale. Et c'est plutôt dans la fonction publique d'Etat, à l'exception du ministère des Armées…

JEROME CORDELIER
Donc la tentation serait grande d'augmenter le nombre…

OLIVIER DUSSOPT
Il n'y a ni plancher ni plafond, ça serait stupide de considérer qu'il faudrait 25, 30 ou au contraire limiter à 15. L'objectif que nous avons, c'est de faciliter les conditions de recrutement d'hommes et de femmes en contrat, sans qu'il y ait nécessairement titularisation au bout de ce contrat, de revoir avec les organisations syndicales et le collège des employeurs les modalités de recrutement. Actuellement, les contrats de droit public sont limités à 3 ans, renouvelables une fois et si vous le renouvelez une 3ème fois vous basculez vers un système de CDI. Lorsque vous êtes maire et que vous menez une opération de rénovation urbaine, que vous menez une opération de rénovation du centre-ville, vous signez un partenariat avec l'Etat, avec la région et le département, vous partez pour un projet qui va durer 5 ans, 6 ans, pourquoi ne pas imaginer, sur des compétences spécifiques dont vous avez besoin le temps de ce projet, d'avoir des contrats qui puissent durer le temps du projet, qui soient calés sur le temps du projet de manière à pouvoir avoir les compétences nécessaires pour mener à bien ce projet sans nécessairement aller vers une titularisation et le fait que ces agents restent toute leur carrière dans la même collectivité ou en tout cas dans le même versant de la fonction publique.

MARCELO WESFREID
J'aimerais avoir Olivier DUSSOPT votre avis sur une information qui est sortie hier par nos collègues de Radio France, à savoir que pendant la campagne présidentielle Jean-Luc MELENCHON a eu recours pour son équipe de campagne à non pas… il ne les a pas salariés, il les a mis en auto-entrepreneurs, qui est pourtant un dispositif que le patron de la France insoumise détestait, alors un mot là-dessus, votre réaction ?

OLIVIER DUSSOPT
J'ai vu l'information sortir et je veux le dire, je ne suis pas allé vérifier les comptes de campagne de Jean-Luc MELENCHON. Ça n'est pas mon rôle et je n'en ai pas le temps ni beaucoup d'intérêt.

MARCELO WESFREID
Ils n'ont pas contesté le fait d'avoir eu recours à de l'auto-entrepreneur…

CYRIL VIGUIER
Non mais vous pouvez avoir un avis, vous pouvez avoir un avis !

OLIVIER DUSSOPT
Si c'est le cas, ça illustre une forme de duplicité mais ce n'est pas le seul à la connaître et à connaître ce tourment en politique.

JEROME CORDELIER
Alors il y a débat, puisque Marcelo est rentré dans la politique, est-ce que… il y a ce débat autour de vous, est-ce que vous seriez la caution de gauche de ce gouvernement qui…

OLIVIER DUSSOPT
Je n'ai pas le sentiment d'être une caution de quoi que ce soit, j'ai le sentiment d'être utile et la seule chose qui m'importe aujourd'hui, c'est d'être à ma tâche pour réussir les chantiers…

JEROME CORDELIER
Je pose une question complémentaire là-dessus…

OLIVIER DUSSOPT
Et atteindre les objectifs que le président de la République…

JEROME CORDELIER
Mais quand vous croisez vos anciens amis socialistes, comment ça se passe…

OLIVIER DUSSOPT
Avec l'essentiel d'entre eux, ça se passe très bien.

CYRIL VIGUIER
Moi j'ai une question, vous avez été jeune élu, deux fois benjamin de l'Assemblée nationale je crois, vous êtes maintenant confronté aux responsabilités, comme l'a dit Nicolas HULOT d'ailleurs, est-ce que ça change vraiment beaucoup, est-ce que vous avez découvert des choses que vous ignoriez quand vous étiez parlementaire ?

OLIVIER DUSSOPT
Ça change évidemment mais…

CYRIL VIGUIER
Votre approche des choses !

OLIVIER DUSSOPT
Mon objectif c'est d'être utile. Et j'ai le sentiment aujourd'hui d'être utile dans ce que je fais, d'être utile dans ce que je fais et de servir un président de la République, d'être inscrit dans une majorité avec des chantiers qui me passionnent, que je veux réussir et que je veux mener à bien. C'est la seule chose qui compte aujourd'hui.

MARCELO WESFREID
Vous étiez un soutien de Manuel VALLS il y a encore très peu de temps, quelle place pour vous il occupe, il doit occuper dans la majorité, est-ce que vous lui voyez un avenir particulier dans ce quinquennat ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est lui qui le décidera, c'est lui qui le décidera, ça reste une voix forte, à chaque fois qu'il s'exprime il est entendu et à chaque fois qu'il s'exprime, vous le relayez d'ailleurs. Donc c'est lui qui décidera de la place qui est la sienne, Manuel reste un ami et c'est quelqu'un de valeur, de qualité…

CYRIL VIGUIER
Dernière question…

JEROME CORDELIER
Pour poursuivre la question de Marcelo, Manuel VALLS est en train on a l'impression de vouloir faire une carrière en Espagne. Qu'est-ce que vous en pensez-vous ?

OLIVIER DUSSOPT
Manuel VALLS est actuellement en Polynésie française… pardon, non pas en Polynésie…

JEROME CORDELIER
Oui, en Espagne il est reçu avec beaucoup plus d'égards qu'en France !

OLIVIER DUSSOPT
Tout le monde sait l'attache et l'affection que Manuel a pour l'Espagne et pour la Catalogne en particulier. Actuellement Manuel VALLS est en Nouvelle Calédonie, il mène une mission extrêmement importante pour faire en sorte que le référendum de fin d'année soit réussi…

CYRIL VIGUIER
On en parle souvent.

OLIVIER DUSSOPT
Et faire en sorte que cette terre de France, la Nouvelle Calédonie ne puisse pas connaitre les divisions qu'elle a connues dans le passé.

CYRIL VIGUIER
Vous avez un avis sur les 4 candidats qui vont concourir pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste ?

OLIVIER DUSSOPT
Je les connais tous assez bien et je connais aussi leur parcours.

CYRIL VIGUIER
Et alors ?

OLIVIER DUSSOPT
Et les militants socialistes trancheront, c'est leur rôle…

CYRIL VIGUIER
Aucun avis sur aucun des 4 ?

OLIVIER DUSSOPT
Je n'ai pas à en avoir…

INTERVENANT
Une petite préférence pour Olivier FAURE ?

OLIVIER DUSSOPT
Je n'ai pas à avoir d'ami…

CYRIL VIGUIER
Vous êtes côte à côte à Bercy avec Gérald DARMANIN, votre ministre de tutelle d'ailleurs, le Premier ministre a marqué son soutien lors d'un déplacement dans le Nord avec lui. Tout le gouvernement fait bloc autour de lui, comment vous le trouvez-vous ?

OLIVIER DUSSOPT
Gérald DARMANIN ? Attachant…

CYRIL VIGUIER
Oui, oui, j'entends bien mais dans ces circonstances ?

OLIVIER DUSSOPT
Travailleur et courageux.

CYRIL VIGUIER
Et courageux, dans les circonstances actuelles ?

OLIVIER DUSSOPT
Oui et notre entente est totale et j'ai vraiment plaisir à être à ses côtés.

CYRIL VIGUIER
Vous auriez signé la pétition par exemple des élus du Nord…

OLIVIER DUSSOPT
Je ne signe jamais de pétition, mais Gérald sait que je le soutiens dans cette épreuve.

CYRIL VIGUIER
Merci Olivier DUSSOPT, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics. Sachez que votre interview sera rediffusée et diffusée toute la journée sur les sites Internet des 25 partenaires quotidiens régionaux de cette matinale d'infos.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 février 2018

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