Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à France Info le 27 février 2018, sur l'annonce de la réforme de la SNCF par voie d'ordonnances et les négociations entre la grande distribution et les agriculteurs. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à France Info le 27 février 2018, sur l'annonce de la réforme de la SNCF par voie d'ordonnances et les négociations entre la grande distribution et les agriculteurs.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le gouvernement a décidé de réformer la SNCF, de la réformer profondément, le statut, la forme juridique. Et bien entendu, les syndicats de la SNCF ne sont pas satisfaits des annonces qu'a faites hier le Premier ministre, Edouard PHILIPPE. On écoute un syndicaliste de SUD Rail, qui dit son mécontentement sur France 2.

BRUNO PONCET, SUD RAIL
Ce gouvernement, comme les précédents, ne sait pas ce que c'est que le dialogue social, au contraire il passe en force, et en fin de compte, évidemment, on ne va pas arriver à s'entendre, il n'y a aucune concertation et c'est toujours des passages en force.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y aura une intersyndicale ce soir, la CGT dit « nous allons faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Vous attendez un conflit difficile avec les cheminots, Benjamin GRIVEAUX ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord on attend à ce que, quand on transforme une grande entreprise publique, on ne soit pas forcément dans un vocabulaire conflictuel ou guerrier. On a un besoin aujourd'hui, de transformer cette grande entreprise publique, à laquelle tous les Français sont attachés, il y a 4 millions de nos concitoyens qui chaque jour utilisent le train, beaucoup pour des mobilités du quotidien, il y a évidemment les grandes lignes, les lignes à grande vitesse qui ont été des succès, qui ont permis d'aménager le territoire français depuis 30 ou 40 ans, sur lesquelles on s'est beaucoup concentré, mais assez peu sur les mobilités du quotidien, qui font que chaque matin, vous prenez des trains, notamment régionaux, pour aller de votre domicile à votre travail, et donc il y a ce travail-là à engager. Il sera engagé sur l'ensemble des sujets qui ont été mis sur la table, à savoir la gouvernance, à savoir l'avenir de l'entreprise, dont je rappelle qu'elle coûte 14 milliards d'euros par an au Budget de l'Etat, c'est la totalité du budget de la police et la gendarmerie réunies, et que chaque année on a 3 milliards d'euros de déficit, avec donc une entreprise qui a cumulé 50 milliards de dettes, c'est le budget de l'Education nationale. Si on ne fait rien, si on ne fait rien, 3 milliards de déficit, 50 milliards de dette, si on ne fait rien, eh bien cette entreprise ne pourra pas, demain, faire face aux transformations et on a des échéances qui arrivent et qui ont été décidées, le quinquennat précédent, l'ouverture à la concurrence...

JEAN-MICHEL APHATIE
Faire des choses, oui...

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça a été fait dans le quinquennat précédent. Il faut donc s'y préparer et le meilleur moyen de s'y préparer c'est d'engager cette grande transformation, avec les cheminots, pas contre d'acheminement.

JEAN-MICHEL APHATIE
Eh bien là, c'est contre.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est pas avec, hein.

BRUCE TOUSSAINT
Supprimer le statut...

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, à nouveau, ceux, et le contrat moral qui est celui, et j'entendais ce matin certains cheminots inquiets disant « ils vont supprimer le statut pour ceux qui sont cheminots », c'est inexact, on ne touche pas au statut pour ceux qui aujourd'hui sont sous statut, parce que c'est un contrat moral qui a été passé avec l'entreprise publique, et il ne serait pas honnête de leur dire : voilà, vous avez passé ce contrat moral, vous vous êtes engagé dans cette carrière, peut-être, mais pas uniquement, d'ailleurs en fonction du statut. Vous savez, il y a des gens qui sont cheminots à la SNCF, qui se sont engagés dans cette entreprise, parce qu'ils ont un amour du ferroviaire, qu'ils ont un amour de leur métier, pas uniquement parce qu'il y a un statut. Ça c'est la première chose, donc ce sera pour les nouveaux entrants, qui ne seront pas embauchés sous statut.

JEAN-MICHEL APHATIE
En tout cas, un mois de grève. Vous vous doutez le conflit ou pas ? C'est ça la question.

BENJAMIN GRIVEAUX
Un mois de grève, d'abord on va voir les concertations qui vont s'ouvrir, elles vont être, elles vont durer deux mois, on nous dit qu'il n'y aura pas de discussions. Il y a 2 mois de concertation, les organisations syndicales avec les usagers, avec la Direction de l'entreprise, et puis ensuite il y aura un débat au Parlement, parce que je rappelle que les ordonnances, de la même manière, il y a un débat au moment de l'habilitation, puis un débat au moment de la ratification, tout ça, ce sont des semaines et des mois de débats, il est normal que les contestations puissent se faire, et là-dessus, on verra ce que l'intersyndicale...

JEAN-MICHEL APHATIE
Décidera ce soir.

BENJAMIN GRIVEAUX
Se décidera, sur quels éléments elle se met d'accord, s'il y a des points de désaccord ou pas, entre eux, et s'il y a aussi des points dont ils pourraient souligner que le gouvernement fait des efforts. Un chiffre, tout simplement, dans les dix prochaines années, l'Etat va investir 10 millions d'euros par jour, dans la SNCF. C'est 50 % de plus que ces dix dernières années. Ça montre aussi l'attachement du gouvernement et de l'Etat à cette grande entreprise publique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le recours aux ordonnances, annoncé hier, n'a pas surpris, mais évoqué la semaine dernière, avait surpris davantage, d'autant que les ordonnances que vous aviez utilisées pour réformer le Code du travail, vous les légitimiez d'une manière très précise, en disant : « Eh bien oui, mais c'était un engagement de campagne lectorale ». On écoute Christophe CASTANER et le Premier ministre Edouard PHILIPPE, lors du débat sur le Code du travail et sur l'utilisation des ordonnances.

CHRISTOPHE CASTANER – DOCUMENT RTL
Il y a un mandat politique, celui qu'Emmanuel MACRON avait, du fait de l'élection, il avait dit très clairement qu'il réformerait le Code du travail, il avait dit qu'il le ferait par ordonnance.

EDOUARD PHILIPPE – DOCUMENT TF1
Et le Président de la République, dans a transparence, a indiqué, au cours de sa campagne présidentielle, qu'il entendait moderniser le droit du travail et le faire par ordonnance.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ça, pendant la campagne présidentielle, il n'a jamais dit que les ordonnances seraient utilisées pour la SNCF. Est-ce que c'est très légitime, du coup, d'utiliser les ordonnances ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Entre 2004 et 2013 on a eu recours 357 fois aux ordonnances.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour des sujets très divers.

BENJAMIN GRIVEAUX
Soit en moyenne trois fois par mois.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour des sujets très mineurs, très techniques.

BENJAMIN GRIVEAUX
Trois fois par mois. Les ordonnances, elles sont prévues dans la Constitution...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah, ce n'est pas de bonne foi, ça...

BENJAMIN GRIVEAUX
... elles prévoient un débat parlementaire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Personne ne dit le contraire.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, et le Premier ministre l'a rappelé hier lors de son intervention au 20 heures, il a rappelé que la concertation qui s'ouvre et qui va donc se poursuivre dans les deux mois, peut permettre, si on avance, si on a des points d'accord, eh bien de les inscrire directement dans la loi, sans passer par les ordonnances.

BRUCE TOUSSAINT
Vous dites « concertation » et pas « négociation », il y a une différence ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est une concertation qui va s'engager...

BRUCE TOUSSAINT
Ce ne sont pas des négociations, ça veut dire qu'il y a des choses à négocier ou pas ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, il n'y a pas grand-chose à négocier.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, il y a évidemment des sujets à négocier...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah...

BENJAMIN GRIVEAUX
Et il y a des sujets importants sur la question des métiers, sur la question des carrières. Vous savez, il y a évidemment, ce qui fait la Une des journaux, mais il y a aussi ce qui fait le quotidien des cheminots, sur les conditions de travail etc., il y a beaucoup de choses qui sont prévues dans ces discussions, et puis il y a de la négociation aussi parce que, dans la branche et donc dans l'entreprise ferroviaire, vous avez des spécificités qui sont bien évidemment reconnues quand on travaille en horaires décalés, quand on travaille dans des conditions difficiles, et on pense à ceux qui en ce moment même, sont en train d'entretenir les voies par des températures glaciales. Donc évidemment qu'il y a des conditions particulières et elles seront prises en compte dans ces discussions.

JEAN-MICHEL APHATIE
« Je ne crois pas aux réformes par ordonnance, les gens le prennent très mal ». Vous savez qui a dit ça ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, mais je sens que je vais le savoir très vite.

JEAN-MICHEL APHATIE
Emmanuel MACRON, Le Monde, 25 novembre 2016. Je ne crois pas aux réformes par ordonnance, les gens le prennent très mal.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, à nouveau...

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est curieux, hein.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce que nous souhaitons, nous, là...

BRUCE TOUSSAINT
Il a changé d'avis.

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, ce que nous souhaitons là, c'est de la concertation qui va se passer pendant deux mois, et puis de sujets qui n'est pas nouveau, il n'a pas émergé hier...

JEAN-MICHEL APHATIE
« Les gens le prennent très mal ».

BENJAMIN GRIVEAUX
Le sujet n'a pas émergé hier. Il y a eu le rapport qui a été fait par deux anciens responsables politique, pas des mêmes bords politiques, le rapport Duron sur les infrastructures, il y a eu les Assises de la mobilité, puis le rapport Spinetta. Il y a des choses qui ont été écartées du rapport Spinetta. Je rappelle que les petites lignes...

JEAN-MICHEL APHATIE
Les petites lignes, oui.

BENJAMIN GRIVEAUX
...nous n'y toucherons pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous n'alliez pas vous mettre en plus les élus locaux sur le dos, ça on a compris, oui.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est pour des questions d'aménagement du territoire, et il était évident...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça coûte cher. Vous parliez du déficit de la SNCF, il est là.

BENJAMIN GRIVEAUX
... que ça n'est pas de Paris, qu'on va décider si on ferme telle ou telle ligne, dans le Cantal, dans mon département natal de Saône-et-Loire ou dans le Perche. C'est évident.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les gens le prennent très mal.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, un, l'entreprise a besoin d'avancer, le statu quo n'est pas possible, nous avons dit que les ordonnances étaient sur la table et que par ailleurs, la concertation pouvait permettre d'inscrire directement, dans la loi, dans la loi, et donc par le Parlement, les avancées qui seront actées dans les semaines et les mois qui viennent.

BRUCE TOUSSAINT
Juste un dernier mot sur ce sujet : vous vous préparez malgré tout à une grève, enfin, vous l'anticipez.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, si on en croit en tout cas les annonces qui ont été faites, manifestement il y aura une grève...

BRUCE TOUSSAINT
Vous avez intégré ça, j'ai envie de dire.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le statu quo n'est pas possible sur cette question importante qu'est l'avenir de la SNCF pour notre pays.

BRUCE TOUSSAINT
Vous restez avec nous, Benjamin GRIVEAUX, il est 08h40.

///

BRUCE TOUSSAINT
Benjamin GRIVEAUX, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement est l'invité de France Info, ce matin.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le Premier ministre s'est donc expliqué hier matin devant des journalistes, il a expliqué la réforme qu'il voulait faire et, au passage, il a fait un bilan de la SNCF absolument épouvantable. On écoute Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
La situation est alarmante, pour ne pas dire intenable. Notre réseau est aujourd'hui dans un état de vétusté avancé. Sur certaines lignes, la vitesse frôle parfois le sur place, en jouant avec les nerfs des usagers, presque 1 RER sur 6 arrive en retard et 1 TER sur 10. Ce service public coûte de plus en plus cher aux Français. 14 milliards d'euros de soutien public par an.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ca coûte de plus en plus cher aux Français, ça marche de plus en plus mal, c'est ce qu'a dit Edouard PHILIPPE hier et dans ces conditions on se demande un peu pourquoi vous gardez Guillaume PEPY, qui est depuis 10 ans à la tête de la SNCF à son poste ? Est-ce qu'il est vraiment l'homme qualifié pour faire la réforme quand on a son bilan ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais parce que les responsabilités sont partagées.

JEAN-MICHEL APHATIE
Celle du PDG de la SNCF est engagée.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et que l'Etat, disons-le, n'a pas fait les investissements nécessaires. Ecoutez, l'an dernier on a inauguré quatre lignes à grande vitesse, c'est formidable et pour faire Paris-Limoges, on met 20 minutes de plus qu'il y a 40 ans.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais le patron de la SNCF, sa responsabilité est engagée aussi.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est aussi la responsabilité des élus, des politiques, des gouvernements qui ont fait des choix d'aménagement, des choix d'investissement, donc vous savez très bien que l'Etat a son mot à dire sur les grandes infrastructures et qui ont privilégié depuis 40 ans, les lignes à grande vitesse, qui ont leur utilité à nouveau. Quand vous voulez aller de Paris à Lille, de Paris à Lyon, de Lyon à Marseille, ça marche très bien, mais pour les mobilités du quotidien, c'est là que les difficultés quand vous avez 1 TER sur 6 qui arrivent en retard et qui du coup impacte la vie de millions de Français qui l'utilisent tous les jours pour se rendre à leur travail, ce n'est pas possible. C'est là-dessus qu'il faut faire des investissements. Les responsabilités, vous savez, il ne faut jamais désigner à la vindicte une personne, c'est trop facile et donc nous, on ne tombera pas dans cette facilité là. Il y a des responsabilités partagées à la fois entre l'Etat, les gouvernements successifs qui n'ont pas pris des décisions importantes et qui peut-être n'ont pas fait des investissements là où il fallait les réaliser.

JEAN-MICHEL APHATIE
L'Etat est un piètre actionnaire, le dirigeant de la SNCF n'est pas terrible et en fin c'est les contribuables qui paient de toutes les façons.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est la raison pour laquelle, on a bien décidé que les contribuables en avaient peut-être suffisamment payés et que lorsque l'on paie cher un service, ce n'est pas grave de payer cher un service si le service est là. Lorsque le service n'est pas là, eh bien il faut sans doute s'interroger.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le Salon de l'Agriculture, pour changer de sujet, a ouvert ses portes samedi, vous avez signé à l'automne dernier, vous étiez à l'époque secrétaire d'Etat à Bercy, un accord avec la grande distribution, monsieur TRAVERT, Stéphane TRAVERT, ministre de l'Agriculture l'avait signé avec vous et la grande distribution s'était engagée à mieux rémunérer les agriculteurs, les producteurs. Quatre mois après le constat que vous tirez de cet accord est positif ou pas ?

BENJAMIN GRIVEAUX
La grande distribution ne respecte pas les engagements qu'elle a pris devant Stéphane TRAVERT et moi, lorsque nous avons signé dans le cadre des états généraux de l'Alimentation, avec les distributeurs, mais aussi avec les transformateurs et surtout avec les producteurs, avec l'ensemble des organisations représentant les producteurs, eh bien nous avons signé un engagement sur le prix juste et à commencer là immédiatement par les négociations commerciales qui s'étaient ouvertes au mois de novembre, qui vont se clôturer dans les jours qui viennent.

JEAN-MICHEL APHATIE
Fin février.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, fin février. On est à quelques jours de la clôture, force est de constater qu'ils n'ont pas respecté les engagements de faire en sorte qu'on puisse avoir en France une juste rémunération pour nos agriculteurs, pour nos producteurs, ce ne sont pas les hypermarchés qui font la loi en France, c'est le gouvernement et nous prendrons nos responsabilités si le prix juste n'est pas payé à nos producteurs.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'est pas payé, vos responsabilités, c'est quoi, vous pourriez…

BENJAMIN GRIVEAUX
La loi…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous pourriez prendre une loi…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce ne sont pas les hypermarchés qui font la loi et clairement pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous pourriez prendre une décision de cette nature ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Parce que là si les négociations se terminent fin février, vous allez faire le constat de ce qui s'est passé ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Un : Les contrôles, les sanctions et les dispositions législatives qui peuvent venir encadrer plus strictement parce que manifestement une charte n'y suffit pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc une loi pourrait être prise pour contraindre la grande distribution à mieux rémunérer les producteurs ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui. Et c'est tout l'état d'esprit des états généraux de l'alimentation, vous le savez, et nos auditeurs ne le savent peut-être pas, donc aujourd'hui ce sont les distributeurs, c'est-à-dire en bout de chaîne, où on détermine le prix payé aux producteurs. Nous, toute la philosophie qui est la nôtre, c'est d'inverser cela et de faire en sorte qu'on parte des coûts de production, de ce que cela coûte aux producteurs pour qu'on ne produise plus à perte dans notre pays, parce qu'il n'y a rien de pire pour un éleveur, pour un exploitant, pour un céréalier, pour un laitier, un producteur de lait, d'avoir une production dont il sait que chaque jour, chaque matin quand il se lève, il va perdre de l'argent.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous allez aller au Salon de l'Agriculture, Benjamin GRIVEAUX ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez cette semaine, je ne suis pas certain de pouvoir y faire un passage, mais j'y suis passé en famille le week-end dernier.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le week-end dernier.

BENJAMIN GRIVEAUX
Sans caméra.

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord. Le président de la République y a été.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le président de la République y était samedi, il y a passé du temps.

BRUCE TOUSSAINT
Ça ne nous a pas échappé 12 heures trente.

JEAN-MICHEL APHATIE
Record battu, le Premier ministre va y aller.

BENJAMIN GRIVEAUX
Le Premier ministre y est aujourd'hui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le ministre de l'Education va y aller, le ministre de l'Agriculture y est, et il y a un absent, Nicolas HULOT n'y va pas, c'est curieux, le ministre de l'Ecologie, quand même l'agriculture et l'écologie ont quelque chose à voir, il n'y va pas.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vois bien le procès qui est intenté.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah c'est un procès…

BENJAMIN GRIVEAUX
En tout cas l'insinuation qu'est la vôtre sur sa non présence. Il a dit qu'il avait lui pour habitude de recevoir son ministère pour avoir des discussions et que sans doute le salon n'était pas le lieu pour lui pour avoir les discussions les plus utiles.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est curieux.

BENJAMIN GRIVEAUX
L'objectif, c'est que chacun soit utile dans la tâche qui est la sienne et que s'il estime qu'il est utile, lui, en recevant à son ministère, en travaillant avec les différentes organisations professionnelles, avec les différents représentants du monde agricole au sein de son ministère, ça convient très bien. L'objectif, c'est d'avoir des résultats, ce n'est pas de savoir si on a 8, 10, 15 ou 20 ministres…

JEAN-MICHEL APHATIE
Il a peur d'être mal reçu par les agriculteurs ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, très franchement non. Vous savez le monde agricole, regardez, on nous avait promis des tomates, des oeufs etc…

JEAN-MICHEL APHATIE
Je vous parle de Nicolas HULOT.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, non mais on nous avait promis pis que pendre samedi, le monde agricole à l'exception de quelques-uns, de quelques militants à qui on a donné quelques sifflets, c'est un monde qui aime qu'on lui parle franchement, qui aime qu'on lui parle directement, qui aime qu'on lui parle dans les yeux, qu'on ne lui raconte pas des histoires.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc il aime qu'on aille le voir.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est ce qu'a fait le président de la République.

BRUCE TOUSSAINT
C'est pour ça que le président de la République y a passé 12 heures trente, c'est bien que ça ait un sens d'y aller.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais enfin Nicolas HULOT n'ira pas. A l'occasion du Salon de l'Agriculture Emmanuel MACRON a fait une confidence, il boit du vin le midi et le soir, pas beaucoup j'espère, et le vin, est-ce un alcool ou pas ? C'est une question qui est plus grave qu'il n'y parait, certains y compris au gouvernement vont dire non, ce n'est pas un alcool, Christophe CASTANER par exemple, mais la ministre de la Santé, elle, est beaucoup plus radicale, on écoute Agnès BUZYN, 7 février, donc il y a quelques jours sur France 2.

AGNES BUZYN
Aujourd'hui l'industrie du vin laisse à croire que le vin est un alcool différent des autres alcools, or en terme de santé publique, c'est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky, il y a zéro différence. Et donc on laisse penser à la population française que le vin serait protecteur, apporterait des bienfaits que ne font pas les autres alcools, c'est faux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle a raison ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a une dimension sanitaire qui fait le vin est de l'alcool, ça je vous confirme.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le vin est un alcool comme les autres dit-elle.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a évidemment une dimension aussi culturelle, et il y a une fierté viticole en France très forte. Vous dire que les campagnes de prévention, notamment à l'endroit de jeunesse et notamment à l'égard de comportement de consommation qu'on appelle le binge-drinking, à savoir que, on boit de l'alcool très fort, à très fortes doses, très rapidement, et on a ça dès l'adolescence aujourd'hui, et on a de plus en plus ce phénomène-là, que ça doit être combattu de manière extrêmement ferme, qu'on puisse avoir à la fois des actions de prévention pour alerter sur les dangers d'une consommation excessive d'alcool, c'est évident, et en même temps, le vin a une dimension culturelle dans notre pays, il ne s'agit pas de stigmatiser…

BRUCE TOUSSAINT
Ça n'est pas un alcool comme les autres…

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, mais, on a aussi des producteurs de bières dans notre pays, on a aussi des brasseurs…

BRUCE TOUSSAINT
Non, non, mais c'est une chose importante parce que…

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, c'est important, bien sûr que c'est important.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc…

BRUCE TOUSSAINT
Est-ce que c‘est un alcool comme les autres ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais le vin est un alcool. Je ne vais pas vous faire…

BRUCE TOUSSAINT
Comme les autres ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Comme les autres ?

BRUCE TOUSSAINT
C'est ce que dit la ministre…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez…

JEAN-MICHEL APHATIE
Comme le whisky, comme la vodka, dit-elle…

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est un alcool de la même manière que, il faut consommer avec modération la bière, de la même manière qu'il faut consommer avec modération la vodka ou le whisky, l'alcool doit être consommé avec modération, mais c'est aussi un fait culturel, c'est un élément important pour beaucoup de nos terroirs, pour beaucoup de nos régions, c'est aussi un moment de convivialité lorsqu'on se retrouve en famille ou entre amis. Il faut pouvoir le faire avec modération. Vous savez, ce n'est pas non plus à l'Etat d'infantiliser en permanence et de dire…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, mais en termes de santé publique…

BENJAMIN GRIVEAUX
Et d'interdire tout, il faut savoir faire les choses avec modération, ce que nos concitoyens font, à n'en pas douter…

JEAN-MICHEL APHATIE
Avec modération. En termes de santé publique, est-ce que le président de la République a raison de dire : je bois le midi et le soir du vin, on peut se poser la question…

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez…

JEAN-MICHEL APHATIE
On lui posera.

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous lui poserez la question la prochaine fois que vous le verrez.

JEAN-MICHEL APHATIE
A l'occasion. Autour d'un verre de vin…

BRUCE TOUSSAINT
Vous restez avec nous.

///

JEAN-MICHEL APHATIE
Gérald DARMANIN, ministre des Comptes publics, était l'invité de RTL ce matin. Il est revenu au micro de RTL donc sur la plainte qui le vise pour abus de faiblesse auprès d'une femme ; on écoute Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN, MINISTRE DES COMPTES PUBLICS – DOCUMENT RTL
Je n'ai jamais abusé ni légalement, ni moralement comme je l'ai dit déjà plusieurs fois mais je vais le redire avec plaisir, de qui que ce soit et surtout pas d'une femme.

JEAN-MICHEL APHATIE
Voilà, c'était donc Gérald DARMANIN qui s'exprimait ainsi. Il annonce avoir déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse auprès de la personne qui l'accuse d'avoir profité de sa faiblesse. Vous maintenez votre confiance à Gérald DARMANIN ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, la règle a été fixée par le Premier ministre et on s'y tient. La mise en cause ne vaut pas mise en examen et si mise en examen il devait y avoir, ce serait une sortie du gouvernement pour quelque membre du gouvernement que ce soit. Quand on a fixé une règle, on s'y tient. Vous savez dans ces affaires, le droit est sans doute le meilleur guide dans ces affaires difficiles. Il permet à la fois la protection de la présomption d'innocence et, en même temps, il permet aussi la libération de la parole des femmes dont on a vu depuis l'affaire Weinstein qu'elle prend des proportions importantes. C'est quelque chose d'absolument essentiel que les femmes puissent libérer leur parole. Il y a eu une augmentation des violences faites aux femmes le dernier trimestre dernier en France, le dernier trimestre de l'année 2017. Ce n'est pas parce qu'il y a eu plus de comportements violents mais c'est parce qu'elles ont pu en parler et qu'elles ont trouvé là une écoute. Donc le droit, c'est la garantie à la fois pour la défense mais aussi pour les parties civiles d'être entendues et il faut le respecter.

JEAN-MICHEL APHATIE
Au de la règle de droit s'ajoute régulièrement la manifestation de la confiance maintenue au ministre, et ce rappel de la confiance maintenue au ministre a alerté Laurence ROSSIGNOL, sénatrice socialiste qui expliquait ceci au micro de Franceinfo il y a une quinzaine de jours.

LAURENCE ROSSIGNOL, SENATRICE – DOCUMENT FRANCEINFO DU 12 FEVRIER
Tous ces Premier ministre, ministres, députés qui défilent sur les plateaux pour dire : « Ils ont l'un ou l'autre, que ce soit Gérald DARMANIN ou Nicolas HULOT, toute notre confiance », ça veut dire que s'ils ont leur confiance c'est parce que les faits qui leur sont reprochés sont faux. Parce que si les faits étaient vrais, si c'était vrai que l'un et l'autre ait largement dépassé les limites du consentement, j'imagine qu'ils n'auraient plus la confiance de leurs collègues et de leurs pairs. Donc ça veut dire que le pouvoir politique s'est arrogé dans ces deux affaires le pouvoir de dire : « La victime ment. »

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que le Premier ministre notamment a été trop loin en disant avant que la justice ne statue : « Je garde ma confiance à Gérald DARMANIN et à Nicolas HULOT » ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, moi je peux conseiller une chose à Laurence ROSSIGNOL, c'est de ne pas rendre la justice sur les plateaux télé et sur les chaînes de radio.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elle ne rend pas la justice, elle analyse les propos du Premier ministre et des ministres.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, elle va au-delà de l'analyse et vous le savez très bien. Elle va au-delà de l'analyse. En France, il y a un principe simple, c'est qu'il y a l'institution judiciaire qui dit le droit et personne d'autre. Et tant que quelqu'un n'est pas mis en cause, n'est pas mis en examen et n'est pas condamné, il est présumé innocent. J'aurais pensé qu'une socialiste comme Laurence ROSSIGNOL était attachée à la présomption d'innocence.

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que ça handicape les deux ministres concernés, notamment Nicolas HULOT, qui n'a plus fait de média audiovisuel depuis sa sortie chez BOURDIN ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne suis pas sûr qu'il faille voir de là un lien de cause à effet. Regardez le nombre de médias audiovisuels qu'il avait fait auparavant ; est-ce que le rythme a changé ? Je n'en suis pas certain.

JEAN-MICHEL APHATIE
Je le pense.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'en suis pas certain.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais moi je le pense.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et à nouveau, ça n'handicape en rien la conduite des affaires qui sont les leurs et dont ils ont la responsabilité. Voyez les actions nombreuses conduites par Gérald DARMANIN sur le terrain encore ces derniers jours et celles conduites par Nicolas HULOT. On aurait pu parler du glyphosate. Voyez, nous avançons sur ces sujets-là, sur ces dossiers importants y compris la FNSEA, ce qui nous réjouit. Comme quoi la discussion vaut toujours mieux que de mauvais procès faits sur des plateaux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le tribunal administratif de Paris a retoqué l'arrêté interdisant la circulation des voitures sur les voies sur berge parisiennes, donc un échec pour Anne HIDALGO. Qu'est-ce que vous en pensez, Benjamin GRIVEAUX ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Que l'objectif poursuivi, d'avoir une meilleure qualité de l'air à Paris est le bon, et que sur la méthode, sans doute, y-a-t-il des choses à revoir.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est-à-dire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A la fois dans la mise en oeuvre, mais aussi...

JEAN-MICHEL APHATIE
Pas assez de concertation ?

BENJAMIN GRIVEAUX
... dans la discussion avec les territoires autour. Oui, la concertation se fait, la fameuse concertation.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est difficile la concertation.

BENJAMIN GRIVEAUX
La concertation, ce n'est pas facile.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça nous renvoie au début de la discussion, pour ceux qui n'auraient pas suivi.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est difficile, mais il faut la faire, il faut la conduire...

JEAN-MICHEL APHATIE
Eh ben c'est ça !

BENJAMIN GRIVEAUX
Et il faut prendre le temps de le faire, et il faut sans doute le faire hors des seules frontières parisiennes, à savoir le périphérique. Parce que quand vous décidez d'arrêter la circulation sur une voirie à Paris, étrangement, ça impacte les Hauts-de-Seine, ça impacte le Val-de-Marne et ça impacte la Seine-Saint-Denis, donc un Paris qui ne prend des décisions qu'à l'intérieur de son périphérique, c'est sans doute pas une vision très moderne du territoire.

BRUCE TOUSSAINT
Elle est très critiquée, les municipales c'est dans deux ans, maintenant. Jean-François COPE a dit ce week-end qu'il faudrait qu'il y ait une liste commune entre Les Républicains et la République En Marche !, pour battre Anne HIDALGO. Qu'est-ce que vous en pensez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Avant toute chose, mon sujet ce n'est pas de savoir s'il faut battre Anne HIDALGO, le sujet c'est : quel est le projet pour les Parisiens. Et si on commence à faire...

BRUCE TOUSSAINT
Un projet commun ?

BENJAMIN GRIVEAUX
... d'appareils, de personnes, tout ça c'est la vie d'avant, et ça n'intéresse pas les gens, et ça n'intéresse certainement pas, je vais vous dire, les Parisiens. Ce qui intéresse les Parisiens, c'est quel est le projet porté, est-ce que c'est innovant, est-ce que ça va changer ma vie au quotidien, dans les transports, dans le logement dans l'emploi, ça leur sujet et rien d'autre.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est une bonne maire, Anne HIDALGO ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je vais vous dire. Je demande aux Français qu'ils jugent le gouvernement à l'issue du quinquennat, et qu'ils laissent, parce que quand on prend...

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que c'est une bonne maire, Anne HIDALGO ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je peux terminer ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Si vous répondez à ma question, parce que l'émission va se terminer avant la fin de votre réponse.

BENJAMIN GRIVEAUX
On juge à la fin d'un mandat, pas... elle est à deux ans de la fin de son mandat, je demande aux Français de juger le gouvernement et de laisser le temps et de ne pas être dans la dictature de l'urgence, je ne vais pas moi faire ce procès-là, alors que je demande qu'on me laisse du temps. Elle sera donc jugée, il y a encore deux ans avant la fin de son mandat qui nous prendrons le temps de voir si elle est une bonne maire ou pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
On dit que la République En Marche ! prépare déjà les élections municipales, regarde où il faut présenter des candidats.

BENJAMIN GRIVEAUX
Sans doute peut-on faire un peu mieux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un peu mieux, c'est-à-dire à Paris ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

BRUCE TOUSSAINT
Un peu mieux qu'Anne HIDALGO.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un peu mieux qu'Anne HIDALGO. Bon ben écoutez, on va s'arrêter là, on peut faire mieux qu'Anne HIDALGO.

BRUCE TOUSSAINT
Avec qui, avec vous ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais ça n'est pas le sujet.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais on peut faire mieux qu'Anne HIDALGO.

BRUCE TOUSSAINT
Merci beaucoup Benjamin GRIVEAUX. Très bonne journée !

BENJAMIN GRIVEAUX
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er mars 2018

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