Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à BFM TV le 6 mars 2018, sur les violences sexuelles faites aux femmes, la hausse de la CSG, la réforme du Parlement et l'ouverture des commerces le dimanche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à BFM TV le 6 mars 2018, sur les violences sexuelles faites aux femmes, la hausse de la CSG, la réforme du Parlement et l'ouverture des commerces le dimanche.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité ce matin Benjamin GRIVEAUX, porte-parole du gouvernement, bonjour...

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous. Alexis CORBIERE était à votre place hier, il nous racontait qu'il était auto-entrepreneur à 3.000 euros par mois pendant la campagne présidentielle et il vous citait pendant la campagne de Jean-Luc MELENCHON, il vous citait : « Benjamin GRIVEAUX, disait hier Alexis CORBIERE, était payé 6.000 euros par mois pendant la campagne présidentielle pour Emmanuel MACRON », vous étiez auto-entrepreneur aussi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, moi j'étais salarié, je confirme le montant puisqu'il est dans ma déclaration faite à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, chacun peut aller vérifier, moi j'étais payé 6.000 euros mais j'étais salarié – comme d'ailleurs de très nombreux autres personnes...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Salarié par qui, par quoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Salarié par l'association qui soutenait la campagne, nous étions tous salariés, nous on n'avait pas recours aux auto-entrepreneurs, et donc je m'amuse du double discours qui consiste à penser pour Alexis CORBIERE que ce qui est bon pour lui comme auto-entrepreneur n'est pas bon pour les autres, donc c'est deux poids deux mesures.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'âge du consentement sexuel fixé à 15 ans, nouvelle loi bientôt, présentation le 21 mars, condamnation...

BENJAMIN GRIVEAUX
Projet de loi plus large sur les violences sexuelles faites aux femmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà ! Condamnation systématique d'un adulte en cas d'acte sexuel ?

BENJAMIN GRIVEAUX
La condamnation en tout cas dans la mise en cause et donc dans la poursuite, et donc dans le travail de la justice...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, dans l'action possible.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y aura le principe qu'en dessous de 15 ans il n'y a par principe pas de consentement du mineur de moins de 15 ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Harcèlement de rue vous confirmez, création d'une amende forfaitaire, on est bien d'accord ?

BENJAMIN GRIVEAUX
90 euros de mémoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
90 euros, ça y est, le montant de l'amende est fixé ?

BENJAMIN GRIVEAUX
De mémoire c'est ce qui a été évoqué, c'est le montant qui a été évoqué.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien ! Ça ne fonctionne nulle part : au Portugal, ça ne fonctionne pas...

BENJAMIN GRIVEAUX
Le principe aujourd'hui c'est de remettre les...

JEAN-JACQUES BOURDIN
En Finlande non plus, pratiquement pas ; En Belgique non plus?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais peut-être peut-on s'enrichir des expériences ratées dans les autres pays, je n'imagine pas que nous ne soyons pas allés voir, on a l'habitude de faire des comparaisons avec les pays européens de voir ce qui fonctionne et ce ne fonctionne pas. L'objectif aussi de la Police de Sécurité du Quotidien c'est de remettre des policiers dans la rue, de libérer du temps de travail de police et Gérard COLLOMB dans ce qu'il a présenté il y a un élément important c'est les 110.000 tablettes électroniques qui vont permettre – des tablettes numériques – qui vont permettre à nos policiers de dégager du temps de police. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui ils passent beaucoup de temps à faire de la paperasserie et à faire de l'administratif alors qu'ils devraient faire de la police. Quand vous dressez un procès-verbal par écrit aujourd'hui à l'ancienne ça va prendre trente minutes, avec une tablette numérique ça prendra une minute trente et, donc, vous dégagez les vingt-huit minutes trente par PV de temps de police utiles ; C'est aussi du temps de police qui permettra d'être dans la rue, de patrouiller et le cas échéant de pouvoir verbaliser des comportements qui ne sont pas acceptables - je rappelle que par exemple en Ile-de-France 90 % des femmes qui prennent les transports en commun considèrent avoir été victimes d'une violence soit physique, soit verbale, soit d'une forme de harcèlement, et que ça il faut y mettre un terme – la Police de Sécurité du Quotidien et y compris maintenant dans les transports peut être un élément...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Flagrant délit !

BENJAMIN GRIVEAUX
Il faut un grand flagrant qui soit constitué...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est difficile.

BENJAMIN GRIVEAUX
J'en suis conscient ! Mais c'est mieux que rien à nouveau. C'est aussi une bataille culturelle et un changement, parce que quand vous aurez vu un flagrant délit constitué... vous avez aussi un phénomène d'exemplarité de la verbalisation ou du fait de voir quelqu'un se faire arrêter par la police par la police parce qu'il importune, parce qu'il harcèle, parce qu'il n'est pas dans un comportement normal à l'égard d'une femme, c'est aussi ça le travail d'exemplarité et d'éducation qui se fait au quotidien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc 90 euros. Emmanuel MACRON aujourd'hui dans le Lot-et-Garonne à l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire, l'idée c'est d'écarter de la prison, les condamner à des peines courtes, c'est ça l'idée ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a deux idées : il s'était engagé dans le cadre de la campagne présidentielle à ce que les peines prononcées puissent être exécutées, parce qu'en France il est rarissime que quand on est condamné à une peine de moins de deux ans on passe par la case prison comme... donc, ça, c'est la première chose. Donc les gens n'y comprennent plus rien, vous avez quelqu'un qui est condamné...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, comment on condamne ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je termine mon...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

BENJAMIN GRIVEAUX
Vous avez quelqu'un qui est condamné et il ne va pas en prison ; et, en même temps, c'est le développement aussi de peine alternative à l'enfermement , vous avez en France un tiers des détenus sur les 69.000 détenus qui sont condamnés à des peines de moins d'un an et, parmi eux, vous en avez à peu près un peu moins de la moitié qui sont condamnés à des peines de moins de six mois, donc tout l'objectif – et on sait qu'il y a un caractère très récidiviste quand on enferme des gens dans des conditions qui sont évidemment déplorables et à améliorer et que vous avez un phénomène de récidive qui augmente – donc l'objectif c'est de pouvoir exécuter les peines quand elles sont prononcées réellement...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, comment faire pour que les peines prononcées soient exécutées ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Simplement en faisant exécuter la peine et donc en s'assurant que...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire en mettant en prison celui qui est condamné ou celle qui est condamnée ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Absolument, exactement. Vous avez des gens qui iront en prison – et ça le président de la République fera des annonces cet après-midi – en disant : « Voilà, à partir de telle peine vous aurez un passage obligatoire en prison...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Obligatoire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Obligatoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A partir de quelle peine ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça, ce sera annoncé par le président de la République cet après-midi...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, c'est-à-dire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'ai pas l'habitude d'annoncer des choses avant le président de la République...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un an, un an et demi, deux ans de prison systématiquement ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce sera annoncé cet après-midi Jean-Jacques BOURDIN par le président de la République, ça n'est pas mon rôle d'annoncer avant le président de la République...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes sur d''avoir de la place en prison ?

BENJAMIN GRIVEAU
Les mesures qu'il souhaite mettre en oeuvre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il y aura à partir d'une certaine peine une prison obligatoire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un emprisonnement obligatoire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, oui, c'est tout l'esprit....

JEAN-JACQUES BOURDIN
A condition d'avoir des places de prison ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est pour ça qu'on en construit 10.000 supplémentaires...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est 10.000 ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est pour ça qu'on en construit...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et pas 15.000 ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Au total ça sera 15.000 et donc il y en a 10.000 nouvelles qui vont sortir de terre et, donc, il y aura...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand ? Quand ? Quand ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Dans le quinquennat. Vous savez dans les projets...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans le quinquennat 10.000 places.

BENJAMIN GRIVEAUX
Les projets immobiliers... alors je ne suis pas moi, je ne maîtrise pas les travaux publics, les conditions météorologiques qui font que les chantiers quand vous avez...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, non, mais vous maîtrisez les choix....

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui ! Et les choix ils sont assumés, ils sont inscrits dans le budget de la Justice qui a augmenté de 4 % je le rappelle, c'est l'un des rares budgets qui augmente – ça été un engagement pris pendant la campagne présidentielle – mais c'est : 1) augmenter les places de prison ; c'est aussi améliorer l'encadrement dans les prisons...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous savez qu'il faut un certain temps, comme vous le dites...

BENJAMIN GRIVEAUX
Si vous me laissez développer maintenant, c'est aussi...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais... Attendez, je finis, je finis. Il faut un certain temps pour construire des places de prison, on est bien d'accord, or vous voulez mettre en prison à juste raison ceux qui ont été condamnés, il va falloir trouver de la place dans l'immédiat...

BENJAMIN GRIVEAUX
Et on veut aussi développer les peines alternatives à l'enfermement, que ce soit les bracelets électroniques, que ce soit les travaux d'intérêt général, parce que vous avez aussi des personnes qui sont en prison et dont on pense que le passage en prison c'est plutôt l'assurance qu'il y aura de la récidive derrière que de la réinsertion et que garder le lien avec sa famille, avec son travail... j'entendais tout à l'heure un des auditeurs qui avait été condamné à une peine avec sursis et dont il dit : « Voilà, moi j'ai une vraie peine, c'est-à-dire que je dois me rendre au commissariat, je dois pointer, j'ai un travail, j'ai gardé le lien avec ma famille »et vous avez un taux de récidive qui chute drastiquement quand vous avez aussi ces pratiques-là. J'ai entendu Eric BRUNET dire des grosses bêtises tout à l'heure - Eric BRUNET il lui arrive de dire des choses très intéressantes, tout à l'heure il disait des grosses bêtises...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelles bêtises, quelles bêtises ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Quand il disait : « on va être condamné à des peines de trois ans, quatre ans, cinq ans et on ne passera pas en prison », ce n'est pas vrai, ce ne sera pas un bracelet électronique, c'est à la fois de la fermeté mais aussi le moyen pour des gens qui auront... mais aussi des moyens pour les gens qui auront des peines courtes de pouvoir les exécuter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bracelet électronique ou travaux d'intérêt général pour des peines qui seront en dessous de combien ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Qui seront fixées cet après-midi par le président de la République, bien tenté Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Maintenant j'essaie de revenir... Mais non, mais ce n'est pas bien tenté...

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais j'ai bien compris !

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est qu'on a besoin d'informations.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est au président et le président vous les donnera cet après-midi, nous l'écouterons avec attention.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le seul problème c'est qu'il faut des moyens, vous le savez bien...

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui il faut des moyens et il faut des moyens...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et un personnel ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est ce que j'allais dire – et c'était la suite de mon raisonnement – il faut construire des nouvelles places, 10.000 ; il faut des moyens pour les personnel, on a ajouté 1.200 postes supplémentaires en plus des postes qui étaient prévus en création...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'était prévu, c'est insuffisant.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui c'est toujours insuffisant, mais enfin vous savez la justice et le monde pénitentiaire il ne va pas bien depuis 30 ans, donc moi j'entends tous les procès qu'on nous fait, on a mis des moyens...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il ne s'agit pas de procès, il s'agit de dire que c'est insuffisant.

BENJAMIN GRIVEAUX
Si, on nous fait beaucoup de procès : 1) on y met des moyens supplémentaires, c'est dans le budget, ça été voté, pour la première fois on va avoir....

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il va y avoir de nouvelles annonces ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Dans le quinquennat le budget de la justice il va prendre plus d'un milliard d'euros supplémentaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais est-ce qu'il y aura de nouvelles annonces cet après-midi d'embauches supplémentaires ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Sur les embauches le sujet a été traité par la garde des Sceaux Nicole BELLOUBET, lorsqu'il y a eu des tensions importantes qui se sont exprimées au moment où il y a des gardiens qui ont été victimes d'agressions, les annonces elles ont déjà été faites sur ce sujet-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, donc rien de nouveau sur ce sujet. La hausse de la CSG, Emmanuel MACRON assume, il demande un effort aux plus âgés, il assume, il le dit. J'ai regardé et nous allons prendre un exemple : Danielle a 70 ans, ancienne salariée de la BNP, Jean-Claude 70 ans retraité après invalidité, ils perdent en 2018 706,88 euros sur leur retraite...

BENJAMIN GRIVEAUX
Quel est le montant de leur retraite ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le montant est de 2.468 euros à deux, est-ce logique ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez-moi vous me prenez un exemple, donc...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce logique ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non. Mais, attendez, vous me prenez un exemple avec 2.400 euros de retraite, combien perdent-ils ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
706 euros sur l'année.

BENJAMIN GRIVEAUX
En ayant 1,7 % de CSG, eh bien 1,7 % de 2.500 - allez je vous le mets à 2 % de 2.500 - ça fait 50 euros, sur 12 mois ça fait 600, donc déjà votre calcul il n'est pas juste Jean-Jacques BOURDIN...

JEAN-JACQUES BOURDIN
700, ce sont eux qui ont calculé, 706 euros pour l'année.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, vous voyez. Mais oui, Jean-Jacques BOURDIN, 1,7 %...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, mettons 600, mais...

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais attendez on est sur des montants pour des gens où un écart de 175 euros vous paraissez balayer ça d'un revers de la main c'est important, 175 euros quand on a 2.400 euros de retraite...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pardon 100 euros, vous recalculez mal.

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, je ne calcule pas mal.

JEAN-JACQUES BOURDIN
2.400, 1 % ça fait quoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
1 % ça fait 24 fois fois...

JEAN-JACQUES BOURDIN
24 euros oui, et 7...

BENJAMIN GRIVEAUX
Et donc 2 % ça fait 50 euros, fois 12 ça fait 600 et vous me dites qu'ils augmentent de 775, donc il y a un écart de 175 euros vous le voyez. Par ailleurs ils ont une taxe d'habitation, la moyenne de la taxe d'habitation elle est de 600 euros en France, c'est-à-dire que la suppression de la taxe d'habitation annulera cette augmentation. Vous dire qu'on assume...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils vivent en HLM.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je peux vous dire quelque chose, on assume, on sait que...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vivre en HLM, ils ont une taxe d'habitation ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'ai pas terminé ! 40 %...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien paient-ils ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Laissez-moi terminer ! 40 % des retraités ne sont pas concernés par cette augmentation à ce sujet, ce qui veut dire que 60 % le sont, on n'a jamais dit que les retraités ne seraient pas impactés par cette augmentation de la CSG, ce que l'on dit aussi c'est que sur ces 60 % de retraités qui vont payer le point sept de CSG supplémentaire vous en avez...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, qui ont commencé à payer.

BENJAMIN GRIVEAUX
Qui ont commencé à payer bien sûr, oui mais qui ont commencé à payer, mais attendez on n'a jamais caché ça, qui ont commencé à la payer, une partie va bénéficier de la suppression de la taxe d'habitation ; et puis il y aura une partie qui n'en bénéficiera pas et donc pour laquelle effectivement ils auront quelques dizaines d'euros, parfois quelques centaines pour les retraites les plus élevées par an à verser au titre de la solidarité entre les générations. Pourquoi ? Parce que l'objectif du projet qui a été porté par le président de la République c'est de faire en sorte que le travail paie mieux et, moi, je tiens à ce que ma génération qui est la génération...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Au détriment des retraités.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est ma génération d'actifs aujourd'hui qui finance – et on le fait avec fierté et avec solidarité – les retraites de nos aînés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a un mot qui m'a choque...

BENJAMIN GRIVEAUX
Si aujourd'hui ma génération le travail ne paie pas mieux la question de la répartition et de la solidarité entre les générations sera mise à mal, moi je veux garder ce système par répartition solidaire auquel je suis très attaché et je suis très heureux de payer aujourd'hui beaucoup de cotisations pour permettre à mes parents – je n‘ai plus mes grands-parents – mais à parents de bénéficier d'une retraite décente.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Benjamin GRIVEAUX il y a un mot du président de la République qui m'a fait mal moi, en ce qui me concerne – pas moi personnellement mais quand je pense à toutes celles et ceux qui nous écrivent ou qui nous appellent – c'est un désagrément passager a dit Emmanuel MACRON, je n'aime pas, un désagrément passager, c'est un désagrément passager par exemple... Tiens ! Vous avez écouté l'antenne de RMC hier, vous avez peut-être écouté cet auditeur...

BENJAMIN GRIVEAUX
Je suis en permanence branché sur vous mais parfois d'une oreille distraite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cet auditeur qui touche une pension d'invalidité...

BENJAMIN GRIVEAUX
Ah ! David.

JEAN-JACQUES BOURDIN
David oui et qui paie de la CSG et cette augmentation à 1,7 %, est-ce logique ?

BENJAMIN GRIVEAUX
David il a une pension d'invalidité, quand on a une pension d'invalidité ça veut dire que par ailleurs on a un travail, ce qui est une bonne chose parce que la pension d'invalidité en fait c'est ce qu'on appelle une allocation différentielle, donc ça va compléter la perte de revenu que vous aviez du fait du handicap qui est le vôtre et, si ma mémoire est bonne – et on m'a fait une petite fiche parce que j'écoute avec attention mais pas toujours toute la journée – il travaille dans une bijouterie dans un centre commercial, on n'est pas là pour traiter les cas individuels, mais donc David sur la part de pension d'invalidité il a une retenue de 14 euros par mois sur une pension de 851 euros pour être très précis et, par ailleurs, il a un salaire sur lesquelles les cotisations ont baissé, donc vous voyez que c'est- un global...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans la même proportion ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, puisqu'on a 2,2 % de baisse de cotisations à la fin de l'année...

JEAN-JACQUES BOURDIN
A la fin de l'année, c'est-à-dire qu'aujourd'hui il perd...

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, pardon. Non, pardon, pardon, pardon, 2,2 % là et 0,95 % de plus en octobre, au total 3,15 % de cotisations en moins sur le travail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réforme constitutionnelle, texte présenté en avril c'est bien cela ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est bien d'accord.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réduction d'un tiers...

BENJAMIN GRIVEAUX
Les consultations ont été engagées dès ce matin par le Premier ministre...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Exactement.

BENJAMIN GRIVEAUX
Qui va recevoir l'ensemble des groupes parlementaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réduction d'un tiers du nombre de députés et sénateurs, on est bien d'accord ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas plus de trois mandats consécutifs, pour qui, pour les députés, pour les sénateurs ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Et une dose de proportionnelle.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y revenir !

BENJAMIN GRIVEAUX
Pardon !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour les députés, pour les sénateurs, pour les maires de grandes villes...

BENJAMIN GRIVEAUX
Pour les présidents de l'Exécutif, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pas pour les maires de villes de moins de 3.500 habitants.

BENJAMIN GRIVEAUX
De villes de moins de 3.500 habitants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous confirmez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui. Pour une raison simple, je vais vous dire Jean-Jacques BOURDIN, c'est que souvent vous avez... on a de plus en plus de difficulté à trouver des gens qui veulent s'engager dans une fonction qui quand on est maire d'une ville de moins de 3.500 habitants c'est quasiment du bénévolat, c'est objectivement un job à plein temps et on a beaucoup de mal à trouver des personnes qui aujourd'hui souhaitent s'engager parce que vous avez beaucoup de responsabilité, beaucoup de travail - des responsabilités y compris au Pénal – et c'est un métier où ça s'est beaucoup techniciser et, donc, c'est vrai qu'on a parfois du mal moi quand j'étais en Saône-et-Loire à trouver des maires qui prennent le relais.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un sénateur par département avec la réduction du nombre de...

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est évidemment dans la discussion et l'objectif c'est de pouvoir avoir cette discussion-là avec les chambres, que ce soit à l'Assemblée ou le Sénat dans les 15 jours qui viennent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Part de proportionnelle, on est bien d'accord ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Une part de proportionnelle, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et à quel niveau ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est à nouveau ce qui est dans la discussion des 15 prochains jours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Pourquoi ? Parce que moi je ne me satisfaits pas que des partis dont je ne partage pas les orientations politiques, je pense au Front national, soient peu représentés à l'Assemblée nationale dans des proportions qui n'ont aucune commune mesure avec leur poids politique dans le pays - et on ne va pas faire la politique de l'autruche à ne pas voir que Marine LE PEN était au second tour de l'élection présidentielle – et pour combattre les idées, pour voir sur le fond ce qu'ils proposent il faut que la démocratie se fasse à visage découvert et donc qu'on puisse en débattre au Parlement et, ça, c'est ce que permettra aussi de mieux représenter avec une dose de proportionnelle ces partis-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Emmanuel MACRON ne renoncera pas ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas dans ses habitudes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il ne renoncera pas ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Et je vais vous dire une chose, je vais vous faire une confidence, le Sénat ne va pas défaire en chambre ce que le peuple français a décidé dans les urnes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est à dire ?

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est-à-dire que nous irons au bout de la réforme, qu'il y a une volonté clairement exprimée dans les urnes de renouvellement des pratiques politiques...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous irez au bout de la réforme et s'il le faut vous passerez par un référendum.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est autorisé par la Constitution, la dernière fois que je l'ai consulté.

JEAN-JACQUES BOURDIN
S'il le faut vous passerez par un référendum en septembre prochain.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ca, la date, je n'en ai pas connaissance par définition, mais l'objectif, c'est quoi ? C'est de porter un renouvellement profond du paysage politique, des pratiques politiques et je vais vous dire, là on focalise aussi sur le nombre de parlementaires et tout ça, mais c'est aussi le travail des parlementaires. Vous savez ce qui a frappé, 90 % de nos députés n'étaient pas députés avant. Ils travaillaient dans des entreprises pour beaucoup d'entre eux. Le temps perdu, le temps perdu à l'Assemblée, le temps de travail qui pourrait être utilisé à contrôler, à évaluer le travail du gouvernement, ce qui est dans le rôle du Parlement, et où vous avez, moi combien de fois les gens m'ont dit, mais c'est invraisemblable, il y a des amendements qu'on a rejeté en commission et dont on redébat deux fois, trois fois dans l'hémicycle, il n'y a qu'en France où on s'en enorgueillit de se dire, on fait bien la loi à 1h30 du matin avec 25 personnes sur les bancs de l'Assemblée nationale. Eh bien croyez-moi la loi, elle sera faite plus efficacement, si elle est aussi moins bavarde et si on rationalise et qu'on a un travail parlementaire plus efficace, ça permettra au Parlement de contrôler et d'évaluer le gouvernement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc je résume Emmanuel MACRON ira au bout et s'il le faut passera par un référendum. J'ai bien résumé ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça me semble être assez bien résumé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La redevance télé va-t-elle être élargie à tous les écrans ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne dispose pas de cette information.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non je dis ça comme ça, il y aura un projet de loi fin 2018.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y aura un projet de loi sur la réforme de l'audiovisuel public…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et j'imagine que ça va…

BENJAMIN GRIVEAUX
La question, au regard du coût de l'audiovisuel public rend des services à la population, mais il a un réel coût, il n'est pas anormal de se dire, comment est-ce qu'on peut travailler aussi sur ces sujets-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que se passe-t-il à Paris sur l'ouverture des magasins le dimanche, la généralisation du travail le dimanche, Benjamin GRIVEAUX ? Je sais que vous consacrez beaucoup de temps à Paris.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je suis député de Paris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

BENJAMIN GRIVEAUX
En dehors d'être membre du gouvernement, j'ai été élu par les Parisiens, donc ça vous en tirez les conclusions que vous souhaitez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ou non d'ailleurs.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça, ce n'est pas le sujet du moment. Je vais vous dire une chose…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais ce sera le sujet un jour.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas le sujet du moment.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Du moment, ce sera le sujet un jour prochain.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce qui intéresse les Parisiens, ce n'est pas de savoir qu'elle va être la tête sur l'affiche, c'est quel est le projet qui est porté et les têtes sur l'affiche, les coalitions, les accords d'appareils, tout ça je pense que les Parisiens en sont très éloignés. Ce qui les intéressent, c'est qu'est-ce qu'on fait concrètement et quel est le projet qui sera porté ? Sur la question de l'ouverture le dimanche, il y a eu un test qui a été fait avec les zones touristiques internationales, qui ont été autorisées par la loi Macron, les résultats sont plutôt probants, en terme de création d'emplois, on parle d'un peu plus de 10.000 emplois créés en France. Alors il y a à paris des zones touristiques internationales, mais il n'y a pas qu'à Paris, il y en a dans des villes qui sont très touristiques et Paris est une ville très touristique. Moi, je ne serais pas choqué et je suis même assez favorable à l'idée qu'on puisse avoir cette ouverture dominicale généralisée dans Paris. Et où on laisse le choix aux commerçants d'ouvrir ou de ne pas ouvrir. Il faut que chacun ait la liberté de ne pas ouvrir, pourquoi ? Parce que quand vous délimitez des zones, quand vous n'êtes pas dans la bonne zone, vous n'avez pas le droit d'ouvrir. Et puis qu'après tout les commerçants, c'est sans doute eux aussi qui savent le mieux s'il est intéressant pour eux ou pas d'ouvrir dans tel ou tel quartier de Paris. Vous savez moi je suis très attaché à la liberté, au bon sens et au fait que si on veut que Paris, et Paris est une capitale touristique, et Paris, elle est dans une compétition aussi avec les grandes métropoles européennes, Londres, c'est ouvert le dimanche 24/24 heures et par ailleurs il y a autre chose qui est ouvert 24/24 heures, ça s'appelle les grands sites, ça s'appelle AMAZONE et quand vous voulez être aussi capable de répondre à cette concurrence qui se fait par le e-commerce, eh bien il faut pouvoir lutter à armes égales.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dernière question, la fermeture des voies sur berge, une bonne décision ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je pense qu'il ne faut pas rouvrir la circulation sur les voies sur berge, ça c'est ma conviction, parce que l'objectif poursuivi de baisse de la pollution atmosphérique dans la ville est un bon objectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous soutenez Anne HIDALGO ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je l'ai déjà dit. Mais j'ai déjà dit que l'objectif était le bon. Je ne soutiens pas la méthode qui a été retenue, à savoir que quand vous arrêtez la circulation sur un axe important, dans le coeur de Paris, vous devez le faire en bonne intelligence avec le Val de Marne, avec les Hauts-de-Seine…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça n'a pas été fait.

BENJAMIN GRIVEAUX
Avec la Seine-Saint-Denis. Manifestement pas, ou alors ça n'a pas été suffisamment préparé, parce que ça veut dire réfléchir à des parkings relais, à des voies dédiées, à des transports partagés, Paris ça doit se penser en dehors des frontières du périphérique, c'est aussi ça une ville moderne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sens votre passion.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je suis élu parisien, il est normal de m'occuper de Paris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous en reparlerons. Merci Benjamin GRIVEAUX.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 mars 2018

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