Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec LCI le 14 mars 2018, sur la réforme de la SNCF et de la Fonction publique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec LCI le 14 mars 2018, sur la réforme de la SNCF et de la Fonction publique.

Personnalité, fonction : DUSSOPT Olivier.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'action et aux comptes publics

ti :

MARIE CHANTRAIT
Bonjour Olivier DUSSOPT.

OLIVIER DUSSOPT
Bonjour.

MARIE CHANTRAIT
Je le rappelle, vous êtes secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald DARMANIN. A la Une ce matin, le projet de réforme à la SNCF, par ordonnances, il est présenté ce matin en Conseil des ministres. Le secrétaire général de la CGT, Philippe MARTINEZ, a été reçu, c'était un peu une surprise d'ailleurs, par le Premier ministre hier à Matignon, c'était seulement pour la photo ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas pour la photo et ça vient illustrer la concertation. Elisabeth BORNE et tout le gouvernement travaillent depuis des semaines à cette réforme de la SNCF, avec un objectif, c'est sauver le réseau ferroviaire, sauver le service public des transports, et avoir en tête que chaque jour ce sont 4 millions de personnes qui circulent dans 15.000 trains dans 3000 gares.

MARIE CHANTRAIT
La concertation, mais on dit du côté de certains syndicats, la CGT en tête, que finalement tout est acté et qu'aucune discussion n'est possible.

OLIVIER DUSSOPT
Je crois que tout n'est pas acté, un certain nombre d'avancées, de discussions, ont déjà eu lieu, Elisabeth BORNE a conduit une vingtaine de réunions et il y a des discussions qui sont très constructives sur les dates d'ouverture à la concurrence. Il y a un certain nombre d'orientations, de pistes, qui sont fixées par le gouvernement, qui consistent à rattraper le retard d'investissement, et dans les 10 années qui viennent ce sont 36 milliards d'euros qui vont être investis, c'est une augmentation de 50 % par rapport à la période précédente. Des pistes aussi pour réformer le statut de la SNCF, la préparer à l'ouverture à la concurrence, mais faire en sorte aussi d'affronter la dette, puisque cette entreprise a 50 milliards d'euros de dette.

MARIE CHANTRAIT
Ça c'est un argumentaire que l'on entend depuis des semaines, de votre bouche, de la part de vos collègues du gouvernement…

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas un argumentaire, c'est une réalité.

MARIE CHANTRAIT
Mais en tout cas il n'est absolument pas entendu par certains syndicats, et Philippe MARTINEZ le dit, s'il y a un conflit il sera de la responsabilité du gouvernement. Le bras de fer, là clairement, s'annonce tendu.

OLIVIER DUSSOPT
Philippe MARINEZ est dans son rôle, il ne va pas dire que c'est à cause de lui, ou par lui, que viendra tel ou tel conflit, et c'est normal, chacun est dans son rôle. Ce que nous disons c'est que le service ferroviaire est utile en France, qu'il faut l'inscrire dans les nouvelles mobilités, et que pour ça il faut sauver la SNCF. Une entreprise qui réalise des pertes annuelles, ou en tout cas qui voit son déficit, plus exactement sa dette se creuser chaque année, puisque l'année passée il y a un bénéfice mais un accroissement de la dette de 3 milliards d'euros, une entreprise qui a 50 milliards d'euros de dette, qui voit le service se dégrader, puisqu'il y a plus de réseau ralenti aujourd'hui qu'il y a 10 ans, 22% du réseau est ralenti du fait d'un manque d'entretien, qui voit ses infrastructures ne pas être suffisamment entretenues, cette entreprise ne peut pas survivre et ne peut pas passer le cap. Ce que nous voulons c'est faire en sorte que la SNCF reste une entreprise avec un contrôle public, avec une organisation qui soit rénovée et en capacité de faire face à la concurrence.

MARIE CHANTRAIT
Ce qui est dénoncé c'est la méthode du gouvernement, la méthode utilisée, les ordonnances, le symbole des ordonnances. Est-ce qu'on était obligé de passer par là, de passer par ces ordonnances ?

OLIVIER DUSSOPT
Le Premier ministre et la ministre des Transports ont précisé qu'à chaque fois que la concertation aurait suffisamment avancé pour faire en sorte que ce qui est prévu sous forme d'ordonnances soit intégré dans la loi et dans le débat parlementaire, ça serait fait. Mais en termes de méthode, vous me pardonnez d'insister, 70 réunions de concertation sont prévues, 20 ont déjà eu lieu et le gouvernement fait un effort financier à hauteur de 3,6 milliards d'euros par an pendant 10 ans pour permettre la remise en état du réseau, puisque ces 3,6 milliards par an sont consacrés à l'entretien du réseau et hors projets de développement. En termes d'accompagnement, de soutien, d'implication du gouvernement pour sauver ce modèle ferroviaire et faire en sorte que le service ferroviaire soit maintenu sur le territoire, je crois que c'est difficile de faire mieux.

MARIE CHANTRAIT
Sur les petites lignes justement, Guillaume PEPY il semblerait qu'il présenterait une réforme sur ces réformes des petites lignes. Ça avait sans doute, dans un premier temps, été écarté par le gouvernement, ça revient sur la table, là aussi c'est nécessaire ?

OLIVIER DUSSOPT
Moi je pense qu'il ne faut pas parler des petites lignes, ce qu'on appelle les petites lignes ce sont des lignes qui permettent des dessertes du quotidien, qui permettent de desservir des villes de moindre importance, en tout cas en taille démographique…

MARIE CHANTRAIT
Mais un réseau à l'abandon pour certains…

OLIVIER DUSSOPT
Il y a une partie de ce réseau qui est très mal entretenu et qui souffre d'un déficit d'entretien depuis des années, pour ne pas dire des décennies, il faut y travailler, ça s'inscrit dans le plan de 36 milliards sur 10 ans, que j'ai déjà évoqué. Il y a des réseaux qui sont utiles et qu'il faut préserver. Il y a aussi des petites lignes, comme on le dit parfois, qui connaissent une fréquentation quasi nulle, ou en tout cas extrêmement faible, on peut regarder des alternatives. Il y a toujours eu des lignes qui ont été fermées et des lignes qui ont été ouvertes, et donc il faut travailler à rendre le meilleur service. Il se trouve que j'ai été maire d'Annonay pendant 10 ans, à Annonay, peu de gens le savent, en tout cas à Paris, mais…

MARIE CHANTRAIT
Et vous avez été le président de l'Association des petites villes.

OLIVIER DUSSOPT
De l'Association des petites villes, avec une attention particulière sur cette question de l'aménagement du territoire, mais à Annonay nous avons une particularité, c'est que sur notre territoire est présente une usine, qui s'appelle IVECO Bus, qui fabrique les trois quarts des bus, notamment de la RATP…

MARIE CHANTRAIT
Ça c'est un moyen alternatif aussi…

OLIVIER DUSSOPT
Qui fabrique des autocars. La ville d'Annonay n'a plus de train depuis plus de 30 ans, mais nous avons plus de 10 liaisons par jour vers Lyon, puisque c'est notre capitale régionale, avec des autocars de grande qualité. Il faut aussi parfois regarder quel est le meilleur service, qu'est-ce qui permet la mobilité, au-delà de telle ou telle formule technique.

MARIE CHANTRAIT
Je voulais juste revenir sur le conflit à venir, la journée du 22 mars, vous la redoutez justement cette journée, et peut-être une grève reconductible… ?

OLIVIER DUSSOPT
C'est une journée qui s'inscrit dans le droit syndical, et je précise simplement que la journée du 22 mars est prévue de longue date puisque, je connais bien les sujets de la Fonction publique, je m'y intéresse particulièrement, ce sont une partie des syndicats de la Fonction publique qui ont d'abord appelé à une manifestation, en tout cas à un mouvement social pour le 22 mars, et qui sont aujourd'hui rejoints par une partie des fédérations implantées au sein de la SNCF. Donc, c'est une journée de manifestation, le gouvernement n'a pas à commenter ou à apprécier l'opportunité qu'il y a ou pas. Moi, mon rôle, pour ce qui concerne la Fonction publique, puisque c'est le dossier dont je suis chargé, c'est de nourrir ce dialogue social avec les organisations syndicales, de lever toutes les inquiétudes que je pourrai lever, de répondre à toutes les interrogations et de faire en sorte que cette modernisation de la Fonction publique, que nous portons, que nous menons, puisse trouver le plus grand consensus.

MARIE CHANTRAIT
On va y revenir, mais vraisemblablement, auprès des syndicats de la SNCF les inquiétudes ne semblent pas levées. Je voulais vous interroger sur les propos de Manuel VALLS ce matin, vous le connaissez particulièrement bien, en étant nommé au gouvernement en novembre 2017 vous avez été exclu du Parti socialiste, et manuel VALLS dit ce matin : « sur les réformes il faut éviter la brutalité et je parle d'expérience. » qu'est-ce que ça vous inspire ?

OLIVIER DUSSOPT
Manuel VALLS parle non seulement d'expérience, mais clairement, comme il a l'habitude de le faire, et il a cet immense mérite d'avoir une expérience de ministre d'Etat à l'Intérieur, sur des fonctions régaliennes de Premier ministre, de savoir comment il faut travailler. Il dit aussi dans le même article, dans la même interview au journal Les Echos, qu'il fait confiance au gouvernement sur les réformes qui sont à mener. Il dit aussi que le rythme est certes soutenu, mais qu'il est nécessaire et qu'il est conforme au mandat que les Français ont donné au président de la République et il est conforme aux engagements pris par le président de la République devant les Français.

MARIE CHANTRAIT
Ces dernières semaines vous enchaînez les réunions, vous êtes en charge de la réforme de la Fonction publique, c'est votre mission principale, et vous dites je me pose en garant d'un service public de meilleure qualité. En ce moment, clairement, vous maniez quand même des matériaux politiques inflammables, c'est votre ressenti ?

OLIVIER DUSSOPT
Inflammables, je ne sais pas, mais en tout cas des matériaux politiques, pour reprendre votre expression, qui donnent lieu à débats et à discussions. Les syndicats de fonctionnaires, les neuf organisations syndicales représentatives…

MARIE CHANTRAIT
Sept appellent à manifester.

OLIVIER DUSSOPT
Sept appellent à manifester, ont des inquiétudes, ont des interrogations…

MARIE CHANTRAIT
Et notamment sur ce principal projet qui est la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires d'ici la fin du quinquennat.

OLIVIER DUSSOPT
Je vais y revenir, mais il faut aussi comprendre les interrogations. Depuis 20 ans dans ce pays, à chaque fois que nous avons réformé, que l'Etat a réformé, la Fonction publique, son organisation, l'action publique, ça a toujours été avec un prisme budgétaire, toujours avec un objectif de coût. Aujourd'hui, ce que nous faisons, c'est que nous posons la question des missions, à quoi sert le service public, quel est le rôle d'un fonctionnaire, comment est-ce qu'on reconnaît son mérite, comment est-ce qu'on reconnaît son implication, et nous nous donnons 1 an de discussions pour aboutir sur ce champ-là.

MARIE CHANTRAIT
Vous n'avez pas peur de la stigmatisation justement du fonctionnaire ?

OLIVIER DUSSOPT
Au contraire, nous mettons des moyens, et moi je suis là pour dire que les fonctionnaires sont impliqués, que les fonctionnaires sont au travail et que souvent, d'ailleurs, les mêmes fonctionnaires nous demandent de voir évoluer leurs outils, de pouvoir transiger, de pouvoir être en médiation, de pouvoir être en conseils plutôt qu'en contrôles et plutôt qu'en sanctions. Nous mettons des moyens, avec un schéma national de formation professionnelle qui sera abondé de 1,5 milliard d'euros, et nous prévoyons 700 millions d'euros de plus, à l'échelle du quinquennat, pour moderniser l'Administration et permettre aux projets innovants d'être financés, d'être accompagnés. Dans les années qui viennent nous allons, dans les trois versants de la Fonction publique, territoriale, hospitalière et Etat, au total, connaître entre 120 et 150.000 départs à la retraite par an, pendant les 7 ou 8 ans qui viennent. Nous nous considérons que, d'ici 5 ans, avec la modernisation des services, avec le développement du numérique qui, d'une manière ou d'une autre, s'impose à notre société comme à notre administration, avec les réorganisations que nous voulons conduire, nous pensons que nous pouvons rendre un meilleur service aux Français, un service plus moderne, plus adapté, qui tient compte aussi de ses évolutions technologiques, avec des effectifs un peu moindre. Donc, on parle effectivement d'une cible, qui est de réduire les effectifs de 120.000 euros en 5 ans, ça passera essentiellement par le non renouvellement des départs à la retraite, ils seront au moins 600.000 euros sur la même période, et ça s'inscrit sur un nombre global de fonctionnaires qui s'établit à 5,5 millions, aujourd'hui, dans le pays. Donc cet effort est possible, il est atteignable, et nous le faisons avec une boussole, un cap, faire en sorte que le service public, que le service rendu à nos concitoyens, soit au moins d'aussi bonne qualité, mais en réalité notre objectif c'est qu'il soit meilleur.

MARIE CHANTRAIT
Avec la question également sensible du temps de travail de ces fonctionnaires justement, un sujet parfois tabou, là aussi vous voulez mettre cette question sur la table ?

OLIVIER DUSSOPT
Alors, nous allons en parler tout en veillant à ne pas faire de généralité. Lorsque nous parlons des fonctionnaires du versant hospitalier, les fonctionnaires hospitaliers dans les hôpitaux publics, et parfois aussi dans les EHPAD, parce qu'ils relèvent de ce même secteur…

MARIE CHANTRAIT
Là le temps de travail ne peut pas leur être reproché !

OLIVIER DUSSOPT
Personne ne peut leur reprocher de ne pas suffisamment travailler. Il y a deux rapports qui ont été rendus, un par le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, et un par la Cour des comptes, il y a maintenant quelques mois, et qui disent que, en moyenne – et il faut toujours se méfier des moyennes – mais en moyenne les fonctionnaires de la fonction publique Territoriale ont un temps de travail annuel légèrement inférieur au temps légal de 1607 heures, ça s'explique par le maintien de protocoles d'accord qui datent d'avant 2000, et c'est autorisé par la loi, ça s'explique parfois par des régimes d'absence dite exceptionnelle, très locaux, très géographiques, qui peuvent être réinterrogés, tout ça doit être discuté. Mais, vous l'avez dit tout à l'heure, attention à ne pas stigmatiser. Lorsqu'il y a quelques semaines nous avons connu un épisode de neige et que tous les fonctionnaires de ce pays étaient mobilisés, sur le terrain, personne ne posait la question de leur temps de travail. Nous devons regarder ça dans son ensemble, mais avec prudence, et surtout avec un grand respect.

MARIE CHANTRAIT
Un mot aussi sur le dossier – ils sont tous apparemment explosifs – des retraites. Emmanuel MACRON durant sa campagne avait promis la fin des régimes spéciaux et l'alignement du public sur le privé. Il y a cette étude qui a été publiée par la Fondation IFRAP, un cercle de réflexion plutôt libéral, les fonctionnaires, selon cette étude, perdraient 179 euros de retraite par mois. Vous en êtes où de la réflexion ?

OLIVIER DUSSOPT
D'abord l'IFRAP n'est pas l'institut de sondage ni le cabinet de conseil du gouvernement, le gouvernement travaille…

MARIE CHANTRAIT
Mais en tout cas elle donne certaines indications.

OLIVIER DUSSOPT
Mobilise toutes les sources possibles, consulte, et a confié au Haut-commissaire Jean-Paul DELEVOYE, le soin de porter cette réforme des retraites.

MARIE CHANTRAIT
Quand la feuille de route sera-t-elle présentée ?

OLIVIER DUSSOPT
Le président, Emmanuel MACRON, l'avait dit pendant sa campagne, il prenait l'engagement de ne pas toucher au niveau des retraites, de préserver le système que nous connaissons et de trouver plus de justice pour faire en sorte qu'1 euro cotisé puisse rapporter la même pension, la même retraite, à toutes celles et ceux…

MARIE CHANTRAIT
Mais il y aura des perdants.

OLIVIER DUSSOPT
L'objectif est d'avoir le système le plus juste, le plus équitable, et le plus protecteur pour les retraités, et le plus durable, le plus pérenne financièrement. D'ici quelques semaines, quelques mois, à l'issue des concertations menées par le Haut-commissaire DELEVOYE, le président de la république, le Premier ministre, annonceront le calendrier de la réforme, diront quelles sont les priorités et les axes retenus. Il faut laisser un peu de temps au temps parfois. Tous les instituts, tous les cabinets de conseil sont libres de publier les études qu'ils veulent, le gouvernement travaille à son rythme.

MARIE CHANTRAIT
On a bien compris. L'impatience aussi s'exprime sur le pouvoir d'achat des Français, c'est un vrai sujet, la colère monte là aussi sur cette thématique. Faut-il redistribuer, selon vous, la cagnotte fiscale, un peu plus de 4,3 milliards d'euros, venue gonfler les caisses de l'Etat, notamment grâce à de meilleures rentrées fiscales. Est-ce que c'est un sujet ? En tout cas on a senti que Bruno LE MAIRE balayait le sujet.

OLIVIER DUSSOPT
Nous sommes en 2018 et nous appliquons le budget voté pour 2018, avec des décisions qui ont été prises, qui se sont traduites par une légère augmentation de salaire au mois de janvier, et il y aura une deuxième vague, si vous me permettez cette expression, au mois d'octobre. Nous allons aussi revaloriser un certain nombre de minima sociaux comme l'Allocation pour adulte handicapé ou le minimum vieillesse, et la prime d'activité, qui n'est pas un minima social, mais pour celles et ceux qui sont en activités. Nous allons dégrever 30 % de la taxe d'habitation de 80 % des ménages. Donc, ces mesures prendront effet tout au long de l'année. Je peux comprendre l'impatience, parce que lorsque la croissance revient, il est normal que les uns et les autres souhaitent bénéficier du partage de cela…

MARIE CHANTRAIT
Mais Bruno LE MAIRE le dit, « ne dilapidons pas le résultat de nos efforts », c'est une fin de non recevoir.

OLIVIER DUSSOPT
On peut le dire autrement. On peut dire que pour la première fois depuis 20 ans, en 2017, la France est sortie de cette fameuse barre des 3 %, avec un déficit à 2,7, 2,8, et donc…

MARIE CHANTRAIT
Qui est confirmée ce matin…

OLIVIER DUSSOPT
Nous tenons les objectifs, et surtout nous respectons l'engagement pris par la France devant la Commission européenne, engagement qui date d'il y a plusieurs années. Nous pouvons aussi rappeler un chiffre. On parle d'une rentrée fiscale, liée à la croissance, légèrement supérieure à hauteur de 4,3 milliards d'euros, dans un pays qui a un déficit annuel de 75 milliards et une dette de presque 2000 milliards, ça relativise largement l'idée qu'il y aurait une cagnotte cachée qui n'existe pas.

MARIE CHANTRAIT
Olivier DUSSOPT je ne peux pas terminer cette interview sans vous demander votre avis sur le Parti socialiste. Vous en avez été exclu, je le rappelais, en novembre dernier quand vous avez été nommé au gouvernement, vous ne vous attendiez pas à recevoir des bouquets de roses, vous avez même été très critiqué, comment vous regardez le congrès, ce qui est en train de se passer ?

OLIVIER DUSSOPT
J'ai été critiqué par quelques-uns et soutenus par beaucoup. Aujourd'hui je suis dans la majorité présidentielle, je travaille pour le gouvernement et au service du projet présidentiel, parce que je suis convaincu que ce que nous portons va dans le bon sens, s'inscrit dans une forme de progressisme, d'attachement à l'Europe, d'attachement à l'égalité, et puis surtout je retrouve, dans ce que nous faisons, ce qui a motivé mon engagement en politique.

MARIE CHANTRAIT
Vous voulez adhérer à En Marche ou pas ?

OLIVIER DUSSOPT
Ce n'est pas à l'ordre du jour parce que nous sommes nombreux au gouvernement à ne pas être adhérents d'En Marche, mais si je fais de la politique depuis 20 ans c'est parce que je crois à l'égalité des chances et à l'émancipation, je refuse l'assignation à résidence, et c'est dans la majorité que je retrouve ces thèmes aujourd'hui.

MARIE CHANTRAIT
Olivier DUSSOPT merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 mars 2018

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