Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec France Info le 20 mars 2018, sur le prix des produits agricoles, la garde à vue de Nicolas Sarkozy, le bien-être animal, la journée de manifestation de la fonction publique, la réforme de la SNCF et sur les élections législatives partielles. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec France Info le 20 mars 2018, sur le prix des produits agricoles, la garde à vue de Nicolas Sarkozy, le bien-être animal, la journée de manifestation de la fonction publique, la réforme de la SNCF et sur les élections législatives partielles.

Personnalité, fonction : TRAVERT Stéphane, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation;

ti :

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Stéphane TRAVERT.

STEPHANE TRAVERT
Bonjour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez organisé à l'automne les Etats généraux de l'alimentation qui réunissaient les distributeurs, les producteurs, ça c'est tellement bien fini que vous avez signé ensemble un texte de bonne entente en quelque sorte qui aurait dû permettre ou pourrait permettre, permettra peut-être aux producteurs d'être payés au juste prix et puis l'un des signataires de ce que j'appelle moi un code de bonne conduite - je ne sais pas comment vous l'appeliez - Michel-Edouard LECLERC était à votre place la semaine dernière et il a dit que quand même vos projets n'étaient pas des bons projets puisqu'au bout du compte assure Michel-Edouard LECLERC que nous allons écouter c'est le consommateur qui va payer et qui risque de payer cher.

MICHEL-EDOUARD LECLERC, LE 13 MARS SUR FRANCEINFO
On veut nous obliger théoriquement pour aider les agriculteurs à augmenter tous les produits de grandes marques qui servaient de prix d'appel pour enrichir le distributeur - les prix augmenteraient jusqu'à 10 % - et après, selon une théorie du ruissellement assez fumeuse, le distributeur étant enrichi il repérait les grandes marques à l'achat plus chères et la marge irait vers l'agriculteur, ils appellent ça le transfert de la valeur ajoutée, mais c'est de l'enfumage.

JEAN-MICHEL APHATIE
Voilà ! Vous avez une théorie un peu fumeuse, dit Michel-Edouard LECLERC.

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, vivement la loi sur les fake news pour qu'on puisse vraiment parler de choses sérieuses. Moi ce que je crois c'est que nous avons fait effectivement une charte, nous préparons un projet de loi issu des Etats généraux de l'alimentation pour faire quoi, c'est redonner des marges de manoeuvre à nos agriculteurs, faire en sorte que demain nos agriculteurs ne soient plus pressurisés comme ils le sont par la grande distribution pour récupérer cette valeur dont ils ont besoin pour innover et pour investir. Qu'est-ce que nous voulons faire ? Nous ne voulons pas augmenter les prix de 10 %, comme semble vouloir le dire Michel-Edouard LECLERC...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah ! Il ne semble pas vouloir le dire, il le dit.

STEPHANE TRAVERT
Il le dit, mais c'est faux, aujourd'hui la réalité c'est que nous souhaitons que les marges soient mieux réparties et soient bien réparties notamment sur les produits agricoles.

JEAN-MICHEL APHATIE
La grande distribution prend trop de marge aujourd'hui ?

STEPHANE TRAVERT
Mais aujourd'hui la grande distribution elle prend des marges sur des produits agricoles et elle écrase ces marges sur un certain nombre de produits d'appel, nous ce que nous souhaitons faire c'est que l'on vienne rééquilibrer les marges, rééquilibrer les marges de manière à redonner de l'air à nos productions agricoles.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ce que dit Michel-Edouard LECLERC c'est que cela ça conduira une augmentation moyenne des prix, c'est-à-dire que pour mieux payer les agriculteurs on va ponctionner de l'argent auprès des consommateurs et au fond c'est eux qui seront les dindons de la farce, avec peut-être une baisse du pouvoir d'achat, avec d'autres problèmes. Vous déplacez peut-être le problème, c'est ça que dit Michel-Edouard LECLERC ?

STEPHANE TRAVERT
Mais pas du tout ! Et l'objectif aujourd'hui du gouvernement ce n'est pas de fixer les prix, ce sont bien les distributeurs qui fixent les prix, personne ne demande à Michel-Edouard LECLERC demain d'augmenter les tarifs à l'intérieur de son magasin. Ce que nous demandons à la grande distribution c'est de rééquilibrer ses marges sur les produits d'appel où les marges sont totalement écrasées et de rééquilibrer ces marges au profit des produits agricoles qui sont achetés à vils prix et qui permettent bien souvent aux distributeurs de se refaire la marge qu'ils n'ont pas faite sur les produits d'appel et donc de gagner de l'argent et donc, aujourd'hui, nous ce que nous disons nous ne sommes pas dans une économie administrée, l'Etat n'a pas à fixer les prix, mais nous demandons ce rééquilibrage des marges pour faire en sorte que demain les produits agricoles soient achetés...

JEAN-MICHEL APHATIE
Mieux payés.

STEPHANE TRAVERT
Au prix de revient, mieux payés, de manière à ce que les agriculteurs puissent vivre dignement de leur travail et de faire en sorte que ce lissage des prix permette de redonner là aussi de la lisibilité au consommateur et que le consommateur sache bien quelle est la vraie valeur du produit qu'il achète.

JEAN-MICHEL APHATIE
La loi issue des Etats généraux de l'Alimentation vous la présentez quand ?

STEPHANE TRAVERT
Elle a été présentée le 31 janvier dernier en conseil des ministres...

JEAN-MICHEL APHATIE
Et au Parlement européen c'est quand ?

STEPHANE TRAVERT
Et elle commencera à être débattue au Parlement sous 15 jours en Commission de l'environnement et des affaires écologiques.

JEAN-MICHEL APHATIE
Quels sont les mécanismes qui existent dans la loi que vous avez présentée en conseil des ministres et que les parlementaires évoqueront qui permettra d'assurer aux agriculteurs un juste revenu, quels mécanismes contraignants vous mettez en place ?

STEPHANE TRAVERT
D'abord c'est l'inversion de la contractualisation, c'est faire en sorte que demain les producteurs puissent vendre leurs produits et à leur coût de revient - voire plus bien évidemment - et le fait de pouvoir se regrouper...

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ça c'est une déclaration d'intention, mais concrètement quelles mesures pourront être prises pour s'assurer que le distributeur paye ce que vous appelez vous le juste prix au producteur ?

STEPHANE TRAVERT
Le juste prix c'est prendre la base... ce sont des indicateurs de prix qui seront fournis par l'Observatoire des prix et des marges, par FranceAgri-Mer, par les filières elles-mêmes qui détermineront le prix de revient en deçà duquel les producteurs ne pourront pas vendre...

JEAN-MICHEL APHATIE
Et il y aura des sanctions ?

STEPHANE TRAVERT
Et il y aura le contrat, une notion de contrat qui sera passée entre des producteurs qui se seront regroupés et ce que nous demandons c'est que les producteurs qui sont aujourd'hui tous seuls s puissent se regrouper afin d'être plus forts, de mieux peser contre la grande distribution et de faire en sorte...

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un voeu pieu ? C'est un voeu pieu ?

STEPHANE TRAVERT
Non ce n'est pas un voeu pieu, ce sera...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça fait longtemps que les distributeurs sont dominants dans la négociation.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, mais aujourd'hui nous avons 1.800.000 exploitations agricoles, 5 centrales d'achat, rendez-vous compte, il faut que demain les agriculteurs puissent peser beaucoup plus dans la négociation et donc nous leur demandons de se regrouper pour faire en sorte d'avoir des outils - et nous leur donnerons à travers la loi - pour pouvoir produire des contrats, des contrats types qui leur seront donnés et qui leur permettront sur la base de prix indicatifs de pouvoir vendre leurs prix je dirais au prix de revient, à leur coût de production et permettre en même temps de pouvoir gagner de l'argent, de pouvoir investir, pouvoir innover ; et en même temps nous ferons aussi cet effort supplémentaire et nécessaire d'accompagner les entreprises de l'agroalimentaire qui, elles aussi, sont pressurées depuis longtemps par la grande distribution et qui ont besoin aussi d'investir parce que ces entreprises de l'agroalimentaire à force d'être pressurées elles aussi elles ont fini par produire parfois une alimentation low-cost. Donc, nous devons retrouver...

JEAN-MICHEL APHATIE
Comment expliquer la colère de Michel-Edouard LECLERC ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, moi je ne cherche pas à l'expliquer. Il a été avec nous pour signer cette charte d'engagement, cette signature elle est importante, lorsque l'on signe un document qui engage politiquement et moralement avant la loi on respecte sa signature et moi j'espère que - puisque Michel-Edouard LECLERC veut faire preuve de la plus grande transparence - qu'il nous démontre aujourd'hui que dans les box de négociation, dans ses magasins, ces négociations se sont bien passées et qu'elles ont été positives pour les agriculteurs et qu'il n'y a pas eu de demande de prix en déflation dans les négociations qui se sont passées.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est les méchants les distributeurs ?

STEPHANE TRAVERT
Je ne dis pas que ce sont les méchants, aujourd'hui nous avons besoin de producteurs, de distributeurs et de transformateurs qui puissent gagner leur vie, mais on ne gagne pas sa vie sur le dos des autres.

BRUCE TOUSSAINT
Vous restez avec nous, il est 8 h 40, l'essentiel de l'info Edwige COUPEZ.

///

BRUCE TOUSSAINT
Le ministre de l'Agriculture, Stéphane TRAVERT, est l'invité de France Info. Jean-Michel APHATIE, on va peut-être revenir sur cette information que nous donnait à l'instant Hedwige, cette garde à vue de Nicolas SARKOZY dans le cadre du financement supposé libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Ça peut durer théoriquement 48 ans cette garde-à-vue et ça peut aussi déboucher sur une mise en examen. Quel est votre commentaire Stéphane TRAVERT ?

STEPHANE TRAVERT
Je n'ai pas de commentaire à faire sur ce dossier, qui dure déjà depuis un bon moment. La justice fait son travail et elle suit son cours.

JEAN-MICHEL APHATIE
« C'est de l'acharnement – a souvent dit Nicolas SARKOZY – il n'y a rien, moi je n'ai touché aucun argent de nulle part, la campagne de 2007 a été financée normalement ». Il a tout le temps dénoncé une campagne d'acharnement contre lui.

STEPHANE TRAVERT
Oui. Moi, vous savez, la justice est à son travail, la justice est libre dans ce pays et c'est heureux, moi je ne sais pas si on doit parler d'acharnement ou quoi que ce soit, je ne connais pas ce dossier, je ne fais pas partie des proches de Nicolas SARKOZY...

BRUCE TOUSSAINT
Vous le connaissez comme nous tous...

STEPHANE TRAVERT
Je le connais comme chacun, puisqu'il a été notre...

BRUCE TOUSSAINT
... puisque c'est une affaire qui a existe depuis...

STEPHANE TRAVERT
... président de la République, voilà, maintenant je n'ai pas d'autre commentaire à faire sur ce dossier, si ce n'est qu'il est utile que la justice puisse avancer et nous fasse la lumière.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et votre adversaire en 2007, vous souteniez Ségolène ROYAL j'imagine en 2007.

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous participiez à sa campagne, peut-être, je ne sais pas.

STEPHANE TRAVERT
Oui, j'avais participé à sa campagne, j'étais responsable départemental du Parti socialiste...

JEAN-MICHEL APHATIE
Et vous qui connaissez toutes ces affaires politiques, le mode de fonctionnement d'une campagne, vous vous êtes dit, quand les premières accusations ont été portées contre Nicolas SARKOZY, vous aviez noté des choses anormales dans la campagne de 2007, beaucoup d'argent, beaucoup de... Vous avez un souvenir particulier de cette période ?

STEPHANE TRAVERT
Non, pas souvenir, on était nous engagés dans la campagne de 2007 auprès de Ségolène ROYAL et la responsabilité qui était la mienne, ne me permettait pas de voir un certain nombre de choses, mais voilà. Nous avons fait campagne et la justice, aujourd'hui, a dû considérer qu'il était nécessaire d'entendre l'ancien chef de l'Etat donc...

BRUCE TOUSSAINT
C'est néanmoins un fait majeur...

STEPHANE TRAVERT
Mais c'est un fait important au regard de l'actualité.

JEAN-MICHEL APHATIE
...le placement en garde à vue d'un ancien président de la République.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est une information qui nous a saisis, quand on l'a vue il y a deux minutes, effectivement.

BRUCE TOUSSAINT
Absolument, ça se passe à la police judiciaire de Nanterre, donc, sur ces soupçons de financement illicite dans cette campagne, victorieuse, évidemment, de 2007, Nicolas SARKOZY placé en garde à vue depuis 08h00 ce matin, et je rappelle que ça peut durer 2 jours, dans cette procédure, on y revient évidemment tout au long de la matinée sur France Info.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et nous revenons sur les problèmes agricoles qui sont les vôtres, Stéphane TRAVERT. Vous projetez, je n'ai pas bien compris, une loi sur le bien-être animal ou de prendre des dispositions pour ce qu'on appelle le bien-être animal. Alors on a tous en tête les vidéos de l'association L214 qui montre que dans les abattoirs parfois les conditions dans lesquelles travaillent les gens sont dégradantes pour les animaux et insupportables quand on les voit et puis aussi des élevages où il y a des poussins, des poules, les vaches, des cochons, entassés. Tout ça évidemment nous choque parfois. Vous prendrez des mesures pour limiter tout cela ?

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr, parce que le bien-être animal c'est un élément clé de nos modèles agricoles. Vous savez, les éleveurs ils sont attachés au bien-être de leurs animaux, mais aujourd'hui il y a une demande sociétale, à ce que nous fassions plus et que nous fassions mieux, eh bien nous allons le faire, nous répondrons à cette demande sociétale et puis nous allons...

JEAN-MICHEL APHATIE
De quelle manière ?

STEPHANE TRAVERT
Nous allons mieux former, former les éleveurs aujourd'hui pour le travail avec les animaux, former mieux les transporteurs, celles et ceux qui transportent les animaux, quand il s'agit de les accompagner, soit dans les zones d'abattage, ou dans d'autres lieux de transport, accompagner celles et ceux qui travaillent dans les abattoirs aussi, et notamment celles et ceux qui met à mort les animaux, travailler...

JEAN-MICHEL APHATIE
Les accompagner, c'est-à-dire ?

STEPHANE TRAVERT
Eh bien les accompagner, c'est-à-dire les accompagner dans la formation aux gestes pour faire en sorte que l'animal souffre le moins possible lors de la mise à mort.

JEAN-MICHEL APHATIE
La formation actuelle n'est pas suffisante ?

STEPHANE TRAVERT
Mais la formation, il faut toujours faire de la formation, il faut toujours accompagner, et vous savez que...

JEAN-MICHEL APHATIE
On est d'accord, mails la formation actuelle ne les sensibilise pas à ça ?

STEPHANE TRAVERT
On a besoin aujourd'hui, la formation elle est faite autour de cela, mais on a besoin aussi de renouveler les générations, ce sont des métiers difficiles et aujourd'hui on peine à recruter dans les abattoirs, donc il faut former celles et ceux qui arrivent dans ces métiers, il faut former aussi les vétérinaires, nous allons créer une chair du bien-être animal avec les vétérinaires et donc il faut former, accompagner, accompagner celles et ceux qui travaillent dans les abattoirs, accompagner les vétérinaires qui surveillent, qui contrôlent et qui demain sanctionnent aussi que les gestes qui ne sont pas, je dirais qui ne répondent pas aux conditions du bien-être animal. Et donc il faut mieux contrôler.

BRUCE TOUSSAINT
C'est la journée internationale sans viande. Vous allez la respecter ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, je ne sais pas...

JEAN-MICHEL APHATIE
On vous l'apprend ? Vous le saviez ?

STEPHANE TRAVERT
... vous savez, ce n'est pas moi qui fais la cuisine, donc, au ministère, et donc je ne sais pas si elle va être respectée. En tous les cas, moi ce que je souhaite, c'est que je ne suis pas pour une société des interdits, je ne suis pas pour une société d'interdiction, dans une société...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah, il en faut des interdits.

STEPHANE TRAVERT
Je suis pour une société de liberté, où on a le choix, et mois je respecte parfaitement le choix de celles et ceux qui ne veulent pas consommer de viande.

BRUCE TOUSSAINT
Oui mais vous savez, ça rejoint exactement ce que vous étiez en train de dire avec Jean-Michel, c'est que de très nombreuses personnes ont choisi d'arrêter de manger de la viande, parce qu'elles ont été choquées par le traitement est infligé aux animaux. C'est souvent une des raisons principales.

STEPHANE TRAVERT
Mais bien sûr, c'est la liberté de chacun, mais cette liberté, elle ne doit pas entraver celle des autres non plus. Moi je fais partie de celles et ceux qui considèrent que, eh bien, nous avons des filières animales dans ce pays qui sont absolument remarquables, des filières d'excellence, des filières de qualité, que celles et ceux qui veulent continuer à manger de la viande puissent le faire dans de bonnes conditions, qu'ils puissent se fournir de la viande de bonne qualité, avec une bonne traçabilité, savoir d'où est l'origine de cette viande et si possible comment consommer de la viande Française et...

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça vous agace une journée internationale sans viande ?

STEPHANE TRAVERT
Non, ça ne m'agace pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais, vous le saviez ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, je vais vous faire un aveu : non. Je ne le savais pas.

BRUCE TOUSSAINT
Ça a été annoncé ce matin dans le journal de 08h00 de France Info et c'est effectivement...

STEPHANE TRAVERT
J'étais sur France info, mais je n'ai pas percuté sur cette information.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il faut dire qu'il y a tous les jours des journées nationales ou internationales de quelque chose.

BRUCE TOUSSAINT
Un dernier mot là-dessus, Hugo DESNOYER, qui est un boucher célèbre, a récemment publié il y a quelques jours une tribune dans Le Monde, dans laquelle il disait notamment recevoir des leçons des ayatollahs de la religion anti-viande, est insupportable, et il dit notamment que les bouchers de tradition française ne maltraitent pas les animaux, qu'ils ont été les premiers à avoir adopté une démarche écologiste. Vous le soutenez ?

STEPHANE TRAVERT
Mais bien sûr, mais regardez ce qui se passe dans les élevages aujourd'hui, regardez ce qui s'est passé au Salon de l'agriculture, où vous avez des gens qui aiment leurs animaux, qui font en sorte que ceux-ci de se portent bien, mais parce que c'est leur outil de travail, ce sont des animaux de rente, c'est ce qui leur permet de gagner leur vie, de tirer un revenu, et c'est ce qui fait aussi l'image de notre pays, et sur la viande bovine, nous avons une filière d'excellence qu'il nous faut défendre. Maintenant, moi je ne jette pas la pierre pour celles et ceux qui ne veulent plus désormais consommer de la viande, mais je crois qu'il y a un partage, je crois qu'il faut avoir une alimentation équilibrée et des pratiques alimentaires qui puissent permettre aux gens de se porter bien.

JEAN-MICHEL APHATIE
Voilà. Et il y a un débat, on le signale aussi depuis hier, il y a un débat les végans ont été attaqués hier dans le journal Libération, ils répondent aujourd'hui....

STEPHANE TRAVERT
Oui, j'ai vu ce débat, qui effectivement...

BRUCE TOUSSAINT
Vous dites « les végans », vous, Jean-Michel.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ben pourquoi ? On dit quoi ?

BRUCE TOUSSAINT
Les « véganes ».

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah, les « véganes », pardon.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vegan, c'est au Pays Basque qu'on dit comme ça.

BRUCE TOUSSAINT
Restez avec nous, Stéphane TRAVERT. 08h50, voici l'essentiel de l'info.

///

BRUCE TOUSSAINT
Le ministre de l'Agriculture Stéphane TRAVERT est l'invité de Franceinfo ce matin.

JEAN-MICHEL APHATIE
Grande journée de manifestation jeudi, la fonction publique, la SNCF, dans votre vie vous avez souvent défendu les fonctionnaires, la SNCF, là le hasard de l'histoire vous place là où vous êtes aujourd'hui mais vous auriez pu être dans la rue avec eux ?

STEPHANE TRAVERT
Mais moi je continue à défendre les fonctionnaires, la SNCF, moi je défends le service public parce que je suis attaché au service public - et un service public de qualité, un service public qui fonctionne - et aujourd'hui...

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais les fonctionnaires sont convaincus que le gouvernement aujourd'hui mène une politique qui n'est pas bonne pour le service public et dans beaucoup de fonctions publiques la colère est importante, on parle beaucoup ces temps-ci de l'hôpital - vous le voyez comme nous - les fonctionnaires sont malheureux semble-t-il ?

STEPHANE TRAVERT
Il faut entendre cette colère, mais il faut continuer à discuter, à dialoguer, à concerter pour que demain les Françaises et les Français d'abord soient fiers de leur service public et soient bien conscients que le meilleur service public leur est rendu, c'est ce que nous devons à nos compatriotes, leur rendre le meilleur service public est possible et, donc, le service public aujourd'hui il doit aussi se transformer, le service public il doit suivre l'évolution du numérique notamment, de l'évolution de la société, les évolutions pendulaires comme l'on dit sur la gestion du temps, etc., et je crois qu'il faut écouter cette... et demain il y aura des manifestations qui...

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y aura sans doute du monde, il y aura s ans doute beaucoup de monde.

STEPHANE TRAVERT
Nous verrons, nous verrons quelle sera la mobilisation.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui on verra, nous verrons.

STEPHANE TRAVERT
Mais il ne faut pas jeter cela d'un revers de main, il faut regarder cette mobilisation et l'écouter, en tenir compte, mais continuer à avancer, nous sommes ici pour réformer.

JEAN-MICHEL APHATIE
La SNCF sera réformée par ordonnances, le Premier ministre l'a décidé ainsi, et c'est curieux parce qu'avant d'être Premier ministre Edouard PHILIPPE n'aimait pas les ordonnances ?

EDOUARD PHILIPPE, EXTRAIT EN 2015 SUR RMC
Dans cette loi il y a la réorganisation complète des compétences de l'Inspection du travail par ordonnances, vous trouvez ça cool vous, vous trouvez ça bien ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Voilà ! C'était en 2015, il ne trouvait pas cool les ordonnances, comme quoi...

STEPHANE TRAVERT
C'est une autre vie.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est une autre vie, voilà.

STEPHANE TRAVERT
C'est une autre vie. Mais vous savez aujourd'hui...

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un problème ça, quand on est dans l'opposition on dit des choses qu'ensuite quand on est dans la majorité : « Ah ! Tiens, je n'aurais pas du dire le dire », du coup on se dit la sincérité ça fait défaut parfois?

STEPHANE TRAVERT
Je ne pense pas que ce soit une question de sincérité, là je crois qu'on est dans la question de l'efficacité, aujourd'hui nous avons besoin de travailler par ordonnances parce que c'est ce qui nous permet de continuer à discuter, c'est ce qui nous permet de continuer à concerter avec les représentants de la SNCF...

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, c'est cool les ordonnances ?

STEPHANE TRAVERT
Je n'ai pas dit que c'était cool, je crois que c'est une manière... moi je vais les utiliser dans la loi sur les EGA, c'est ce qui nous permet de continuer à discuter sereinement. Regardez dans la loi qui sera de construite pour la SNCF c'est à partir du moment où nous obtenons des avancées elles sont inscrites dans la loi, donc c'est ce qui me pousse à dire qu'il faut continuer à négocier, il faut continuer à être autour de la table pour faire en sorte que demain la SNCF rende le bon service.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous allez procéder par ordonnances pour votre loi ?

STEPHANE TRAVERT
Oui, pour les EGA il y aura des ordonnances concernant le seuil de revente à perte et l'encadrement des promotions et puis tout ce qui va concerner la coopération, le statut de la coopération, parce que nous avons besoin aussi de discuter avec la coopération et nous allons avancer ensemble.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça m'avait échappé les ordonnances pour vous, non ?

STEPHANE TRAVERT
Non, non, ça avait d'ailleurs été une demande des organisations syndicales parce qu'elles souhaitaient qu'on aille vite notamment sur la question du revenu des agriculteurs et nous les avons entendus.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah ! Bon, la troisième fois depuis...

STEPHANE TRAVERT
Comme quoi la concertation elle est importante.

JEAN-MICHEL APHATIE
La troisième fois depuis...

BRUCE TOUSSAINT
EGA c'est Etats Généraux de l'Alimentation.

JEAN-MICHEL APHATIE
Etats Généraux de l'Alimentation. Oui, je n'avais pas vu que... d'accord. Vous avez vu en revanche que le Parti socialiste a un nouveau patron, Olivier FAURE...

STEPHANE TRAVERT
Oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui a été votre président de groupe, enfin à la fin de la mandature précédente.

STEPHANE TRAVERT
Elle a été furtive.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, c'est ça, quelques mois.

STEPHANE TRAVERT
Quelques mois.

JEAN-MICHEL APHATIE
Quelques semaines même, oui d'accord, alors qu'est-ce que vous en pensez de ce Parti socialiste qui s'est donné un nouveau chef ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, c'est...

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est votre ancien parti.

STEPHANE TRAVERT
C'est le travail du Parti socialiste que de renouveler ses instances, il y a un congrès...

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais c'est votre ancien parti.

STEPHANE TRAVERT
Oui c'est mon ancien parti justement, c'est mon ancien...

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous en connaissez tous les dirigeants.

STEPHANE TRAVERT
C'est mon ancien parti et... Voilà ! J'ai tourné la page et j'ai choisi le mouvement quand d'autres sont restés dans le statu quo, moi je souhaite... je n'ai plus de mon mot à dire sur ce sujet...

BRUCE TOUSSAINT
C'est le statu quo Olivier FAURE ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, moi je le considère comme cela en tous les cas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez vu les élections législatives partielles, 70 % pour le candidat socialiste en Haute-Garonne au second tour face au candidat La République En Marche et toutes les élections partielles traduisent une baisse électorale assez significative pour La République En Marche, aucune élection partielle n'a été bonne, c'est inquiétant ?

STEPHANE TRAVERT
Les élections partielles ne sont toujours favorables au gouvernement qui est en place. Et puis là, nous avons gagné les élections en Guyane, nous sommes là…

JEAN-MICHEL APHATIE
Attendez, « vous avez gagné » : elles ne sont pas terminées. Le premier tour, c'est passé. Le deuxième, c'est dimanche.

STEPHANE TRAVERT
Le premier tour, pardon. Excusez-moi. Tout à fait, je corrige. Oui, oui, oui. Le deuxième tour dimanche en Guyane, pardonnez-moi. Concernant la Haute-Garonne…

BRUCE TOUSSAINT
Terre agricole.

STEPHANE TRAVERT
C'est une terre agricole, vous avez raison, mais c'est une terre socialiste depuis de nombreuses années, depuis toujours je dirais.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui. 70/30 le deuxième tour, ça a surpris quand même.

STEPHANE TRAVERT
Mais l'élection avait été perdue dans la vague qui avait suivi l'élection présidentielle au mois de juin. Nous sommes moins surpris effectivement du résultat final, ce qui nous pousse aussi à regarder les choses, continuer à aller expliquer ce que nous faisons, continuer à aller sur le terrain et puis continuer avec notre mouvement La République en marche de mailler le territoire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes toujours fâché avec Nicolas HULOT ?

STEPHANE TRAVERT
Non, bien sûr que non.

JEAN-MICHEL APHATIE
Visiblement, on ne vous voit pas souvent ensemble, il y a des rumeurs. Ça ne marche pas très fort, quoi.

STEPHANE TRAVERT
Il ne faut pas croire les rumeurs. Interrogez-le, interrogez-moi et vous verrez que les choses vont bien. Nous travaillons, nous avons beaucoup de sujets en commun.

BRUCE TOUSSAINT
Vous l'avez vu récemment ?

STEPHANE TRAVERT
Oui. Je le vois en conseil des ministres. Nous nous voyons dans d'autres réunions, nous nous sommes vus au séminaire la semaine dernière. Nous avons beaucoup de sujets en commun et les choses se passent bien. Aujourd'hui, nous avons un gouvernement qui est uni.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est la petite chronique mais, je ne sais pas, vous deviez déjeuner, dîner ensemble mais vous n'avez pas trouvé quand. Vous n'avez trouvé le temps de le faire encore.

STEPHANE TRAVERT
Vous savez, nous avons des agendas bien compliqués.

BRUCE TOUSSAINT
De ministres.

STEPHANE TRAVERT
Des agendas de ministres comme on dit. L'agriculture est un domaine où nous avons beaucoup de choses à faire mais je crois que ce qui porte et ce qui compte, c'est que ce gouvernement soit uni, ce gouvernement parle d'une seule voix et c'est le cas. Ce qui importe, c'est que nous soyons au rendez-vous que les Françaises et les Français nous ont demandé, c'est-à-dire d'être efficace, de réformer et d'avancer dans nos réformes et d'avancer vite.

BRUCE TOUSSAINT
Stéphane TRAVERT, ministre de l'Agriculture, était l'invité de Franceinfo Merci beaucoup, bonne journée.

STEPHANE TRAVERT
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 mars 2018

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