Déclaration de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sur les vœux du ministère aux parlementaires, Paris le 29 janvier 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sur les vœux du ministère aux parlementaires, Paris le 29 janvier 2018.

Personnalité, fonction : BUZYN Agnès.

FRANCE. Ministre des solidarités et de la santé

ti :

Je suis heureuse de pouvoir vous adresser mes voeux pour cette nouvelle année : j'espère qu'elle répondra à vos aspirations et qu'elle vous apportera de nombreuses satisfactions.

Ces voeux, je les forme pour vous-mêmes, pour vos familles et pour vos proches : chacun d'entre nous connait la valeur d'un entourage solide qui nous accompagne dans la vie politique que nous leur imposons.


1. Les voeux, bien souvent, s'accompagnent d'un regard sur l'année écoulée.

Aussi, 2017 restera une année marquante, et, osons le mot, historique, tout d'abord par le choix des Français.

1.1. En mai dernier, une large majorité s'est exprimée pour porter au pouvoir :

- un nouveau président de la République ;

- et une nouvelle majorité pour mener des transformations nécessaires à notre pays.

En faisant ce choix, les Français ont attribué au Président de la République leur confiance, et avec elle, leur exigence et leur impatience.

1.2. C'est pourquoi, je le crois fermement, la nouvelle majorité et l'opposition doivent travailler en bonne intelligence.

Afin que les espoirs et les attentes de nos concitoyens ne restent pas vains, il est plus que jamais essentiel que l'Assemblée nationale et le Sénat s'entendent.

Pour que la démocratie vive et se vive pleinement, j'aspire à voir un Parlement au sein duquel les débats sont nombreux, riches, pertinents, et apaisés.

1.3. C'est pourquoi je tiens à vous réaffirmer ma volonté de travailler avec vous, en confiance, quelle que soit votre sensibilité politique.

En six mois seulement de législature, vous avez, pardonnez-moi l'expression, abattu un travail remarquable, à un rythme soutenu.

Chacune, et chacun des Français, sait combien votre rôle est essentiel :

- dans la conduite de la procédure législative,

- dans l'évaluation des politiques publiques,

- et dans le contrôle du pouvoir exécutif.

Je pense, en particulier :

- à la qualité de vos missions parlementaires,

- à la pertinence de votre expérience de terrain, de vos visions que vous exposez durant les auditions.

- ainsi qu'à la diligence, et à l'intensité de votre travail en commission – je sais votre endurance, à débattre pendant des heures, comme votre investissement, votre présence indéfectible, parfois jusqu'au milieu de la nuit.

- Je veux, pour preuve de ces qualités reconnues, vos propositions de loi, tant en matière de santé que de solidarités.

Je regrette qu'elles ne soient pas toujours étudiées, faute de niche parlementaire :

- En tout état de cause, je souhaite faire aboutir des projets émanant des parlementaires, de vous tous ici présents, dès lors que nos visions peuvent converger.

A mes yeux, et aux yeux du gouvernement, la contradiction est vitale : elle est le moteur de la pensée, sa dialectique.

C'est pourquoi ma disponibilité, comme celle de mon cabinet, seront toujours là pour travailler avec vous, auprès de vous, sur des propositions de loi, ainsi que sur des amendements.


2. Aussi, je compte sur l'expertise de tous pour porter les sujets prioritaires du ministère des solidarités et de la santé.

Pour ce dernier, en effet, ce début de mandature est déjà riche en mesures, même si toutes ne relèvent pas du niveau législatif.

D'une façon générale, la lutte contre les inégalités, de toutes sortes, est au centre de notre action.

(i) Le plan d'égal accès territorial aux soins propose de penser autrement nos territoires, en mettant en oeuvre des politiques pragmatiques et adaptées aux particularités locales.

Ce plan d'accès, j'ai voulu qu'il soit un parfait exemple de démocratie sanitaire : il doit mobiliser, en effet les élus, les professionnels de santé, et, naturellement, les patients, dans toute leur diversité.

Enfin, j'ai voulu ce plan transparent, avec des indicateurs et des objectifs, 3 délégués, ainsi qu'un comité ministériel. Je souhaite que nous soyons en mesure de rendre des comptes sur sa mise en oeuvre et ses résultats.

(ii) Il y a eu aussi, bien sûr, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS), votée à une large majorité.

Elle amorce le retour à l'équilibre d'ici 2020, et fournit de vrais efforts envers les plus fragiles – je pense en particulier aux familles monoparentales et aux retraités les plus pauvres.

(iii) En matière de prévention : la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) traduit quelques mesures emblématiques.

- la protection accrue de nos enfants, avec l'extension de l'obligation à 11 vaccins, d'une part,

- et d'autre part, l'augmentation du prix du paquet de cigarettes, progressivement amené à 10€, qui s'accompagne d'une lutte accrue contre la contrebande et la traçabilité.

Nos politiques nationales de prévention, pour autant, ne se bornent pas à l'action du ministère des solidarités et de la santé.

- bien au contraire, la prévention a une exigence interministérielle, et doit irriguer l'action gouvernementale pour une population en meilleure santé, que ce soit en matière :

* d'éducation,
* de travail,
* d'alimentation,
* et d'environnement.

C'est pourquoi 2018 sera l'année d'un grand plan de santé publique, pour :

- coordonner la cinquantaine de plans déjà existants ;
- et montrer de vrais changements en matière de préventions à tous les âges et dans tous les milieux.

(iv) Surtout, le dernier semestre aura été marqué par une volonté de transformation profonde de notre système de santé.

La stratégie nationale de santé (SNS) 2019-2022 articule 4 priorités que j'avais fixées en septembre, à l'aune des contributions des différents acteurs de notre système de santé.

Il revient maintenant aux régions de décliner la stratégie par leurs projets régionaux de santé (PRS) et de donner davantage de lisibilité à un meilleur pilotage nos plans de santé publique au niveau national.

(v) 2017 aura aussi vu la mise en oeuvre d'une large concertation, pour élaborer la stratégie de lutte contre la pauvreté des jeunes et des enfants.

Pour que les enfants pauvres d'aujourd'hui ne soient pas les pauvres de demain.

Cette concertation devra aboutir à une stratégie finalisée, qui sera présentée au 2ème trimestre 2018 et qui mobilisera bien au-delà de ce ministère.

(vi) La liste des réformes déjà réalisées est encore longue, qu'il s'agisse :

- du tiers payant généralisable ; qu'il faudra rendre effectif dès que cela sera techniquement possible, pour que personne ne renonce aux soins ;

- ou encore du décret mettant fin aux discriminations que connaissaient les séropositifs, en matière de thanatopraxie,

* ainsi que des mesures encourageant et renforçant le dépistage du sida.
- ou, enfin, à propos de l'hôpital, avec le récent décret limitant le recours aux médecins intérimaires, afin de mettre fin aux inégalités salariales que connaissent les titulaires.

Ces réformes étaient nécessaires ; elles touchent directement à la vie des gens.


3. Cette nouvelle année, quant à elle, s'ouvre sur de nombreux défis.

Je compte sur vous pour rendre la France plus forte, plus juste, plus solidaire.

Plus que jamais, nous avons besoin de repenser et de préparer un grand projet social pour notre pays. Ce projet, nous le déploierons durant l'année qui s'annonce, avec :

- la réforme des retraites qui se prépare grâce au travail du Haut-Commissaire et de son équipe ; pour un système de retraite plus juste, plus lisible et qui redonne confiance aux plus jeunes.

- La réforme de l'hôpital et des modes de tarification au sens large va s'engager afin de redonner de l'espoir et du sens à nos équipes soignantes.

- La révision des lois de bioéthique, quant à elle, va accompagner les progrès médicaux ;

- sans oublier la transformation ambitieuse de notre ministère, et plus largement de l'Etat, portée par la dynamique d' « action publique 2022 ».


Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs,

A l'aube de cette nouvelle année, permettez-moi une fois encore d'adresser, à chacune et à chacun d'entre vous, mes meilleurs voeux de santé, de sérénité et de satisfaction.
Le dialogue républicain est nécessaire pour répondre aux défis qui nous attendent.

- Ayons à l'esprit ces mots du député Victor Hugo : « Le droit et la loi contestent sans cesse ; et de leur débat, fréquemment orageux, sortent, tantôt les ténèbres, tantôt la lumière ».

Il ne tient qu'à nous de faire sortir la lumière de nos débats.


Je vous remercie.


Source http://solidarites-sante.gouv.fr, le 26 mars 2018

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