Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la situation en Syrie et l'intervention militaire de la Turquie, à l'Assemblée nationale le 21 mars 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la situation en Syrie et l'intervention militaire de la Turquie, à l'Assemblée nationale le 21 mars 2018.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 21 mars 2018

ti :
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Député,


La chute d'Afrin, après deux mois d'offensives turques marque une nouvelle étape dans l'escalade dramatique en Syrie. C'est un nouveau coup porté à la situation humanitaire déjà catastrophique dans ce pays. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées, et ceux qui restent se trouvent dans des situations critiques, privés d'eau, d'électricité et de secours.

C'est aussi, et on ne le dit pas assez, un nouveau coup porté à la campagne contre Daech, à laquelle les forces démocratiques syriennes ont apporté une contribution décisive et dont la France est reconnaissante. Je pense à Kobané et à Raqqa. Leurs capacités doivent être préservées, Daech, je le rappelle, n'est pas vaincue en Syrie.

Enfin, Monsieur le Député, c'est un nouveau coup porté à la trêve humanitaire décidée par le Conseil de sécurité. La trêve humanitaire, cela veut dire, quand c'est adopté par le Conseil de sécurité, que c'est la loi internationale. Elle s'applique à tous, elle s'applique aussi à la Turquie et elle s'applique aussi à Bachar al-Assad. Elle s'applique à tous et il importe de la faire respecter par tous les moyens à notre disposition. La position de la France n'a pas varié, les préoccupations de frontières de la Turquie ne doivent pas conduire à cette implantation militaire que nous constatons, ce serait et c'est ajouter de la guerre à la guerre. Mais sur le fond, Monsieur le Député, je suis convaincu qu'il n'y aura pas de solution militaire durable en Syrie, et qu'il faudra bien aboutir à une solution politique. Il faudra bien recommencer le processus de Genève et dans ce cadre-là, il faudra aussi faire en sorte que la solution politique soit inclusive et que les Kurdes y trouvent leur place.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 mars 2018

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