Déclaration de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, en réponse à une question sur l'intervention militaire turque en Syrie, au Sénat le 27 mars 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, en réponse à une question sur l'intervention militaire turque en Syrie, au Sénat le 27 mars 2018.

Personnalité, fonction : LOISEAU Nathalie.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

Circonstances : Question d'actualité au gouvernement au Sénat, le 27 mars 2018

ti :

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Sénateur,


L'escalade se poursuit en Syrie, les troupes turques ont pris Afrin le 18 mars, le président Erdogan a laissé craindre depuis, la poursuite de l'intervention turque, notamment dans le secteur de Tall Rifaat, où 75.000 personnes auraient trouvé refuge. Nous avons fait part publiquement et dans nos contacts avec les autorités turques de notre très vive préoccupation.

La position de la France est très claire, si le souci de la Turquie de s'assurer de la sécurité de sa frontière est compréhensible, rien ne peut justifier son maintien en profondeur et dans la durée sur le territoire syrien.

Il y a nos préoccupations humanitaires bien entendu, puisque 100.000 personnes ont fui Afrin. Elles sont juridiques puisque la résolution 2401 du Conseil de sécurité des Nations unies a imposé une cessation des hostilités sur l'ensemble du territoire syrien, et que cette résolution est violée jour après jour. Elles sont aussi opérationnelles et de sécurité. Comme vous l'avez souligné, la France a pleinement conscience que les forces kurdes apportent un appui décisif à la lutte contre Daech. La priorité absolue de la communauté internationale doit être de poursuivre ce combat. L'attentat de Carcassonne et de Trèbes nous l'a douloureusement rappelé.

Le président de la République s'est entretenu une fois encore avec le président Erdogan le 24 mars pour rappeler la nécessité que la Turquie permette le plein accès de l'aide humanitaire, et pour redire la priorité absolue de la lutte contre Daech. Cette priorité, il l'a également rappelée au président Trump avec qui il vient de s'entretenir par téléphone.

Nous avons besoin des Kurdes pour lutter contre Daech, et à terme, seule une solution politique qui inclut notamment les Kurdes est à même d'assurer la stabilité de la Syrie et la sécurité de ses voisins ainsi que la nôtre.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 mars 2018

Rechercher