Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à France Inter le 27 mars 2018, sur le meurtre de Mireille Knoll et les relations avec la Russie après l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à France Inter le 27 mars 2018, sur le meurtre de Mireille Knoll et les relations avec la Russie après l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, DEMORAND Nicolas.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement;

ti : NICOLAS DEMORAND
Invité du Grand entretien de France inter jusqu'à 8 h 40 le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, délégué général – ça veut dire patron – de La République En Marche, Léa SALAME dans 10 minutes, vos questions amis auditeurs au 01.45.24.7000, sur les réseaux sociaux et l'application France inter. Bonjour Christophe CASTANER.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
Madame KNOLL, 85 ans, juive ayant échappé à la rafle du Vel d'Hiv, a été assassinée dans des circonstances abominables à Paris – 11 coups de couteau, puis encore brûlée – le Parquet retient le caractère antisémite de cet assassinat. Les juifs ne sont plus en sécurité en France, comme le disait à l'instant Malek BOUTHI ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il y a de longues années effectivement où l'antisémitisme est banalisé, banalisé dans le comportement, dans les paroles, dans les actes et ce qui s'est passé montre effectivement que ce combat est encore à mener sur ce sujet. Je suis délégué général de La République En Marche, j'appelle les adhérents de La République En Marche à se rassembler mercredi soir à la manifestation de...

NICOLAS DEMORAND
A la marche blanche du CRIF.

CHRISTOPHE CASTANER
La marche blanche du CRIF, je pense que c'est aussi notre place, parce que jamais aucun geste antisémite ne peut être accepté et celui qui conduit à assassiner une dame âgée sans autre raison que sa culture juive est totalement inacceptable.

NICOLAS DEMORAND
Mais les juifs donc ne sont plus en sécurité en France en 2018, il faut se cacher disait Malek BOUTIH tout à l'heure contre les juifs, ne pas mettre de kipa, ne pas mettre une mézouzah éviter justement d'être repéré ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez depuis hélas de longue année nos forces de sécurité sont mobilisées pour garder, sécuriser les lieux de culte, les lieux de rassemblement de la communauté et donc c'est bien la preuve que la sécurité n'est pas garantie ; et puis il y a le quotidien, il y a dans certains quartiers le fait qu'effectivement assumer sa religion quand elle est celle d'être juif ou autre est un objet qui peut vous conduire à prendre un risque, ce n'est pas acceptable, la laïcité, la force de la laïcité c'est certes le droit de ne pas croire mais c'est aussi de garantir le droit de croire et quel que soit le choix religieux.

NICOLAS DEMORAND
C'est un antisémitisme d'une nouvelle forme, d'après vous ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, parce qu'il est un peu banalisé, parce qu'il est quotidien, parce qu'il n'est pas fondé sur ses mythes que nous connaissions - ce mythe du riche, tous ces mythes de la propagande qu'on a connus pendant de longue année – il est tout simplement aujourd'hui organisé autour du refus de la différence, il y aurait quelque part une religion dans certains quartiers qui devrait s'imposer à tous et à toutes et donc contraindre les femmes à avoir des comportements qui l'empêchent d'avoir leur vraie liberté et puis ils devraient au fond être standardisés et refuser cette diversité qui est l'option, le choix religieux que chacun doit pouvoir avoir dans un pays qui est un pays de la République et je rappelle que nos valeurs c'est la liberté, l'égalité et la fraternité, mais aussi la laïcité qui donne cette garantie de croire ou de ne pas croire.

NICOLAS DEMORAND
Venons-en Christophe CASTANER aux débats, et ils sont importants, et on va en parler sans esprit de polémique, ces débats qui suivent l'attentat de vendredi dernier : aveuglement, irresponsabilité politique, coupable naïveté, beaux discours, gestes symboliques, demi-mesures, voilà quelques-uns des mots employés hier par Laurent WAUQUIEZ pour caractériser la politique antiterroriste d'Emmanuel MACRON, comment avez –vous reçu ce procès en candeur ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez coupable naïveté ça me fait penser à la coupable bêtise, mais la bêtise on ne peut pas la reprocher, elle n'est pas coupable, elle est sûrement involontaire. Je crois que chez Laurent WAUQUIEZ ce n'est pas le cas, je pense qu'effectivement on l'a bien vu même dans la matinée une course à l'échalote entre Marine LE PEN et lui parce qu'elle avait parlé avant lui et il nous ressort toute une gamme de propositions dont on sait tous qu'elles sont inefficaces et qu'elles sont même dangereuses pour nos valeurs, celles de l'état de droit. Mais vous savez je crois que...

NICOLAS DEMORAND
... à vous entendre ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr qu'elles sont bêtes, tout simplement parce que les professionnels de la sécurité ne les demandent pas, je sais qu'il y a des professionnels de la politique qui ont un avis sur tout - et souvent sur des erreurs - mais écoutons ceux qui sont en charge de la sécurité et qui sont venus à la politique, je pense à PECHMAR (phon), je pense à ce patron du RAID qui est aujourd'hui député de La République En Marche, autant FAUVERGUE, autant d'hommes d'expérience, mais écoutez même les policiers, personne ne demande dans la police en charge de la sécurité intérieure de mettre en prison les fichiers S, tout le monde sait que c'est à la fois irréaliste, inefficace et même dangereux parce que ça tuerait même l'efficacité de cet outil qu'est le fichier des fichiers S et donc chacun le sait et, pourtant, les politiques ont besoin d'en sur-rajouter à chaque fois ne se préoccupant pas de l'efficacité de la mesure mais seulement du buzz politique.

NICOLAS DEMORAND
Donc à vous entendrez et à vous comprendre, Christophe CASTANER, il n'y aura pas une nouvelle loi antiterroriste en France ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez je crois qu'il y en a eu une quinzaine ces dernières années de loi sur les sujets de sécurité et à chaque fois on a su en tirer la bonne partie - et que ce soit sous l'autorité de Nicolas SARKOZY, de François HOLLANDE, ou plus récemment avec la loi SILT qui rentre en vigueur - je crois qu'il faut pas penser qu'à chaque événement il faut faire une loi, les lois émotionnelles ne sont jamais la bonne façon de travailler. Faisons le bilan de notre système législatif, améliorons-le chaque fois que c'est nécessaire, c'est ce que nous avons fait en sortant de l'état d'urgence, mais aujourd'hui le débat n'est pas sur la question de l'état d'urgence parce que nous savons tous que l'état d'urgence n'aurait pas empêché l'horrible attentat et les horribles assassinats qu'on a connus vendredi.

NICOLAS DEMORAND
Lorsqu'il était ministre de l'Economie, Emmanuel MACRON avait estimé après l'attentat du Bataclan - c'était en 2015 - que la France avait une part de responsabilité dans le terreau du djihadisme en raison des fermetures de notre économie, dans notre économie, qui crée de la défiance, cette ligne est-elle encore celle du chef de l'Etat ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais il y a deux sujets, la façon dont on traque, dont on traite, dont on sanctionne le risque terroriste évidemment c'est un sujet mais il y aussi le sujet social, il ne faut pas le négliger, la désespérance dans certains quartiers, dans les banlieues, les quartiers où vous avez 70 % des jeunes qui n'ont aucune espérance professionnelle et d'avenir personnel, d'avoir un logement, d'avoir une vie de couple, évidemment c'est un terreau qui quelque part peut amener à d'autres choix - et notamment le choix du radicalisme religieux - et je suis convaincu qu'il faut mener les deux batailles de front. Quand nous allons cette année développer...

NICOLAS DEMORAND
Donc, ça c'est encore une conviction pour le chef de l'Etat et pour l'Exécutif ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais c'est pour moi une conviction et c'est une évidence, nous devons agir sur tous les fronts, le front de la sécurité mais aussi la dimension sociale, chaque fois que vous laissez se créer de la désespérance vous créez du risque c'est évident, le vivre ensemble implique – et c'était la première question que nous avions dans les quartiers sur l'antisémitisme - le vivre ensemble implique effectivement que les gens puissent être heureux et pouvoir se loger par exemple aujourd'hui, ce qui est interdit à un jeune homme de 20 ans qui est amoureux, qui veut vivre avec sa compagne, dans certains quartiers c'est interdit parce que dans les faits il n'a pas les moyens de le faire, il n'a pas les moyens de louer, il n'a pas les moyens d'avoir une vie privée, une vie sexuelle, tout ça ce sont des terreaux qui effectivement créent des tensions, des tensions sociales qui peuvent exploser. Regardons ce qui s'est passé vendredi, on n'est pas sûr quelqu'un qui est rentré dans la radicalité religieuse, on est sur une petite frappe qui à un moment donné reçoit une convocation judiciaire et pète un câble, c'est comme ça qu'on peut dire aussi la réalité, seulement il pète un câble et il pense que la solution, la rédemption, il va l'avoir par le terrorisme et par le radicalisme islamiste.

NICOLAS DEMORAND
Mais, comme le dit Manuel VALLS, on ne combat pas - je le cite - le terrorisme islamiste grâce à l'économie et à la baisse du chômage. Je vous retourne ce constat Christophe CASTANER pour que notre entretien soit plus complexe, quel rapport entre le passage à l'acte terroriste, islamiste et la baisse du chômage ? Expliquez- moi, je ne vois pas.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais parce que il y a cette question du vivre ensemble et j'ai le souvenir d'une invitation ici même et vous m'interrogiez sur cet enjeu du vivre ensemble, nous savons qu'il est essentiel, mais j'ai bien dit qu'il avait deux champs sur lesquels nous devions intervenir – je pourrais même en rajouter un troisième, combattre le terrorisme islamiste c'est frapper à l'international, c'est ce que nous faisons aussi au Sahel, au Levant - mais c'est aussi frapper en matière de sécurité intérieure et on a lancé le recrutement de 1.900 spécialistes des questions de sécurité pour le renseignement parce que c'est comme ça qu'on a pu ces 15 derniers mois déjouer 15 attentats qui menaçaient... 22 attentats qui menaçaient de frapper en France ; mais c'est aussi un cadre social dans lequel nous sommes qui contribue effectivement à montrer un chemin qui n'est pas celui du radicalisme à quelques jeunes qui ,perdus, peuvent trouver que c'est une solution, ça n'est jamais une solution.

NICOLAS DEMORAND
Ça, ce n'est pas de la candeur de le dire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je ne crois pas, je crois que c'est une ambition politique que de vouloir faire en sorte qu'on sorte de l'enfermement, parce que l'enfermement religieux c'est un enfermement.

NICOLAS DEMORAND
Sans esprit polémique là encore - et je tiens vraiment à le redire - ne peut-on pas reconnaître qu'il y a eu une défaillance dans l'évaluation et le suivi de ce terroriste fiché S, je dirais même de ce couple de fichés, Christophe CASTANER ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez au moment où on va rendre hommage à ce lieutenant-colonel, qui a montré ce qui était de magnifique dans l'engagement de nos forces de sécurité, il faut aussi se dire que derrière tout examen d'un dossier, de ces 10.800 fichiers S aujourd'hui identifiés, il y a des femmes et des hommes qui avec tous les éléments qu'ils ont soient amenés à faire des choix, je crois qu'il faut accepter cette fragilité-là. Alors certains vont se complaire en m'expliquant que c'est évidemment la faute du ministre de l'Intérieur et demander sa démission, moi je vous le dis la réalité c'est que vous avez des femmes, des hommes qui essayent de faire leur métier le mieux possible, qu'il faut renforcer...

NICOLAS DEMORAND
Il a été suivi jusqu'en mars 2018, nous sommes en mars 2018.

CHRISTOPHE CASTANER
Oui.

NICOLAS DEMORAND
C'est pour ça que je vous pose la question de la défaillance, de toute façon dès lors qu'il y a un attentat c'est qu'il y a eu à un moment défaillance, vous disiez que de nombreux attentats avaient été évités...

CHRISTOPHE CASTANER
Grâce à ces femmes et à ces hommes qui à un moment donné peuvent...

NICOLAS DEMORAND
Dans le cadre de ce que les militaires appellent le retour d'expérience ne faut-il pas admettre un dysfonctionnement pour pouvoir le corriger ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais je ne dis pas qu'il n'a pas de dysfonctionnement ni qu'il n'y a pas eu de responsabilité, la responsabilité c'est la mienne, moi qui aujourd'hui suis ministre d'un gouvernement j'assume ma part de responsabilité, mais je ne veux pas tomber dans la chasse à l'homme ; mais ensuite il faut effectivement de veiller à ce que tous les indicateurs qui permettent à nos services de renseignement de bien travailler soit renforcés, renforcés par les moyens, c'est la création de la coordination nationale du renseignement, renforcée par des recrutements, mais aussi par une pression - le président de la République a demandé que tous les préfets rassemblent cette semaine l'ensemble des acteurs de ces forces de sécurité dans chaque département pour leur rappeler cette exigence de vigilance - parce que le moindre incident peut être dramatique, on l'a connu à plusieurs reprises et donc évidemment il faut faire cela, mais derrière ce sont des femmes et des hommes et donc il y a une force -la nôtre - mais aussi une fragilité, celle de ne pas avoir tous les éléments, celle de ne pas anticiper que dans le cas de l'assassin qui vient de commettre les actes terroristes une convocation judiciaire est un facteur déclenchant qu'on connaît en matière de psychiatrie qui l'amène à se prendre pour quelqu'un d'autre et à tuer.

NICOLAS DEMORAND
Christophe CASTANER, invité du Grand entretien de France Inter, 8h32. Léa SALAME !

LEA SALAME
Christophe CASTANER, la France dans une initiative commune avec les Etats-Unis et d'autres pays européens a expulsé hier quatre diplomates russes de haut rang, une décision en solidarité avec la Grande-Bretagne après l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï SKRIPAL, est-ce à dire que vous jugez l'implication du Kremlin comme certaine dans cet empoisonnement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ecoutez, les chefs de gouvernement, les chefs d'Etat qui sont rassemblés au niveau européen ont considéré qu'effectivement nous avions suffisamment de preuves pour établir la responsabilité russe et c'est pour ça qu'il a une décision coordonnée, coordonnée au sein de l'Europe - c'est une première et c'est plutôt bien coordonnée avec les Etats-Unis - et avec une sanction qui est une sanction lourde, c'est la plus grande que nous connaissons depuis la fin de la Guerre froide, pour condamner un certain nombre de violations : d'abord l'intervention sur un territoire étranger, le Royaume-Uni ; la violation du traité sur les armes chimiques, autant de raisons qui ont justifié que les chefs d'Etat aient décidé cette sanction.

LEA SALAME
L'Islande va plus loin, annonce un boycott diplomatique de la Coupe du monde en Russie à l'été prochain, est-ce qu'on pourrait aller jusque-là ?

CHRISTOPHE CASTANER
La question ne se pose pas à l'heure qu'il est, nous verrons aussi comment réagissent les autorités russes, je pense que le déni ne sera jamais la bonne réponse.

LEA SALAME
Le numéro 2 de l'ambassade russe a confirmé ce matin qu'il y aura des représailles, est-ce que vous vous attendez à ce que les diplomates français soient expulsés de Russie dans les prochaines heures ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi je ne m'attends à rien, je ne vais pas anticiper des décisions prises par les autorités russes.

LEA SALAME
Christophe CASTANER, retour en France, est-ce que vous confirmez que vous aurez à nouveau recours aux ordonnances pour la future loi Pacte - la loi sur la croissance dans les entreprises - qui réforme notamment l'épargne salariale et qui sera présentée le mois prochain ?

CHRISTOPHE CASTANER
Aucune décision n'est prise sur ce sujet, mais ne négligez pas le fait que les ordonnances c'est une façon de travailler à l'Assemblée qui est très courante, quasiment toutes les semaines le Parlement se prononce sur des ordonnances, c'est un mode de fonctionnement qui aujourd'hui est un peu stigmatisé, un peu fantasmé, mais qui est nécessaire pour aller vite sur certains sujets, mais qui ne doit pas être la règle et, sur la loi Pacte, rien n'est prévu en ce sens à l'heure qu'il est.

LE SALAME
Rien n'est prévu, rien n'est tranché.

CHRISTOPHE CASTANER
Non.

LEA SALAME
Donc, Le Parisien se trompe quand il affirme qu'il y aura recours aux ordonnances ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il y a des discussions, vous savez le moment même de l'examen parlementaire n'est pas fixé à l'heure qu'il est, donc le support, le véhicule comme on dit...

LEA SALAME
Sauf qu'en l'occurrence...

CHRISTOPHE CASTANER
N'est pas arrêté.

LEA SALAME
En l'occurrence ça devait être une loi 100 % participative cette fois là, une loi qui reflète la fameuse start-up nation voulue par Emmanuel MACRON, une loi horizontale, alors pourquoi envisager de passer par les ordonnances sur cette question-là ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais parce que les ordonnances sont un outil technique qui peut permettre sur certains sujets d'avoir une semaine de débat à l'Assemblée et de donner au gouvernement la responsabilité, on l'autorise et on lui demande de rendre des comptes sur des aménagements techniques, il ne faut pas avoir peur des ordonnances qui sont dans la Constitution et je vous le dis qu'ils sont...

LEA SALAME
Eric COQUEREL par exemple, de La France insoumise, il n'a pas peur des ordonnances mais il vous reproche votre précipitation et votre brutalité : « tant que vous y êtes supprimé carrément le Parlement » vous dit-il ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je vais vous faire une confidence, je pense qu'Eric COQUEREL avec ou sans les ordonnances de toute façon votera contre ce texte alors qu'il ne l'a pas encore vu.

LEA SALAME
Anne HIDALGO est-elle une mauvaise maire de Paris ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ca, il ne m'appartient pas de me prononcer sur ce sujet, ce que j'ai pu voir c'est les sondages de ce week-end qui montrent ce besoin d'alternance, mais l'alternance ce n'est pas une question de personne c'est une question de politique, de rapport à la ville, Anne HIDALGO peut aussi décider de s'engager elle-même sur cette transformation en profondeur et peut aussi avoir demain une position claire vis-à-vis du président de la République.

LEA SALAME
Elle l‘appelle à une candidature de coalition, elle vous fait des appels de pied, vous ne répondez pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ah ! Je ne sais pas si la coalition est avec nous, ce que je sais c'est qu'en attendant je la vois plutôt dans une opposition systématique à la politique gouvernementale et au président de la République, même si j'ai vu par exemple sur la loi dite Macron où on prévoyait l'ouverture dominicale des magasins que – alors quelle y était opposée – dès qu'elle en a eu l'opportunité elle a utilisé ce dispositif pour le mettre en oeuvre à Paris, elle l'a renouvelé d'ailleurs après un incident, un accident judiciaire, donc moi ce que je sens c'est ce besoin d'alternance à Paris. Mais l'alterne, je vous dis...

LEA SALAME
L'alternance, c'est-à-dire de se...

CHRISTOPHE CASTANER
N'est pas une question de personne.

LEA SALAME
Eh bien oui !

CHRISTOPHE CASTANER
Non, pas seulement...

LEA SALAME
Un peu.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est une question de politique, c'est une question de projet, c'est cela qui est essentiel.

LEA SALAME
C'est-à-dire si ce n'est pas une question de...

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez changer les personnes pour refaire les mêmes politiques ça n'a strictement aucun intérêt.

LEA SALAME
C'est-à-dire sortir de la gauche à Paris par exemple ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais sortir par exemple effectivement d'une ligne politique très partisane qui conduit à s'opposer, j'ai encore en tête le discours d'Anne HIDALGO où le président de la République a pris ses fonctions comme président de la République – qui était quand même un discours extrêmement militant – moi je l'invite à nous rejoindre et à ce moment-là nous pourrons discuter de la façon de travailler pour l'intérêt des Parisiens ensemble.

LEA SALAME
Donc, soit elle se soumet, soit elle part ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ah ! Mais, attendez, on ne peut pas faire le choix d'être dans notre opposition – ce qui a priori semble être le cas – et en même temps dire : « venez me soutenir », la cohérence elle s'applique autant à un ministre qu'à un maire.

LEA SALAME
Benjamin GRIVEAUX serait-il un bon candidat ?

CHRISTOPHE CASTANER
Benjamin est un candidat possible, nous n'en sommes pas là aujourd'hui, je vous parle de projet, je ne vous parle pas ni de femme, ni d'homme.

NICOLAS DEMORAND
Intervenez, amis auditeurs


source : Service d'information du Gouvernement, le 29 mars 2018

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