Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à Radio Classique le 28 mars 2018, sur l'hommage national à la mémoire du gendarme Arnaud Beltrame. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat, porte-parole du Gouvernement, à Radio Classique le 28 mars 2018, sur l'hommage national à la mémoire du gendarme Arnaud Beltrame.

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, DURAND Guillaume.

FRANCE. Porte-parole du Gouvernement;

ti : GUILLAUME DURAND
Benjamin GRIVEAUX est porte-parole du gouvernement, il est en direct sur l'antenne de Radio classique et de Paris première. Est-ce que vous avez remarqué aussi que cette approbation donc - bonjour, bienvenue...

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour.

GUILLAUME DURAND
Apportée à Jean-Luc MELENCHON était tout à fait inhabituelle dans le climat politique qu'on connaît depuis le début de l'arrivée d'Emmanuel MACRON au pouvoir ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y avait hier beaucoup de dignité, beaucoup de solennité à l'Assemblée nationale et au Sénat – puisque nous avons eu deux séances de Questions au gouvernement – et dans les deux chambres je crois qu'il y avait de la gravité, il y avait de la responsabilité de la part des présidents de groupe qui se sont exprimés, il y avait beaucoup d'émotion et il est vrai qu'il y avait une forme d'oecuménisme, en tout cas d'union nationale à lutter évidemment contre le terrorisme et à rendre hommage à la mémoire des quatre victimes qui sont tombées sous les coups du terrorisme vendredi dernier, de la personne qui est en train de se battre contre la mort puisqu'il y a encore une personne très grièvement blessée et puis évidemment a été souligné le courage d'Arnaud BELTRAME à qui ce matin la Nation rendra hommage.

GUILLAUME DURAND
Voilà ! Cercueil donc qui va partir du Panthéon et qui va aller aux Invalides, je suppose que tous les présidents de la République ou anciens présidents de la République sont présents ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je l'imagine.

GUILLAUME DURAND
La grande question politique qui est posée ce matin dans les journaux qui sont ici par-delà l'hommage c'est la question de l'efficacité et notamment par exemple Laurent WAUQUIEZ souligne que vous êtes une joyeuse bande de naïfs – à la fois le gouvernement, La République En Marche et le président de la République – car au fond après l'attentat de Marseille, car il y en a déjà eu un à Marseille, on a poussé un préfet dehors et, là, il ne se passe rien ou en tout cas rien n'est prévu, pas la moindre solution, pas la moindre aggravation, qu'est-ce que vous pourriez répondre ce matin à Laurent WAUQUIEZ, aggravation des peines, aggravation des procédures ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A Laurent WAUQUIEZ et à Marine LE PEN, puisqu'ils sont en gros sur la même ligne si on les écoute attentivement depuis lundi, puisqu'ils ont à peine attendu 48 heures : 1) leur dire aux deux qu'on ne réagit jamais à chaud ; que les solutions qu'ils proposent l'ancien directeur de la Police nationale monsieur PECHENARD, membre du parti Les Républicains - dont Laurent WAUQUIEZ est le président - et dont on ne peut pas soupçonner qu'il est la moindre faiblesse ou naïveté, ou que sais-je à l'égard du terrorisme puisqu'il l'a combattu, il a occupé les plus hautes fonctions de la Police nationale, considère qu'à la fois l'internement des fichiers S évidemment est problématique à l'égard de l'état de droit mais surtout que les fichiers S sont un outil indispensable pour nos services de renseignement, pour nos services de police et que donc...

GUILLAUME DURAND
Ça veut dire que le président actuellement ne réfléchit pas à une manière d'en expulser, à une manière légale d'en expulser, par exemple expulser la partie qui serait les plus dangereux ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Depuis décembre 2015 48 expulsions ont eu lieu, depuis décembre 2015 361 interdictions administratives du territoire ont été prononcées, il faut arrêter de croire ceux qui disent qu'il ne se passe rien, ça n'est pas vrai, nos services de police travaillent - mais nous sommes dans un état de droit et je dis à ceux qui pensent qu'il faut agiter des solutions nouvelles à chaque évènement aussi dramatique soit-il qu'ils font qu‘à chaque encoche, à chaque entaille à l'état de droit et aux valeurs de la République ils donnent raison à ceux qui la combattent en assassinant nos concitoyens et donc, moi, je ne déposerais pas les armes sur le terrain des valeurs et sur le terrain de l'état de droit., c'est ce qui fait l'honneur de la République, c'est ce qui fait que nous sommes attaqués par les terroristes et, si nous cédons, nous leur donnons raison.

GUILLAUME DURAND
Et vous êtes un responsable politique depuis maintenant les années 2012, il y a eu à peu près 212 morts en France, les gens considèrent que le vivre-ensemble qui est prôné par votre gouvernement et par d'autres gouvernements disent que ce n'est pas la réponse à un problème qui est un problème d'attaque frontale contre la République ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne suis pas certain que les gens comme vous le dites pensent cela, je suis certain que nos concitoyens sont attachés à l'état de droit, au respect des libertés et en même temps...

GUILLAUME DURAND
Je n‘ai pas dit le contraire !

BENJAMIN GRIVEAUX
Et en même temps à une grande fermeté qui a été celle exprimée à l'automne dernier. Puisque Laurent WAUQUIEZ... il y a quand même un problème de cohérence chez Les Républicains, la loi Sécurité intérieure - lutte contre le terroriste présentée par Gérard COLLOMB à l‘automne dernier, qu'est-ce qu'elle fait, on met fin à l'état d'urgence et on inscrit dans la loi – c'est-à-dire hors état d'urgence dans la loi – des mesures qui étaient prévues uniquement en cas d'état d'urgence, typiquement la fermeture de lieux de culte où l'on considère qu'ils prônent le salafisme...

GUILLAUME DURAND
Combien ont été fermés ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, attendez, on les a inscrits dans la loi. Qui les a votés ? Pas Les Républicains ! L'immense majorité du groupe Les Républicains qui aujourd'hui demande le rétablissement de l'état d'urgence n'a pas voté les mesures qui étaient prévues sous état d'urgence qu'on a inscrit dans la loi, donc à un moment il faut être cohérent entre les paroles et les actes, il n'y a pas de cohérence là-dessus.

GUILLAUME DURAND
D'accord ! Mais quand il propose par exemple de fonder ou de réfléchir à un délit d'insulte à la République, c'est-à-dire qu'il ne serait pas simplement – comment peut-on dire – une réprobation qu'on ferait à quelqu'un mais qu'on créerait une sorte de délit pénal ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, le délit d'insulte à la République je ne suis pas certain qu'il aurait empêché malheureusement les drames que nous avons vécus en France depuis 2012 comme vous l'avez rappelé.

GUILLAUME DURAND
Nous avons deux séances aujourd'hui, si je puis me permettre, il y a l'hommage national du président de la République cet après-midi et puis l'autre affaire qui est l'affaire de Mireille KNOLL, je voudrais qu'on écoute quand même le patron du CRIF qui a eu ses mots qui dans un contexte où on voudrait une certaine forme d'union nationale résonne un peu particulièrement.

FRANCIS KALIFAT, PRESIDENT DU CRIF – SUR FRANCE INTER
La position du CRIF est claire et connue, ni Front national...

LEA SALAME
Ni France insoumise.

FRANCIS KALIFAT
Ni France insoumise, ni Marine LE PEN, ni MELENCHON, tous les deux sont pour nous des vecteurs de haine dans notre pays, la haine que nous connaissons de l'extrême droite d'un côté, la haine d'Israël de l'autre côté - et qui est aussi la haine des juifs en réalité – de l'autre côté à l'extrême gauche.

GUILLAUME DURAND
Ce sont des mots lourds et qui résonnent quand même assez différemment du climat que vous voulez instaurer qui serait un climat d'union nationale ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord il y aura beaucoup de représentants aujourd'hui de l'ensemble des formations politiques qui seront à cette marche blanche en la mémoire de Mireille KNOLL, parce que quand on assassine...

GUILLAUME DURAND
Vous y serez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
J'y serai évidemment présent ! Quand on assassine un juif en France, on s'attaque à la Nation toute entière.

GUILLAUME DURAND
Mais l'argument de fond considère...

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais chacun est libre de se rendre à une manifestation dans ce pays, l'espace public par définition appartient à chacun, et si les militants – peu importe – mettent de côté leurs habits de militants pour venir simplement rendre hommage et honorer la mémoire d'une dame qui avait survécu à la Rafle du Vel d'Hiv et qui est morte de manière atroce, assassinée je le rappelle vendredi avec le Parquet qui retient le caractère antisémite de cet assassinat, chacun est le bienvenu pour honorer la mémoire de cette dame aujourd'hui.

GUILLAUME DURAND
Pardonnez-moi, je comprends parfaitement ce propos, mais d'une certaine manière le président du CRIF – donc qui est une des organisations juives importantes – il a l'air de considérer par ses propos que le FN est antisémite et que la France insoumise si la plupart des gens qui appartiennent à France insoumise ne sont pas antisémites par leur haine d'Israël tracent quand même une certaine forme d'antisémitisme, donc ce sont des accusations, on est très, très loin de l'union nationale ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne partage les propos, en tout cas la recommandation faite par le président du CRIF disant aux militants de ne pas se rendre à une manifestation en hommage et en mémoire à une dame qui a été assassinée, donc là-dessus moi je resterai très attaché à un principe simple c'est que chacun a le droit en France de manifester pour peu qu'il ne trouble pas l'ordre public et qu'il respecte le droit.

GUILLAUME DURAND
Je reviens à cette question du début, mais parce que je sais qu'elle bouleverse les gens, c'est le cas d'Arnaud BELTRAME, est-ce que vous êtes certain en tant que responsable gouvernemental que ce cercueil qu'on va voir passer ce matin sur toutes les chaînes d'information n'est pas le paravent de l'impuissance de l'Etat dans ce domaine ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais je ne laisserais pas dire qu'il y a une impuissance de l'Etat dans ce domaine quand vous avez 51 attentats qui ont été déjoués depuis décembre 2015, mais je ne laisserais pas dire non plus à quelques-uns qui aujourd'hui agitent des solutions gadget que le risque zéro est envisageable en France, il n'y a pas de risque zéro, malheureusement c'est le cas en France, c'est le cas dans d'autres grandes démocraties, c'est le cas en Europe, c'est le cas aux Etats-Unis vous le savez. L'arsenal juridique a été renforcé, l'arsenal des services et de renseignements est renforcé, dans le quinquennat je rappelle que nous allons avoir plus de 1.900 agents supplémentaires dédiés aux services de renseignement et que les solutions qui consisteraient à dire qu'il suffit d'expulser ou d'interdire malheureusement bien souvent mettrait à mal le travail de nos services de renseignements et, ça, ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les professionnels dont c'est le métier et qui, chaque jour, risquent leur vie au service de nos concitoyens.

GUILLAUME DURAND
Il y a une dizaine de jours une tribune a été publiée dans Le Figaro avec des gens d'origines politiques tout à fait différentes : Luc FERRY, Bernard KOUCHNER, des gens d'extrême droite d'ailleurs, mais aussi des gens donc appartenant à la gauche, et cette tribune au fond dit – je ne reprends pas l'idée de l'impuissance de l'Etat - mais il est en train de s'installer en France une sorte de communautarisme qui ne veut pas dire son nom, il y a des associations qui en gros prônent, alors ils citent les Indigènes de la République, ils citent Sud, qui en gros prônent une certaine forme de racisme en anti-blancs, vous avez dit que cette tribune a été stigmatisante, mais est-ce qu'avec le recul vous n'avez pas totalement raison ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Absolument pas, on m'a demandé si je signerai cette tribune, j'ai dit non parce qu'il y a un mot dans cette tribune qui est un problème pour moi qui le terme d'apartheid, il y a des quartiers de la République où - et nous l'avons dit à maintes reprises et le président de la République l'a dit dès la campagne présidentielle - qui ont été laissés aux solidarités communautariste, qui ont été laissés parfois aux salafistes et qui font au fond ce que les services publics ou ce que l'Etat...

GUILLAUME DURAND
Parce que VALLS veut interdire les salafistes.

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui, l'inverse de ce qu'il disait il y a deux ans je le rappelle, qui sont l'inverse absolument de ce que finalement les services publics, les collectivités locales étaient en mesure de proposer en termes de solidarité, de proximité à l'égard des personnes âgées, à l'égard des jeunes enfants et donc quand vous avez des communautés, des associations communautaires religieuses qui prennent le relais des services publics et de l'Etat là évidemment c'est condamnable et chacun peut le condamner, mais je ne crois pas que c'est en parlant d'apartheid qu'on solution à ce problème.

GUILLAUME DURAND
Il est 08h27, nous sommes en direct avec Benjamin GRIVEAUX qui est porte-parole du gouvernement. Evidemment sur VALLS je ne peux pas laisser simplement deux – trois mots qui sont ceux que vous venez de prononcer, il y a je ne dis pas un problème VALLS mais un cas VALLS, il a été Premier ministre, il a été associé dans la défense de la France dans les attentats de 2015, il propose des solutions qui ne sont pas les vôtres et il revient à chaque interview sur la nécessité de trouver un moyen pour interdire le salafisme ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Il a été un grand Premier ministre lorsque les attentats ont frappé la France, il a aidé à ce que la République tienne debout...

GUILLAUME DURAND
Et il est à La République En Marche maintenant.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et il est aujourd'hui à La République En Marche ! Et moi je me souviens des propos qu'il avait eus après le terrible attentat de Nice expliquant qu'on ne pouvait pas interdire une idée, les conditions de notre état de droit n'ont pas changé depuis le mois de juillet 2016, on n'interdit pas une idée on la combat, on la combat fermement, on la combat avec les outils du droit - et nous en avons - je rappelle que lorsque pour apologie du terrorisme on s'exprime sur les réseaux sociaux, on en a eu encore un exemple récemment, on est poursuivi, on est mis en garde à vue et on est condamné et que donc ça n'est pas possible, mais qu'interdire une idée eh bien ça n'est pas possible.

GUILLAUME DURAND
Mais qu'est-ce qui s'est passé, VALLS a changé, ou il cherche un lien, ou il veut se singulariser ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, ça vous lui poserez la question, aujourd'hui très franchement dans le cadre de l'hommage national sera rendu Arnaud BELTRAME ces banderilles politiques m'intéressent assez peu.

GUILLAUME DURAND
Un peu de politique quand même. Alors il y a beaucoup de questions, le gouvernement dépose aujourd'hui son projet de loi antifraude fiscale, il y a aussi Bruno Le MAIRE qui dans l'Opinion réfléchit à la possibilité de baisser les impôts de production pour les entreprises parce qu'il y a un grand différentiel avec Allemagne qui est de 70 milliards, mais je ne peux pas résister à vous poser une petite question sur la mairie de Paris, il parait que vous y songez tous les matins en vous rasant - pour reprendre une formule célèbre - or Christophe CASTANER a dit : « la candidature GRIVEAUX, oui pourquoi pas, mais ce n'est pas encore le moment de décider », quelle est la vérité ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais il a raison, il a raison, et je vais dire une chose s'il y a une chose à je pense le matin en me rasant c'est à être un bon porte-parole du gouvernement et s'il y a une chose à laquelle l'ensemble des Marcheurs parisiens, l'ensemble des parlementaires parisiens, l'ensemble des élus parisiens qui sont proches de La République En Marche réfléchissent ce n'est pas de savoir quelle sera la tête sur l'affiche c'est de savoir ce qu'on va proposer aux Parisiens tout simplement, parce que la tête sur l'affiche ça ne fait pas une élection, ça n'a jamais fait une élection. Il faut pouvoir réfléchir à ce que La République En Marche portera comme projet dans le cadre de cette élection municipale pour Paris et puis pour le dialogue entre Paris et les territoires autour, parce que ceux qui considèrent que Paris doit rester enfermé dans son périphérique n'ont sans doute pas pris la mesure de ce qu'est une ville monde.

GUILLAUME DURAND
Tout à l'heure nous recevons Pascal BRUCKNER, je traçais le contexte politico-économique et le lien entre l'économie et le social parce qu'il y a des négociations considérables actuellement sur l'assurance-chômage, on ne va pas reprendre tout le détail, sur l'apprentissage, etc., mais en gros quand je recevais Philippe MARTINEZ hier leur obsession c'est de dire : « finalement Emmanuel MACRON il veut réformer la France mais en même temps les entreprises bénéficient d'avantages considérables et avec François HOLLANDE et peut-être avec ses projet donc de baisse des impôts de production de Bruno Le MAIRE », il y a réponse qui est donnée ce matin qui concerne les projets de DARMANIN contre la fraude fiscale, est-ce que vous êtes injuste ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est une vision quand même un vraisemblable que vous venez de...

GUILLAUME DURAND
C'est MARTINEZ qui dit...

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, mais le parallèle, non mais je sais bien... mais regardez le parallèle...

GUILLAUME DURAND
Il dit : « on nous demande des sacrifices et on n'arrête pas de...

BENJAMIN GRIVEAUX
Guillaume DURAND, regardez le parallèle que vous venez de faire entre d'un côté non pas des cadeaux aux entreprises mais leur permettent de dégager des marges, de dégager des moyens pour investir, pour innover, pour faire différemment …

GUILLAUME DURAND
Je ne m'appelle pas MARTINEZ !

BENJAMIN GRIVEAUX
Et en disant, ce matin, donc : « en gros vous faites ce matin et pour compenser vous tapez la fraude fiscale », mais les entreprises ne sont pas...

GUILLAUME DURAND
Mais c'est ce que dit MARTINEZ !

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, mais j'entends bien, mais le parallèle qui est fait entre les deux qui fait qu'on aurait d'un côté des entreprises qui seraient toutes en train de frauder, qui chercheraient le moyen à ne pas payer leurs impôts et de l'autre côté des gens vertueux parés d'absolument toutes les qualités est invraisemblable, on a opposé dans ce pays depuis trop longtemps les chefs d'entreprise aux salariés, le privé au public - c'est ce que fait de monsieur MARTINEZ en faisant ce parallèle – donc moi je vous le dis : 1) ce n'est pas des cadeaux aux entreprises, c'est des moyens pour les entreprises d'investir, de créer des emplois dans nos territoires, dans nos PME, dans nos entreprises de taille intermédiaire pour les faire grandir, parce que l'objectif d'un chef d'entreprise quand il se lève le matin c'est de remplir son carnet de commandes, c'est de faire en sorte de pouvoir payer correctement les gens qui bossent pour lui et puis de gagner des parts de marché et de croître - c'est ça l'obsession de nos chefs d'entreprise - et les bons chiffres qui ont été annoncés sur le déficit à 2,6 % nous les devons aux TPE, aux PME, aux entreprises, ce sont elles qui nous ont permis d'avoir ce surplus de croissance et moi je tiens remercier ces entreprises, les salariés qui y travaillent, ce sont eux qui feront que ce pays se redressera.

GUILLAUME DURAND
De l'autre côté on parle de la pression fiscale qui continue, mais une dernière question - et nous sommes en direct avec Benjamin GRIVEAUX - elle concerne Laurent BERGER, car je rappelle qu'on est dans un moment très important sur les négociations sociales en dehors de l'hommage d'aujourd'hui, il dit : « au fond, voilà ce qui se passe - c'est le patron de la CFDT - on discute, tous les matins on discute et en fait qui décide ? MACRON, point barre, et il n'y a rien à voir ».

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce n'est pas exact, je renvoie Laurent BERGER à l'accord national interprofessionnel qui a été trouvé sur les formations où on a mis autour de la table les partenaires sociaux, où ils se sont mis d'accord sur par exemple les droits à la formation pour les salariés et où l'accord auquel ils sont parvenus à est un excellent accord qui permet de renforcer les droits à la formation, qui permet notamment pour les gens qui sont à temps partiel d'avoir le même nombre d'heures de formation qu'à temps plein, or à 80 % ce sont des femmes, nous sommes ravis, c'est un très bon accord ; et puis il y a des choses sur lesquelles les partenaires sociaux ne sont peut-être pas allés assez loin, que nous avions annoncé dans le cas de l'élection présidentielle, nous avons un mandat politique du peuple français pour par exemple sur la question de la formation et tout ça revoir aussi les questions de gouvernance, on a pu avancer - et les partenaires sociaux l'ont fait admirablement sur la question des droits et de la formation des salariés - nous souhaitons aussi pouvoir avancer sur la gouvernance, c'est normal.

GUILLAUME DURAND
Est-ce qu'Arnaud BELTRAME est un héros ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Oui.

GUILLAUME DURAND
Pourquoi ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Parce qu'il a fait le sacrifice ultime, il a donné sa vie pour sauver la vie d'une femme otage.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup, c'est Benjamin GRIVEAUX le porte-parole du gouvernement


source : Service d'information du Gouvernement, le 30 mars 2018

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