Déclaration de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sur le recueil de signalements concernant l'enfance en danger et la protection de l'enfance, Paris le 27 mars 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sur le recueil de signalements concernant l'enfance en danger et la protection de l'enfance, Paris le 27 mars 2018.

Personnalité, fonction : BUZYN Agnès.

FRANCE. Ministre des solidarités et de la santé

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Bonjour à tous,

Je suis très heureuse d'être parmi vous ce matin pour participer à ce cinquième séminaire consacré à l'articulation entre le service d'accueil téléphonique « enfance en danger » et les cellules départementales de recueil des signalements.

Je remercie chaleureusement Madame Créoff de sa présence et pour la remise du premier rapport annuel d'activité du Conseil National de la Protection de l'Enfance.

Cette journée est l'occasion de nous réunir, acteurs institutionnels et acteurs de terrain, pour réfléchir collectivement à la protection de l'enfance et à l'amélioration de la coordination sur ce sujet difficile.

Je tiens particulièrement à ces moments d'échanges car sans eux, notre ambition commune de protection des enfants ne pourra pas aboutir.

J'ai besoin aussi, à titre personnel, de me nourrir de vos échanges et de votre expérience. C'est pourquoi j'assisterai tout à l'heure à la table ronde sur le signalement du danger grave et imminent en cas de maltraitance.

Le CNPE, instance instituée par la loi du 14 mars 2016, poursuit cette vocation de collaboration et d'échanges entre tous les acteurs de la protection de l'enfance. La composition de ces différents collèges en est la preuve.

Grâce à la concertation qui prend place au sein de ce Conseil, j'espère que certains clivages en matière de protection de l'enfance pourront être dépassés et que la diversité des prises en charge et des pratiques de cette politique décentralisée pourra être atténuée.

C'est un de mes objectifs en tant que Ministre de la famille et de l'enfance.

L'harmonisation et l'amélioration des pratiques passent également par la création d'outils d'évaluations et de suivi de l'application des normes existantes.

Je rejoins donc le CNPE lorsqu'il propose d'instituer un référentiel national d'évaluation des informations préoccupantes et des prises en charge.

La stratégie nationale de protection de l'enfance permettra de décider comment il sera possible d'y arriver concrètement.

Je vous rejoins également lorsque vous parlez de création d'indicateurs de vulnérabilité et de prévention concernant l'enfance en danger.

En effet, depuis mon arrivée à la tête du Ministère, j'ai constaté que nous mettions trop peu d'efforts dans la prévention par rapport à tout ce que notre système engage en matière de dispositifs « curatifs » qui tentent, tant bien que mal, de « réparer » des enfants très abîmés.

Comme pour mon action en matière de santé, je veux faire de la prévention une priorité.

J'ai effectué il y a peu un déplacement au SNATED. J'en garde un souvenir très marqué, notamment par le professionnalisme des écoutants, qui exercent, comme c'est souvent le cas dans le champ de la protection de l'enfance, un métier exigeant et difficile.

Je profite de cette occasion pour rendre leur hommage ainsi qu'aux nombreux autres acteurs ici présents qui oeuvrent, quotidiennement, pour la protection de l'enfance.

Cet engagement qui vous anime, je le partage.

En tant que Ministre en charge de la protection de l'enfance, il me revient de veiller à ce que l'intérêt supérieur de l'enfant soit défendu et porté au plus haut niveau.

C'est une ambition forte, une tâche difficile. La stratégie nationale de protection de l'enfance et de l'adolescence que je présenterai prochainement poursuivra cette ambition ; notamment sur la question du repérage, des signalements et de leur traitement.

La stratégie portera également des mesures sur des thématiques plus spécifiques, telles que :

- Le renforcement de l'accès aux soins et de la prise en charge sanitaire des enfants qui ont été victimes de violences et de ceux suivis à l'aide sociale à l'enfance ;
- La question de l'exposition des enfants aux violences conjugales sera également traitée : vous venez d'en débattre, c'est une question importante.

Pour finir, et je sais que c'est une forte préoccupation, le sujet des mineurs non-accompagnés : laissez-moi simplement vous assurer que notre pays, notre gouvernement ne fera pas de ces enfants des laissés pour compte de la protection de l'enfance.

Cette stratégie de protection de l'enfance s'articulera avec d'autres travaux de mon ministère, et notamment avec la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté des enfants et des adolescents, portée par Olivier Noblecourt. Elle permettra de protéger des enfants d'une autre forme de violence : la pauvreté.

Il me semble primordial de décloisonner les politiques publiques, de faire en sorte que protection de l'enfance, politique familiale et lutte contre l'exclusion se nourrissent les unes des autres et se renforcent.


Mesdames, Messieurs,

Je souhaite conclure en vous remerciant de votre professionnalisme, de votre implication et du travail que vous effectuez chaque jour pour protéger les enfants de ce pays.

Protéger les enfants d'aujourd'hui, au-delà du devoir moral que cela représente, c'est construire la société de demain, c'est prendre soin de notre avenir.

Vous pouvez compter sur mon implication et celle des services de l'Etat pour servir cet idéal avec détermination.


Je vous remercie.


Source http://solidarites-sante.gouv.fr, le 5 avril 2018

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