Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes à Sud Radio le 3 avril 2018, sur le projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes à Sud Radio le 3 avril 2018, sur le projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes.

Personnalité, fonction : SCHIAPPA Marlène, ROGER Patrick.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes;

ti :

INTERVENANTE
Patrick ROGER vous recevez tout de suite Marlène SCHIAPPA, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes.

PATRICK ROGER
Bonjour Marlène SCHIAPPA.

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

PATRICK ROGER
On voit le gouvernement mobiliser sur tous les fronts : loi Logement, cette semaine votre projet contre les violences sexuelles et sexistes, Edouard PHILIPPE vous demande de faire feu pour parler d'autre chose aussi que de la grève SNCF ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, ce n'est pas comme ça que ça se passe, si vous voulez on peut aussi parler de la réforme de la SNCF, mais en ce qui me concerne il y avait un projet de loi pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles prévu depuis des mois et il s'avère que dans le calendrier on va bientôt commencer les débats parlementaires pour ce projet de loi particulièrement.

PATRICK ROGER
Oui, On parlera peut-être de la réforme de la SNCF dans un instant, mais il y a d'abord le projet de loi donc contre les violences sexuelles, alors selon une enquête qui est publiée ce matin c'est un appel à témoignages d'une association féministe de Caroline de HAAS - pour ne pas la citer - seules 10 % des victimes franchissent le pas, portent plainte, notamment parce que c'est vrai on est très mal reçu dans les commissariats, c'est une priorité la formation des policiers ?

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr c'est une priorité. D'abord je crois que le fait de recueillir des témoignages c'est un travail extrêmement intéressant, moi je l'avais fait dans mon livre « La culture du viol » et je pense que ça nous permet de voir ce qui peut être amélioré. Néanmoins je voudrais apporter un bémol sur le chiffre qui est sorti, on nous parle de 91 % des femmes qui seraient mal reçues quand elles ils iraient déposer des plaintes, c'est sur la base d'appel à témoignages, c'est-à-dire on dit : « est-ce que vous avez été mal reçue ? Témoignez ! Et sur les témoignages il y a forcément en toute logique la majorité des gens qui ont été mal reçus. Maintenant je pense que la formation des policiers c'est un travail important que l'on mène avec la MIPROF – la Mission Interministérielle de Protection des Femmes - cette année nous avons formé non seulement des policiers mais aussi des policiers de police municipale, des gendarmes, mais aussi des professionnels de santé pour le dépistage et le repérage des femmes victimes de violences.

PATRICK ROGER
Oui. Marlène SCHIAPPA, les syndicats de police, quoi qu'il en soit, sont un peu sceptiques aussi sur l'application de la lutte contre le harcèlement de rue parce que disent-ils impossible vraiment de prendre en flagrant délit ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi ce n'est pas que j'ai entendu de la part des syndicats de policiers...

PATRICK ROGER
Ah ! Il y a beaucoup de syndicats de policiers qui le disent.

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, je crois qu‘il y a aussi beaucoup de policiers qui trouvent que c'est quelque chose qui est faisable, puisqu'on a mené un travail sérieux avec des auditions, notamment avec un groupe de travail parlementaire où beaucoup de policiers de terrain mais aussi de responsables qui nous disent au contraire que ça va être faisable et puis les 10.000 policiers de la Police de la Sécurité du Quotidien seront là encore formés à reconnaître le harcèlement de rue est pourront verbaliser en direct.

PATRICK ROGER
Mais comment c'est faisable, ils ne vont pas forcément suivre les jeunes filles en question ou est-ce qu'ils vont suivre... alors dans le métro on sait qu'il y a des petites brigades un pour suivre les frotteurs, mais dans la rue c'est quand même plus complexe ?

MARLENE SCHIAPPA
C'est plus complexe, absolument, on n'a pas dit que c'était quelque chose de simple. Mais, moi, je crois qu'il y a deux aspects dans cette loi : d'abord il y a un aspect réel, je crois que ces 10.000 policiers qui vont être recrutés comme l'a annoncé Gérard COLLOMB et équipés avec des tablettes et tous les outils pour pouvoir verbaliser et mettre une amende ce sera efficace ; et ensuite je pense qu'il y a un volet aussi pédagogique, on n'a jamais autant parlé du harcèlement de rue que depuis que le gouvernement a dit qu'il voulait l'interdire et, ça, c'est important aussi en termes éducatifs, pédagogiques, que s'interroger sur le seuil de tolérance de la société à cette forme de violence sexuelle.

PATRICK ROGER
Oui. Un regard appuyé c'est une première preuve de harcèlement, comment bien le définir ?

MARLENE SCHIAPPA
Je pense qu'il n'y a pas de définition précise, la frontière mais c'est là toute la difficulté...

PATRICK ROGER
Eh oui !

MARLENE SCHIAPPA
La frontière entre la séduction et le harcèlement de rue c'est le consentement et on sait très bien que suivre une femme pendant 10, 12, 15 rues, lui demander son numéro de téléphone à de nombreuses reprises alors qu'elle a dit non, l'intimider, la menacer...

PATRICK ROGER
Là c'est du harcèlement.

MARLENE SCHIAPPA
C'est du harcèlement de rue.

PATRICK ROGER
Alors qu'un regard appuyé va, dans le métro, dans le train par exemple...

MARLENE SCHIAPPA
Voilà !

PATRICK ROGER
Quand ils circulent les trains...

MARLENE SCHIAPPA
Absolument.

PATRICK ROGER
Ça, ce n'est pas forcément du harcèlement ?

MARLENE SCHIAPPA
Je pense qu'il faut sortir de la représentation romanesque, romantique du harcèlement de rue. On nous dit souvent en France on a cette culture de la séduction, etc., mais vive la séduction, le sujet ce n'est pas d'empêcher les femmes et les hommes de se séduire et de discuter dans la rue, le sujet c'est de protéger les femmes. Vous savez que 8 femmes sur 10, là c'est une enquête IFOP - donc source fiable, sérieuse – l'IFOP nous dit que 8 jeunes femmes sur 10 ont peur quand elles sont toutes seules dans le soir, je crois que c'est inadmissible.

PATRICK ROGER
Oui. C'est aussi culturel le harcèlement de rue, beaucoup de jeunes notamment, les 15 -25 ans, des jeunes désoeuvrés, souvent d'origine étrangère, comment les mettre au pas ?

MARLENE SCHIAPPA
Je ne sais pas si c'est le fait de jeunes souvent d'origine étrangère...

PATRICK ROGER
Ah ! Dans beaucoup de reportages c'est apparu quand même depuis 2 - 3 ans, il y avait eu beaucoup de...

MARLENE SCHIAPPA
Beaucoup de reportages en effet.

PATRICK ROGER
Non, il y a eu beaucoup de documentaires, vous les avez vus probablement aussi.

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr. Moi je pense qu'il y a une question de valeur, je pense qu'il y a deux sujets différents, le sujet que vous abordez – et je pense que vous faites référence aussi à la Chapelle-Pajol puisque c'est l'un des quartiers qu'on a beaucoup vu...

PATRICK ROGER
Pas seulement, pas seulement, à Mantes-la-Jolie, à Marseille, partout.

MARLENE SCHIAPPA
Voilà, qui sont des quartiers qu'on a beaucoup vus.

PATRICK ROGER
Oui.

MARLENE SCHIAPPA
Je pense que ce qui est important c'est de lutter contre les troubles à l'ordre public et de promouvoir les valeurs de la République et, dans les valeurs de la République, il y a l'égalité femmes – hommes, il y a la mixité, et je crois que c'est ça qui est important c'est de garder à l'esprit que contrairement à ce qui se fait dans d'autres pays en France notre particularité c'est qu'on est attaché à cette mixité et au fait de partager un même espace de rue, de transport, de travail, de loisirs femmes et hommes, on ne veut pas aller vers des wagons particuliers pour les femmes comme on l'a vu dans d'autres pays par exemple.

PATRICK ROGER
Oui, vous ne voulez pas stigmatiser les jeunes de 15 - 25 ans que je citais à l'instant ?

MARLENE SCHIAPPA
Ni les jeunes de 15 – 25 ans...

PATRICK ROGER
Ce n'est pas vrai ou pas ? Parce que c'est réel, ça existe, donc pourquoi ne pas...

MARLENE SCHIAPPA
Oui bien sûr, mais ni les jeunes de 15 - 25 ans, ni les plus de 25 ans. Moi je crois qu'il faut vraiment sortir cette question, on m'a posé la question de façon... on m'a dit : « est-ce que vous ne croyez pas que le harcèlement de rue ça va justement stigmatiser les jeunes d'origine étrangère qui sont plus contrôlés, etc., fermement ? Non, je ne crois pas que ça va les stigmatiser, parce que moi ça ne m'intéresse pas la couleur de peau, la religion, l'âge du harceleur, ce qui m'intéresse c'est que ces 8 jeunes femmes sur 10 ont peur quand elles sortent toutes seules le soir, c'est à ça qu'il faut mettre fin quelle que soit la couleur, l'âge, l'origine, le quartier d'habitation du harceleur.

PATRICK ROGER
Oui. Marlène SCHIAPPA, grande inquiétude aussi chez les femmes parce que dans l'émission « Regards de femmes » le week-end sur Sud Radio, des femmes, des magistrates, des avocates vous demandent de revoir le projet de loi Justice, les viols ne seront plus jugés aux Assises mais devant les tribunaux criminels, c'est-à-dire expédiés très vite devant des magistrats professionnels qui ne traiteront visiblement pas assez en compte les souffrances des victimes...

MARLENE SCHIAPPA
Oui effectivement il y a un...

PATRICK ROGER
Qu'est-ce que vous leur répondez ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais il y a un débat sur cette question, moi je comprends parfaitement cette demande, je pense que le viol est un crime et il est important que le viol soit jugé comme un crime et condamné comme un crime.

PATRICK ROGER
Ah ! Ca ne va pas être le cas.

MARLENE SCHIAPPA
Mais justement ça va être le cas dans le projet de loi que je présente et c'est pour ça qu'on fait en sorte que notamment en ce qui concerne les moins de 15 ans il ne puisse plus y avoir de décision comme on a pu l'entendre dans des affaires récentes où les viols sont requalifiés en atteinte sexuelle mais que ces viols soient bien jugés comme des viols et condamnés comme des crimes odieux et inacceptables qu'ils sont.

PATRICK ROGER
Oui. Il y a un scandale qui touche la Fédération française d'athlétisme en ce moment, qui prend l'affaire visiblement très au sérieux, accusation de viol sur deux entraîneurs, le tabou doit être levé aussi dans le sport ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, je pense que le tabou doit être levé partout, on voit qu'il y a des milieux dans lesquels c'est peut-être un peu plus long que dans d'autres. Mais effectivement il faut lever ce tabou dans le sport, on y travaille avec Laura FLESSEL - la ministre des Sports - nous avons abordé ce sujet notamment lors de la Conférence permanente du sport au féminin que nous avons installée ensemble et le président de la République a indiqué qu'il y aurait des formations notamment pour tous les entraîneurs qui relèvent de la sphère publique.

PATRICK ROGER
Venons-en aussi à la réforme de la SNCF, d'un mot il n'y a que 20 % de femmes à la SNCF ou dans les cheminots...

MARLENE SCHIAPPA
En effet.

PATRICK ROGER
Vous allez vous battre aussi pour qu'il y en ait davantage ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, vous savez il y a un réseau qui est très mobilisé qui s'appelle « SNCF au féminin », j'ai reçu leur représentante, l'une de leurs représentantes Assia BENZIANE pour faire en sorte justement de valoriser le travail des femmes dans la SNCF effectivement.

PATRICK ROGER
Marlène SCHIAPPA, avec des questions politiques encore ce matin de Michaël DARMON et Christophe BORDET.

CHRISTOPHE BORDET
Oui. Tout d'abord sur la SNCF, est-ce que vous comprenez finalement la colère des cheminots, cette grève qui démarre aujourd'hui et cette colère sur la petite musique : « de toute façon, il n'y a pas de dialogue, on ne nous écoute pas, on va passer par ordonnances, etc. » alors que le gouvernement a quand même fait des efforts en fin de semaine dernière ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, merci de le noter.

CHRISTOPHE BORDET
Mais c'est la vérité.

MARLENE SCHIAPPA
C'est la vérité, absolument. Moi ce que je voudrais dire d'abord c'est que je ne crois absolument pas que les cheminots sont les gens les plus privilégiés du monde mais je crois que le débat...

CHRISTOPHE BORDET
Ils ne sont pas privilégiés ?

MARLENE SCHIAPPA
Je ne crois pas que ce soit la catégorie la plus privilégiée du monde non, mais je crois que le débat ça n'est pas pour ou contre les cheminots, ça n'est pas ça qui se joue, ce qui se joue c'est la transformation de la SNCF. Moi vous savez je suis élue du Mans, au Mans il y a beaucoup de gens qui sont ce qu'on appelle des tégévistes – ce sont des gens leur vie dépend du TGV, ils prennent le TG pour aller travailler...

CHRISTOPHE BORDET
Ils font des allers et retours avec Paris.

MARLENE SCHIAPPA
A Paris, à Massy, en Bretagne, ailleurs et ils ont besoin du TGV pour aller travailler, pour gagner de l'argent et pour rentrer chez eux s'occuper de leur famille, et la situation de la SNCF actuellement elle est telle que les retards ont des conséquences très graves dans la vie de ces gens. Donc, je crois qu'il y a effectivement une demande de dialogue, de concertation de la part du gouvernement - qui a commencée – et il faut rappeler la vérité, la vérité c'est que le gouvernement ne veut pas privatiser la SNCF, le gouvernement ne veut pas procéder à des licenciements et le gouvernement ne veut pas revenir sur le statut Cheminot pour ceux qui actuellement bénéficient de ce statut...

CHRISTOPHE BORDET
Mais, alors, vous dites quoi aux syndicats ce matin qui veulent tout ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi j'appelle justement au dialogue, à la concertation, puisque c'est la démarche du gouvernement ; et ce que je leur dis c'est qu'Emmanuel MACRON n'est pas le genre de président à céder devant la pression, on n'est pas gouvernés par la peur, donc je crois que la solution pragmatique pour tout le monde c'est de revenir à la raison, de revenir au dialogue et de faire en sorte de parler - parce que c'est ça la voie pragmatique - vous avez une grève longue et dure elle ne sert pas les usagers, je crois qu'elle ne sert pas non plus les chemins qui vont de perdre de l'argent dans cette grève, le dialogue pour moi c'est la seule voie qui est possible.

PATRICK ROGER
Autre question rapide et autre sujet ce matin, Jacques MEZARD, le ministre de la Cohésion des territoires, présente son plan Logement, terminé l'encadrement des loyers, meilleure attribution des logements HLM, lutte contre les marchands de sommeil, aucune mesure particulière sur le relogement très difficile des femmes victimes de violences ?

MARLENE SCHIAPPA
En fait ça on les a présentées, ces mesures-là, le 8 mars lors du Comité interministériel pour l'égalité femmes – hommes.

CHRISTOPHE BORDET
Alors, on fait quoi ?

MARLENE SCHIAPPA
Plusieurs choses ! D'abord lors du Tour de France de l'égalité femmes – hommes que j'ai mené, auxquelles ont participé 55.000 personnes qui ont fait la plus grande consultation gouvernementale qui ait jamais été faite – c'est important de le souligner – on a vu un manque dans les territoires, c'était le manque d'informations sur les hébergements pour les femmes victimes de violences, donc l'Etat crée des plateformes de géo-localisation des hébergements d'urgence pour les femmes victimes de violences département par département accessibles uniquement aux professionnels : police, justice, santé, élus locaux, associations de travailleurs sociaux pour faire en sorte qu'immédiatement, en temps réel on ait l'information, qu'on puisse reloger tout de suite une femme qui est victime de violences.

MICHAËL DARMON
Lorsqu'on vous entend parler justement de la grève et de donner vos arguments on vous sent un peu quand même sur la défensive, parce que finalement vous devriez être contente c'est ce fameux vieux monde - système de l'entre soi - qui est dans la rue contre vous, la bagarre commence, vous avez toujours dit que pendant la campagne présidentielle c'est-ce qu'il va falloir changer, quelque part pourquoi vous n'assumez pas plus ce projet ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi je pense que personne ne peut se réjouir d'une grève et personne ne peut se réjouir d'une forme de menace de grève ou d'une gageure, vous savez moi pendant 10 ans j'étais présidente, d'un réseau de mères actives qui s'appelle « Maman travaille » et je les vois ces jeunes mères qui sont inquiètes pour savoir comment elles vont faire garder leurs enfants, comment elles vont se rendre sur leur lieu de travail, est-ce qu'elles ne vont pas être pénalisées, etc. ? Donc la grève longue, dure, etc., je crois que ça n'est pas réjouissant en tout cas ni pour les familles, ni pour les Français, ni pour le gouvernement.

MICHAËL DARMON
Parce que ce n'est pas seulement la grève SNCF, là qui est en jeu, on voit bien que la CGT veut généraliser le conflit, il y a plusieurs secteurs, il y a...

MARLENE SCHIAPPA
Oui, on voit qu'il y a une tentative effectivement...

MICHAËL DARMON
D'autres journées prévues, dans les transports aériens également, donc il y a une volonté là de dire : « on ne veut pas du projet donc d'Emmanuel MACRON », c'est ce que nous disait d'ailleurs des représentants politiques ici même la semaine dernière, donc de ce point de vue-là est-ce que vous jouez votre quinquennat au fond ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, vous savez dans la démocratie pour savoir le projet de qui l'on choisit il y a une chose qui s'appelle les élections et, là, il y a eu des élections présidentielles...

MICHAËL DARMON
Mais il y a aussi l'opposition après.

MARLENE SCHIAPPA
Puis des élections législatives et à deux reprises à quatre tours les Françaises et les Français majoritairement ont indiqué qu'ils voulaient du projet d'Emmanuel MACRON et, quand on interroge les gens, je crois qu'ils sont plutôt favorables à la transformation de la SNCF, quand on leur dit la vérité, c'est-à-dire il n'y a pas de privatisation et les cheminots qui travaillent actuellement ne vont ni être licenciés, ni avoir de désavantages...

MICHAËL DARMON
Donc il n'y aura pas de rupture, le gouvernement tiendra et ce seront les cheminots qui vont se lasser ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais, écoutez, moi je ne le vois pas comme une opposition gouvernement / cheminots, je le vois comme un gouvernement...

MICHAËL DARMON
Ah ! Pourtant c'est un peu ce qu'ils racontent quand même...

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, c'est ce qu'ils racontent...

MICHAËL DARMON
Partout !

MARLENE SCHIAPPA
Libres aux syndicats de dire ce qu'ils ont envie de dire, mais moi je crois que cette grève elle n'arrange pas les Français, elle ne sert pas les Français, elle ne sert pas non plus le gouvernement, donc je crois qu'il faut... le droit de la c'est important en France, j'y suis très attachée, mais il faut aussi se poser les questions des motivations réelles des grèves.

MICHAËL DARMON
On vous entend parler ce matin sur un sujet qui n'est pas strictement votre champ ministériel, est-ce que vous appliquez la consigne d'Edouard PHILIPPE lors du dernier séminaire : « mettez plus d'énergie politique pour défendre les sujets, ne restez pas dans votre couloir » ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi j'applique toujours les consignes d'Edouard PHILIPPE qui est mon Premier ministre, mais au demeurant je pense que je n'ai pas attendu non plus le dernier séminaire gouvernemental pour parler de politique et pour parler de tous les sujets, c'est même plutôt le contraire qui me serait en général reprochée.

MICHAËL DARMON
Est-ce que vous pensez qu'effectivement vos collègues devraient un peu plus suivre votre exemple ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez je n'ai aucun conseil à donner à mes collègues, ils sont tous excellents dans leur domaine, donc je n'ai pas de conseil à donner.

PATRICK ROGER
Marlène SCHIAPPA, en dehors des cheminots, est-ce que les étudiants vous font peur également puisqu'il y a 18 facs qui se mettent en mouvement ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, non, peur ce n'est vraiment pas le terme, vous savez KENNEDY disait : « le courage ce n'est pas l'absence de peur c'est surmonter sa peur », donc je crois que c'est important de rappeler que justement on n'est pas gouvernés par la peur et comme je vous le disais tout à l'heure je pense qu'il y a un projet de transformation de la société, que ce soit pour la SNCF mais aussi pour effectivement l'accès aux études supérieures et il faut tenir bon et mener à bien ce projet.

CHRISTOPHE BORDET
Mais il y a aussi un projet de convergence des luttes et des mécontentements, donc on le voit bien ?

MARLENE SCHIAPPA
Ça c'est un projet, vous savez moi j'observe qu'on est dans une forme de nostalgie de Mai 68 parce qu'on est dans une année qui finit en 8 et qu'il y a toujours des reportages ou des commentaires pour nous dire que peut-être un jour, bientôt mai 68, comme disait... : « on ne gagne pas deux fois une bataille avec la même technique », moi je ne crois pas du tout qu'on va arriver à cette « convergence des luttes » qui nous est promise parce que ce ne sont pas des intérêts globaux, les gens qui bloquent les facultés là ne rendent pas service aux étudiants, je suis désolée le dire, il y a des étudiants qui ont payé leur année qui veulent aller au bout, qui veulent passer leur diplôme et qui ne sont pas du tout d'accord pour qu'on bloque leur faculté.

PATRICK ROGER
Dernier mot dans votre domaine, des agressions contre des transgenres à Paris ces derniers jours, un suspect a été remis en liberté, vous réclamez de la fermeté dans ce dossier ?

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr, on réclame et on fait en sorte d'avoir plus de fermeté. Vous savez c'était ce week-end la Journée pour la visibilité des personnes trans, je pense que c'est important de rappeler qu'il y a encore quelques dizaines d'années en France on considérait que l‘homosexualité était une forme de maladie et, là, il y a une forme d'incompréhension vis-à-vis des personnes trans, c'est pour ça que c'est important de les rendre visibles, on a moins peur de ce qu'on apprend à connaître, donc les personnes trans ont des droits et il faut les faire respecter.

PATRICK ROGER
Merci. Marlène SCHIAPPA était notre invitée ce matin sur Sud Radio.

MARLENE SCHIAPPA
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 avril 2018

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