Interview de M. Bruno Lemaire, ministre de l'économie et des finances, avec LCI le 4 avril 2018, sur la réforme de la SNCF et sur les mouvements sociaux. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Bruno Lemaire, ministre de l'économie et des finances, avec LCI le 4 avril 2018, sur la réforme de la SNCF et sur les mouvements sociaux.

Personnalité, fonction : LE MAIRE Bruno, CRESPO-MARA Audrey.

FRANCE. Ministre de l'économie et des finances;

ti :

PASCALE DE LA TOUR DU PIN
Bruno LE MAIRE est l'invité d'Audrey CRESPO-MARA.

AUDREY CRESPO-MARA
Bonjour à tous, bonjour Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Bonjour Audrey CRESPO-MARA.

AUDREY CRESPO-MARA
Ministre de l'Economie et des Finances. Alors, une économie touchée cette semaine par les grèves. Avait-elle vraiment besoin de ça ?

BRUNO LE MAIRE
Déjà, elle se porte mieux, l'économie française, donc c'est ça la bonne nouvelle que je voudrais mettre en avant. Ensuite, bien sûr que les grèves ont toujours un impact sur l'économie, mais il est trop tôt pour le dire, et je crois surtout qu'en termes d'attractivité, c'est notre capacité à tenir dans cette volonté de transformer la SNCF et de montrer que c'est possible, qu'on peut le faire au bout du compte, qui sera décisif pour notre économie, pour l'image que nous renvoyons à l'étranger.

AUDREY CRESPO-MARA
L'impact, pour l'instant, il est impossible à évaluer ?

BRUNO LE MAIRE
Il est impossible à chiffrer et à mesurer.

AUDREY CRESPO-MARA
Sur la croissance.

BRUNO LE MAIRE
Il n'y a que ceux qui rêvent de voir la France défaite qui expliquent que c'est absolument dramatique. Non, ce n'est pas vrai, laissons les choses progressivement avancer. Cette transformation de la SNCF, elle est nécessaire, et une fois qu'elle sera faite, elle prouvera d'abord à tous les Français, eux-mêmes, aux Européens et au reste du monde, que la France est capable de se transformer.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, face aux grèves, vous dites : « Le gouvernement tiendra ». Alors, le gouvernement peut-être, mais les Français tiendront-ils ? Vous pensez qu'ils vont tenir longtemps à devoir partir plus tôt, voire à ne pas partir, à affronter les embouteillages, à prendre des hôtels près de leur lieu de travail et à devoir poser des RTT parce qu'ils ne peuvent pas aller travailler ?

BRUNO LE MAIRE
D'abord, je trouve qu'ils font preuve, les Français, de beaucoup de sérénité face à ce mouvement qui le touche quasiment tous au quotidien. Ils font preuve de beaucoup d'ingéniosité, avec le covoiturage, beaucoup de résistance, beaucoup encore...

AUDREY CRESPO-MARA
Pour l'instant.

BRUNO LE MAIRE
Pour l'instant, de sérénité, et moi je veux leur rendre hommage, parce que tous ceux qui se battent le matin pour aller travailler, pour rejoindre leur bureau, pour faire tourner leur entreprise, pour ouvrir leur commerce, je mesure parfaitement toute la détermination et la sérénité que ça peut demander.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais vous savez que démarre la bataille de l'opinion, elle est très divisée, 46 % des Français soutiennent les grèves, et ils n'étaient que 42 % il y a deux semaines, et en étalant le mouvement jusqu'en juin, les grévistes prennent le temps de retourner l'opinion publique.

BRUNO LE MAIRE
A nous de l'expliquer, a nous d'expliquer pourquoi nous engageons cette transformation. On ne fait pas ça pour se faire plaisir. Pourquoi est-ce que nous voulons transformer ce grand service public qu'est la SNCF ? Pour une simple et bonne raison, c'est que nous voulons permettre à la SNCF de réussir son ouverture à la concurrence. L'ouverture à la concurrence, elle est décidée depuis des années, elle va faire arriver sur le territoire français, de nouveaux concurrents face au service public de la SNCF. Aujourd'hui, le service public de la SNCF, il est 30 % plus cher que l'équivalent en Allemagne. Il n'y a pas de problème tant qu'il y a pas d'ouverture la concurrence, tant que d'autres trains ne peuvent pas circuler en France, mais maintenant que d'autres trains vont pouvoir circuler en France, nous, avec le Premier ministre, avec le Président de la République, nous voulons donner les moyens à la SNCF de réussir. C'est ça notre objectif.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, Emmanuel MACRON, il a été élu il y a près d'un an, justement sur ce programme de rupture pour mettre fin aux blocages comme il le disait. Est-ce qu'il n'est pas un peu quand même en train de reculer ?

BRUNO LE MAIRE
Mais pas du tout !

AUDREY CRESPO-MARA
Vous parlez d'ouverture à la concurrence, elle se fera très progressivement jusqu'en 2039, au moins. Pour une réforme urgente, elle prend son temps, non ?

BRUNO LE MAIRE
Mais, Audrey CRESPO-MARA, transformer ça n'est pas brutaliser. Transformer en profondeur une économie ou un service public comme la SNCF, ça demande du temps. Transformer ça veut dire quoi ?

AUDREY CRESPO-MARA
Mais ça rallonge un calendrier.

BRUNO LE MAIRE
Mais ce n'est pas grave que ça prenne du temps, ce qui compte c'est que ce soit fait, au bout du compte, tous ceux qui veulent se précipiter pour aller se fracasser contre le mur, très bien, ça n'est pas une bonne méthode de gouvernement. La méthode de gouvernement d'Edouard PHILIPPE et du président de la République est la bonne : on prend le temps nécessaire pour faire une transformation en profondeur, c'est-à-dire réorganiser une structure qui aujourd'hui est beaucoup trop complexe pour avoir une seule société anonyme à capitaux publics incessible, qui va permettre d'être plus efficace dans l'organisation, réduire les coûts, parce qu'aujourd'hui, je le rappelle, la SNCF perd 3 milliards d'euros chaque année, 1,5 milliard d'euros de pertes d'exploitation, 1,5 milliard d'euros de remboursement des intérêts de la dette, ça n'est pas jouable, et au bout du compte, parce que c'est ça la clé pour nous, un service public, c'est le service du public une meilleure offre pour tous les usagers du train au quotidien. Et je voudrais que chaque Français comprenne bien ça, nous ne faisons pas ça, je le redis, pour nous faire plaisir, nous le faisons pour que les millions de Français qui empruntent le train chaque jour, qui en ont besoin pour leurs déplacements quotidiens, pour aller au travail, pour se rendre que leur lieu de vacances en famille, puissent le faire avec plus d'offres, de meilleure qualité, avec des trains plus sûrs, davantage à l'heure et je l'espère, avec un prix du train qui se réduira.

AUDREY CRESPO-MARA
Je vous demandais : est-ce qu'Emmanuel MACRON n'est pas quand même un peu en train de reculer, par exemple sur les ordonnances, vous avez renoncé aux ordonnances.

BRUNO LE MAIRE
Mais on nous reproche...

AUDREY CRESPO-MARA
Pourquoi avoir renoncé aux ordonnances ?

BRUNO LE MAIRE
C'est tous le charme.

AUDREY CRESPO-MARA
Ou est-ce que vous les gardez sur la tempe, et si jamais ça bloque pour de bon, vous les ressortirez ?

BRUNO LE MAIRE
Audrey CRESPO-MARA, c'est tout le charme de la politique. On vous reproche toujours tout et son contraire. Lorsque nous décidons de passer par ordonnance pour accélérer, parce que nous estimons qu'il faut aller vite, on nous dit : ça y est, c'est le retour du césarisme. Lorsqu'on dit : les ordonnances, nous allons les transformer en projet de loi sur lequel les parlementaires vont pouvoir s'exprimer ou vont pouvoir prendre le temps nécessaire, ajouter des amendements, on nous dit : vous reculez et vous prenez trop de temps Il n'y a ni recul, ni passage en force Il y a une détermination totale à faire de la SNCF, ce que je crois profondément, parce que moi je vais vous dire, j'aime la SNCF, j'aime le monde du rail, j'aime les trains et j'ai envie que la SNCF vrai ce grand service public ferroviaire national qui est une force pour notre pays Vous parliez d'attractivité, un des éléments d'attractivité clef de notre économie, c'est la qualité des infrastructures, la qualité des trains, la qualité du réseau ferroviaire Eh bien j'ai pas envie qu'on fiche tout ça en l'air, comme le proposent certains qui disent : on ne bouge rien, statu quo, on n'avance pas, on laisse en l'état. Je ne veux pas que nous abandonnions la SNCF à ce qu'elle est en train de devenir, je veux qu'elle se transforme et nous voulons tous qu'elle se transforme pour être plus efficace pour les usagers.

AUDREY CRESPO-MARA
Et n'est-ce pas un autre petit recul, le gouvernement a déjà promis que les cheminots garderaient leur statut, même en passant dans le privé, et là à droite on dit : bon, c'est une réformette quoi.

BRUNO LE MAIRE
Oui, alors les critiques de la droite actuelle, ont quelque chose de tout à fait fabuleux, c'est-à-dire qu'on ne sait pas dans quel monde on est. J'ai un peu envie de leur demander quand j'entends les questions à l'Assemble nationale, venues des Républicains qui critiquent la réforme la SNCF, je dis « mais changez de ban ! Allez à la France Insoumise, vous seriez plus à l'aise et au moins vous seriez en bonne compagnie, avec des gens qui défendent la même idée vous, c'est-à-dire : on bouge rien, conservatisme, statu quo Non, nous nous...

AUDREY CRESPO-MARA
Ils vous disent : vous n'allez pas assez loin.

BRUNO LE MAIRE
Mais nous avons toujours... eh bien dans ce cas-là il fallait le faire avant, ça n'a pas été fait. Le statut, la ligne a toujours été la même, et c'est je pense une ligne responsable Ceux qui ont le statut, ils le gardent, ceux qui sont embauchés dans la nouvelle structure, n'ont pas accès au statut, je pense que c'est juste.

AUDREY CRESPO-MARA
Et on voit d'autres mouvements sociaux s'agréger. La manifestation d'hier à Paris, réunissait cheminots mais aussi agent d'AIR FRANCE, éboueurs, enseignants, étudiants. J'imagine que vous redoutez ça, une agrégation des mouvements sociaux.

BRUNO LE MAIRE
Moi je pense qu'on n'a pas de craintes à avoir d'une agrégation que souhaitent certains qui dans le fond, ne rêvent que de désordre en France.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais ces images-là ne vous troublent pas ?

BRUNO LE MAIRE
Il faut faire attention à tout, il faut faire attention à tout ce qui se passe dans les universités, répondre aux préoccupations, et Frédérique VIDAL l'a très bien fait, ce qui a été fait pour les universités c'est tout simplement pour éviter le tirage au sort et l'échec en licence. Qui peut s'opposer à ça ? Donc nous veillons là-dessus, Frédérique VIDAL le fait, réexplique ce qui a été voulu pour les universités, mais quel est le lien entre les universités, la SNCF ? Qu'est-ce que ça veut dire cette agrégation des luttes, si ce n'est une volonté de désordre ? Or, la France...

AUDREY CRESPO-MARA
Mais vous saviez qu'en menant tant de réformes en même temps, vous preniez des risques sociaux. Vous dites quoi, vous dites aux Français de s'habituer ?

BRUNO LE MAIRE
Mais le pire des risques c'est de ne rien faire. C'est ce qui mènera...

AUDREY CRESPO-MARA
Donc les Français doivent s'habituer.

BRUNO LE MAIRE
Le pire des risques, c'est de ne rien faire, c'est ce qui fait que notre pays accumule les difficultés, est confronté depuis des décennies à un chômage de masse, à des finances publiques qui sont en désordre. Regardez, nous sommes arrivés l'année dernière pour la première fois depuis 10 ans, à respecter nos engagements européens et à réduire le déficit public, parce que c'était nécessaire. Bien sûr on prend des risques, quand on réforme, quand on transforme en profondeur le pays, et moi je suis convaincu...

AUDREY CRESPO-MARA
Et les Français doivent s'habituer donc à ces manifestations, à ces grèves, pour au moins pour les trois mois à venir.

BRUNO LE MAIRE
Non, je pense qu'il faut expliquer sans relâche ce que nous voulons faire, mais bien montrer que le cap que nous voulons tenir avec le président de la République, avec le Premier ministre, c'est celui d'une France qui fonctionne mieux, qui crée des emplois, qui retrouve la prospérité, et qui permet aux générations qui viennent de se dire : mais dans le fond, c'est en France qu'il faut vivre, parce que c'est le pays où la croissance, l'emploi, la situation de chacun se porte le mieux.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, s'il y en a un à qui espère l'agrégation des mouvements, c'est Philippe MARTINEZ, principal adversaire du gouvernement, il était l'invité de David PUJADAS hier soir sur LCI.

PHILIPPE MARTINEZ, SECRETAIRE GENERAL DE LA CGT
Beaucoup de salariés, de travailleurs, de chômeurs, les étudiants, ont des revendications. Eh bien toutes ces revendications qui ne sont pas forcément communes, sur tous les points, et bien elles doivent se traduire oui, par le slogan qu'on répète souvent dans les manifestations : tous ensembles pour une autre politique sociale.

AUDREY CRESPO-MARA
Il espère un nouveau Mai 68 Philippe MARTINEZ.

BRUNO LE MAIRE
Comparaison n'est pas raison et Philippe MARTINEZ le reconnaît lui-même, ses attentes sont pas communes. Il y a des inquiétudes des étudiants, universités, il faut leur réexpliquer, je le dis, Frédérique VIDAL le fait parfaitement, que la transformation des universités c'est pour plus de justice et pour que chacun puisse faire le meilleur parcours scolaire.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais sur le rôle de la CGT et cet espoir de mai 68...

BRUNO LE MAIRE
Il y a des attentes, je réponds juste à ce que disait Philippe MARTINEZ sur les salariés, bien sûr qu'il y a des attentes des salariés, bien sûr que lorsque les salariés voient qu'une entreprise fait des bénéfices, ils ont envie d'en profiter davantage, mais le président de la République l'a dit très clairement, nous allons développer massivement dans le projet de loi que je porterai à partir de cet été, sur la croissance, la transformation des entreprises, l'intéressement, la participation, l'actionnariat salarié. Et vous verrez que les mesures qui seront annoncées prochainement, sur l'intéressement et sur la participation, elles répondront à cette attente parfaitement légitime des salariés, qui disent : quand ma boîte se porte bien, c'est d'abord parce que moi, salarié de cette entreprise, j'ai travaillé, j'ai donné le mon temps, eh bien ils seront récompensés et je peux vous garantir que notamment les salariés des PME, des TPE, ceux qui ont le moins accès à l'intéressement et à la participation, ils verront que leurs efforts seront justement récompensés.

AUDREY CRESPO-MARA
Il y a un autre mouvement social qui lui ne relève pas d'une réforme du gouvernement, mais des restructurations d'entreprise. CARREFOUR, CARREFOUR le premier employeur privé en France qui licencie, tout en continuant à verser des millions d'euros à ses actionnaires et après avoir laissé partir cet été, le patron du groupe avec une indemnité de départ de 3 millions d'euros et 500 000 € de bonus annuel à vie, quand un groupe se trompe de stratégie c'est la faute du patron ou des salariés ?

BRUNO LE MAIRE
Il y a un nouveau patron chez CARREFOUR, donc il récupère une situation qui s'est totalement dégradée. Ce qui compte pour nous c'est quoi ? C'est d'abord l'avenir de CARREFOUR, qui est une entreprise de services très importante pour la France, et c'est que ce plan de départs volontaires ne se traduise pas par des difficultés pour les salariés, et nous y veillons attentivement. Ensuite...
AUDREY CRESPO-MARA

Il y a des licenciements en vue et pas qu'en vue.

BRUNO LE MAIRE
Nous y veillons attentivement. Ensuite il y a un problème beaucoup plus général c'est la confrontation entre la grande distribution et la révolution technologique en cours, avec l'intelligence artificielle, avec les plateformes de services qui se développent partout. Cette transformation là, elle fait courir un risque sur des dizaines de milliers de salariés en France. Tous ceux qui travaillent dans la grande distribution, qui sont dans ces services de grande distribution, qui sont à la caisse, qui très souvent ont des niveaux de qualification qui sont faibles, c'est pour moi un sujet de préoccupation majeur.

AUDREY CRESPO-MARA
Et vous allez voir la Direction de CARREFOUR ?

BRUNO LE MAIRE
Début juin, début juin, je réunirai tous les acteurs de la grande distribution, pas spécialement CARREFOUR, tous les acteurs, pour leur dire...

AUDREY CRESPO-MARA
Mais qu'est-ce que vous pouvez faire concrètement ?

BRUNO LE MAIRE
... mais qu'est-ce que nous pouvons faire, ensemble, pour préparer ces dizaines de milliers de salariés qui vont être confrontés à une révolution technologique massive, pour qu'ils puissent avoir un avenir dans la grande distribution, qu'on leur donne la formation, la qualification, les nouveaux métiers dont ils ont besoin, pour ne pas passer par la case chômage. C'est ça ma préoccupation.

AUDREY CRESPO-MARA
Et pour que des entreprises qui touchent des millions du CICE, CARREFOUR c'était 134 millions en 2016, ne licencient pas et embauchent, puisque qu'elles touchent de l'argent de l'Etat pour ça non ?

BRUNO LE MAIRE
Il n'y a pas de licenciements chez CARREFOUR, il y a un plan de départs volontaires, et je vous dis, nous veillons attentivement à ce que les choses se passent dans l'intérêt des salariés.

AUDREY CRESPO-MARA
Toutes ces grèves, CARREFOUR, la SNCF, AIR FRANCE, EDF, n'est-ce pas une mauvaise image au moment où l'économie française repartait, redevenait plus attractive pour les entreprises étrangères ?

BRUNO LE MAIRE
Elle est plus réactive la France, 16 % d'investissements supplémentaires de l'étranger en France, en 2017 par rapport à 2016, notamment dans l'industrie, c'est une bonne nouvelle, ça veut dire 33 000 emplois en plus pour les Français, et donc cette attractivité, nous allons continuer à la développer, avec le président de la République, et avec le Premier ministre, ce sera le projet de loi dont je vous ai parlé sur la croissance et la transformation des entreprises. Ce qui se passe à la SNCF, je ne vais pas vous dire que ça améliore l'attractivité du pays, ce que je sais, c'est que, au bout du compte, les investisseurs étrangers ils regarderont une chose : est-ce que le service public ferroviaire dont nous sommes tous fiers, a été transformé oui ou non, pour l'amélioration du service des usagers ? Moi je suis convaincu que la réponse sera oui et je suis convaincu qu'au bout du compte tout le monde sera gagnant, la SNCF elle-même et les usagers.

AUDREY CRESPO-MARA
Et vous misez donc sur un essoufflement de la capacité de mobilisation de la CGT, qui compte beaucoup moins d'adhérents aujourd'hui qu'en mai 68 par exemple.

BRUNO LE MAIRE
Non, je vise sur notre capacité à convaincre tout le monde, y compris les agents de la SNCF, qui sont les premiers concernés, que cette transformation, elle est de leur intérêt. Nous, nous voulons un service public de la SNCF qui fonctionne mieux, c'est l'intérêt des salariés de la SNCF, des cheminots eux aussi et évidemment des millions d'usagers du train.

AUDREY CRESPO-MARA
Tous les matins, je pose une question récurrente, la question off, mais devant les caméras.

- Jingle -

AUDREY CRESPO-MARA
C'est off, entre nous. Vous envisagez de publier un nouveau livre, en 2019. On a le temps d'écrire des livres quand on est ministre de l'Economie et des Finances ?

BRUNO LE MAIRE
On a le temps d'écrire quand on a besoin d'écrire.

AUDREY CRESPO-MARA
C'est un besoin ?

BRUNO LE MAIRE
C'est comme ça.

AUDREY CRESPO-MARA
C'est une nécessité.

BRUNO LE MAIRE
Oui, c'est un besoin, c'est une nécessité.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous écrivez quand ?

BRUNO LE MAIRE
J'écris tôt le matin, en général, parfois un peu le week-end, mais surtout tôt le matin. Ecrire n'a de sens que si c'est nécessaire pour vous, et si c'est nécessaire, il faut le faire c'est tout.

AUDREY CRESPO-MARA
Votre avant dernier livre s'intitulait : « A nos enfants ». Ce prochain livre va s'intituler « A nos retraités » ?

BRUNO LE MAIRE
Il n'a pas encore de titre, mais ce ne sera pas spécialement un livre politique, ça sera un livre plus personnel.

AUDREY CRESPO-MARA
Et les retraités dans tout ça ?

BRUNO LE MAIRE
Les retraités, on y pense autant qu'à n'importe quel autre Français, enfin cette idée qu'on puisse être contre les retraités, elle est absurde. Nous avons demandé un effort aux retraités, pas un effort pour rien, un effort pour que tous ceux qui travaillent puissent être mieux rémunérés, je pense que c'est une décision qui est juste.

AUDREY CRESPO-MARA
Et vous êtes un peu revenu dessus en permettant à 100 000 d'entre eux de ne pas être impactés par cette hausse de CSG. Vous reconnaissez un peu ne faute quelque part.

BRUNO LE MAIRE
Oui, quand il y a des choses qui doivent être corrigées pour que la mesure soit mieux comprise, eh bien il faut évidemment le faire, mais demander à ceux qui ne travaillent plus, de faire un effort et j'ai parfaitement conscience que c'est un effort important, pour beaucoup d'entre eux, pour que tous ceux qui travaillent, qui financent aujourd'hui les retraites, puissent être mieux payés, avoir un meilleur salaire à la fin du mois, je pense que c'est quelque chose qui est peut-être difficile à comprendre mais qui est fondamentalement juste.

AUDREY CRESPO-MARA
Merci beaucoup Bruno LE MAIRE.

BRUNO LE MAIRE
Merci Audrey CRESPO-MARA


source ; Service d'information du Gouvernement, le 6 avril 2018

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