Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à France Inter le 5 avril 2018, sur la dette de la SNCF et le statut des cheminots, le blocage de certaines universités et le calendrier de la réforme des institutions. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à France Inter le 5 avril 2018, sur la dette de la SNCF et le statut des cheminots, le blocage de certaines universités et le calendrier de la réforme des institutions.

Personnalité, fonction : PHILIPPE Edouard.

FRANCE. Premier ministre

ti : NICOLAS DEMORAND
Avec Léa SALAME, notre invité ce matin pour « le Grand entretien de France Inter » est le Premier ministre de la France. Auditeurs d'Inter, vous avez la parole au 01.45.24.7000, sur les réseaux sociaux, l'application France Inter et sur le Facebook Live d'Inter où vous pouvez suivre cet entretien en direct. Bonjour Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour Nicolas DEMORAND.

NICOLAS DEMORAND
Deux questions, Monsieur le Premier ministre, avant d'entrer dans le coeur de la réforme. Le mouvement social était annoncé à la SNCF, ses modalités exposées par les syndicats, les deux premiers jours de grève ont été massivement suivis, est-ce que vous nous dites ce matin que quelle que soit la durée de ce mouvement, quelle que soit la durée de cette grève, vous ferez cette réforme ?

EDOUARD PHILIPPE
Je vous confirme que nous sommes déterminés à mettre en oeuvre cette réforme. Je préférerai que le mouvement social, que la grève, qui est respectable au sens où une liberté constitutionnelle doit être respectée, je préférerai qu'elle soit la moins longue possible. J'observe que dans ses modalités de construction et d'organisation elle a ét pensée, et assumée d'ailleurs, par ceux qui l'organisent, pour avoir l'impact le plus gênant…

NICOLAS DEMORAND
Perceptible.

EDOUARD PHILIPPE
Le plus perceptible possible, pour les clients et les usagers de la SNCF.

NICOLAS DEMORAND
Vous redoutez qu'elle dure ?

EDOUARD PHILIPPE
Je préférerai qu'elle ne dure pas, parce que je pense à tous ceux qui ont besoin du train pour aller travailler, pour aller retrouver leurs proches, pour se déplacer, être libres d'aller et de venir. Je vous fais observer, du reste, que c'est une autre liberté constitutionnellement garantie. Et je pense à eux parce que vous avez vu, comme moi, beaucoup d'images de Françaises, de Français, qui hier et avant-hier ont singulièrement souffert pour pouvoir se déplacer et aller à leur travail, donc je respecte bien entendu les grévistes, mais vous comprendrez, je crois, que je respecte au moins autant ceux qui ne font pas la grève et qui en subissent les effets.

NICOLAS DEMORAND
Un sondage publié dimanche indiquait que 46 % des Français trouvaient ce mouvement de grève justifié, chiffre en augmentation. En dépit des désagréments, une autre enquête publiée hier montrait que 56 % des sondés estiment que le gouvernement doit modifier sa réforme en tenant compte des contestations. Vous annulez, par ailleurs, un déplacement prévu au Mali pour rester en France ce week-end, il semble y avoir urgence. Redoutez-vous que l'opinion se retourne ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, je ne redoute pas ce genre de retournement, je sais que les perceptions des mouvements sociaux peuvent fluctuer, changer, parfois être très positives, ensuite être très négatives, ou l'inverse, moi ce qui m'intéresse ce n'est pas tellement de commenter et de regarder l'opinion, ce qui m'intéresse c'est…

NICOLAS DEMORAND
C'est un baromètre, au moment où on entre précisément dans un conflit qui peut durer.

EDOUARD PHILIPPE
Eh bien justement, je ne suis pas fasciné par le baromètre, ce qui m'intéresse c'est plutôt le cap, voyez la différence ? Et ce qui m'intéresse c'est d'essayer de faire en sorte que nous trouvions une solution pour garantir un fonctionnement efficace, de qualité, de la SNCF et de l'ensemble du monde ferroviaire dans les années qui viennent. Ça c'est une vraie question, indépendamment de tous les baromètres de la terre, ça c'est une vraie question, et la réforme que nous mettons en place, elle a cet objectif.

NICOLAS DEMORAND
Mais ce baromètre dit peut-être que la réforme n'est pas comprise, encore, ou peu lisible.

EDOUARD PHILIPPE
Elle est d'abord compliquée, il faut l'expliquer, vous avez parfaitement raison, elle est, en plus, ouverte à la discussion. Il y a des choses qui sont ouvertes à la discussion dans cette réforme, nous l'avons dit dès le début, d'ailleurs nous l'avons montré puisque nous avons intégré un certain nombre de remarques qui nous ont été faites dans le calibrage de l'ouverture à la concurrence, qui a été présenté à l'Assemblée nationale à partir de lundi dernier.

NICOLAS DEMORAND
Qu'est-ce qui est ouvert désormais sur la table ?

EDOUARD PHILIPPE
L'organisation de l'entreprise. Quand nous avons annoncé notre méthode, et notre objectif, nous avons dit qu'un certain nombre de choses n'étaient pas négociables. Nous allons ouvrir à la concurrence le domaine ferroviaire, nous allons transformer l'organisation de l'entreprise, nous allons mettre fin aux recrutements au statut, ça ce sont des décisions qui ont été prises, ce sont des axes qui sont assumés. Mais à l'intérieur de ce cadre, il y a beaucoup de choses qui peuvent être discutées, les conditions dans lesquelles on ouvre à la concurrence, les conditions dans lesquelles est organisée l'entreprise. Je voudrais vous en donner un exemple, pardon s'il est un peu technique. Aujourd'hui la SNCF c'est trois établissements publics, un établissement public dont on dit qu'il est l'établissement public de tête, et puis la mobilité et le réseau. On a l'impression qu'il y a un patron à la SNCF, la vérité c'est qu'il y en a trois, et quand vous avez un problème comme à Montparnasse il y a quelques mois, vous vous demandez si c'est un problème de mobilité ou un problème de réseau, et qui vous devez appeler, et qui va régler le problème. Moi ce que je veux c'est faire en sorte que la SNCF soit une entreprise unie, unifiée, il faut revenir à l'unité du groupe, souple dans son organisation, car on en a besoin dans un monde qui sera ouvert à la concurrence, et à capitaux publics, et à l'intérieur de ce triptyque, unité, souplesse, capitaux publics, on peut discuter de la meilleure façon d'organiser l'entreprise. Et les syndicats le savent parfaitement, puisque nous avons des discussions en la matière.

NICOLAS DEMORAND
Il ne pourrait y avoir qu'un seul patron.

EDOUARD PHILIPPE
Ce n'est pas tellement qu'il pourrait, Nicolas DEMORAND, c'est qu'il faut, c'est qu'il faut, il faut qu'il n'y ait qu'un seul patron.

NICOLAS DEMORAND
J'aimerais que vous nous expliquiez en quoi la fin du statut social des cheminots va permettre aux trains d'arriver à l'heure.

EDOUARD PHILIPPE
Poser la question comme ça c'est la poser avec l'idée que nous nous « attaquerions » à des choses qui seraient sans importance. La vérité c'est que…

NICOLAS DEMORAND
Non, non, sans rapport peut-être, ce n'est pas la question de l'importance…

EDOUARD PHILIPPE
Non, non, mais la vérité c'est que si nous faisons cette réforme c'est pour faire en sorte que la qualité du service public, que la qualité du service ferroviaire, s'accroisse. Et vous savez parfaitement…

NICOLAS DEMORAND
Mais qu'est-ce que ça a à voir avec le statut social des cheminots ?

EDOUARD PHILIPPE
Vous savez parfaitement, Monsieur DEMORAND, parce que je crois que l'ensemble des Français le savent, que cette qualité du service public, que cette qualité du service ferroviaire, à laquelle ils sont attachés, je n'ai aucun doute là-dessus, elle se dégrade, elle se dégrade sur les petites lignes…

NICOLAS DEMORAND
Elle se dégrade à cause du statut social des cheminots ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, elle se dégrade pour un ensemble de causes, un sous-investissement, une incapacité de l'entreprise, d'ailleurs parfois presque désincitée par l'Etat à s'organiser opérationnellement de façon plus efficace, des lourdeurs dans la gestion, un coût opérationnel de fonctionnement du train français qui est excessif – pardon pour tous ces mots, pour tous ces concepts – mais la vérité c'est que l'entreprise n'est pas à la hauteur de ce que les Français sont en droit d'attendre d'elle, ni dans son fonctionnement financier, ni dans son fonctionnement opérationnel. Et pour améliorer tout cela, il faut régler la question de la dette, il faut régler la question des investissements, et il faut aussi retrouver des leviers….

NICOLAS DEMORAND
Mais vous vous êtes…

EDOUARD PHILIPPE
Attendez, j'y viens – il faut aussi retrouver des leviers de transformation…

NICOLAS DEMORAND
Vous vous êtes attaqué au statut social des cheminots pour commencer.

EDOUARD PHILIPPE
Il faut aussi retrouver des leviers de transformation de l'entreprise, ça passe par le respect du statut pour ceux qui en disposent déjà, mais c'est vrai, pour ceux qui entreront dans l'entreprise dans les années qui viennent, le fait de ne plus être recruté au statut.

NICOLAS DEMORAND
Mais est-ce parce que les cheminots, aujourd'hui, ont trop de droits, que les trains arrivent en retard ? C'est ma question, elle est simple.

EDOUARD PHILIPPE
Eh bien, c'est pour toute une série de raisons que les trains n'arrivent pas à l'heure.

NICOLAS DEMORAND
Non, mais là c'est sur le statut des cheminots.

EDOUARD PHILIPPE
La rigidité opérationnelle de la boîte est un problème, voilà. La rigidité opérationnelle de la boîte est un problème. Le sous-investissement de l'Etat dans la boîte est un problème. Le fait que cette entreprise qui, chaque année, touche un montant, de plus en plus important, d'argent public, qu'il vienne de l'Etat ou des collectivités territoriales. Chaque année, vous connaissez les chiffres Monsieur DEMORAND, ils sont importants, il faut les avoir en tête, nous payons – globalement, le contribuable public paye – 22 %, en plus qu'il y a 10 ans, pour le fonctionnement de la SNCF. Et alors même que, chaque année, nous mettons de plus en plus d'argent public, la dette s'accroît, le déficit est réel. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous devons réparer l'entreprise si nous voulons faire en sorte que, demain, elle puisse repartir.

NICOLAS DEMORAND
On va revenir tout de suite à la question de la dette, mais sur la question de l'ouverture à la concurrence de la SNCF, est-ce que les bienfaits de cette concurrence, Edouard PHILIPPE, c'est pour vous une certitude, les trains rouleront mieux, ils seront plus ponctuels, plus confortables, moins chers, c'est une certitude ou un pari ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est une conviction.

NICOLAS DEMORAND
Oui, donc elle n'est pas étayée sur autre chose qu'un sentiment personnel.

EDOUARD PHILIPPE
Non, elle est étayée sur l'expérience et sur la comparaison. L'expérience c'est le fait qu'il y a un bon nombre de domaines économiques où nous avons ouvert à la concurrence et où la qualité de service, pour l'usager, s'est améliorée, c'est vrai dans le transport aérien, c'est vrai dans la téléphonie – eh bien oui, c'est vrai dans le transport aérien, les coûts ont baissé, les offres se sont multipliées – c'est vrai dans la téléphonie.

NICOLAS DEMORAND
C'est un peu particulier le rail !

EDOUARD PHILIPPE
Très bien, vous dites le rail c'est un peu particulier, c'est là que je ne vais plus m'appuyer sur l'expérience, mais sur la comparaison. En Allemagne – je ne crois pas qu'on soit plus intelligent que les Allemands Monsieur DEMORAND, mais je ne pense pas qu'on soit beaucoup plus bête – en Allemagne vous avez un système avec une entreprise publique, avec des investissements publics importants, dans un monde concurrentiel, où la qualité de service s'accroît, la diversité des offres s'accroît, la ponctualité des trains s'accroît.

NICOLAS DEMORAND
Il y a des contre-exemples, vous le savez bien Monsieur le Premier ministre…

EDOUARD PHILIPPE
Très bien, mais traitons cet exemple-là.

NICOLAS DEMORAND
Il y autant de contre-exemples qu'il n'y a d'exemples.

EDOUARD PHILIPPE
Traitons cet exemple-là. L'exemple allemand il est proche…

NICOLAS DEMORAND
Donc il y a une conviction que la concurrence est positive, chez vous, mais pas une preuve.

EDOUARD PHILIPPE
Je vous dirais bien de traverser le Rhin, d'aller voir comment fonctionne le train allemand.

NICOLAS DEMORAND
On peut traverser la Manche aussi.

EDOUARD PHILIPPE
Oui, mais ce n'est pas l'organisation que nous avons retenue. C'est-à-dire que, vous pouvez me dire l'Angleterre ce n'est pas bien, ce n'est pas le modèle que nous avons retenu. Nous avons retenu un modèle qui s'inspire de ce qui existe déjà, et, franchement, si ça marche là-bas, pourquoi voudriez-vous que ça ne marche pas ici ? Je vous pose la question….

NICOLAS DEMORAND
Alors, comme les Allemands…

EDOUARD PHILIPPE
A laquelle vous ne répondez pas.

NICOLAS DEMORAND
Moi je pose les questions, je vous les pose…

EDOUARD PHILIPPE
C'est vrai, c'est vrai.

NICOLAS DEMORAND
C'est vous qui ne répondez pas, d'ailleurs, à un certain nombre d'entre elles. Vous citez les Allemands, la DEUTSCHE BAHN, qui est née après la réunification des deux Allemagne, l'Etat fédéral allemand avait repris la tête des entités fusionnées à l'époque. Est-ce que l'Etat français va reprendre tout ou partie de la dette, de près de 47 milliards d'euros, de la SNCF ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est une question qui est devant nous, on l'a d'ailleurs… je l'ai moi-même évoquée au moment où j'ai annoncé le contenu de la réforme, en disant qu'il y avait cette question de la dette, considérable, on parle de 40… vous dites 47, d'ailleurs ça dépend un peu comment on compte, mais enfin on va dire entre 47 et 50 milliards, c'est 3 milliards de plus tous les ans de toute façon. Donc, c'est considérable, c'est beaucoup d'argent, pour un pays, la France, qui est déjà lourdement endetté. La question c'est de savoir comment est-ce qu'on va traiter ce fardeau qui pèse sur l'entreprise et qui est une des raisons de ses difficultés, une des raisons, pas la seule, mais une des raisons.

NICOLAS DEMORAND
Vous allez la reprendre alors, ou pas, cette dette ?

EDOUARD PHILIPPE
Nous avons indiqué que nous voulions que la SNCF, que l'entreprise, transforme son mode de fonctionnement, qu'elle fasse des réformes opérationnelles qui lui permettent d'être plus efficace, et que – c'est la façon dont j'ai indiqué la position du gouvernement – avant la fin du quinquennat, si la SNCF respectait ses engagements, le gouvernement prendrait ses responsabilités. Nous sommes en train de discuter avec la SNCF, avec les organisations syndicales, vous le savez, je crois qu'il y a une réunion qui est prévue aujourd'hui au ministère des Transports, et donc cette question elle est devant nous. Mais, je ne veux pas, Monsieur DEMORAND je veux le dire clairement, je ne veux pas prendre un engagement alors même que, à ce stade, rien n'a changé dans le fonctionnement de la SNCF, ce qui reviendrait à dire…

NICOLAS DEMORAND
Donc on est encore sur un arbitrage sur le principe même d'une reprise de la dette.

EDOUARD PHILIPPE
Pas du tout, pas du tout, puisque vous avez bien compris ce que je viens de dire.

NICOLAS DEMORAND
Ah, ce principe est acquis ?

EDOUARD PHILIPPE
Pas du tout, puisque vous avez parfaitement compris ce que je viens de dire. Ce que je veux dire c'est que, je ne veux pas dire aux Français : les Français vont payer cette dette, la reprendre, alors qu'ils n'ont aucun élément leur permettant de penser qu'à l'avenir on ne va pas retomber dans 3 milliards de déficit annuel supplémentaires chaque année. Donc, la question est devant nous, je suis ouvert à la discussion, mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel rythme, et en contrepartie d'engagements extrêmement clairs, extrêmement fermes, et qui transforment le fonctionnement opérationnel de l'entreprise.

NICOLAS DEMORAND
Le calendrier d'une reprise éventuelle de la dette considérant tout ce que vous venez de dire, ça pourrait être quand, Edouard PHILIPPE, à partir de quel moment vous estimerez que le sujet est mûr ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est trop tôt pour le dire.

NICOLAS DEMORAND
Donc il y a un vrai point d'interrogation sur ce sujet.

EDOUARD PHILIPPE
C'est une discussion qui est en cours. Je peux difficilement, voyez-vous, donner le point d'aboutissement d'une discussion et d'une réflexion avant qu'elle ait eu lieu.

NICOLAS DEMORAND
Le président de la République, en juillet, avait échangé avec un certain nombre de cheminots, en leur proposant un deal, un deal qui était très simple : reprise de la dette de la SNCF contre révision des conditions sociales. La révision des conditions est sur la table, mais la partie de chemin que vous vous devez parcourir, la dette, eh bien non, elle, elle n'y est pas.

EDOUARD PHILIPPE
Je viens de dire exactement l'inverse Monsieur DEMORAND.

NICOLAS DEMORAND
Non, non, non…

EDOUARD PHILIPPE
Je viens de dire exactement l'inverse.

NICOLAS DEMORAND
Vous avez dit que vous alliez observer si les transformations de l'entreprise permettaient de, vous n'avez pas dit nous reprendrons cette dette.

EDOUARD PHILIPPE
Je suis triste si nous donnons le sentiment de ne pas nous comprendre, peut-être est-ce parce que je ne suis pas suffisamment clair, nous sommes exactement devant cette discussion…

NICOLAS DEMORAND
D'accord, donc il y aura donnant-donnant.

EDOUARD PHILIPPE
Je l'ai dit en entrée de discussion en janvier, le gouvernement prendra ses responsabilités, il les prendra avant la fin du quinquennat, et il les prendra dans la mesure où l'entreprise prendra les siennes.

NICOLAS DEMORAND
Une dernière question avant de passer le micro et la parole à Léa SALAME. Les images du bain de foule d'Emmanuel MACRON au Touquet en tenue de tennis ce week-end, c'est de l'indifférence à la situation que traverse le pays avec cette crise de la SNCF, ou c'est le syndrome qui finit par toucher tous les présidents, quel que soit leur âge, éloignement et grande confiance en soi ?

EDOUARD PHILIPPE
D'abord, je ne crois pas avoir vu ces images, donc vous me permettrez de ne pas les commenter.

NICOLAS DEMORAND
Je les ai décrites.

EDOUARD PHILIPPE
Non, non, je les entends, mais comme je ne les ai pas vues je me permets de ne pas les commenter. Par ailleurs, si le président, pendant un week-end, veut aller jouer au tennis, je ne vois pas le sujet.

NICOLAS DEMORAND
Vous n'avez pas abordé ce conflit avec une forme de suffisance ? Gabriel ATTAL, porte-parole de la République en Marche a dit ici même, sur Inter, qu'il fallait rompre avec la « gréviculture » française, est-ce que vous reprendriez ce mot, cette sémantique, ou vous estimez que c'est déplacé ?

EDOUARD PHILIPPE
J'entends votre question, je me permets de commenter ce que je dis moi.

NICOLAS DEMORAND
C'est la République en Marche là quand même !

EDOUARD PHILIPPE
Je n'ai jamais, jamais, jamais critiqué, ou attaqué, les cheminots, je n'ai jamais contesté à personne le droit de faire grève, jamais. Je me suis toujours placé dans une situation où j'entrais dans des discussions, dans une question sociale, ou dans un conflit social, en respectant ceux qui étaient de l'autre côté de la table, toujours. Je le fais avec beaucoup de clarté, avec beaucoup de tranquillité et avec beaucoup de détermination, parce que l'expérience que j'ai c'est que c'est comme ça qu'on avance.

NICOLAS DEMORAND
Et ça on peut vous le reconnaître, effectivement, au micro d'Inter ce matin.

EDOUARD PHILIPPE
Je vous en remercie.

LEA SALAME
Monsieur le Premier ministre, autre contestation qui prend de l'ampleur, celle des universités contre la réforme Parcoursup. Une vingtaine de facs sont bloquées et alors que les examens de fin d'année approchent, hier à Lille les étudiants ont voté l'annulation des examens et ils demandent aux professeurs de mettre 10 sur 20 à tout le monde.

EDOUARD PHILIPPE
D'abord, je regarde cette situation avec beaucoup de vigilance parce que ça concerne les universités, ça concerne la jeunesse de France, ça concerne la France de demain, celle qui se forme, celle qui s'instruit, celle qui s'élève et celle qui va contribuer à la richesse, au rayonnement et je dirais au bien-être de l'ensemble de la population. Je regarde ça avec beaucoup de vigilance.

LEA SALAME
Et puis vous connaissez l'adage : « Les jeunes, c'est comme le dentifrice : quand c'est sorti du tube, c'est difficile de re-rentrer. »

EDOUARD PHILIPPE
Oui, c'est une jolie formule mais c'est une question qui est tellement sérieuse que je ne veux pas m'abandonner à ces jolies formules. Il y a dans ces blocages d'amphis ou parfois de sites universitaires beaucoup de violence. Il y a eu beaucoup de violence. J'ai entendu sur votre antenne – je ne sais plus si c'était hier ou avant-hier – Olivier BESANCENOT…

LEA SALAME
C'était hier.

EDOUARD PHILIPPE
C'était hier, c'est ça. Assumer le fait qu'il était un révolutionnaire et, d'une certaine façon, encourageait vivement les étudiants à suivre à la fois son inclinaison personnelle et les conseils qu'il pouvait prodiguer. Il y a une très forte mainmise d'une partie étudiante, parfois d'ailleurs pas étudiante, de l'extrême gauche sur le début de ces mouvements.

LEA SALAME
Ça vous inquiète ?

EDOUARD PHILIPPE
Avec une forme de violence. Vous avez peut-être vu, madame SALAME, comme moi je les ai vues, les photos des amphis à Paris, à Grenoble, dévastés, tagués, avec des inscriptions qui, dans le contexte dans lequel nous vivons, ne sont absolument pas neutres. Quand je vois sur le mur d'un amphithéâtre : « Un bon flic, c'est un flic mort », aujourd'hui, après la semaine que j'ai passée, que la France vient de passer, je ne crois pas qu'il y ait quelque chose de neutre là-dedans.

LEA SALAME
Vous reconnaissez qu'il y a eu aussi des violences notamment à Montpellier de groupes d'extrême droite.

EDOUARD PHILIPPE
Absolument. Mais d'ailleurs, elles sont…

LEA SALAME
Tout aussi condamnables ?

EDOUARD PHILIPPE
Tout aussi condamnables. Tout aussi condamnables. Je condamne toutes les violences contre les personnes et contre les biens.

LEA SALAME
Sur les examens, Monsieur le Premier ministre…

EDOUARD PHILIPPE
Les examens doivent avoir lieu.

LEA SALAME
Ils auront lieu ?

EDOUARD PHILIPPE
Mais bien entendu.

LEA SALAME
Dans les meilleures conditions ?

EDOUARD PHILIPPE
Mais évidemment. Evidemment. Et l'idée que des étudiants réclament d'avoir quoi qu'il arrive soit de ne pas avoir d'examen, soit quoi qu'il arrive d'avoir la moyenne à leurs examens me laisse rêveur sur la conception qu'ils ont eux-mêmes de leur travail, de la chance qui leur ait donné d'aller à l'Université. Je le dis comme je le pense. J'observe que cette vision des choses me semble extrêmement minoritaire chez les étudiants. Heureusement d'ailleurs.
LEA SALAME
30 % de parlementaires en moins, 15 % de proportionnelle, vous avez présenté hier la grande réforme institutionnelle promise par Emmanuel MACRON. Mais alors que vous menez toutes vos réformes tambour battant, vous avez annoncé vouloir la voter en 2019 et non plus dès cet été comme l'avait promis Emmanuel MACRON. Est-ce pour vous donner plus de temps, Monsieur le Premier ministre, pour être clair, de convaincre les plus réticents ? D'obtenir la majorité des trois cinquièmes ? Et de ne pas passer par le référendum ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, c'est simplement parce que quoi qu'il arrive, ça prend du temps. Une révision constitutionnelle, compte tenu des dispositions de l'article 89 de la Constitution, ça prend du temps.

LEA SALAME
D'accord. Mais Emmanuel MACRON avait dit : « Ça sera traité cet été, été 2018. »

EDOUARD PHILIPPE
On aura une première lecture à l'Assemblée nationale avant la pause estivale. Ça, on peut parfaitement le garantir. Compte tenu des délais, on ne peut pas garantir une lecture au Sénat, une première lecture au Sénat, avant le deuxième semestre. Elle aura lieu au deuxième semestre. Je ne sais pas encore si l'Assemblée nationale et le Sénat se mettront d'accord au terme d'une première lecture mais reconnaissez avec moi que c'est peu probable. Il faudra donc avoir une deuxième lecture à l'Assemblée nationale puis une deuxième lecture au Sénat. Là encore, ça prend du temps.

LEA SALAME
Donc 2019.

EDOUARD PHILIPPE
Dire que la réforme à vocation à être parachevée en 2019, c'est simplement dire la vérité sur la lenteur du process. Et je vais vous dire, madame SALAME, s'agissant de révision de la Constitution, ça ne me choque pas qu'on aille à un rythme sinon de sénateur, au moins à un bon rythme.

LEA SALAME
Oui. J'allais vous dire que vous êtes moins prompts à aller vite avec les sénateurs qu'avec les cheminots. Mais est-ce que le référendum est toujours sur la table ?

EDOUARD PHILIPPE
Là encore, vous savez que l'article 89 prévoit que la question se pose au président de la République de savoir s'il veut privilégier le Congrès aux trois cinquièmes ou le référendum devant les Français après que le texte a été voté dans les mêmes termes à l'Assemblée nationale et au Sénat. Quand le texte aura été voté, s'il est voté un jour dans les mêmes termes à l'Assemblée nationale et au Sénat, ce que je crois, ce que j'espère, ce que je pense possible, alors le président de la République choisira s'il doit passer au Parlement ou devant les Français. Et tout indique, compte tenu de la méthode que nous avons retenue pour travailler, que nous nous plaçons plutôt dans une logique de travail parlementaire et donc de réunion du Congrès. Mais c'est une liberté qui sera offerte à l'appréciation du président après que les textes auront été votés dans les mêmes termes.

LEA SALAME
Vous avez des garanties du président du Sénat Gérard LARCHER ? Vous avez réussi à l'amadouer avec les concessions ?

EDOUARD PHILIPPE
Non, pas de garanties. On n'est pas en train de marchander derrière le comptoir. Il s'agit de discussions, de discussions sérieuses, de discussions où chacun fait part de ses convictions.

LEA SALAME
Et elles continuent.

EDOUARD PHILIPPE
Avec une logique de travail qui a été exprimée par le président de l'Assemblée nationale, par le président du Sénat, par l'ensemble des acteurs et je m'en félicite.

NICOLAS DEMORAND
Intervenez, amis auditeurs. On va rester sur la réforme constitutionnelle, je crois. Bonjour Bernard, vous nous appelez de Toulouse. Bienvenu.

BERNARD, AUDITEUR TOULOUSAIN
Oui, bonjour Monsieur le Premier ministre.

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour monsieur.

BERNARD
Bonjour la matinale de France Inter. Ma question est la suivante. Le résultat du pourcentage de la proportionnelle est de 15 % de ce que j'ai lu et de ce que j'ai écouté. Compte tenu du soutien de François BAYROU à Emmanuel MACRON pendant la présidentielle, comment avez-vous vendu ce pourcentage, cette proportionnelle à François BAYROU ?

NICOLAS DEMORAND
Merci Bernard pour cette question. Le Premier ministre Edouard PHILIPPE vous répond.

EDOUARD PHILIPPE
Monsieur, je ne vends rien. L'engagement du président de la République, c'est…

NICOLAS DEMORAND
Comment avez-vous défendu alors cet arbitrage ?

EDOUARD PHILIPPE
L'engagement du président de la République était d'une très grande clarté. Il voulait qu'on réduise le nombre de parlementaires et que dans ce nombre réduit de députés, on introduise une dose de proportionnelle. Pourquoi ? Parce que le scrutin uninominal majoritaire à deux tours qui prévaut pour l'élection des députés, c'est un bon scrutin. Il permet la définition d'une majorité stable et donc il est important que notre système reste majoritairement organisé sur le scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Mais il a des inconvénients et notamment il a un inconvénient qu'on connaît parfaitement en France d'exclure dans les faits une très large partie de l'opinion publique qui s'est exprimée au moment du vote de l'Assemblée nationale. Et donc l'idée de cette introduction d'une dose de proportionnelle – 15 % des députés, 60 sur 405, 61 sur 405 – c'est de permettre justement à des courants politiques qui existent, qui sont légitimes et qui ne sont que très peu représentés voire pas du tout représentés à l'Assemblée nationale dans un scrutin uninominal majoritaire à deux tours d'y avoir accès. Ça permet la meilleure représentation des Français à l'Assemblée nationale et je pense que de ce point de vue-là, ça n'est pas une remise en cause du scrutin majoritaire, c'est une correction utile au biais du scrutin majoritaire.

NICOLAS DEMORAND
On retourne au standard. Bonjour Jean-Philippe.

JEAN-PHILIPPE, AUDITEUR
Oui, bonjour.

NICOLAS DEMORAND
Bienvenu.

JEAN-PHILIPPE
Bonjour France Inter, bonjour Monsieur le Premier ministre.

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour monsieur.

JEAN-PHILIPPE
J'ai une question : pourquoi détestez-vous autant les territoires ruraux ? Je peux lister les mesures que vous avez prises et que ce gouvernement a prises depuis son entrée en fonction. C'est la hausse des carburants pour les gens qui sont obligés de prendre leur voiture. C'est la fin des services publics de transport et notamment ferroviaire. C'est les fermetures de classes dans les écoles primaires. C'est la fermeture des guichets des services publics locaux et dans les sous-préfectures, ne serait-ce que pour faire des papiers d'identité ou faire des documents pour sa voiture. C'est aussi le 80 kilomètres/heure qui pénalise les zones rurales et pas les métropoles. Alors pourquoi votre politique ne privilégie-t-elle que les métropoles au détriment des campagnes ?

NICOLAS DEMORAND
Merci pour cette question. Le Premier ministre vous répond.

EDOUARD PHILIPPE
Merci pour cette question qui me permet d'infirmer complètement le postulat sur lequel elle est fondée. Nous ne détestons pas les territoires ruraux. Ce qui m'intéresse, c'est la France, ce n'est pas telle ou telle partie du territoire de la France. C'est la France et c'est les Français. Il se trouve que dans les éléments que vous me reprochez, il y a un certain nombre d'éléments qui ont commencé il y a très longtemps, qui ont été très puissants depuis très longtemps. Vous le savez parfaitement. Par exemple, cet appauvrissement des services apportés dans les sous-préfectures, il ne date pas d'il y a six mois monsieur, et vous le savez parfaitement. Ce sentiment puissant de relégation d'un certain nombre d'habitants de ces territoires ruraux – pas de tous, je ne suis pas sûr que la ruralité soit aussi homogène que la façon dont vous la décrivez, mais je reconnais que vous avez peu de temps pour vous exprimer donc que c'est difficile de faire dans la nuance – mais ce sentiment de relégation, il est ancien. Il n'est pas né il y a trois ou il y a six mois ou il y a neuf mois. Il est très ancien. La politique que nous menons, elle a des objectifs qui sont clairs. Quand j'instaure le 80 kilomètres/heure, ça n'est pas pour pénaliser tel ou tel Français, ça n'est pas pour pénaliser tel territoire plutôt que tel autre. Lorsque le 70 kilomètres/heure a été installé sur le périphérique parisien, personne n'a dit : « Il s'agit de pénaliser les habitants parisiens ou les habitants de l'Ile-de-France. » Il s'agit de prendre une mesure qui produit un effet. Qui a d'ailleurs produit un effet où il y a nettement moins d'accidents sur le périphérique. C'est la même chose s'agissant du 80 kilomètres/heure. C'est une mesure de sécurité publique, c'est une mesure de santé publique. Je ne me résous pas, monsieur, à 3 600 morts tous les ans, à 72 000…

NICOLAS DEMORAND
Il n'y a pas de haine des territoires.

EDOUARD PHILIPPE
Mais en aucune façon et au contraire. Et au contraire, le plan Villes moyennes porté par Jacques MEZARD, les accords que nous avons passés sur le développement du numérique sur tous les territoires, l'ensemble de ces mesures montre qu'au contraire nous sommes dans une politique d'aménagement, dans une politique de développement. Moi, je ne me résous pas à l'opposition des territoires entre eux.

LEA SALAME
Autre texte capital qui arrive à l'Assemblée, la loi Asile et immigration portée par Gérard COLLOMB. Le ministre de l'Intérieur a expliqué hier, je cite, que « certaines régions françaises sont actuellement en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par le flux de demandeurs d'asile. » Est-ce que c'est vrai ça, Monsieur le Premier ministre ? Est-ce qu'il y a une submersion et une déconstruction de nos régions françaises en ce moment en France ?

EDOUARD PHILIPPE
Ce qui est vrai c'est qu'il y a une concentration de sujets redoutablement difficiles à régler, dans les mêmes endroits, et qu'il faudrait être aveugle et sourd pour imaginer que ça ne pose pas un problème spécifique dans tel ou tel lieu, ou tel ou tel territoire de la République. Donc, le ministre de l'Intérieur, il est pénétré par l'idée que nous devons, en matière d'asile, en matière d'immigration, trouver des réponses qui soient équilibrées, entre une humanité absolument nécessaire parce qu'elle correspond à ce que nous sommes, et une fermeté absolument nécessaire parce que sinon nous sommes débordés. Et c'est un équilibre qui est difficile à tenir. Quand j'entends un certain nombre d'opposants politiques, on me dit qu'il n'y a rien en termes d'humanité et tout en termes de fermeté, quand j'entends d'autres opposants politiques on me dit l'inverse, il y aurait tout en matière d'humanité et rien en matière de fermeté. Nous essayons…

LEA SALAME
Il n'y a pas que les opposants, Monsieur le Premier ministre, dans votre propre camp beaucoup de députés ont des états d'âme.

EDOUARD PHILIPPE
Non, non, nous essayons de faire en sorte de porter un texte équilibré, qui permettra de mieux accueillir les étrangers qui sollicitent l'asile et qui ont vocation à obtenir l'asile, et il y a beaucoup à faire, car l'accueil des réfugiés n'est pas bon en France, et depuis longtemps, mais nous essayons aussi de faire en sorte que dès lors que ces procédures fonctionnent, les étrangers, qui ne sont pas en situation régulière et qui ont vocation à rentrer dans leur pays, puissent y retourner dans de bonnes conditions, c'est ça l'équilibre et c'est important de vouloir le respecter.

NICOLAS DEMORAND
Un dernier mot Léa, peut-être, nous devons libérer notre invité.

LEA SALAME
On va vous libérer mais il y a beaucoup de questions sur le sujet, donc je vous la pose, c'est une question de Philippe, de Paris, sur l'appli France Inter : il paraît que ce gouvernement veut lutter contre les fake news, alors demandez à son chef de nous répondre avec honnêteté, franchise et vérité, ses services ont-ils tellement relu, revu et réécrit une interview de la ministre des Transports, au point qu'elle n'était plus publiable par le journal Les Echos, est-ce que c'est normal ?

EDOUARD PHILIPPE
Alors, d'abord c'est un fait que Les Echos ont indiqué qu'ils avaient refusé de publier une interview qui aurait été relue par les services de Matignon. Je crois que la tradition de la relecture des propos qui sont tenus par un ministre dans une interview de presse écrite n'est pas nouvelle, et si Les Echos…

NICOLAS DEMORAND
La réécriture, à ce point ?

EDOUARD PHILIPPE
Et si Les Echos considèrent que…

LEA SALAME
Vous aviez trop réécrit.

EDOUARD PHILIPPE
Moi je n'ai aucune critique à formuler aux Echos en la matière...

NICOLAS DEMORAND
… vous êtes Premier ministre ou rédacteur en chef ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est un choix parfaitement libre qu'ils font. Il n'y a pas très longtemps j'ai fait une interview à La Voix du Nord, il n'y a pas eu de relecture parce que La Voix du Nord s'était insurgé contre cette tradition, ou cet usage, moi je n'ai pas de problème avec ça, j'ai répondu aux questions de La Voix du Nord, et vous remarquerez, Madame SALAME et Monsieur DEMORAND, que je suis ici en direct, que je réponds en direct…

NICOLAS DEMORAND
C'est l'un des avantages de la radio !

EDOUARD PHILIPPE
Et que donc il n'y a pas de relecture, et que c'est très bien ainsi.

LEA SALAME
Ce n'est pas réécrit.

NICOLAS DEMORAND
Merci Monsieur le Premier ministre, Edouard PHILIPPE, d'avoir été au micro de France Inter ce matin depuis 8h20.

EDOUARD PHILIPPE
Merci à vous


source : Service d'information du Gouvernement, le 6 avril 2018

Rechercher