Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Sud Radio le 10 avril 2018, sur les relations entre l'Etat et l'Eglise catholique, l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le blocage des universités, la réforme de la SNCF et sur l'énergie éolienne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec Sud Radio le 10 avril 2018, sur les relations entre l'Etat et l'Eglise catholique, l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le blocage des universités, la réforme de la SNCF et sur l'énergie éolienne.

Personnalité, fonction : POIRSON Brune, ROGER Patrick.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire;

ti :

JOURNALISTE
Brune POIRSON est l'invitée du « Petit déjeuner politique » de Sud Radio.

PATRICK ROGER
Oui, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Bonjour Brune POIRSON.

BRUNE POIRSON
Bonjour.

PATRICK ROGER
Je rappelle que vous venez du Vaucluse, que vous avez une sacrée carte de visite avec vos expériences à l'international, notamment dans la transition écologique. Alors, avant de parler écologie, parlons un instant religion. Emmanuel MACRON était devant les évêques hier soir. Etes-vous catholique, d'ailleurs ?

BRUNE POIRSON
Je suis judéo-chrétienne, mais pas catholique, pas pratiquante et pas croyante.

PATRICK ROGER
Pas croyante.

BRUNE POIRSON
Je crois en une transcendance mais pas forcément...

PATRICK ROGER
Est-ce que vous avez le sentiment que le lien entre l'église catholique et l'Etat français s'est un peu abîmé au fil des années, comme l'a dit Emmanuel MACRON hier soir ?

BRUNE POIRSON
Moi je crois surtout, ce qu'il faut retenir de ce discours-là, c'est la laïcité, c'est le fait que le président de la République ait vraiment insisté, encore une fois, sur cette importance, la laïcité, toute la laïcité, rien que la laïcité. Je crois que c'est ça un des points essentiels de son discours. Après, il ne faut pas nier le fait que, en France, il y a des gens qui croient, en une transcendance, quelle qu'elle soit, et ça c'est important de ne pas le nier, parce que ça fait partie de la réalité, et en l'occurrence, vis-à-vis de l'église catholique, eh bien si l'église catholique elle... elle peut participer fondamentalement au débat national, il est clair qu'elle n'a rien à attendre de l'Etat, ça c'est important, c'est fondamental, le président de la République l'a rappelée, en revanche, l'Etat peut, est en droit d'attendre de l'église catholique qu'elle contribue au débat. Par exemple, sur mon sujet, la transition écologique, le pape François, il a écrit une encyclique verte, qui participe fondamentalement de l'éveil des consciences, de la sensibilisation à ces questions de transition écologique et elle a un rôle fondamental à jouer.

PATRICK ROGER
Donc Emmanuel MACRON avait raison hier soir d'aller s'exprimer devant des évêques.

BRUNE POIRSON
Oui, il a été invité, il y est allé...

PATRICK ROGER
Non, mais vous savez, on dit que pour la laïcité, il ne faut pas se mêler trop de religion quand on est président, et...

BRUNE POIRSON
Mais, attendez...

PATRICK ROGER
... Jean-Luc MELENCHON a dit : « On attend un président, on a eu un souscuré », c'est ce qu'il a dit, en fait, hier soir.

BRUNE POIRSON
Bon, écoutez, ça c'est les propos de Jean-Luc MELENCHON, il fait tout pour exister, on ne peut pas lui reprocher. Sauf que, Jean-Luc MELENCHON, il vit dans son monde. Vous savez, il y a des gens, ils vivent dans la réalité, le président de la République il est bien encré dans la réalité, et la réalité qu'est-ce que c'est ? C'est qu'en France il y a des gens qui croient. Vous pouvez croire en différentes choses, eh bien les catholiques font partie des gens qui croient, et c'est fondamental de ne pas les nier.

PATRICK ROGER
Oui. Alors, venons-en maintenant à Notre-Dame-des-Landes. L'évacuation a repris ce matin, ou c'est en cours, comment on fait le tri entre les bons et les mauvais zadistes ?

BRUNE POIRSON
Premièrement, il n'y a pas de bons et de mauvais zadistes. Il y a des zadistes...

PATRICK ROGER
Eh bien, il y en a qu'on expulse et puis d'autres qu'on maintient sur place.

BRUNE POIRSON
Attendez, qu'est-ce qui s'est passé le 17 janvier dernier ? Le 17 janvier dernier, le Premier ministre a pris une décision. Quelle décision il a prise ? De ne pas faire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ensuite, on a dit que, à la fin de la trêve hivernale, eh bien ceux qui n'auraient pas de projets, qui ne se seraient pas régularisés, eh bien il faudrait qu'ils quittent les lieux. Parce que vous savez, en France, il y a quelque chose qui s'appelle, tout simplement : le respect de l'Etat de droit. Accessoirement, c'est quelque chose auquel on tient, et auquel l'ensemble des Français tiennent. Eh bien le respect de l'Etat de droit, c'est fondamental de l'appliquer. Et donc, ce qu'on a fait pendant trois mois, c'est qu'on a tendu la main aux zadistes, et il y en a d'ailleurs qui l'ont bien saisie. C'est-à-dire que la préfète, elle a fait un Comité de pilotage, et dans ce Comité de pilotage-là, eh bien ceux qui avaient un vrai projet, agricole, eh bien ils pouvaient le monter et continuer à la faire, mais il fallait qu'ils s'inscrivent à la Chambre départementale d'agriculture, qu'ils se mettent en règle vis-à-vis...

PATRICK ROGER
En conformité, quoi.

BRUNE POIRSON
En conformité vis-à-vis de la Mutuelle sociale agricole, qu'ils s'acquittent de leurs factures, tout ça c'est des éléments qui permettent de régulariser, et après de développer le projet agricole qu'ils veulent. Et encore une fois, moi et dans mon ministère, on ne peut que soutenir des projets agricoles innovants, qui vont explorer des nouvelles façons de faire, dans les circuits bio, dans les circuits courts par exemple, dans l'agriculture biologique. C'est ça c'est fondamental, et ça c'est important. Mais si vous n'avez pas ça, et si on ne construit pas l'aéroport, mais enfin, comme j'ai déjà dit, cette Zone à défendre, mais, contre qui et contre quoi ? Là, il n'y a plus... Pour moi, maintenant, cette ZAD, cette Zone A Défendre, c'est une Zone à construire.

PATRICK ROGER
Oui. Zone à construire, de quoi ?

BRUNE POIRSON
Mais bien sûr, une zone à construire, des projets agricoles innovants, une zone où il y a tout à refaire, puisque c'est une zone qui a été une zone de non droit, une zone, si vous voulez, quelque part, de jachère. C'est sur la jachère qu'ensuite il faut construire des choses.

PATRICK ROGER
Etat de droit, on l'entend en permanence dans la bouche, en fait, de tous les ministres et du président de la République, et ça commence aussi, alors donc, par Notre-Dame-des-Landes.

BRUNE POIRSON
Mais, attendez, je suis absolument désolée de dire que dans la République on fait appliquer les lois de l'Etat. Encore une fois, vous pensez... Qu'est-ce qu'on dit à d'autres Français qui vivent ailleurs ? On leur explique qu'en France, il y a un groupe de gens qui ont décidé de ne pas payer leurs factures, de juste s'installer quelque part où ce n'était pas à eux. Attendez, il y a des Français qui galèrent tous les jours, tous les jours pour boucler leurs fins de mois, et comment est-ce qu'ils peuvent comprendre ça ?

PATRICK ROGER
Cela dit, Brune POIRSON, vous étiez opposée à l'aéroport, c'est grâce un peu aux zadistes, finalement s'il n'y a pas cet aéroport, aussi.

BRUNE POIRSON
Alors, vous essayez de me faire dire ce que je n'ai jamais dit. Je ne me suis jamais prononcée sur la question de l'aéroport.

PATRICK ROGER
C'est vrai, c'est vrai.

BRUNE POIRSON
Jamais. Il y a une décision qui a été prise...

PATRICK ROGER
Vous y étiez favorable ? Non ?

BRUNE POIRSON
Non mais vous ne me ferez pas dire ce que je n'ai pas envie de dire. Je ne mettrai pas mon petit grain de sel personnel sur cette question-là. De toute façon, la décision elle est prise, nous on ne regarde pas en arrière, on regarde plutôt en avant.

PATRICK ROGER
Alors, en avant aussi, ce sont les facs qui sont occupées, par endroits, il faut là aussi faire respecter l'Etat de droit, utiliser la force, y compris dans les universités ?

BRUNE POIRSON
Non, d'abord il faut remettre les choses en perspective.

PATRICK ROGER
Ah ben il y a eu quand même...

BRUNE POIRSON
Non mais attendez, de quoi on parle ? On parle d'une poignée d'individus, en l'occurrence dans trois universités, qui ont décidé de bloquer certains cours et de déranger le cours normal de la vie universitaire. On parle de quelques centaines d'individus alors qu'il y a 1,6 million d'étudiants. Là, on parle d'individus qui ont probablement juste tout simplement envie de bouleverser le système, parce qu'ils sont contre certaines décisions, en tout cas, quand vous regardez par exemple Parcoursup, Parcoursup c'est quoi ? C'est la fin de la sélection par l'échec. Parce que, qu'est ce qui se passait ? Il se fait c'est qu'en France il y avait des milliers d'étudiants, donc de jeunes qui avaient leur vie à construire, et leur vie elle dépendait de quoi ? D'un tirage au sort, d'un coup de dés. Mais c'est incroyable, c'est même intolérable en fait !

PATRICK ROGER
Alors, on ne va pas revenir en détails sur Parcoursup, mais il y aurait visiblement aussi quelques autres...

BRUNE POIRSON
Ah, il se trouve que ça fait partie des revendications.

PATRICK ROGER
C'est vrai, c'est vrai.

BRUNE POIRSON
Moi, je veux bien, mais il faut quand même regarder les choses en face.

PATRICK ROGER
Il y aurait quand même quelques difficultés, tel que par exemple le tri qui doit être effectué par les professeurs, qui n'ont pas les moyens de regarder en fait...

BRUNE POIRSON
Non mais attendez...

PATRICK ROGER
C'est vrai.

BRUNE POIRSON
Non, c'est faux.

PATRICK ROGER
Eh bien... Bon, eh bien alors, regardez en fait des professeurs à Lille, à Aix-en-Provence, à Montpellier, c'est ce qu'ils disent, qu'ils n'ont pas le temps de regarder...

BRUNE POIRSON
Mais non, mais c'est simplement qu'on change de système. Oui, on n'est plus dans le tirage au sort.

PATRICK ROGER
Venons-en à la grève à la SNCF. Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on tape quand même un peu à tort et à travers sur la SNCF ? On a l'impression que l'on charge la barque, que c'est l'endroit où il y a tous les maux.

BRUNE POIRSON
Pas du tout.

PATRICK ROGER
Eh bien si.

BRUNE POIRSON
On.

PATRICK ROGER
Hier, quand on entendait la ministre Elisabeth BORNE, quand on entend en fait les différents ministres, disant qu'il y a des déficits, que ça ne marche pas, que les trains ne sont jamais à l'heure.

BRUNE POIRSON
Alors, attendez, attendez. Non, pas du tout. Il y a une situation qui est claire, qui est que malheureusement, oui, la SNCF, si vous comparez par exemple à d'autres entreprises ferroviaires européennes, eh bien oui la SNCF...

PATRICK ROGER
Ah bon, par rapport à l'Angleterre, par exemple ?

BRUNE POIRSON
Par exemple, par rapport à... non, alors, attendez...

PATRICK ROGER
L'Italie ?

BRUNE POIRSON
Attendez, moi j'ai vécu en Angleterre, pour le coup, et je peux vous dire une chose, c'est que le système ferroviaire anglais c'est une catastrophe, et que ça, il est hors de question qu'on fasse en France.

PATRICK ROGER
Mais il avait été privatisé, on est revenu en fait en arrière.

BRUNE POIRSON
Mais oui, non mais c'est une catastrophe le système ferroviaire anglais. Il coûte très cher, il n'est pas à l'heure, c'est tout, mais absolument rien ne fonctionne.

PATRICK ROGER
Ah ben vous parlez comme les cheminots là.

BRUNE POIRSON
Vous voyez qu'on a bien des points d'accord et c'est pour ça qu'il faut qu'on continue et qu'on commence surtout le dialogue, parce qu'en attendant, et on en parlait encore avant l'émission, il y a des tas de Français qui, eux, là, ils sont coincés sur le quai, ils aimeraient bien se rendre au travail par des moyens juste normaux. Aujourd'hui, il n'y a pas de grève, mais vous savez qu'elle avait été organisée pour...

PATRICK ROGER
Oui, il y en avait, il y en a encore jusqu'à 08h00. Brune POIRSON, est l'invitée de Sud Radio ce matin, ministre de la Transition écologique et solidaire, avec Michaël DARMON et Christophe BORDET.

CHRISTOPHE BORDET
Oui, Brune POIRSON, Emmanuel MACRON bien ancré dans les réalités, c'est ce que vous avez dit il y a un instant, a décidé de saturer l'espace médiatique cette semaine : télé jeudi, télé, radio, site Internet dimanche, etc. Beaucoup de conseillers lui demandaient semble-t-il de rester dans le régalien, de ne pas descendre tout de suite dans l'arène. Il descend dans l'arène, parce qu'il n'a plus le choix, il y a trop de Français en colère aujourd'hui ?

BRUNE POIRSON
Non, ça c'est votre interprétation, il descend...

CHRISTOPHE BORDET
Non, je vous demande.

BRUNE POIRSON
Il descend dans l'arène, non, ça c'est une interprétation, je trouve qui est erronée. Depuis le début, non mais, ce qui se passe, premièrement...

CHRISTOPHE BORDET
Il n'avait plus le choix ?

BRUNE POIRSON
Attendez, premièrement, l'intervention du président de la République, elle était prévue de longue date. Deuxièmement, on est dans une situation actuellement où on a déséquilibré volontairement certains systèmes, puisqu'on est en train de transformer la France, et donc on fait des réformes, et ça crée un peu de frottements, c'est-à-dire qu'il y a certaines personnes qui s'attachent...

CHRISTOPHE BORDET
Donc il fallait y aller maintenant.

BRUNE POIRSON
Attendez, qui s'attachent au conservatisme, à un certain immobilisme, parce que c'est plutôt rassurant, et donc dans ces cas-là, il est fondamental de rappeler où est-ce qu'on va, quelle est la cohérence du projet, quelle est la grande ligne ? Et c'est ça...

CHRISTOPHE BORDET
Donc d'expliquer, ça veut dire qu'il y avait un manque d'explications sur le projet, là ?

BRUNE POIRSON
Mais vous savez, on n'explique jamais assez. On n'explique jamais assez, parce que c'est en expliquant, quelque part, qu'on tend la main, et qu'on, c'est ce que j'ai déjà dit, c'est comme ça qu'on enlève un peu les incompréhensions, les questionnements, et c'est à nous d'être le plus clair possible.

CHRISTOPHE BORDET
Par rapport à tout ce qui se passe aujourd'hui, on est en 2018, c'est l'anniversaire, on va dire, de Mai 68 bientôt, est-ce que vous avez l'impression que l'extrême gauche en France est en train de manipuler un certain nombre de gens, de vouloir fiche le bazar, pour être clair ? Parce que c'est ce qu'on ressent dans les facs, à la SNCF, un peu partout quand même.

PATRICK ROGER
Moi je crois qu'il y a eu une petite minorité, qui rêve peut-être d'un Mai 68 parce que ça fait partie comme ça, un peu, des clichés français. Je ne nie pas du tout l'importance de Mai 68, c'est un moment essentiel de notre histoire, maintenant je crois que c'est très « romanticisé », ce Mai 68 là, il y en a qui rêvent de le refaire. Bon, moi, ce que je trouve déplorable en fait c'est que juste il gêne, encore une fois, pour leur petit rêve à eux, eh bien ils gênent autrui, ils gênent d'autres gens, c'est-à-dire que vous avez par exemple une poignée d'étudiants qui va gêner des millions d'autres étudiants qui ont juste envie d'étudier, en fait, d'avancer.

PATRICK ROGER
Brune POIRSON, question maintenant de Michaël DARMON.

MICHAËL DARMON
Alors vous parlez de transition, transformation, transition écologique, mais je vois, en regardant un peu ce qui se passe en ce moment dans ce secteur, que le gouvernement et votre ministère bloquent 10 projets d'éoliennes offshore, en ce moment, qui sont justement censés être celles qui vont transformer et qui produisent une électricité de meilleure qualité et donc renouvelable, alors qu'on a une grande façade maritime. C'est ça le la transition énergétique ?

BRUNE POIRSON
Attendez, on n'est pas du tout en train de bloquer les projets.

MICHAËL DARMON
Ils sont bloqués actuellement.

BRUNE POIRSON
Au contraire, non, c'est qu'il y a eu un appel d'offres, Vous savez, ça, c'est qui s'est passé là, c'est très emblématique de ce qui se passe malheureusement souvent de l'éolien, parfois en France, c'est-à-dire qu'il y a eu un appel d'offres, il y a plusieurs années, en 2011, en 2012, et cet appel d'offres-là, eh bien il a été, à l'époque, il se fondait sur des technologies qui maintenant, dont le coût maintenant a considérablement baissé, et ça je crois qu'il faut s'en féliciter, le fait que le coût des énergies renouvelables, il baisse. Simplement, à l'époque, eh bien nous avons... l'Etat avait fixé un coup qui était particulièrement élevé du mégawatt.

MICHAËL DARMON
Est-ce que la France va développer cette énergie renouvelable qui justement est celle qui produit, d'après ce que disent les experts, le plus de bonne électricité ?

BRUNE POIRSON
Mais bien sûr. La France est résolument impliquée dans le développement des énergies renouvelables, on l'a rappelé, on est en pleine programmation pluriannuelle de l'énergie.

MICHAËL DARMON
D'accord.

BRUNE POIRSON
Et quelle est la vocation première de cette programmation-là ? Eh bien c'est de trouver les moyens et de faire des modèles économiques, qui nous permettent, le plus rapidement possible, de développer les énergies renouvelables. Et après, concrètement...

MICHAËL DARMON
Est-ce que ça pourra permettre de donner de l'énergie à votre ministre de tutelle, qui n'arrive pas à entraîner les foules...

PATRICK ROGER
Nicolas HULOT.

MICHAËL DARMON
... qui est toujours anxiogène, rase les murs et qui sort quand on lui demande de sortir.

BRUNE POIRSON
Attendez, il y a quand même une chose qui... Regardons la situation en face.

MICHAËL DARMON
Je parle de l'action ministérielle.

BRUNE POIRSON
Est-ce que la biodiversité est en bon état ? Est-ce qu'en France, les émissions de CO2 sont en décroissance ? Non.

MICHAËL DARMON
Est-ce que ce n'est pas une erreur de casting dans gouvernement, alors qu'en fait il n'arrive pas à porter son dossier ?

BRUNE POIRSON
Mais moi je vous dis une chose : regardez la situation, actuellement en France, et surtout dans le monde.

MICHAËL DARMON
Mais vous ne répondez pas à la question, là.

BRUNE POIRSON
Mais je suis en train de vous répondre. La situation dans le monde en matière de lutte contre le changement climatique, je suis désolée, on n'est pas sur une bonne trajectoire, et ça, le président de la République l'a dit lui-même, et le ministre d'Etat le rappelle fréquemment. Lui, son travail, c'est faire en sorte que la France et aussi l'Europe d'ailleurs, soient sur la ligne du respect des engagements de l'Accord de Paris. Eh bien en l'état actuel des choses, il y a encore beaucoup de travail à faire, donc c'est normal qu'il soit inquiet, parce que sa mission première c'est ça, et donc cette inquiétude là, eh bien il la partage parfois, c'est ce qu'il a fait par exemple à l'Assemblée nationale quand il a continué d'alerter sur la fait que la biodiversité dans le monde...

MICHAËL DARMON
Donc ce n'est pas une erreur de casting, comme on le dit beaucoup dans les couloirs du gouvernement et l'Elysée.

BRUNE POIRSON
Non, mais, c'est une des personnes en France qui a des convictions environnementales les plus chevillées au corps.

MICHAËL DARMON
Et qui les exprime le moins.

BRUNE POIRSON
On a un gouvernement, on a un gouvernement où il y a des gens qui croient en ce qu'ils font et qui sont aussi experts de leurs sujets. On ne va pas nous le reprocher.

PATRICK ROGER
Merci Brune POIRSON, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, était l'invitée de Sud Radio ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 avril 2018

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