Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Radio Classique le 13 avril 2018, sur la politique gouvernementale et les mouvements sociaux. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, avec Radio Classique le 13 avril 2018, sur la politique gouvernementale et les mouvements sociaux.

Personnalité, fonction : DENORMANDIE Julien, BLANC Renaud .

FRANCE. Secrétaire d'Etat;

ti :
RENAUD BLANC
Julien DENORMANDIE, vous venez d'écouter le billet de Marion : gant de fer dans une main de velours. Vous souscrivez ou pas quand vous avez regardé hier la prestation d'Emmanuel MACRON sur TF1 ?

JULIEN DENORMANDIE
Je pense que c'est une prestation… le président de la République a montré qu'il était profondément à l'écoute. L'interview a duré plus d'une heure, il a répondu absolument à toutes les questions, allant dans le détail, s'adressant directement aux Français, s'adressant notamment aux retraités auxquels il a expliqué à la fois l'effort demandé et les remerciant pour l'effort qu'ils effectuaient. Et donc on a eu un président de la République qui était profondément à l'écoute, dans le respect, dans la considération et prenant en compte l'ensemble à la fois des inquiétudes ou des revendications des uns et des autres. Moi c'est ce que je retiens…

RENAUD BLANC
C'est un petit peu nouveau, non, dans le style MACRON qui avait plutôt un côté bulldozer que...

JULIEN DENORMANDIE
Je peux vous dire que je connais Emmanuel MACRON depuis longtemps, il s'avère que j'étais l'un de ses proches conseillers lorsqu'il était ministre, j'ai ensuite fait toute la campagne présidentielle avec lui. Emmanuel MACRON a toujours eu à la fois cette très grande capacité d'écoute, cette très grande capacité de considération et en même temps cette détermination. Moi, j'ai trouvé qu'il avait une sorte de calme déterminé hier, c'est-à-dire à la fois vraiment ouvert, à l'écoute et en même temps déterminé, déterminé à quoi ? Déterminé à transformer le pays.

RENAUD BLANC
Alors il y a une partie de la presse qui l'a trouvé pédagogue, une autre qui l'a trouvé plutôt obtus. Et c'est vrai que la presse de droite a plutôt salué l'intervention d'Emmanuel MACRON, alors que la presse de gauche (elle) tape ce matin sur le chef de l'Etat. La Une de Libération : c'est un président qui fait non, non, non, non. Qu'est-ce que vous en pensez de ce clivage qui apparaît, MACRON qui est soutenu (on va dire) par une presse plutôt conservatrice et qui se fait rappeler à l'ordre par la presse de gauche ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez, moi j'ai lutté… l'un de mes combats était justement de partir et de sortir de ce clivage de gauche, de droite. Je pense que…

RENAUD BLANC
Enfin ! On le retrouve ce matin dans la presse.

JULIEN DENORMANDIE
Oui, je pense que le sujet il n'est pas du tout là, il est le sujet des progressistes versus des conservateurs. Le chef de l'Etat a été très clair, la France c'est comme une maison a-t-il rappelé, en disant que cette maison avait 3 murs qui étaient protéger, libérer et unir, c'est le cap qu'il a fixé. En fait, on a un président de la République qui préside, c'est-à-dire qu'on a un président qui donne une vision. Et cette vision, elle est très claire, elle a été rappelée : libérer, protéger, unir. Alors après, c'est une chose d'être à l'écoute, ce dont il a montré avec beaucoup de force et de conviction hier, c'est une autre chose également d'être dans la détermination. Et cette détermination, ça ne veut pas dire d'être un bulldozer pour reprendre votre expression, ça ne veut pas dire de faire uniquement ce que nous avons en tête. Ça veut dire d'aller au bout des choses, dans la concertation, dans la méthode d'ouverture et de dialogue, mais d'aller au bout des choses, de ne pas remettre à demain ce que nous pouvons faire aujourd'hui, d'aller au fond des réformes. Pourquoi on fait la réforme de la SNCF ? On ne fait pas une réforme de la SNCF pour se faire plaisir…

RENAUD BLANC
J'irai jusqu'au bout, a dit le président.

JULIEN DENORMANDIE
Mais bien sûr, mais…

RENAUD BLANC
Alors on négocie quoi ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais j'irai jusqu'au bout et ses propos sont même plus précis, j'irai jusqu'au bout parce que la meilleure chose à faire pour la SNCF, pour les cheminots, c'est justement d'aller au bout de cette réforme. Pourquoi ? Parce qu'on fait une réforme de la SNCF au regard d'une qualité de service qui décroit, de prix du billet qui ne cesse d'augmenter et donc au final de la nécessité d'augmenter, d'améliorer cette qualité de service. C'est uniquement pour ça qu'on porte cette réforme…

RENAUD BLANC
Mais aujourd'hui, on est dans la 3ème période de grève pour tous les usagers de la SNCF. Comment on sort de l'impasse puisque les syndicats disent « nous, on est déterminés à aller jusqu'au bout » et le chef de l'Etat, certains le savent bien d'ailleurs, qui dit « moi, je ne cèderai pas, j'irai jusqu'au bout ». Comment on fait Julien DENORMANDIE ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais parce que depuis de nombreuses semaines maintenant, il y a un dialogue très régulier qui s'opère entre les organisations syndicales, les représentants de l'entreprise, les représentants des cheminots et le gouvernement, notamment la ministre des Transports Elisabeth BORNE. Il y a ce dialogue, des dizaines de réunions qui sont conduites. Il y a maintenant en plus un dialogue qui se fait à l'Assemblée nationale, ce qui permet (ce dialogue) à la fois avec les organisations syndicales et au Parlement de faire avancer les choses, de faire…

RENAUD BLANC
La reprise de la dette par l'Etat, puisqu'Emmanuel MACRON l'a confirmé même s'il n'a pas donné de véritable calendrier, est-ce que vous pensez que ça peut débloquer la situation ?

JULIEN DENORMANDIE
C'est des éléments d'attente et le président de la République a été très clair hier dessus. Après moi… encore une fois, le sujet de la SNCF c'est avant tout un sujet de qualité de service. Ce qui est le plus important dans la réforme, c'est que par le biais de cette réforme il y aura 36 milliards d'euros d'investissement dans les 10 prochaines années pour améliorer le service, améliorer le réseau, améliorer la qualité des infrastructures. C'est ça qui est essentiel, il faut remettre l'usage au centre de tout, mais en même temps il faut aborder tous les sujets, y compris celui de la dette comme l'a dit le président hier.

RENAUD BLANC
Les retraités, la CSG, merci, merci leur a dit Emmanuel MACRON. Vous pensez que ça va suffire à apaiser leur colère, qu'ils vont vous dire « de rien » ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez que quand vous avez une colère, il faut a minima être dans cette reconnaissance, dans cette considération. Et je pense que le remerciement est quelque chose qui, en politique, s'est souvent perdu alors que le respect et la considération c'est quelque chose d'essentiel. Et moi je trouve très important que, y compris le président de la République, puisse être dans cette position de respect et de considération. Maintenant est-ce que ça suffit ? Evidemment non, évidemment, mais le président de la République hier a expliqué le sens de cette réforme, pourquoi il y a cette augmentation de la CSG. Il y a cet effort demandé aux retraités pour que ceux qui financent les retraites des retraités, c'est-à-dire les actifs, voient leur feuille de paie augmenter, pour faire en sorte que ceux qui financent la retraite – parce que c'est comme ça que fonctionne le système de solidarité intergénérationnel en France – puissent aujourd'hui avoir un travail qui paie mieux. C'est ça le sens de la réforme. Et le président de la République a rappelé ça, à la fois le sens et en même temps toute la considération, le respect et même le remerciement qu'il adresse aux retraités.

RENAUD BLANC
Lorsque vous avez l'ancien président de la République, François HOLLANDE pour ne pas le nommer, qui estime qu'Emmanuel MACRON accroît les inégalités, qu'est-ce que vous répondez ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi, je suis totalement en opposé avec ce qui est dit. Je pense très sincèrement que la politique du gouvernement encore une fois, c'est libérer, protéger et unir. Le libérer et le protéger ça a été le fondement de tout, c'est comme ça que s'est constitué l'identité politique d'En Marche, c'est sur la base de ces fondements que nous avons mené toute la campagne présidentielle. Prenez le marché du travail, on libère avec les ordonnances travail pour permettre aux entreprises de plus facilement embaucher. Et en même temps, on protège avec un effort incroyable fait sur la formation professionnelle, sur l'apprentissage parce qu'on peut se raconter tout ce qu'on veut, la meilleure des protections c'est la formation professionnelle ou l'apprentissage. Deuxièmement sur le creusement des inégalités, d'accord ! Il n'empêche que c'est ce gouvernement qui pour la première fois va augmenter aussi significativement ce qu'on appelle les petites retraites, le minimum vieillesse ou les Allocations adulte handicapé, qui étaient aujourd'hui des montants qui étaient en dessous du seuil de pauvreté. Et pour la première fois, un gouvernement qui est le nôtre va augmenter significativement le montant de ces minimas sociaux : minimum vieillesse et Allocations adulte handicapé. Et puis moi au quotidien vous savez, je suis secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que mon boulot, c'est de lutter contre les fractures pour améliorer la qualité de vie des Français. J'étais hier par exemple dans la Somme toute la journée, pour aller sur le terrain vérifier comment les importantes mesures que nous avons prises pour déployer la téléphonie mobile, le numérique se mettent concrètement en place sur le terrain. Et ça aussi, c'est la première des inégalités ces fractures-là, on bosse du matin au soir pour lutter contre ces fractures avec des mesures concrètes…

RENAUD BLANC
Vous parlez… Julien DENORMANDIE, vous parlez justement de lutter contre les inégalités, vous dites que vous êtes – et on vous croit bien volontiers – sur le terrain très souvent. Vous avez aussi entendu la grogne par exemple des élus locaux concernant les 80 km/h, c'est un sujet qui vous concerne. 2 ans sur l'ensemble du territoire pour tester une mesure, est-ce qu'on n'aurait pas pu tester cette mesure dans un département, quand on voit le mécontentement notamment des ruraux ?

JULIEN DENORMANDIE
Je pense que d‘abord, il faut accepter de faire des mesures qui sont des mesures impopulaires, pourquoi on fait cette mesure du 80 km/h ? Non pas pour embêter les Français, mais parce qu'aujourd'hui vous avez encore plus de 3.000 morts chaque année sur les routes. C'est une mesure sociétale pour améliorer la lutte contre les accidents sur la route. Mais après pareil, on a une méthode, la méthode c'est de décider, donc oui on décide de faire cette expérimentation sur tout le territoire, parce qu'encore une fois il y a 3.000 morts. Mais notre méthode a toujours été de dire : on parle du réel, on parle des problèmes, on apporte une solution en décidant et après on évalue. Et cette évaluation, c'est quelque chose qui manque en politique. Et donc nous de manière très pragmatique, on évalue, si ça marche on continue, si ça ne marche pas…

RENAUD BLANC
Si ça ne marche pas, en 2020 on supprime ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais…

RENAUD BLANC
On revient à 90 !

JULIEN DENORMANDIE
Attendez ! L'idée c'est toujours ça une évaluation, vous voyez si la décision que vous avez prise elle est bonne, si elle est bonne vous continuez, si elle n'est pas bonne vous l'arrêtez ou vous la modifiez, évidemment.

RENAUD BLANC
La suppression du forfait social pour les entreprises de moins de 250 salariés, le coût pour l'Etat serait de 450 millions, comment on va compenser ce coup de pouce aux petites entreprises ?

JULIEN DENORMANDIE
Vous savez, les budgets qu'on fait sont des budgets qui visent à suivre un certain nombre d'objectifs. Le premier des objectifs, j'insiste dessus, c'est que le travail paie mieux en France. On est au sein du gouvernement en train de mener une politique où le travail est remis au centre, le travail est un facteur d'émancipation, le travail doit mieux payer. Aujourd'hui, on a véritablement 2 objectifs : faire en sorte que le travail rémunère plus, c'est ce que nous faisons en allégeant et en supprimant un certain nombre de cotisations sociales salariales et ce que nous allons faire avec ce forfait social ; et deuxièmement de faire en sorte que plus de personnes puissent avoir accès au travail. Alors qu'est-ce qu'on fait pour financer le forfait social ? Quand vous dites que dans vos budgets la priorité c'est le travail, vous faites des économies dans d'autres secteurs pour faire en sorte de pouvoir financer ces mesures travail. Pourquoi le forfait social et l'intéressement c'est essentiel ? Parce que derrière ces mots techniques, on parle de quoi ? On parle de la possibilité pour les Français qui travaillent au sein des entreprises, notamment celles avec moins de 250 salariés, de devenir eux-mêmes des propriétaires, des actionnaires de ces entreprises. Aujourd'hui on le voit, il y avait des barrières qui faisaient que, y compris lorsque le chef d'entreprise voulait leur offrir cette possibilité, il y avait trop de coûts, trop de freins, ce qu'on a appelé notamment le forfait social qui imposait à 20 % l'entreprise dès lors qu'elle voulait donner à ses salariés des actions. Demain, ceci sera terminé pour faire en sorte que justement, lorsqu'il y a des gains qui sont produits au sein d'une entreprise, tout le monde, tout le monde puisse en profiter.

RENAUD BLANC
Deux thèmes que j'aimerais aborder avec vous, Notre-Dame-des-Landes tout d'abord. Le chef de l'Etat a annoncé la fin des opérations des expulsions, la police judiciaire doit procéder à des arrestations aujourd'hui sur la ZAD, les zadistes appellent à un énorme rassemblement samedi à Nantes, ils appellent également à ce que le plus de gens possibles viennent dimanche. Est-ce que vous avez peur que la situation s'envenime encore plus ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi d'abord, je veux saluer vraiment l'immense professionnalisme des forces de gendarmerie. Je ne suis pas ministre de l'Intérieur, je ne suis pas…

RENAUD BLANC
Certains policiers auraient pris des badges de presse…

JULIEN DENORMANDIE
J'ai vu en tout cas des démentis très fermes de la gendarmerie ou de la police sur ce sujet, enfin la gendarmerie. En tout cas moi, je veux vraiment saluer à la fois leur professionnalisme, leur dévouement et toutes les opérations menées par le ministère de l'Intérieur et la préfète sur place. Après, ce que vous venez de dire témoigne aussi de ce qui se passe sur zone. On a été très clair, on a pris une décision politique qui était compliquée à prendre et que nous avons prise, c'est-à-dire d'arrêter ce projet d'aéroport. Et en même temps, on a été aussi très clair en disant que des zones de non-droit en France, ça n'était pas possible, ça n'était pas acceptable. Et donc on a…

RENAUD BLANC
Est-ce que vous avez peur de ce qui peut se passer ce week-end justement avec ces rassemblements à Nantes et à Notre-Dame ?

JULIEN DENORMANDIE
Moi, j'ai une très grande confiance dans ces forces de police, dans ces forces de gendarmerie. Je pense que la façon dont elles ont eu à mener les opérations depuis lundi dernier témoigne de ce grand professionnalisme. Et encore une fois, on ne lâchera rien dessus, il n'est pas possible qu'en France il y ait des zones de non-droit, toute personne qui nous écoute…

RENAUD BLANC
Quand la préfète dit « on va négocier »…

JULIEN DENORMANDIE
Ne peut comprendre la chose…

RENAUD BLANC
Qu'est-ce qu'on va négocier avec les zadistes ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais parce qu'il faut faire très attention, qu'est-ce que vous avez derrière le terme « zadiste » ? Un zadiste c'est une personne qui habite sur zone. Et dans les personnes qui habitent sur zone, vous avez des anciens agriculteurs qui, avant, exploitaient ces terres agricoles. Et donc ils vont revoir leur terre agricole et pouvoir les réexploiter à nouveau. Vous avez des personnes qui n'ont rien à faire là, rien à faire là et qui sont les mêmes qui affrontent les forces de gendarmerie. Et puis enfin, vous avez d'autres personnes qui aujourd'hui n'ont pas les titres mais qui veulent s'inscrire dans un projet de territoire, qui veulent s'inscrire dans un projet agricole notamment pour l'utilisation de ces terres. Ces personnes-là, il faut les accompagner. Vous savez, encore une fois, une société ouverte, un gouvernement qui tend la main n'empêche pas en parallèle d'être de la plus grande des fermetés lorsqu'il s'agit de personnes qui sont en situation illégale, qui plus est qui utilisent la violence.

RENAUD BLANC
Julien DENORMANDIE une dernière question, les CRS sont entrés cette nuit à la Sorbonne pour évacuer un certain nombre d'étudiants. Qu'est-ce que vous pensez justement de la police dans les facs, on l'a vu à Nanterre, on le voit maintenant à la Sorbonne, c'est la solution ?

JULIEN DENORMANDIE
Non mais si votre question est de savoir est-ce que la place des policiers est dans les facultés, évidemment non. Maintenant la question c'est : quelle est la situation aujourd'hui ? La situation c'est que nous portons une réforme qui est une réforme d'ambition qui s'appelle Parcoursup et qui, là aussi, répond à un problème, un problème fondamental qui est aujourd'hui lorsque vous êtes un étudiant et que vous rentrez en licence, vous avez 6 chances sur 10 pour ne pas aller au bout de votre licence. Et donc, on ne cherche pas là non plus à faire une réforme pour faire une réforme, on fait une réforme parce qu'on a un problème fondamental pour nos jeunes qui rentrent à l'université. C'est ça que nous faisons, nous faisons en sorte que demain cette sélection par l'échec s'arrête pour que demain effectivement, notre université et nos étudiants soient mieux formés, soient plus forts.

RENAUD BLANC
Et les examens auront lieux ?

JULIEN DENORMANDIE
Mais en même temps, il est nécessaire d'avoir aussi une fermeté pour que les examens puissent se tenir et pour que les facs ne soient pas bloquées.

RENAUD BLANC
Merci beaucoup Julien DENORMANDIE d'avoir répondu à mes questions. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Très bonne journée à vous.

JULIEN DENORMANDIE
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 avril 2018

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