Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, à RTL le 16 avril 2018, sur l'entretien télévisé du président de la République la veille, le financement du risque dépendance et le voile islamique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, à RTL le 16 avril 2018, sur l'entretien télévisé du président de la République la veille, le financement du risque dépendance et le voile islamique.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement;

ti : YVES CALVI
Elizabeth MARTICHOUX, vous recevez donc aujourd'hui Christophe CASTANER, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement et délégué général de La République En Marche.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Christophe CASTANER.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être dans ce studio de RTL ce matin. Vous étiez donc au théâtre de Chaillot hier, vous avez suivi évidemment l'interview du chef de l'Etat. Interview présidentielle inédite sur la forme. C'est lui qui avait choisi les deux intervieweurs, on l'a senti parfois irrité, énervé, assez remonté, vous l'avez vu après coup, il était content ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, j'ai échangé avec lui après coup, parce que si j'étais là au début, j'ai ensuite rejoint des militants qui regardaient, plusieurs centaines, le président de la République, donc j'ai préféré l'ambiance militante à l'ambiance feutrée du studio.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais après, vous avez échangé avec lui, et alors ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, j'ai échangé avec lui avant, après, vous avez, tout à l'heure, utilisé le mot de ring pour présenter ce débat, effectivement, on tait moins dans un exercice classique d'échanges avec un journaliste qui vous interviewe, mais plutôt de débat, et donc on a vu un président qui savait encaisser, qui savait castagner aussi quand c'était nécessaire. Il a – je crois – tenu le débat, parce qu'on est effectivement sur quelque chose de viril, de physique, il a montré, avec…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais c'était ça le but, de démontrer que, il était encore capable de descendre dans l'arène finalement, comme pendant la campagne, il était moins Jupitérien effectivement, hier soir, que boxeur ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais il y a deux temps de rencontre avec les Français, celui de jeudi, dans l'émission de… dans le 13h de Jean-Pierre PERNAUT, où il était plus en dialogue avec un journaliste pour aborder tous les sujets, les sujets du quotidien que vous connaissez bien…

ELIZABETH MARTICHOUX
Interview classique…

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, et sujets, sur lesquels vous-même être revenue et où vous revenez assez régulièrement, et il a tenté de faire montre de pédagogie. Et puis hier, on était sur quelque chose de plus politique, on va dire. Et donc il a montré aussi cette capacité qu'il a, mais ça permettait, je crois, d'abord, de montrer qu'il pouvait parler à tous les journalistes, vous savez qu'on lui reproche sa parole rare. Il a montré qu'il n'avait pas peur de la parole, mais qu'il ne voulait pas une présidence bavarde.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce qu'il était convaincant pour les Français ? Puisque c'est ça quand même le but, c'était la grande intervention, un an après son élection, est-ce que de ce point de vue-là, le but a été atteint ? Est-ce qu'il a atteint les Français, vous dites, c'est plus politique, ce n'était pas un peu excluant ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais, d'abord, je ne suis pas bon juge pour vous dire est-ce qu'il a été bon, est-ce qu'il a atteint…

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, ce n'est pas la question que je vous pose…

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez comme moi, que je ne suis pas objectif…

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que c'était convaincant pour les Français ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais je pense que c'est un ensemble de temps de communication avec les Français, vous savez qu'il aime aussi ce contact direct, mais il y a des moments plus médiatiques, des moments de confrontation avec des journalistes…

ELIZABETH MARTICHOUX
On ne vous sent pas emballé, emballé, Christophe CASTANER…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais, moi, je crois que c'est sur l'ensemble de la communication qu'il faut juger cela. Hier, c'est un combat, tout à l'heure, Alba VENTURA a évoqué un combat de coqs, c'est un mot que j'ai repris moi-même hier soir dans mes commentaires avec les proches avec qui j'étais, et des combats de coqs effectivement, on voit de la détermination, mais on ne voit pas toujours suffisamment la pédagogie…

ELIZABETH MARTICHOUX
Les coqs, c'est-à-dire, ont des egos, c'est ça ? Il y avait un peu d'égo, et un peu trop ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, il y avait beaucoup de masculinité, dans le mauvais sens du terme, peut-être.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bon, eh bien, voilà pour la forme du débat. A refaire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ecoutez, le président a dit : chiche à nouveau, il avait dit chiche, je crois, il y a un an à Edwy PLENEL, c'était aussi un engagement qu'il avait pris, il l'a tenu. Et donc je ne doute pas qu'il le tiendra à nouveau.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, sur le fond, il était assez souvent en défense de sa politique, il n'y a pas eu beaucoup d'annonces, mais on va revenir sur l'idée d'un jour férié supprimé pour financer le cinquième risque, c'est-à-dire celui de la dépendance. Je ne suis pas contre, c'est une piste intéressante, a dit le chef de l'Etat. Le gouvernement va regarder, une décision pourrait être prise dans l'année ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ecoutez, il faut se projeter à moyen terme, moyen terme, c'est quoi ? Aujourd'hui, vous avez 1.700.000 personnes de plus de 85 ans qui sont dans des EHPAD, dans des maisons de retraite. Quand on se projette à 2050, c'est-à-dire demain, il y a cinq millions de personnes qui auront plus de 85 ans. Donc de toute façon…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça, c‘est l'enjeu…

CHRISTOPHE CASTANER
Il faut partir de ce diagnostic-là et se donner les moyens d'accueillir mieux les personnes qui sont accueillies dans des EHPAD, et de donner de meilleures conditions de travail à ceux qui travaillent dans les EHPAD. Et donc il va falloir trouver des moyens, une des hypothèses, c'est celle-ci, de toute façon, elle ne suffira pas. Il va falloir tout mettre sur la table, c'est la méthode de ce gouvernement, on part du diagnostic…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais celle-là, elle va être – pardon – examinée dès cette année 2018, puisque, effectivement, le financement de la dépendance, c‘est quelque chose dont on parle depuis 2005, la création du cinquième risque, est-ce que ça va être regardé dès cette année, vous ne le savez pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais le débat est ouvert – non, je n'ai pas le calendrier précis – mais le débat est ouvert dès cette année, parce que ce gouvernement a comme particularité de ne pas repousser à plus tard des décisions qu'il faut prendre aujourd'hui, même si elles auront un impact en 2040, en 2050. C'est aussi ça notre sens de la responsabilité.

ELIZABETH MARTICHOUX
Supprimer un des onze jours fériés annuels, c'est donc une piste qui va être regardée, vous ne savez pas encore quand et à quelle échéance pour sa mise en oeuvre non plus, vous laissez, pour l'instant, la chose très ouverte, on va dire, c'est ça ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, comme le président de la République hier, qui n'a rien voulu exclure, mais qui n'a rien montré, d'indication, de décision…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est une piste comme une autre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le président était interrogé sur ses choix fiscaux en faveur des plus aisés, c'est vrai qu'on reste perplexe sur RTL, puisque Benjamin GRIVEAUX, jeudi, au micro de Marc-Olivier FOGIEL, a dit textuellement : si la baisse de l'ISF ne réoriente pas l'argent vers les entreprises, et donc l'emploi, si les choses ne fonctionnent pas, on n'a aucune raison de les maintenir. Le vieil ISF pourrait revenir ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais il faut peut-être, du coup…

ELIZABETH MARTICHOUX
Non ou oui ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais les termes de Benjamin GRIVEAUX sont justes, et nous n'appartenons pas à une famille politique qui s'enferme dans des dogmes, nous pensons – et la démonstration a été faite partout en Europe – que l'ISF est un mauvais impôt, qui, en réalité, chasse la capacité d'investir dans nos pays…

ELIZABETH MARTICHOUX
Si vous me permettez, on ne va pas refaire le débat, parce qu'on a eu l'occasion de le faire. Est-ce que si le ruissellement…

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, mais nous avons fait le choix…

ELIZABETH MARTICHOUX
Des investissements vers l'entreprise échoue, puisque c'est le but, les mots ont un sens, il est porte-parole…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, le ruissellement n'est pas un but, n'a jamais été un but pour nous, et nous ne fonctionnons pas sur cette théorie-là, à laquelle nous ne croyons pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Plus les personnes riches ont de l'argent, plus elles vont vouloir ou pouvoir, par des investissements…

CHRISTOPHE CASTANER
Pas du tout…

ELIZABETH MARTICHOUX
En faire profiter les autres…

CHRISTOPHE CASTANER
Le choix qui a été fait n'est pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est ça le ruissellement…

CHRISTOPHE CASTANER
Mais justement, ça tombe bien, ça n'est pas le choix que nous faisons. Le choix que nous faisons, c'est celui d'éviter aujourd'hui que l'investissement dans l'emploi, dans l'économie, dans l'entreprise, soit pénalisé par l'impôt, alors même que l'investissement dans la pierre, dans la rente, ne l'est pas. Et donc aujourd'hui, l'ISF est maintenu pour l'investissement dans la rente, pas dans l'entreprise. Si ça ne marchait pas, nous veillerons effectivement à cibler ces investissements vers l'entreprise pour renforcer le financement de nos entreprises.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc l'hypothèse qui est sur la table, ça n'est pas de faire revenir l'ISF, c'est de réorienter les choix d'investissements, de façon un petit peu plus autoritaire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais vous savez, l'hypothèse…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et soyez plus précis…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, non, mais l'hypothèse qui est sur la table, c'est que ça marche, aujourd'hui, on voit bien que les premières mesures…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ah ben oui, mais soyez sérieux, il faut étudier toutes les hypothèses…

CHRISTOPHE CASTANER
Mais vous savez, être optimiste, ce n'est pas ne pas être sérieux, mais on peut aussi effectivement penser qu'il faut critiquer et se lamenter tout le temps, mais aussi, on peut aussi faire confiance dans notre économie. On voit cette année que pour la première fois, depuis une dizaine d'années, on recrée des emplois dans l'industrie française. Donc moi, j'ai plutôt envie d'être optimiste. Et aujourd'hui, on a mis en place toute une série de mesures, on poursuit d'ailleurs une partie de l'action de François HOLLANDE, qui avait mis des mesures aussi en faveur de l'entreprise. Et ce sont ces mesures-là qui portent leurs fruits. Et donc commençons par être positifs avant d'anticiper que, éventuellement, peut-être, ça ne marchera pas, soyons fiers de notre économie française et de la France.

ELIZABETH MARTICHOUX
Christophe CASTANER, vous êtes favorable ou non au voile porté par les mères accompagnatrices en cas de sorties scolaires, vous ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez, le président de la République en a parlé longuement hier, le Conseil d'Etat s'est prononcé sur ce sujet. Si on est dans le cadre…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, enfin…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais le Conseil d'Etat a été très clair…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est au cas par cas…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais le Conseil d'Etat ne dit pas ça, si on est vraiment dans le cadre d'une organisation scolaire, à ce moment-là, le port du voile peut être gênant pour des enfants qui n'ont pas la culture et qui ne comprennent pas forcément le fait religieux. Le Conseil d'Etat a bien précisé que si c'était des parents qui juste accompagnaient une sortie, les mamans seront libres de porter le voile, si on était dans le cadre d'une journée d'insertion dans l'école, liée à l'école, dans ce cas-là, le voile ne doit pas être porté. Moi, je suis très attaché à cette formulation…

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Mais concrètement, est-ce qu'il va y avoir une loi, est-ce qu'il va y avoir un texte ou un règlement qui va figer quand même cette préférence présidentielle, parce que, aujourd'hui, encore une fois, c'est au cas par cas ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ça n'est pas nécessaire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça n'est pas nécessaire…

CHRISTOPHE CASTANER
Ça n'est pas nécessaire, parce que le Conseil d'Etat s'est prononcé, et s'est prononcé de façon claire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc on a un ministre qui a une conviction, un président qui en une autre, finalement, les chefs d'établissement, ils font quoi ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais ils appliquent la règle qui a été fixée par le Conseil d'Etat, je pense que, on n'a pas besoin de faire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce n'est pas tout à fait une règle juridiquement, vous vérifierez, ce n'est pas une règle.

CHRISTOPHE CASTANER
C'est une décision du Conseil d'Etat qui met en garde la distinction entre deux moments liés à l'école.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bon, et donc, vous, vous estimez que, on doit rester sur ce vide juridique…

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que cela suffit, et que ce n'est pas nécessaire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce n'est pas la peine de préciser…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ce n'est pas un vide, vous pensez qu'une décision du Conseil d'Etat est un vide juridique…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce n'est pas tout à fait une décision, c'est pour ça…

CHRISTOPHE CASTANER
Moi, ma formation de juriste me fait penser qu'une décision du Conseil d'Etat est quelque chose sur lequel on peut s'appuyer. Mais ce que je pense, c'est que ce n'est pas nécessaire d'ouvrir les débats qui n'ont pas lieu d'être. Est-ce que, aujourd'hui, vous pensez que, il y a un grand débat en France sur le fait que, on parle du voile, il y ait des mamans qui, à un moment donné, puissent rencontrer des enfants alors qu'elles portent le voile, je ne pense pas que ce soit un sujet.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est un sujet – on y reviendra – mais pour vous, Christophe CASTANER, ce voile, cette règle religieuse, est-ce qu'elle marque ou non une forme de domination de l'ordre masculin sur l'ordre féminin ?

CHRISTOPHE CASTANER
On s'est posé la question il y a quelques années, quand toutes les femmes catholiques portaient un voile, je ne crois pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
On n'est pas tout à fait dans le même contexte, les choses ne se posent de la même façon aujourd'hui.

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais il y a quelques années, quand en France, y compris, nos mamans portaient un voile, qu'elles portaient le voile des catholiques, on ne se posait pas ce genre de question. Je fais une vraie différence entre le voile et la burqa ou le niqab, qui, effectivement, sont deux choses totalement différentes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le président a évoqué aussi le texte Asile Immigration, la loi qui arrive aujourd'hui dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, les députés La République En Marche, vous êtes – je rappelle – à la fois le ministre des Relations avec le Parlement, et le président du parti, du mouvement, secrétaire général, directeur général, je ne sais plus…

CHRISTOPHE CASTANER
Délégué général, on y est…

ELIZABETH MARTICHOUX
Délégué général. Merci. Les députés En Marche qui s'abstiendraient ou pire qui voteraient contre après les débats, ils manqueraient de solidarité avec le groupe parlementaire, il y a une ligne rouge, là ?

CHRISTOPHE CASTANER
Eh bien, d'abord, les lignes rouges sont fixées par le président du groupe et pas par moi. Mais effectivement, ils manqueraient de solidarité parce qu'une décision collective emporte le collectif. Et en plus, comme elle est conforme, ce texte de loi à la philosophie, aux engagements du président de la République, je pense qu'il ne faut pas négliger sur quelles bases ils ont été élus. Le discours de Montpellier d'Emmanuel MACRON, sur le sujet qui est traduit aujourd'hui dans la loi Asile Immigration est extrêmement clair, et il est traduit dans le texte…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, il n'y a pas tout, par exemple, est-ce que vous, vous avez déjà visité un centre des rétentions ?

CHRISTOPHE CASTANER
Moi, oui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui. Les députés de La République En Marche qui l'ont fait sont revenus absolument bouleversés, et certains veulent introduire un amendement pour que les mineurs ne soient pas automatiquement placés en centre de rétention parce qu'en plus, le texte, la nouvelle loi dit que, on pourrait y rester jusqu'à 90 jours. Est-ce que vous trouvez humain de laisser des mineurs dans des centres de rétention, dans…

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que certains centres de rétention…

ELIZABETH MARTICHOUX
Puisque vous les avez visités…

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais je pense que certains centres de rétention ne seront pas à la hauteur, et c'est pour ça qu'on veut mettre des investissements importants dans les centres de rétention, ensuite, je pense que si vous voulez séparer des enfants mineurs de leurs parents, parce que vous placez les parents en centres de rétention, vous devrez aussi vous interroger sur ce que vous faites des mineurs. Et est-ce que vous accepté de les séparer. Moi, je pense qu'il faut adapter nos centres de rétention pour accueillir, de façon provisoire des familles dans des conditions acceptables. Ça me paraît plus simple que d'imaginer qu'on sépare les mineurs des parents.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous ne voulez pas les séparer, vous préférez les mettre dedans. La question – et ce sera la dernière – il y a une semaine, Emmanuel MACRON prononçait un discours plein d'humanité devant les évêques de France, et le texte – c'est vrai – est dénoncé comme assez inhumain de ce point de vue-là par certains de vos députés.

CHRISTOPHE CASTANER
Je pense que la séparation des enfants et de leurs parents est assez inhumaine, et je pense que du coup, si on considère que parce qu'il y a un enfant, personne ne doit être placé, ni les parents ni personne, en situation de rétention, c'est accepter que le droit en France, notamment celui de la reconduite à la frontière, ne soit pas appliquée. On a fait ça, globalement, massivement, depuis de longues années, il faut y mettre un terme. Il faut respecter le droit français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Juste, et les députés qui voteraient contre le texte seraient exclus ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ça, c'est la décision de Richard FERRAND. Je pense que…

ELIZABETH MARTICHOUX
Votre avis ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mon avis est que je ne pratique pas la chasse aux sorcières, mais surtout, je suis convaincu que celles et ceux qui aujourd'hui ont des doutes rentreront dans le bon sens, quand une décision a été défavorable à certains, ils ont su l'appliquer, je pense à Notre-Dame-des-Landes, il y a beaucoup de parlementaires par exemple qui pensaient qu'il fallait faire Notre-Dame-des-Landes, ils ont accepté la solidarité d'ensemble.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup Christophe CASTANER


source : Service d'information du Gouvernement, le 20 avril 2018

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