Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et la Serbie, à Belgrade le 13 avril 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les relations entre la France et la Serbie, à Belgrade le 13 avril 2018.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Conférence de presse conjointe avec M. Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie, à Belgrade (Serbie) le 13 avril 2018

ti :
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,


Je suis vraiment très heureux d'être aujourd'hui à Belgrade pour ma première visite en Serbie. Je tiens à remercier très chaleureusement le président Vucic pour la chaleur de son accueil qui est à l'image de l'amitié qui unit nos deux pays mais aussi à l'image de l'amitié qui l'unit au président Macron. Mes entretiens avec le président Vucic, avec la Première ministre Mme Brnabic et avec mon homologue Dacic, que je vois régulièrement, ont été très substantiels. J'en retiens pour ma part plusieurs éléments. D'abord dans les relations bilatérales, j'ai redit que malgré une actualité très chargée sur le plan international je souhaitais vraiment venir en Serbie pour souligner l'excellente dynamique de nos relations bilatérales sur le plan politique et sur le plan économique.

Nos relations politiques vont en s'intensifiant avec ma visite et je l'espère la visite prévue du Président de la République avant la fin de cette année. En tout cas c'est ce que nous souhaitons l'un et l'autre, et je me ferai vraiment votre porte-parole pour que cette visite soit bien au rendez-vous en 2018. Sur le plan économique, je suis certain que l'engagement de grandes entreprises françaises comme Vinci ou Suez dans la gestion d'infrastructures en Serbie, plus le travail qui s'effectue en ce moment autour du métro de Belgrade, tout cela va améliorer à la fois l'attractivité de la Serbie mais aussi l'attractivité de la France. Donc ce sont des accords gagnant-gagnant et ils permettent de tracer des perspectives de confiance pour des échanges économiques renforcés dont la première manifestation aura lieu au mois de mai dans le cadre d'un forum économique.

Au cours de nos discussions nous avons également évoqué notre excellente coopération dans le domaine sécuritaire, dans la lutte contre le terrorisme et contre la criminalité organisée et nous avons tracé des perspectives - vous venez de le rappeler - pour une coopération renforcée dans le domaine de la défense. Par ailleurs, nous commémorons cette année le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, pendant laquelle nos deux pays ont combattu côte à côte. Il y a cent ans ce sont des troupes franco-serbes qui libéraient la Serbie. Je viens de me rendre au cimetière français de Belgrade en présence de mon ami Dacic pour honorer la mémoire de ces soldats qui sont morts au combat sur le front de Thessalonique. C'est cette fraternité d'armes, Monsieur le Président de la République, qui était le fondement de notre amitié après la guerre, et un siècle plus tard, nous combattons ensemble sur certains théâtres d'opération extérieurs, je pense en particulier à certaines opérations de maintien de la paix. Nous combattons ensemble pour maintenir la paix et pour contribuer à la sécurité européenne.

Sur l'Europe, nous avons longuement discuté du processus d'adhésion de la Serbie à l'UE, dans le contexte d'un agenda européen très dense concernant les Balkans, puisqu'il va y avoir la réunion de Sofia assez rapidement. Il y a eu le dépôt, au mois de février de la Stratégie européenne sur les Balkans initiée par la Commission, et dans quelques jours le rapport de la commission européenne sur les progrès de l'adhésion de la Serbie sera publié. En tout cas, nous souhaitons l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne, qui est en cours de réforme, et le discours sur l'Europe du président Macron effectué peu de temps après son élection, comme le discours prochain qu'il prononcera au Parlement européen, indiquent que nous souhaitons l'adhésion de la Serbie, et que les différentes étapes qui resteront à franchir soient franchies le plus rapidement avec le soutien de la France, que le président Macron souhaite apporter.

D'ores et déjà nous voulons saluer tous les efforts qui ont été effectués et, en particulier, les réformes économiques et sur l'Etat de droit qui sont des réformes nécessaires et importantes dans le cadre du processus d'adhésion. Et je voulais aussi souligner combien nous apprécions la mise en oeuvre, par la Serbie, des engagements qui ont été pris dans le cadre des accords de Bruxelles de 2013 concernant le Kosovo. En vous remerciant à nouveau de votre accueil Monsieur le Président et vous redisant l'amitié que porte la France à votre pays.


Q - Question relative au Kosovo et à l'incident du 26 mars.

R - Nous avons regretté les évènements du 26 mars. Et la France est intervenue immédiatement, notre ambassadeur au Kosovo est intervenu immédiatement par rapport au traitement qui a été fait à l'égard de M. Duric : ces méthodes ne sont pas acceptables je le dis avec une très grande sérénité. En ce qui concerne la situation au Kosovo et le règlement de ce conflit, qui ne doit pas être un conflit gelé, il n'y a rien de pire qu'un conflit gelé parce qu'à un moment donné, il y a du réchauffement. Et quand le réchauffement survient sur un conflit gelé, il est encore plus grave qu'auparavant. Donc il faut régler ce conflit. Les accords de Bruxelles sont de bons accords, il faut les appliquer. Et la France soutient la mise en oeuvre des accords de Bruxelles. Les accords de Bruxelles sont des accords qui respectent les deux parties et qui permettent un processus de pérennité de longue durée, d'une paix entre les deux parties, donc la France souhaite que ces accords soient appliqués.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 avril 2018

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