Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, à Pyeongchang le 10 février 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, sur les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, à Pyeongchang le 10 février 2018.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de l'Europe et des affaires étrangères

Circonstances : Conférence de presse conjointe au Club France avec Mme Laura Flessel, ministre des sports, à Pyeongchang (Corée du Sud) le 10 février 2018

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C'est un moment d'émotion que j'ai vécu hier soir avec une ouverture des Jeux très réchauffante - on peut dire cela comme ça - avec une présence de la France de différentes manières et en particulier une présence de la France par la langue. On ne devrait pas oublier que le français est la première langue de l'olympisme, ceux qui auraient pu l'oublier s'en sont aperçus hier soir. Peut-être que j'en faisais partie d'ailleurs.

En tout cas, je suis venu ici avec Laura Flessel, pour transmettre à nos sportifs tout le soutien de la France, du président de la République, du gouvernement mais aussi de l'ensemble de la Nation auprès des responsables olympiques qui sont ici, en souhaitant que nous ayons les plus belles victoires, que nous remportions beaucoup de médailles et que ce soit aussi une étape parmi d'autres qui viendront pour la préparation des Jeux olympiques de Paris. Nous sommes dans cet itinéraire-là. C'est pour la France, je crois, un grand moment. C'est l'occasion de voir aussi le Club France, dans toute son attractivité, et le rôle que vous allez avoir ici pendant cette période pour renforcer l'image de la France pendant les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques qui suivront.

Et puis finalement hier soir quand il y a eu la chanson «Imagine», avec la colombe, on a failli se dire que l'olympisme avait réussi, qu'on était peut-être déjà en paix. Mais, ce n'est qu'une trêve. C'est la trêve olympique. Et, par définition, une trêve, cela a une fin. Mais peut-être qu'au-delà de la trêve, on a vécu des moments du rêve olympique. Au-delà de la trêve olympique, le rêve olympique qui est la réconciliation et la paix. On verra. Et sur ce point la position de la France est connue - comme la position de la communauté internationale – c'est la dénucléarisation de la péninsule. Peut-être qu'hier des petits cailloux ont été déposés dans cette direction mais il faudra voir. Voilà le sentiment que j'ai eu hier soir.

Je voudrais ajouter que je vais cet après-midi avoir des entretiens politiques à Séoul, qui poursuivront les différentes rencontres que j'ai pu avoir hier soir et ce matin, que j'ai pu avoir avec les uns et les autres, mais on sera dans une autre dimension cet après-midi.

Nous avons des relations bilatérales étroites avec la Corée du sud qu'il faut renforcer. Je verrai mon homologue sud-coréenne, Mme Kang, cet après-midi assez longuement. Nous avons un dialogue stratégique qui s'est installé. J'ai rencontré ma collègue fin octobre l'année dernière. A la fois sur ce qui allait se passer ici maintenant mais aussi sur les autres sujets concernant notre collaboration dans le domaine économique, dans le domaine du tourisme, dans le domaine de la défense et plus globalement dans l'appréciation des situations politique et stratégique dans l'ensemble de la zone. Cela fera partie de nos conversations dans l'après-midi. J'aurai l'occasion aussi de voir aussi les investisseurs coréens et les investisseurs français - que déjà Laura Flessel a pu rencontrer - avant de rejoindre demain le Koweït, après-demain, où se tient une grande réunion liée à la reconstruction de l'Irak mais c'est un autre sujet, qui n'est pas le sujet d'actualité d'aujourd'hui.


Q - Une question pour Monsieur Le Drian. Vous avez parlé des liens et des contacts que vous avez avec les Sud-Coréens, est ce que, hier, à l'occasion de la cérémonie ou éventuellement ce matin, vous avez eu l'occasion de discuter autrement qu'une simple poignée de main avec les représentants nord-coréens ?

R - Non, ce n'est pas prévu pour l'instant.

Q - Quelle image forte vous garderez de cette cérémonie ?

R - Je crois que je l'ai dit tout à l'heure, pour ma part, une image, c'est «Imagine», la colombe, avec ces chanteurs coréens, et puis cette montée de la flamme avec les deux jeunes femmes qui représentaient l'équipe de hockey sur glace, l'une de Corée du nord, l'autre de Corée du sud. C'était ça le symbole le plus fort pour moi.

Q - Monsieur Le Drian, il y avait une espèce de curiosité ? Ou comment ça se passait avec la représentante nord-coréenne aux tribunes officielles ? Est ce qu'elle était à part ? Comment ?

R - Il y avait le dîner avant, donc c'était de la politesse respectueuse. Mais je n'ai pas pu arriver avant pour des raisons d'avion, ce n'était pas de la mauvaise volonté.

Q - Vous avez commencé à l'évoquer mais quelle importance vraiment vous donnez sur le plan diplomatique à cette image des deux Corées unies hier soir ?

R - Je crois que je l'ai dit. C'est une trêve et en tant que telle c'est une très bonne nouvelle. C'est une trêve qui est cultivée puisqu'il y aurait pu avoir la trêve sans l'équipe commune. Donc c'est une trêve qui est renforcée. Ce qui est une autre bonne nouvelle.

Mais, comme je l'ai dit tout à l'heure, une trêve a priori il y a une fin. Ou alors on est dans une autre histoire, ce que j'appelais tout à l'heure le rêve. Pourquoi ne pas croire au rêve ? Mais le rêve suppose qu'on en revienne aux réalités, c'est à dire la nécessaire dénucléarisation de la péninsule. Les choses sont d'une grande simplicité. Et c'est la position de la communauté internationale, de l'ensemble du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris renouvelée dans ses déterminations fin décembre.

Q - Est-ce que le président de la République a prévu de venir à un moment sur la quinzaine ?

R - Pas à ma connaissance.

Q - Quel est le programme aujourd'hui ? Vous allez sur des sites, des rencontres bilatérales, je ne sais pas ?

R - Moi je vais au village olympique avec Laura Flessel et le président du CNOSF. Et ensuite je rejoindrai Séoul pour divers entretiens.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 avril 2018

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